Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 14:12

Mea Culpa N°1011 : Ligne 7 , « ces aveugles déplacement » (fallait-il être aveugle pour ne pas voir qu’il manquait un « s » ? Merci Yannick toujours fidèle et attentif…

             C’est vrai, mes belins-belines : je ne retrouve plus sur mon ordi (que je maîtrise pourtant de mieux en mieux, je vous l’assure sans me vanter) le beau (oui : beau) texte que je vous avais concocté hier sur les développements du tragique. Il faut dire que la construction imminente de ce mur devant ma porte et tout ce que cela entraîne comme appels, téléphones, e-mails, avocat, référé etc. me fait un peu perdre la tête (mais non mais non, le processus n’était pas déjà amorcé, qu’est-ce que c’est que ces murmures ricanants que je surprends là-bas au fond ? toujours les deux mêmes, un de ces jours je vais demander votre expulsion, vous êtes, comme disait en son temps mon professeur d’allemand, absolument indécrottables). Bon. Je n’ai pas pour autant perdu le fil de mon raisonnement sur le tragique. Je vais vous donner aujourd’hui, comme annoncé hier, des exemples simples de cette absence de correspondance, de ce petit poil qui empêche la solution apaisante de se produire, celle qui, tout en consacrant sans doute des ruines, leur ôterait ce caractère révoltant, injuste, inadmissible qui fait tant de mal à la lecture ou au spectacle. Imaginez le remède guérisseur qui arrive trop tard, disais-je hier, ou la lettre d’explication qui s’est perdue dans l’acheminement du courrier : le malheur se confirme sans l’apaisement d’une explication dernière, sans la connaissance ultime de la vérité. Pensez à Tristan mourant, voulant revoir Yseut, la faisant demander, attendant le retour du bateau qui portera une voile blanche. La seconde Yseut, malade de jalousie, lui annonce que la voile est noire. Tristan « ne peut retenir sa vie » et va donc mourir désespéré, alors qu’Yseut lui apportait la preuve d’un amour indéfectible (elle-même meurt de douleur en s’allongeant près de lui). Les ruines prévues, acceptées : la mort du couple. L’absence d’apaisement : par ignorance de la vérité, tout est abîmé, au lieu d’une double mort dans la sérénité. C’est la même chose avec Roméo et Juliette : Si Roméo avait su que Juliette n’était qu’endormie, il ne se serait pas donné la mort, laquelle entraîne la mort de Juliette à son réveil. A un poil près… Le tragique a besoin de ce sentiment de révolte qui nous agite profondément ; s’il n’existe pas, alors nous sommes en présence du pathétique, qui peut avoir de la force mais n’entraîne pas le même réflexe de rébellion contre le destin douloureux des héros. A demain pour un autre exemple auquel je tiens beaucoup.

Partager cet article
Repost0

commentaires