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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 09:01

         John Sturges n’est tout de même pas un des tout grands, on pouvait donc s’attendre surtout à une bonne mise en place de chacun des acteurs qu’il faisait entrer dans son rôle – et il y en avait une tournée. Cette Grande Evasion remontait à la grande vogue ravageuse de Steve MacQueen et ces incarnations réussies ne manquaient pas d’ajouter un charme à ce film tel qu’un Américain pouvait l’avoir conçu. Dans un Offlag où on a regroupé en 1943 tous les cracks de l’évasion pour mieux les surveiller, l’évasion de 250 prisonniers à la fois (en réalité 76 seulement pourront profiter du tunnel savamment planifié et aéré) est organisée comme dans la série Mission impossible. Même minutie des détails pratiques (évacuation des sacs de terre,  éclairage du tunnel, chariot de transfert) comme s’il s’agissait d’un exercice à effectuer en studio et non en camp de prisonniers à surveillance plus théorique que véritable. Les aptitudes de chacun sont utilisées au mieux – jusqu’à faire chaparder un appareil photo ultra précis (pour fabriquer de faux papiers) avec autant d’aisance que pour le beurre danois du chef de camp. Quant au tailleur qui en quelques semaines retaille les uniformes et les transforme en vêtements civils en les teintant à l’encre bleue (pour ne pas parler des feutres dont chaque évadé se trouvera muni une fois sorti du tunnel – d’où sont-ils sortis, ceux-là ?), il accomplit d’incroyables miracles. A souligner, l’exécution d’une poignée des meilleurs, alors qu’ils devraient être retransmis à un camp disciplinaire et non fusillés.  On aimerait savoir vraiment comment ils s’y sont pris, les 50 évadés qui ont laissé leur vie dans l’aventure et à qui le film est dédié…

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 09:31

         Sans rien à me mettre sous la dent hier soir, je me suis rabattue sur Marie Heurtin. J’attendais malgré moi une sorte de clone de Miracle en Alabama : autrement dit comment, aveugle, sourde et muette de naissance, on peut  grâce à un enseignement approprié de tous les instants et quand on s’appelle Helen Keller devenir soi-même formateur d’enfants handicapés. Naturellement j’avais tort de trop en attendre. Mais à son niveau plein de bonnes intentions ce petit film met au moins en lumière les obstacles que peut rencontrer une vocation inspirée : non seulement les réactions hostiles de la sauvageonne qui dans ses ténèbres muettes ne comprend pas qu’on veuille s’intéresser à elle, mais encore, par delà les innombrables et insolubles difficultés à faire comprendre à ce cerveau brut ce que sont le mouvement, la tendresse, la vie collective – ou encore tout simplement l’usage d’un couteau et, encore plus malaisé, le lien entre la notion de couper et le geste de deux index croisés -  l’impatience de la mère supérieure qui voudrait voir se concrétiser des résultats rapides, alors qu’il faut, surtout au début, à l’enclenchement des mécanismes de compréhension des rapports entre l’extérieur et sa représentation, des mois d’infinie et incessante attention. On suit donc ce débroussaillage total depuis le moment – presque déterminant – où les cheveux acceptent de se laisser brosser. Quelques beaux instants dans ce domptage d’une intelligence encore inculte : par exemple, quand l’adolescente qui vient de découvrir les joies de la balançoire, découvre par elle-même qu’elle peut se balancer sans l’aide de personne. Œuvre gentillette, donc, même si  on frôle parfois innocemment des domaines interdits qui à mon avis n’ont pas pu ne pas se présenter avec leur intensité dans la réalité.

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 09:19

         Le culte d’Halloween semble diminuer d’intensité. Je ne sais pas ce qu’il en est au niveau des enfants et adolescents « de France », comme on dirait au Front national avec des trémolos dans la voix, car je n’ai aucun contact avec des jeunes, mais au niveau des commerces il me semble que seule une sorcière et son balai petit modèle montent la garde près du rayon des citrouilles, ce qui traduit un net assoupissement de la nervosité d’il y a quelques années encore. La tradition des chrysanthèmes de la Toussaint, qui n’avait jamais perdu du poil de la bête, reprend le dessus, même si je trouve étonnant qu’une seule espèce de fleur, mélange de marron et de jaune et remplacement des grosses têtes délicatement frisées par une nuée de petites inflorescences manifestement destinée à tenir le coup s’il gèle précocement, s’impose au lieu du choix habituel dans les jaunes, les blancs, les mauves et les mordorés : j’espère que ces options restent possibles au niveau des boutiques de fleuristes, autrement ce serait trop triste. Tout cela pour dire qu’on a en Europe le culte des morts inscrits dans les gènes, mais qu’on reste indifférent devant l’accumulation des migrants qui vont bientôt être des défunts : à voir se dérouler ces longues files d’étrangers qui marchent tous au pas de promenade sans le moindre bagage pour les ralentir, on devrait d’emblée se demander ce qu’ils vont devenir. Où vont-ils atterrir ? Où logeront-ils ce soir ? Comment cet afflux peut-il être résorbé ? On nous parle toujours en termes d’abstractions, des chiffres, des quotas, mais quelle incidence sur les humains en termes de lits, de tentes, de camps, de logements définitifs ? Frau Merkel est dépassée par sa stratégie politique à coloration de vertu : elle a cru pouvoir maîtriser un petit million de migrants, mais lutter avec toute sa population ou presque sera encore une autre paire de manches.

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 12:56

Pardonnez-moi, belins, l’irrégularité

Qui pourrait (en regardant vite, mes belines)

Se faire prendre pour une infidélité

A l’allure selon laquelle je chemine,

Afin de vous fournir en toute probité

            Chaque matin vos vitamines.

 

C’est entendu, je m’occupe de vos cerveaux

Avec zèle, je crois, tant ma méthode est sûre.

¨Pouvoir vous garantir de fort originaux

Résultats concernant votre maudite allure

Qui à mon arrivée n’était qu’un piètre trot

            Point trop flambant je vous assure,

 

C’est bien ce que je vise avant tout, mes belins :

Me transformant en coach souvent inexorable,

Vous faire à tous sentir – tant pis pour le chagrin ! –

Que vos niveaux mentaux se démontrent coupables

D’ignorance et de flemme, avec reprise en mains

            Absolument indispensable.

 

Cette reprise en mains, je veux bien m’en charger,

Sans distinction de sexe ou primogéniture,

Mais il faut respecter les rythmes adoptés

Pour l’épanouissement total de ma nature :

A mes rythmes à moi je ne veux rien changer

            Surtout depuis le temps qu’ils durent !

 

C’est pourquoi, dans ces très régulières cadences

De bulldozer qui sait progresser vaillamment,

De temps à autre ou trouve une faille, une absence,

Ce qui s’appelle un tout petit relâchement :

Continuez à me garder votre confiance :

            Ce n’est qu’affaire d’un instant…

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 12:17

Après un ^petit retard...

 

Pardonnez-moi, belins, l’irrégularité

Qui pourrait (en regardant vite, mes belines),

Se faire prendre pour une infidélité

A  l’allure selon laquelle je chemine,

Afin de vous fournir en toute probité

         Chaque matin vos vitamines.

 

 

C’est entendu, je m’occupe de vos cerveaux

Avec zèle je crois, tant ma méthode est sûre.

Pouvoir vous garantir de fort originaux

Résultats concernant  cette maudite allure

Qui à mon arrivée n’était qu’un piètre trot

         Point trop flambant, je vous assure,

 

C’est bien ce que je vise, mais oui mes belins :

Me transformant en coach souvent inexorable,

Vous faire à tous sentir – tant pis pou le chagrin ! –

Que vos niveaux mentaux se démontrent coupables

D’ignorance et de flemme, avec reprise en mains

         Absolument indispensable.

 

Cette reprise en mains, je veux bien m’en charger,

Sans distinction de sexe ou primogéniture,

Mais il faut respecter les rythmes adoptés

Pour l’épanouissement total de ma nature :

A mes rythmes à moi je ne veux rien changer,

         Surtout depuis le temps qu’ils durent !

 

C’est pourquoi, dans ces très régulières cadences

De bulldozer qui sait progresser vaillamment,

De temps à autre on trouve une faille, une absence,

Ce qu’on appelle un tout petit relâchement :

Continuez à me garder votre confiance,

         Cela ne dure qu’un instant !

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 11:53

Après un ^petit retard...

 

Pardonnez-moi, belins, l’irrégularité

Qui pourrait (en regardant vite, mes belines),

Se faire prendre pour une infidélité

A  l’allure selon laquelle je chemine,

Afin de vous fournir en toute probité

         Chaque matin vos vitamines.

 

 

C’est entendu, je m’occupe de vos cerveaux

Avec zèle je crois, tant ma méthode est sûre.

Pouvoir vous garantir de fort originaux

Résultats concernant  cette maudite allure

Qui à mon arrivée n’était qu’un piètre trot

         Point trop flambant, je vous assure,

 

C’est bien ce que je vise, mais oui mes belins :

Me transformant en coach souvent inexorable,

Vous faire à tous sentir – tant pis pou le chagrin ! –

Que vos niveaux mentaux se démontrent coupables

D’ignorance et de flemme, avec reprise en mains

         Absolument indispensable.

 

Cette reprise en mains, je veux bien m’en charger,

Sans distinction de sexe ou primogéniture,

Mais il faut respecter les rythmes adoptés

Pour l’épanouissement total de ma nature :

A mes rythmes à moi je ne veux rien changer,

         Surtout depuis le temps qu’ils durent !

 

C’est pourquoi, dans ces très régulières cadences

De bulldozer qui sait progresser vaillamment,

De temps à autre on trouve une faille, une absence,

Ce qu’on appelle un tout petit relâchement :

Continuez à me garder votre confiance,

         Cela ne dure qu’un instant !

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 20:03

            J’aime beaucoup Clint Eastwood. Je veux dire que je l’ai trouvé superbe dans sa jeunesse, intelligent dans les films de Sergio Leone, plein d’idées et de sentiments dans ce qu’il a produit ou réalisé lui-même, bref aussi varié et complet qu’on puisse le souhaiter pour un comédien qui n’a vécu et ne vit que pour le cinéma. J’aime bien aussi lorsqu’il est le policier des bas fonds, avec des méthodes et des pratiques pas toujours nettes, loin de là, et cette gâchette terriblement facile que donne aux hommes l’éducation américaine. Je viens de voir un film mineur, La Corde raide,  où précisément il est policier, en Louisiane – ce qui donne tout de suite une coloration particulière aux atmosphères locales où règne le vice. La série de meurtres odieux de filles faciles ou de prostituées se déroule avec chaque fois des contacts de sa part avec l’assassinée du matin, à tel point qu’on finit par se demander (nous, sa brigade, lui-même) s’il n’est pas le meurtrier dont la mémoire ne conserve jamais le souvenir de ses crimes. Ses deux filles adolescentes qui l’adorent laissent prévoir une vérité déchirante, mais non ! Le coupable, qu’il finit par arrêter après une course à pied un peu trop longue pour être vraie, est un ancien flic qu’il a fait condamner il y a douze ans et qui accumule les preuves le désignant. Heureusement tout finit bien. Mais  je reste songeuse de voir comme le commentaire critique confond le rôle du policier et la personnalité de l’acteur : quand on parle des zones d’ombre de sa personnalité, qu’il se plaît à découvrir peu à peu, c’est comme s’il confiait au cinéma le rôle d’intermédiaire pour ses pulsions funestes, et à mon avis ce n’est pas parce que quelques plutôt mauvais films se fondent sur ce même terrain marécageux pour dresser son personnage  que l’image obtenue est plus attachante ou plus riche. On a l’impression qu’il est parfaitement conscient de cette fausse enquête sur lui-même et que cela l’amuse… ou lui fait de la pub.

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 12:51

         Dans quelque soixante-dix jours environ va se clore une année que l’ONU avait décrétée « Année de la Palestine ». Je m’étais fort réjouie l’an dernier, au moment où la nouvelle s’était répandue, car il me semblait enfin juste qu’on rétablisse le droit à la parole et à l’attention pour un pays qu’on muselait depuis déjà de trop nombreuses  décennies de douleur et d’iniquité. Et je crois que les gens de bonne volonté, ceux dont on parle benoîtement au moment de Noël, ont              attendu eux aussi des choses - des changements, un apaisement, un desserrement de l’étau qui broie ce pays mutilé, bref quelque chose qui pourrait donner une lueur d’espoir à ses habitants en train d’être sciemment et impitoyablement expulsés déracinés dépouillés de tout. On n’a pas voulu voir leur résistance pacifique, leurs démonstrations de patience : ce qui était presque comme une joue tendue a été délibérément interprété comme la plus offensante, la plus violente des provocations. La provocation des pierres et des gamins contre les tanks et l’armement lourd de l’armée la plus sophistiquée et la mieux entraînée du monde… Où est David ? Où est Goliath ? Il conviendrait de ne pas se tromper dans la distribution des étiquettes. Et cette implacable et brutale dépossession des uns au profit des autres, cette oreille sourde tournée  vers le reste du monde qui crie Holà ! avec trop de mollesse, cette lâcheté des nations qui se croient débarrassées de leur devoir moral une fois qu’elles ont dit « Allons allons, il faudrait peut-être remiser les armes, et rétablir la libre circulation des gens sur leur territoire, et ne pas arracher les oliviers d’autrui au moment de la récolte,  et ne pas s’emparer de terres et de maisons qui  ne sont pas à vous, allons allons », cela c’est un tout.  Et il suffirait que la vision du reste du monde fût un peu plus éclairée, comme au temps du despotisme des Lumières, pour que pût basculer ce déséquilibre inacceptable vers un rétablissement de la normalité : chacun chez soi à cultiver son jardin, d’autant que les jardins des uns ont tous été pris sur la surface du jardin des autres.

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 09:41

         Prendre l’air, c’est prendre l’air du monde. Du reste du monde. Pas forcément l’air des cimes ni l’air marin, ni non plus un air tout neuf selon des déplacements de par le vaste univers, mais tout de même changer d’horizon, laisser là ses quatre murs bien-aimés, quitter son cocon, quoi, et tendre le nez ailleurs. C’est une initiative salutaire, que vous visitiez ou non les richesses de votre zone de destination (car, ne vous trompez pas, il y aura toujours des richesses à explorer là où que vous alliez). Surtout vous remplacez votre solitude – même si vous l’aimez, même si vous l’adorez – par le contact avec ceux que vous avez choisis. Je veux dire que même à l’intérieur d’un groupe où vous trouvez à boire et à manger – pour rester en termes bourguignons – vous pouvez faire votre sélection personnelle et vous réjouir qu’elle rencontre le choix des autres. A deux , c’est une amitié d’une tonalité spéciale, teintée des décennies du passé où elle s’était mise en sourdine avant de reprendre comme un feu de forêt au premier souffle de vent. A quatre, dans un wagon de train où l’on se dispose comme des joueurs de cartes (mais qu’on ne me précise pas la nature du jeu : je ne sais jouer à aucun et je n’y comprends rien) on peut discuter ferme, trouver des solutions aux menus problèmes de l’association, s’ouvrir aux suggestions venues d’ici ou de là : quand on se sépare, à la gare où chacun reprend sa direction, on est tout triste que cela  ne puisse encore continuer un bout de temps, on a même l’impression que par la grâce de cette simple causette à plusieurs on a rechargé ses batteries pour affronter ce qui nous attend une fois seul, oui, ce qui se prépare à vous sauter dessus dans l’espoir peut-être même de vous terrasser…

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 11:10

Expédié le 16 octobre, valable pour le 17 (histoire de vous montrer que vous êtes mon grand souci per fas et nefas).

 

 

         Je vous ai parlé d’Orange l’autre jour, surtout de ces couches ethniques qui depuis les Ligures se sont succédé par vagues depuis deux siècles avant notre ère – des migrants et des conquérants tour à tour, mélangeant les populations à qui mieux mieux (et même, par-delà les ethnies, brandissant leurs religions les uns contre les autres sans jamais s’être calmés ni avoir tiré les leçons des  massacres fratricides des générations antérieures). La notion de Français de pure souche devient ici flageolante : quelle raison de s’opposer aux nouveaux candidats à l’enracinement ? Je vais aller voir ce qu’il en est. Je vous dirai au retour mes impressions sur les relations humaines, telles qu’on les conçoit dans les pays où la corrida, c’est-à-dire la mort dans le sang et la douleur de taureaux hébétés, drogués, aux défenses amoindries, fait partie de l’orgueil régional…

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