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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 10:25

         Mis à part Vertigo et The Rear Window, mes belins-belines,  je n’ai pas pour Sir Alfred une dévotion particulière, et je trouve que la vénération qui entoure chacune de ses productions, ou la ferveur dévolue à ses techniques souvent non convaincantes, tutoie aisément le ridicule. C’est pourquoi j’hésitais hier à revoir Rebecca, vieux souvenir poussiéreux, qu’un présentateur pénétré annonçait comme un must : parce que c’était le premier film américain d’ Hitchock , parce que Darryl Zanuck ( !) lui offrait sa caution en le produisant, et parce que Manderley, le château mystérieux, était le véritable personnage : une nouvelle vision permettrait peut-être quelque dépoussiérage. Las ! Hélas ! Sir Lawrence Olivier était-il donc aussi grotesque alors que l’était cette pauvre Joanne Fontaine avec ses mimiques effarouchées  ? En 1940 les comédiens jouaient-ils tous aussi mal, se dégageaient-ils si mal de la tradition du théâtre, suivaient-ils si  aveuglément les directions d’acteurs ? Bref, j’ai eu l’illustration de cet affligeant « cinéma de Papa » dont on se gaussait volontiers une ou deux décennies plus tard. La nouvelle Vague n’a pas donné alors que des chefs d’œuvre, loin de là (je pense aux roulements d’yeux et à l’air si sot de Marie Laforêt dans le Plein Soleil de René Clément programmé tout récemment), mais il était temps de proposer une conception totalement débroussaillée, désempaillée, infiniment plus intellectuelle de l’aventure cinématographique. Qu’au moins les tentatives les plus diverses puissent désormais avoir voix au chapitre.

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