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11 octobre 2021 1 11 /10 /octobre /2021 11:21

UN V IEUX CHAT

 

          Il fallait bien que cela se produisît comme cela se produit : les chats vieillissent, c'est déjà bien joli qu'aucun  ne se soit jamais montré agressif (j'ai entendu dire que cela arrive souvent), tout au plus sont-ils plus lents  moins réactifs, plus embarrassants - et surtout ils se mettent à préférer les coins de moquette inaccessibles ou les fonds d'armoire insoupçonnables pour marquer leur ultime dédain des litières pourtant toujours toutes fraîches. Heureusement qu'ils ne vieillissent pas tous au même rythme et selon les mêmes manies. En réalité, depuis quelques semaines c'est Bambi le triste héros de ces manifestations intempestives. Ce n'est même pas le plus âgé de la troupe actuelle bien réduite : mais il est maigre, hérissé (impossible de "ravoir" son pelage, comme on dit d'un fond de casserole qui a brûlé), peu assuré sur ses pattes décharnées et il est devenu d'une exigence incessante. Il veut être pris sur les genoux quand il voit un autre qui s'y installe, il va vite voir ce qu'il y a dans la gamelle des autres (qu'il soupçonne de les favoriser à son désavantage), il veut être près de ma main quand je pianote sur mon clavier d'ordinateur, il tend son cou pour que je le gratte là en dessous et que son ronron puisse se déclencher. Je me sens coupable de mêler de la pitié à une affection de toujours, et de l'irritation quand je constate plusieurs fois par jour les dégâts sur mes tapis. Je ne peux tout de même pas supprimer ce chat sous prétexte que le grand âge lui a fait oublier les bonnes manières!

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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 19:06

UTILISATION DES SAMEDIS

 

          Il est bien vrai que dès que ma télé ne fonctionne plus je me vautre dans la lecture et que tout y passe, polars sordides comme romans américains qui traînent suavement les rancoeurs familiales sur trois ou quatre générations. Je peux alors en enchaîner quatre ou cinq pendant quatre ou cinq jours où mon engin prend des vacances (on m'a dit mille fois comment le faire sortir de sa léthargie quand il proclame "Pas de signal", une fois de temps à autre ça marche,  mais je préfère déclarer forfait pour m'assurer des phases de lecture). J'aurais tort de me plaindre de cette utilisation de mon  temps puisqu'elle me ravit et que je grogne amèrement quand je ne peux m'y livrer. Pourtant je me sens un peu isolée du monde - sensation d'abord épanouissante mais à la longue un peu frustrante.  Certes je ne regrette pas les informations sur le Covid, ses dégâts et la résistance aux vaccins qui empêche la conclusion de l'épidémie (je ne sais pas si en quinze jours la situation a beaucoup évolué), mais surtout ,je me demande où en sont les rythmes hebdomadaires des manifestations du samedi, et si c'est toujours l'étiquette Gilets Jaunes qui s'exhibe. Les candidatures déjà annoncées pour la présidence de la République vont-elles aussi  se servir du samedi et de la rue pour mieux se faire connaître? On peut s'attendre à tout…

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9 octobre 2021 6 09 /10 /octobre /2021 19:39

RETROUVAILLES

 

          "Vous vous rappelez? dit la dame en brandissant par-dessus mon portillon fermé une superbe cage à chats (de toute façon, j'ouvre le portillon dès que je vois une cage à chats). On s'était rencontrées un  soir d'été à minuit, vous vous rappelez? Vous fermiez vos volets, je passais en voiture et j'avais stoppé parce que je vous avais vue à votre fenêtre, autrement j'aurais pas osé". Bien sûr je me rappelle. "C'est vous qui m'aviez appris qu'il y a onze ans, vous aviez recueilli une petite chatte noire qui venait de chez moi? Vous aviez conclu qu'elle fuyait la compagnie féline trop abondante, attitude personnelle et dédaigneuse des autres qu'elle a toujours manifestée chez vous?"La dame une fois introduite au jardin peut me brandir la cage sous le nez. " Voui! c'est bien ça. Même que vous avez gardé avec les autres son frère, tout noir comme elle, mais avec des moustaches blanches et les quatre bouts de pattes trempés dans du lait". On se reconnaît comme les loups de la meute d'Akela : nous sommes du même sang, toi et moi - je ne sais pas si ça s'applique entre la fugitive Sultane et son Papi de frère, mais entre la dame et moi ça fonctionne. "Et devinez ce que je vous apporte là?" Pari facile : ma Sultane,  parbleu! Tout juste! On  pose la cage sur le rebord en ciment de la jardinière du perron, je ne vois que du noir et même pas du noir de chat, il n'est pas minuit mais la nuit va bientôt tomber. Je finis par distinguer deux yeux d'un vert superbe dont j'avais conservé le souvenir mélancolique. A travers le grillage de la porte j'effleure du poil qui se rétracte."Je ne suis pas sûre qu'elle me reconnaisse, si moi je la reconnais" La cage s'agite tendrement. "Moi je suis sûre que si, allez viens Minette on s'en va". Je laisse partir, je suis heureuse de découvrir cette petite chatte qui fut mienne en aussi bonne santé et si heureuse.. "Je vous la ramènerai dans l'hiver, des liens comme ça, ça se respecte"...

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6 octobre 2021 3 06 /10 /octobre /2021 09:57

EN PANNE DE CHAUDIERE

 

          Je commence d'abord par rouspéter (la respiration naturelle quand on découvre dès le lever que quelque chose branle dans le manche et qu'il faut se résigner à attendre - le dépanneur ou un miracle). Au risque de vous raser avec mes problèmes domestiques, je peux bien vous dire que la chaudière ne marche toujours pas, malgré l'intervention en  urgence du technicien naguère censé  la préparer pour la saison d'hiver. L'air presque insolent, il m'a  précisé qu'il aurait fallu réamorcer la pompe - sous entendu : ce que je n 'avais pas eu l'intelligence de faire. Qu'on me fasse sentir mes insuffisances en informatique, d'accord,  puisqu' elles sont patentes et que de moi-même je les reconnais souvent, toute honte bue. Mais je ne suis pas de taille à endosser la responsabilité de tout ce qui ne marche pas dans le domaine mécanique. Si on me renvoie le même technicien,  il va m'entendre ironiser sur ses capacités personnelles et repartira l'oreille basse (pourvu d'ailleurs que la chaudière soit déclenchée)?. Et tout en écrivant je pense  aux foyers, si nombreux sans doute, où il n'est pas question de panne ni de technicien  parce qu'il n'y a pas de chaudière ni trois mille litres de fioul dans la cuve. 

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5 octobre 2021 2 05 /10 /octobre /2021 11:59

Y A QUELQUE CHOSE QUI MANQUE

 

          Je pense souvent (et je la cite volontiers) à une expression  que mon cher Marivaux met dans la bouche du jardinier qui va marier sa fille, et qui compte qu'il y aura "du dégât pour cette noce, et du comptant pour ce dégât, et où trouver le comptant  chez nous où il n'y en a pas?" Et pour illustrer son dire, il emploie cette image si parlante : "Que faire d'un pourpoint, s'il n'y a les manches?" - tout cela pour faire finement comprendre au maître qu'une participation au "dégât" de la noce serait bienvenue. Je ressens parfois cette impression d'avoir tout fait pour que ça marche, et cependant ça ne marche pas, parce qu'il manque quelque chose. On disait chez moi "Avoir besoin de dix-neuf sous pour faire vingt sous (c'était le franc d'avant-guerre, lorsque le croissant coûtait cinq sous et quatre sous le petit pain de gruau que je n'ai jamais retrouvé nulle part) ou encore que les pédales et la pompe c'était un bon départ pour la bicyclette mais qu'il y manquait encore du matériel. Je m'amuse du vocabulaire y afférant,  mais je rage ce matin d'avoir fait remplir ma cuve de fioul et de ne pouvoir déclencher pour autant ma chaudière révisée et nettoyée la semaine dernière. Encore un jour à prendre ma douche dans le froid!

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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 12:25

PENSEES D 'AUTOMNE

         

                   1l fait froid ce matin. Hier encore,  la belle luminosité qui régnait chez nous

pouvait faire illusion : rien qu'à la voir, claire et dorée, on sentait moins la température (les médias, ou les méteorologues peut-être, si intéressés à nous communiquer les températures ressenties  par notre organisme bien en-dessous du thermomètre, ne le sont pas par un calcul inverse qui donnerait de notre ressenti un chiffre revigorant). L'air sur la peau est saturé de moiteur froide, et l'on se prend à regretter au passage la transpiration estivale qu'on a si récemment encore maudite et vilipendée. On n'est jamais content, c'est une chose reconnue : si la canicule vous transforme en zombie, les froidures vous transforment en glaçon (et je n'ose pas dire en glaçon frissonnant par crainte d'être accusée d'une imagination irréaliste - pourtant ce serait beau, un glaçon frissonnant). On peut dire tout ce qu'on veut sur la brièveté de l'automne, qui annonce si prestement l'hiver qu'il triche souvent sur sa durée propre et s'empare frauduleusement des  attributs de l'autre (le gel, la neige, le verglas, le grésil) comme pour nous en faire goûter par avance des échantillons choisis. Pour ma part, je n'arrive pas à trouver dans l'automne cette molle langueur de saison chaude qui meurt, ces étés de la Saint-Martin ou ces retours de chaleur qui espèrent gagner notre bienveillance. Le 1er octobre c'était la rentrée dans les classes froides, c'étaient les nuits trop vite tombées, c'étaient les brouillards glaçants... Ne me dites pas que tout cela a beaucoup changé et qu'on ne se met pas en veilleuse...

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4 octobre 2021 1 04 /10 /octobre /2021 10:55

REPRISE DE PROGRAMME

         

                    Je sais (parce que certains d'entre vous ont décidé de me contacter avec délicatesse et courage) que vous vous êtes inquiétés, mes belins-belines, d'être privés de mes gazouillis pendant si longtemps. J'enrageais de mon côté, moi, de ne pas vous informer que tout cela venait uniquement des caprices de mon engin, comme d'hab, aggravés par l'entêtement de mon administration à me verrouiller "pour raison de sécurité". J'avais pourtant fort à vous dire, puisque nous entrons, avec un an de décalage, dans la zone tumultueuse et déprimante où j'avais sombré brusquement. Comment j'ai pu sortir de ce fond de cale, alors que je croyais bien avoir atteint un irrévocable palier de dégradation accélérée de l'individu, et comment j'ai repris mon poil de bête assez vraiment pour progressivement revenir à mon statut d'avant, je ne peux ni vous l'expliquer ni le comprendre. L'essentiel est que j'en sois revenue au retour de la force et de l'énergie, qui ont repris gaillardement leur fonction de soutiens de l'activité mentale, laquelle, je vous en donne ma parole, n'avait jamais cessé une seconde. Nous allons donc reprendre notre programme culturel piano piano, en évitant le Covid dont les médias nous suralimentent, le désolant panier de la ménagère que le gaz et l'électricité font s'envoler aux nues, les incidents politiques ne soulevant pas de commentaire (mais les autres, bien sûr que si!), et puis le cinéma et l'actualité... Ou, il reste de quoi faire!

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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 18:25

PROJET  SOUTERRAIN

 

          La voie étant libre aux échanges de messages (en vérité, ce sont seulement mes gazouillis qui s'envolent vers vous, vous n'entendez peut-être même pas ce que je vous adresse de savoir et de tendresse), on peut reprendre en évitant les cahots toujours imprévisibles le cours paisible de nos entretiens. Mon but personnel, plus ou moins souterrain (puisque de toutes parts on m'affirme qu'on est à ma disposition pour mes courses et que si je me mêlais de faire des commandes par Internet je ne serais pas fichue de les régler point barre) serait de repartir de zéro pour établir ce compte Intermarché qui m'ouvrirait les portes de la liberté du commerce. Il m'aurait fallu - regrets, c'est trop tard, elle est partie - l'intermédiaire habile de mon assistante ménagère qui jouait du clavier comme du piano, et par la carte bancaire de qui j'avais déjà pu régler deux ou trois commandes. Elle n'aurait pas refusé de me dresser un dossier Intermarché viable, appuyé par le contrôle bancaire  via le chiffre secret confié au seul portable - et cette fois-ci c'eût été le mien, mais oui j'ai un portable, mais oui je suis décidée à m'en servir, mais oui je n'ai pas besoin de tutelle. Est-ce que je ne suis pas une grande fille?

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30 septembre 2021 4 30 /09 /septembre /2021 15:36

 

 

HOURRAH!

 

          Voilà la machine relancée, à la fois un déverrouillage musclé et les neurones frais et dispos après le passage du technicien rebouteux de ce pauvre attelage que je conduis, où un engin en théorie jamais pris en défaut travaille avec un cerveau absolument dépourvu de capacités pratiques. N'épiloguons pas sur les manques dont je souffre : vous n'avez que trop souvent l'occasion de les vérifier. Reprenons tranquillement notre petit bonhomme de chemin, dont une portion intéressante a dû être passée sous silence à cause de ce verrouillage paralysant : le salon du livre de Chalon,  sis dans le cloître de la cathédrale Saint-Vincent pour un week-end réussi où j'ai été spécialement fêtée et entourée. Débuts modestes mais d'une chaleureuse teneur, et remarquable organisation pour une première qui aurait fort bien pu achopper de tous les côtés. Ce fut au contraire une ouverture plus que prometteuse sur des lendemains pleins de gloire Il faut dire aussi que plusieurs choses se combinaient pour donner une coloration littéraire spéciale à l'événement : le choix qui avait été fait de la présidente (ME!) en tant qu'écrivain '("la fierté littéraire de la Saône-et-Loire", titrait un journaliste local en veine de lyrisme) et fidèle enfant de la ville établissait déjà un lien cordial entre un long passé chalonnais et un auteur qui s'était signalé par sa notoriété, alors que l'annonce de la création du "Fonds LD"' à la Bibliothèque municipale de Chalon (suite à la remise de mes manuscrits et de toute la documentation relative à mes deux carrières) se doublait de la remise en selle du Prix L.D. de la Nouvelle, brutalement arrêté il y a une quinzaine d'années après douze sessions d'une valeur littéraire remarquable. On a peut-être un peu trop parlé de moi ces deux jours, diront certains (et après un lancement tout continue et se développe dans l'avenir, ça n'est donc pas fini...), mais beaucoup de gens de tout poil et de toute stature mentale ont trouvé que c'était ce qu'il convenait de faire. Ne vous étonnez pas que je partage cette opinion, mes belins-belines...

         

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30 septembre 2021 4 30 /09 /septembre /2021 14:07

 

 

ENTRE DEUX CHAISES

 

                    Vous savez bien, comme moi, qu'entre deux chaises on s'assoit par terre. C'est là ce qui s'applique à moi pour tâcher de sortir de ce verrouillage incompréhensible et dommageable que m'impose over-blog dans la livraison de mes billets quotidiens. Je dois faire abstraction de toute assistante ménagère habile en informatique (deux se sont succédé chez moi récemment, sans s'engager dans la durée - au passage, mes belins-belines, une piqûre de rappel : elles ont succédé l'une à l'autre, pas d'accord de féminin pluriel même carrément tentant)  et par conséquent je dois exclusivement compter sur mes deux sauveteurs masculins, extérieurs donc pas forcément disponibles même s'ils sont l'un et l'autre pleins d'empressement pour me dépanner. J'ai lancé un cri d'alarme après cinq  jours de tentatives vaines de déverrouillage, j'aurais dû le faire sur le champ : d'une part ça aurait bien avancé les affaires sans doute, d'autre part j'aurais pu avoir l'air désinvolte alors que l'humiliation devant mes insuffisances me courbe le front. Mais qu'importe! Peut-être pourrez-vous ce soir même (Touch wood!) retrouver ce qui s'empile dans les coulisses comme matériau pour gazouillis. Je tâche d'éviter de parler contagion et vaccins : si vous êtes comme moi ce sujet doit vous déprimer haut et fort.

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