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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 11:08

          Il m'arrive souvent, parce que j'en ai près de moi des exemples qui font réfléchir, de plaindre le sort d'esclave que dans les milieux modestes les grands-parents et surtout les grands-mères sont contraints d'assumer. Quand on n'est pas chômeur, dans ces milieux-là, on fait tout pour pouvoir garder son boulot, si petit boulot soit-il. L'arrivée d'un enfant ne doit rien changer au statut de parents travaillant tous les deux : ce n'est  en effet pas le moment de se décider pour que l'un ou l'autre reste à la maison faire la nounou. Or il faut bien que quelqu'un s'y colle, l'esclavage dû aux deux ou trois premières années d'existence d'un bambin même adorable et docile est immanquable et effroyable. Donc la mère garde son emploi et la grand-mère, même si elle en a un auquel elle tient, doit s'incliner et changer son fusil d'épaule. Si la fécondité continue, tout s'aggrave pour la grand-mère qui, même si elle a réussi à conserver quelques heures de ménage ici ou là, doit cesser cette fois-ci toute activité extérieure qui lui laisserait un peu de dignité : la voilà taillable et corvéable à merci, donnant d'elle-même matin et soir, souvent encore la nuit dès le premier petit rhume voire la moindre indisposition de la mère, supplément hygiénique s'ajoutant à la promenade et au bain du bébé et grevant lourdement l'horaire de gardiennage qui fonctionne dès lors à plein temps. Je suggère à l'une de ces martyres qu'une deuxième naissance va submerger dans ses devoirs d'aïeule de "faire donner" les grands-parents de l'autre côté - pour découvrir que l'esclavage de l'autre côté est déjà prospère : ladite aïeule comptant déjà, avec trois filles mariées, sept petit-enfants  en tout, du berceau à la fin de la maternelle, elle doit ajouter aux activités basiques la garderie du mercredi (et c'est long, du lever au coucher, une journée de garderie) et les allées et venues sur le chemin des écoles.  On ne peut rienlui demander de plus, commente avec résignation la voisine que je tente de conseiller - et avec la compréhension des humbles pour le partage des douleurs : elle a perdu dix-huit kilos en trois ans...

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21 octobre 2018 7 21 /10 /octobre /2018 11:52

            Petit confiteor du dimanche matin

 

Si l'on veut bien considérer la chose en face,

Qu'est-ce qu'un samedi qui a perdu la voix?

La réaction pointue à tout ce qui se passe

En Navarre et cheux nous, eh! bien j'avoue, ma foi,

 

Qu'il lui faut quelque temps pour bien se mettre en place,

A condition aussi que le ciel soit au beau,

Que la température ou de feu ou de glace

N''affecte en rien  du tout le travail du cerveau.

 

Sans attendre bien sûr que l'impression s'efface,

il faut quand même avoir le temps de réagir

Et sans traîner après que les choses se fassent,

Ne pas se prononcer avant de réfléchir.

 

Ma parole, on dirait que ce discours se place

Dans les couplets de la rhétorique à Papa,

Alors que je voudrais seulement avec grâce

M'accuser de silence ce samedi-là.

 

Oui, j'étais fatiguée, oui je me trouvais lasse,

Je n'avais plus d'idée à vous communiquer....

J'attends qu'en notre actu tout passe, lasse ou casse

Pour pouvoir - avec quelle joie! - vous retrouver.

 

 

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19 octobre 2018 5 19 /10 /octobre /2018 16:29

          Le deuxième souffle de la quadrette qui vaillamment a repris le collier après s'être tâtée une bonne quinzaine dans le flottement et l'incertitude a déjà fait effet puisqu'elle a donné forme à un gouvernement II, comme on dit quand on est branché. A part les nouvelles recrues que faute de mieux on est allé chercher dans le bas de la gamme (le passeport étant l'appartenance à la même classe d'ENA que le premier ministre ou si ce n'est toi c'est donc ton frère), on retrouve les mêmes noms simplement quelque peu brassés dans un gibus et sortis au hasard pour bien déterminer les fonctions (un peu comme dans Le Sapeur Camembert : Que faisiez-vous dans le civil? - j'étais pâtissier, mon colonel. -Parfait! Vous allez pouvoir repeindre les volets de ma cuisine". L'ébaubissement des innocents soudain promus  à la ministration est un gage d'allégeance et non de compétence : après avoir constaté le fonctionnement de tous ces affidés pleins d'envie de bien faire,  ils n'ont pas le sentiment que faire aussi peu et aussi mal soit hors de leur portée, et ils se lancent dans l'aventure avec confiance. Quant à la quadrette survivante (vous auriez dit quadrige, vous? poète, va...), elle a gardé l'aigle à deux têtes et ses deux porte-voix, l'ancien et le nouveau oh oh oh oh oh oh oh oh ...De cette manière, deux vérités différentes, deux décisions en contraste pourront être signifiées au brave peuple : chacun entendra ou croira entendre ce qu'il voudra ou ne voudra pas, voilà qu'on repart du bon pied, les temps de flou sont derrière nous!

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18 octobre 2018 4 18 /10 /octobre /2018 14:53

          On les avait vu arriver, à l'ouverture de l'Assemblée, avec leur valise à roulette et leur air inquiet : qu'allait-on faire d'eux, qui n'avaient ni notoriété ni compétence aucune, et surtout qu'allait-on leur faire faire? La fonction de godillots fut vite assumée, par la suite ils ronronnaient tous dans le sens du poil, sauf bien sûr les deux groupes d'opposition qui jouaient à chaque instant, en vain, les indisciplinés. Ces élus du hasard ne se sont jamais fait remarquer, même ceux d'entre eux qui à la télé marchaient au pas avec enthousiasme (et aussi obstination  : le mot d'ordre "Tout va venir à point, on y travaille" se répétait d'une seule voix). On a vu ce qu'ils étaient capables de faire, pas grand-chose en vérité; on peut donc faire confiance de la même manière (du bout des lèvres et de l'approbation) en ceux qu'on a extirpés de la masse comme une fermière attrape un poulet par les pattes au milieu de sa basse-cour. On veut en faire des ministres, ils sont tout étonnés et tout contents, d'ailleurs sans être de la promo du patron ils sont de la promo du premier ministre ou du chef de cabinet du roi. Autrement dit ils se connaissent entre eux, ils ont été formés aux mêmes  conceptions du monde social. Leurs noms ne disent rien et ne diront jamais rien à personne, ils vont boucher des trous,  simplement, faire nombre, quoi, mais quand le ^patron a besoin qu'on bouche des trous, on bouche les trous, même s'il n'y a plus personne de volontaire (on dit que c'est pour mieux préparer les législatives, mais c'est plutôt parce qu'ils sentent le bateau donner de la gîte et qu'ils préfèrent tout compte fait la terre ferme aux embardées que la tempête imprimera à leur (notre !) frêle esquif). Ceux-là sont les lucides, les plus avisés, qui subodorent le chaos à venir mais préfèrent ne pas y jouer un rôle de premier plan  afin de ne pas être épinglés pour la suite. Donc on bouche les trous après quinze jours d'efforts et de recherche : ça marchait pas avec des incompétences avérées, peut-on imaginer que ça va mieux marcher avec des innocents qui vont se lancer dans une partie de colin-maillard où tout le monde a les yeux bandés?

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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 20:14

"...en trouvant devant sa porte

La pauvre cigale morte,

Morte de faim et de froid".

 

Les étourdis diront : "Ah! ce brave La Fontaine, bien sûr!" Mais les étourdis seulement. Les autres, connaissant leur La Fontaine de plante et de racine, savent bien que le poète n'a jamais évoqué le cadavre de la bestiole, car il jugeait bien plus fort de laisser chacun des lecteurs méditer sur cette ellipse qui mettait en points de suspension ce qui allait suivre le refus glacial de la fourmi. Et ces pauvres vers qui détaillent si pauvrement l'événement ne sauraient en aucun cas être du La Fontaine : ils sont de Florian en effet, dont les efforts de continuateur du grand bonhomme n'ont même de son temps jamais été vraiment reconnus. La mort de la cigale est venue dans la conversation à cause de la quantité de nourriture (et pas de la bouffe de caserne, croyez-moi) que j'avais préparée et réussie pour recevoir des amis dont l'invitation traînait depuis trop longtemps à mon gré. Oui il y avait abondance, et variété dans mon menu  -  où serait l'intérêt à inviter des amis ^pour un sandwich poulet-mayonnaise ou jambon-beurre qu'ils pourraient trouver n'importe où? Avec un petit dessert non sorti d'un conteneur en plastique, préservé des conservateurs divers et exhausseurs de goût qui tâchent en vain de faire oublier  que le lait ne vient pas des vaches ni les oeufs des poules, que le sucre a été remplacé et que la couleur est inoffensive : c'est écrit sur l'emballage? Ensuite le congélateur fonctionne :  rien n'est perdu, n'ayez crainte.

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16 octobre 2018 2 16 /10 /octobre /2018 12:40

Pour Mad, en profonde tristesse.        

 

Pourquoi faut-il que la fin de vie soit pareil supplice? Pourquoi faut-il que des êtres bons, doux, honnêtes, serviables, faisant passer les autres avant eux, connaissent d'aussi interminables, d'aussi révoltantes souffrances? On pense surtout à cette désintégration de l'individu dont l'odieux cancer est responsable, qui remplace ^peu à peu les chairs par des lieux de dévoration insupportables, en même temps que la personnalité s'altère, que le patient se ronge de voir s'effriter tout ce qui a constitué son identité. Oui, c'est à ces abominables destructions prolongées sur des mois que l'on pense quand on désigne une cause pour tel consternant effet. Mais pourquoi l'accumulation des causes de souffrance semble-t-elle nécessaire lorsque le cancer n'est pas en cause? Je viens d'apprendre avec accablement la mort d'une amie lointaine mais si proche, pour laquelle le martyre d'une cruralgie interminable n'a pas suffi : des chutes sur la tête, avec fractures du crâne et opérations à répétition, puis une septicémie pour couronner le tout, ont eu raison d'une résistance exceptionnelle qui ne faisait que faire durer le calvaire.. .Je sais bien que je ne suis guère ouverte aux principes de la religion, mais qu'on ne vienne pas me dire qu'il y a une raison à toute cette cruauté : même si le patient plein de foi et de piété accepte d'offrir sa torture pour quelque indéfinissable validation, comment peut-on ne pas réagir avec incompréhension  et stupeur devant ce qui demeure le grand problème des fins de vie, la souffrance irréductible et injustifiable?

 

 

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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 09:53

Merci de vos voeux ! Je vus précise - c'est peut-être utile - que je vais avoir 93 ans. Pourquoi n'acceptez-vous jaùmais l'étiquette que depuis des années je donne à ce blog : desidéesetdesmots . Comment dois-je faire poour qu'elle se réalise?

Merci de votre aéttention,

Lucette Desvignes

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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 08:27

          Patrmi les bonnes petites choses de la vie qui vous donnent l'énergie de pousser plus loin - d'avoir envie de pousser plus loin - il en est peu, me semble-t-il, qui vous causent autant de plaisir et laissent en vous des traces aussi agréables (tout du moins tant que la mémoire en dure) qu'un bon repas entre amis dans une atmosphère d'entente et de sympathie. Tant que je m'en sentirai la force, je sacrifierai à ce plaisir de recevoir mes amis, jolie table, bons mets; grands vins (et seulement du bourgogne, chez moi ; il y a assez à faire pour varier les jouissances de palais avec les premiers crus de ma Saône-et-Loire natale ou ceux des Côtes de Beaune et de Nuits, et je ne suis pas sûre qu'une existence consacrée à pareil échantillonnage de prestige suffirait). Il s'agit donc chaque fois de dresser un menu festif qui change un peu, en mettant en avant les talents du grand saucier - et, aussi, la qualité des produits, viandes ou abats. Je suis certes végétarienne,  et profondément; mais j'avoue ne pas vouloir imposer à mes proches une rigueur dont ils n'ont que faire éventuellement : je n'ai pas de leçon de morale à leur imposer, sinon je me serais proposée à M. Macron pour l'un des postes libres pour l'instant (un ministère de la morale par exemple me conviendrait bien, oui j'y serais à mon affaire sans jamais faire de préférence - ça aussi, les préférences, c'est pas joli joli, M. Macron, comment pouvez-vous laisser passer toutes ces nominations par copinage?).

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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 10:24

          Je suis toujours partie au quart de tour, le geste joint à la parole :  à peine le temps de réfléchir j'étais déjà en mouvement. Certes le grand âge a apporté des correctifs voyants à cette promptitude quasi mécanique ("on marche, on ne court pas", disait mon mari qui retenait par le coude l'exubérance d'un forcing peu féminin) et je n'ai plus guère besoin qu'on ralentisse mes rythmes d'allure, ils se ralentissent bien tout seuls malheureusement. Pour autant et par respect pour les élans de ma nature, je n'aime pas qu'on me bouscule : il faut que la pensée accompagne le geste, on ne se lance plus à l'aventure comme autrefois en pleine maîtrise  de ses ardeurs. C'est pourquoi je comprends si bien qu'avec l'aigle à deux têtes dont nous sommes pourvus nous n'ayons personne d'officiellement compétent pour piloter notre frêle esquif. Le temps n'aime pas se bousculer non plus, que voulez-vous! Il faut ce qu'il faut. J'ai encore entendu M. Macron hier : il ptrend son temps, il réfléchit, il contrôle tout (surtout le côté moralité puisque la moralisation était si en honneur dans ses professions de foi : déclarations d'impôts honnêtes, moeurs impeccables, nul détournement de fonds ni emploi fictif, pas de mensonge, pas de tricherie, pas de faux diplômes, pas  d'agressions sexuelles récentes ou cachées... oui, cela prend du temps, ce contrôle-là), C'est très normal que nous devions attendre - sauf qu'au dernier moment M. Macron va nous brandir un copain d'école ou d'enfance qui complètera sa collection de chouchous, par conséquent les choses étant ce qu'elles sont il pourrait bien aller plus vite.

 

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12 octobre 2018 5 12 /10 /octobre /2018 10:23

          Je me trompe toujours d'une centaine lorsque je fais le décompte de mes blogs. Toujours cette tendance au gigantisme (à l'étiage de mon mètre 46 tendance affaissement de trois ou quatre centimètres pour raison d'antiquaille... que va-t-il me rester le jour du départ?) pour aller de l'avant, anticiper, m'élancer... Ah! si M. Macron m'avait repérée parmi les collègues de Bobonne, je suis sûre qu'il aurait pu facilement m'enrôler pour marcher avec lui, mais justement c'est ce qui ne s'est point passé). Nous en sommes donc aujourd'hui à 2.899 + 1 = 2.900, mais je fais la grimace parce que je m'imaginais qu'on en arrivait à 3.000. C'est que je vous l'avais annoncé comme aléatoire, chanceux, pas sûr du tout, et au fur et à mesure que je me rapproche du chiffre annoncé je me prends à rêver que je n'ai pas tellement été goulue de temps,  que ça ne sera pas trop malaisé d'atteindre ce 3.000 jusqu'alors flottant dans les voiles de l'incertain. 2.900 aujourd'hui, mes belins-belines,  ça n'est vraiment pas si mal. Je pense même que mon administration (pas l'Education nationale qui m'a protégée de son aile toute ma vie active - ou asservie à ses rythmes, comme on voudra - , mais celle qui gouverne et arrange l'expédition de mes mails là où ils doivent aller, càd vers vous, mes agneaux) va bientôt me souhaiter un bon anniversaire de blogueuse. Oh! juste une ligne... Vous me direz que c'est mieux que rien et vous aurez raison, mais tout de même ils pouiraient bien ce jour-là se fendre d'uie carte de voeux illustrée, ce serait la moindre des choses...

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