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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 11:52
     Une petite histoire que je retrouve dans mon journal à la date de 1996 : si je vous la donne ici c'est pour vous rappeler les pratiques d'un autre âge, car il est bien évident que de nos jours ça ne se passe plus comme ça... Nous étions à Turin, chez les Messina, et Nino, le grand chirurgien spécialiste des opérations de la main, reçoit une lettre des Entretiens de  Bichat, qui porteront sur sa spécialité et en particulier sur le Dupuytren. Depuis de longues années il est reconnu comme la grande autorité. Dans tous les congrès internationaux ses communications sont attendues, suivies avec passion comme des avantages irremplaçables dans le progrès du traitement. Seuls les Français,  bien sûr, le snobent (est-ce que Dupuytren n'était pas français, dites-moi un peu? à la niche, les mangeurs de spaghetti!). On lui refuse une communication, une publication, on fait la fine bouche, bref on se protège par le protectionnisme national en vigueur dès qu'il s'agit du domaine intellectuel ou scientifique. Résultat : Nino publie aux USA ou en Grande-Bretagne (oui! même là, c'est tout dire), on le sollicite de partout, Amérique du Sud, Lithuanie, Pologne, Allemagne, on l'associe à de grands centres de recherches où on attend ses directives, peut-être même sa direction, avec dévotion. La France, assise sur ses atolls, regarde avec obstination la ligne bleue des Vosges - frontière de l'amour-propre, rempart de l'establishment des cerveaux, ah! mais dites donc. Tout de même, de constater que les articles dédaignés ont été publiés au niveau supérieur par les USA, avec bien sûr une diffusion unvierselle dont les échos viennent battre la Thébaïde de Turin et y entasser leurs fertiles sédiments, cela finit par émouvoir Bichat. Et voilà que cette mise en branle tardive et maussade se manifeste par une invitation au Congrès... Nous avons ri tous les quatre, au petit déjeuner, et nous avons évoqué en  corollaire Deloffre vis-à-vis de mes découvertes sur Marivaux, Ricatte et Compagnie vis-à-vis de mon analyse du "Hussard" : tout ce qui vient des autres, création compétence trouvailles intelligence, est inexistant; seul existe leur Grandeur. Quand on reconnaît que leurs jugements étaient erronés, perfides, mesquins, faussés par leur désir de rester la grande autorité et la crainte que les nouveaux venus ne soient des maître capables de les détrôner, c'est trop tard : les nouveaux venus n'ont pu, en leur temps, émerger, peut-être seulement survivre... Les plus hauturiers d'entre eux  se sont détournés d'une voie pourtant faite pour eux et ont dans les embruns cinglé vers la pleine mer. Ce qui finalement était la chose à faire. Mais ne vous attristez pas de cette histoire ancienne : il y a belle lurette que tout est changé dans les dispositions des pontes.
                                                                                                                        Lucette DESVIGNES.
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commentaires

B
<br /> Autres temps, autres moeurs !? Désormais les jeunes médecins français avides de références gobent grâce à medline tout ce qui vient d'Outre-Atlantique comme novateur alors que ce sont souvent leurs<br /> aînés, français, qui ont fait antérieurement la découverte. les exemples pullulent en psychiatrie. mais je prendrai un exemple hors de ma spécialité : le syndrome d'alcoolisme foetal.<br /> Le français Lemoine est l'auteur de la première publication (1968), revenue des USA en 1973 sous le nom de Fetal Alcohol Syndrome.<br /> CF WIKIPEDIA It was named in 1973 by two dysmorphologists, Drs. Kenneth Lyons Jones and David Weyhe Smith of the University of Washington Medical School in Seattle, United States. They identified<br /> (!!!!!!) a pattern of "craniofacial, limb, and cardiovascular defects associated with prenatal onset growth deficiency and developmental delay" in eight unrelated children of three ethnic groups,<br /> all born to mothers who were alcoholics.[56] The pattern of malformations indicated that the damage was prenatal. News of the discovery shocked some, while others were skeptical of the<br /> findings.[57]<br /> Dr. Paul Lemoine of Nantes, France had already published a study in a French medical journal in 1968 about children with distinctive features whose mothers were alcoholics,[4)…(Ouf)<br /> <br /> <br />
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