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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 08:35

         Il y a vraiment des sujets sur lesquels nos chers médias, si lèche-bottes devant le pouvoir quel qu’il soit, si empressés à s’emparer d’une idée qui traîne pour en presser la sève jusqu’à l’écoeurement général, s’arrangent pour faire exactement comme s’ils n’existaient pas (les sujets) et qu’ils ne soient pas tournés dans la bonne direction (les médias). Je pose ici une question qui doit bien hanter les gens de bonne volonté : où sont ces colonnes de migrants qu’on voit, toujours sur les mêmes images, cheminer tous du même pas, sans bagages,par trois ou quatre de front, en files interminables mais  sur un tempo de promenade ? Où sont-ils, où s’arrêtent-ils le soir ? Quel bivouac les attend ? Qui leur donne à manger, qui les nourrit, qui les héberge ? Qui les soigne (car il doit bien y avoir des éclopés, des femmes enceintes, des enfants épuisés) ? Ils n’ont pas l’air tourmenté, comme s’ils se dirigeaient vers un asile dû et promis, vers un emploi, vers un logis pour repartir du bon pied après transplantation … Or, à part la madone du Quatrième Reich qui en a appelé huit cents mille (mais il faut voir l’accueil que leur réserve la population, sauf dans quelques gares qu’on a décorées pour la montre  avec des banderoles et des bouquets : elle a opté pour l’attitude vertueuse mais elle va y laisser sa peau) l’Europe fait grise mine, accepte du bout des lèvres un piètre petit nombre, refuse carrément, revient sur son premier mouvement d’accueil, brandit les raisons de la logistique, construit des murs comme en Israël , déroule des barbelés comme autour de Fleury-Mérogis ou de Guantanamo… Les paroisses chrétiennes appelées à donner dans l’exaltation ont-elles exécuté les directives de la charité ? un migrant par paroisse, bigre ! Certaines vont trouver que le bât blesse … C’est comme pour tout geste de charité : il y a ce qu’on voudrait faire – et puis ce qu’on peut faire, et on va vite se lasser d’essayer de faire coïncider les deux choses…  

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 09:07

         Il ne s’agit plus cette fois-ci de détruire les représentants de la liberté d’expression. Il s’agit d’une haine aveugle qui a présidé à la préparation d’un plan démoniaque. Normalement, la destruction des tribunes du stade de France était aussi prévue, ce qui aurait donné lieu à un carnage encore infiniment plus sanglant. Ce qui était prévu, dans l’esprit des commanditaires et organisateurs de ces tueries à la chaîne et en rafale, c’était une variante du 11 septembre new yorkais : qu’une masse de morts dans des conditions affreuses puisse frapper les foules et les terroriser jusqu’à les  rendre lâches, sans réactions, prêtes à se rendre. D’instinct la foule de vendredi l’a compris : à peine revenue de son horreur, elle a mis en avant son courage à tenir tête, à ne pas se déclarer impressionnée par autre chose que la douleur et la compassion, sa détermination à ne pas se laisser épouvanter par la menace. « Même pas peur ! » ou « Vous ne nous faites pas peur ! » était la réponse la plus sentie, probablement la plus irritante pour les auteurs du massacre ou leurs commanditaires. Les remarques de Bashar al Assad commentant l’événement parisien portaient en évidence leur signification ; je le verrais bien à la source de l’entreprise, Syrie ou Yemen, il a sous la main tout ce qu’il faut pour réaliser un massacre de cette envergure. N’a-t-il pas délibérément attaqué son peuple par les moyens chimiques les plus ignobles, en vue de détruire ou terroriser  la portion des Syriens musulmans qui n’appartenaient pas à sa propre nuance islamique ? 

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 08:32

         Quand je parlais samedi des terroristes infiltrés qui allaient pouvoir préparer leur coup tranquillement, je n’avais pas encore pris connaissance de l’horreur qui a frappé le monde vendredi soir. Il m’a semblé, à la découverte de ce massacre si scientifiquement perpétré (et qui encore, si j’ai bien compris, n’a pas réalisé l’hécatombe prévue puisque trois kamikaze se sont fait sauter pour rien, sans avoir rempli leur mission, en particulier au Stade de France), que l’indignation révoltée qui a soulevé la planète était de même nature que celle du 11 septembre, quand les tours de New York s’effondraient en flammes sous les yeux de l’univers entier. Stupeur incrédule, révulsion, horreur profondément viscérale, réaction incoercible : il faut faire quelque chose, il faut que moi aussi je témoigne, je ne sais pas comment mais je veux manifester – ma colère, mon dégoût, ma solidarité, mon partage de la douleur, mon accablement devant   l’injustice du sort qui frappe les uns et non les autres, ma révolte devant l’odieuse lâcheté de pareille stratégie criminelle. La vision, dimanche, des ma- nifestations de foules dans les pays étrangers,  conforte dans la détermination à ne pas céder – céder à la peur, céder au découragement, céder à l’intimidation... Mais tout de même nous voilà en guerre, en alerte à chaque sortie, à chaque déplacement – et pourvu, pourvu surtout, que la haine aveugle ne finisse pas par  sourdre et se concrétiser ! je n’oublie pas le lynchage de ce pauvre Sikh que la foule new yorkaise dès le 12 septembre a exécuté dans la rue parce qu’il portait un turban… 

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 09:27

         Jusqu’à présent, et si l’on se contente de la vision depuis un cheval au galop, l’Europe agit comme un seul homme, selon la formule traditionnelle : même pleutrerie en face d’Israël qu’on ne sanctionne pas pour tenir tête aux règlements internationaux sur la guerre, même pusillanimité d’ensemble lorsqu’il faudrait intervenir à l’extérieur pour raison humanitaire, bref chacun fait comme le voisin (en louchant sur lui et en espérant faire mieux la prochaine fois).  Or l’afflux de centaines de milliers de migrants investissant ses frontières – ce Schengen auquel elle tient tant – risque de faire se développer des vues diverses, chacun voyant l’heure à sa montre. Je choisis sans doute mal mon exemple en citant la Grande-Bretagne, puisqu’elle n’est européenne que lorsque cela lui chante : mais elle vient de décider que « ses » immigrés n’auront accès aux droits sociaux    qu’après quatre ans (ou cinq peut-être, je ne sais plus) de séjour et travail réguliers : trahison de la solidarité entre dirigeants, mais frein véritable à l’afflux des masses.  Voilà bien de quoi refroidir les engouements pour les Britanniques… Et si chaque nation en faisait autant ?  Quels mouvements d’incertitude ou de repli ne naîtraient- ils  pas alors   chez ces déracinés ? Et quand on pense au nombre d’infiltrés islamistes qui sont déjà dans leurs rangs, qui vont pouvoir bénéficier de la protection et de la bienveillance des pays d’accueil et prépareront en toute tranquillité leurs programme d’actions terroristes, on se sent un peu mal à l’aise…

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 08:37

         DUNE …1984 : cela fait plus de trente ans… Peut-on pardonner à un film ou à son réalisateur d’être à côté de la plaque de manière absolue ? On le savait : outre le désastre financier,  critique, confrères et public furent pareillement hostiles à cette erreur de David Lynch. J’étais résolue à ne pas, comme les  fanas de Lynch jusqu’au boutistes, chercher ici ou là quelque trace du maître… Mais je voulais voir ce film que j’avais négligé à sa sortie, alors que j’avais adoré le roman. Je suis restée consternée… Certes, c’était une gageure que de transférer ce beau roman plein de rêve et d’images insolites dans le domaine de l’image mobile, mais l’absolue liberté de David Lynch avec ses sujets personnels ne  pouvait marcher ici, à cause d’un texte construit qu’il fallait suivre à la lettre…Moi qui n’avais jamais pu, d’après la lecture de Dune, me représenter le Ver, cette menace permanente pour la planète Arrakis qui n’a pas une goutte d’eau, j’attendais avec impatience de voir comment Lynch allait le concrétiser : eh bien c’était d’un grotesque à pleurer, les effets spéciaux se révélant insuffisants à créer ce climat d’épouvante et d’horreur. J’ai même franchement ri en voyant  Kyle MacLachlan et ses quatre ou cinq fidèles chevauchant dans l’allégresse le Ver vaincu. Quant au baron des Harkonnen déplaçant dans les airs sa grosse masse répugnante, si on pouvait la rêver en lisant on ne le pouvait plus dans la réalisation du film. Et puis, ce Kyle MacLachlan, cet acteur-fétiche qui est si bien à sa place dans les contextes habituels de Lynch, énigmatiques et sulfureux – Blue Velvet, Twin Peaks… - il incarne l’adolescent royal avec une candeur qui vire à la godicherie – de quoi vous décourager de le revoir dominant les éléments avec son habituelle  et naturelle maîtrise (et non, comme ici, avec une majesté de pacotille).

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 09:52

         Je connaissais déjà le terme horrible de ferme usine : vous m’avez suffisamment entendue (ou lue) dans mes indignations contre ces monstruosités, des bâtiments concentrationnaires énormes pour  pomper jusqu’à leur dernière fibre cinq cents ou mille vaches bourrées d’hormones afin d’obtenir un maximum de rendement laitier (notez bien le nom :c’est la firme Senoble qui a installé la répugnante ferme-usine du Nord Pas-de-Calais). Mais je n’avais pas encore eu vent des fermes à sang d’Amérique du Sud, je viens d’en être avisée et j’en suis malade. Pour avoir les hormones voulues, des fermes à sang mettent des juments enceintes, puis les vident de leur sang  après les avoir avortées (elles sont laissées à crever sur place) car les hormones de leur sang sont spécialement utilisées pour améliorer l’insémination artificielle des juments dans le reste du monde. Quels cerveaux scientifiques diaboliques ont pu faire naître l’idée de pareil traitement ? (mais je me demande, tiens oui j’y pense, si on ne traitait pas de même manière il y a quelques décennies les athlètes féminines dont on fabriquait des championnes du monde : ces confidences de laboratoire  -  ou de vestiaire  - concernaient donc déjà le trafic inavouable des hormones au regard des performances des individus, mais on avait peine à y croire…). Désormais c’est patent : on connaît à la fois ce principe d’histologie (le sang et ses hormones sont bien un tissu, non ?) avec les procédés criminels qui en découlent pour une exploitation éhontée, et tout aussi bien les endroits issus de l’enfer où l’on torture, maltraite, piétine ignoblement des animaux . Des fermes de sang…Est-ce que le terme lui-même ne fait pas frémir ? Ne peut-il naître de l’écoeurement général devant pareilles pratiques un mouvement de protestation qui regroupe assez de personnages influents pour qu’enfin « quelque chose » puisse être fait?

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 10:05

             J’ai eu la tardive curiosité de savoir si on pouvait me contacter en dehors de mon blog, et j’ai découvert que sur Internet il y avait moyen de se convaincre que j’existe bel et bien. « A 90 ans, elle blogue tous les jours ! » « Quel  régal ! » Il semble même qu’il y ait eu une analyse ou un commentaire assez étendu,  avec un nom en toutes lettres qui me tend peut-être la perche pour un contact plus actif : Régis Iglésias, beau nom ibérique que je ne sais comment évoquer (si vous lisez cet appel, même après tout ce temps écoulé, ne voudrez-vous pas me faire signe, càd en me suggérant des modes d’emploi pour me rendre jusqu’à vous ? Ce n’est pas le manque de sympathie qui me retient, mais le manque de savoir faire avec mon ordinateur : c’est comme avec Facebook, je ne sais en profiter que quand on m’aide… Et j’espère que le commentaire en question n’est pas un éreintement convaincu, qu’il me faudrait encaisser sans savoir comment répondre ! Qui sait si on ne m’éreinte pas sur Internet ici ou là sans que je le sache ?). J’ai même aperçu une référence de Geneviève (j’ai possibilité de contact avec elle depuis cette date bénie de 2008 où, au démarrage de mon blog, elle saluait sa naissance avec pour Les Nœuds d’Argile mon premier roman un jugement inoubliable qui est resté dans mon cœur) qui perdure dès les premières lignes et que, j’espère, on peut lire simplement en cliquant comme il faut…Je me rends bien compte que dès la publication d’un texte quel qu’il soit il devient matière à critique ou commentaire de la part de tous et n’importe qui : c’est normal, si on ne veut pas de cette exposition au regard d’autrui il faut resté caché – ou muet !..

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 08:27

         On voit souvent aux Etats-Unis, surtout dans les petites agglomérations donnant sur les routes de moyen passage, des maisons munies d’une affichette manuscrite : « Barn Sale » ou « Garage Sale », autrement dit dans cette remise ou ce garage tout un déballage va permettre de décongestionner quelque peu le logement. On y met tout ce qu’on laisserait derrière soi si on déménageait : vaisselle en vrac, bibelots, colifichets (parfois dans un écrin, ça fait vendre), canapé, fauteuils, tapis, petits meubles, paniers, jouets… En général c’est en bon état, mais il y a aussi des déballages assez lamentables. C’est en somme comme si on tendait sa sébile : nous avons besoin d’argent, venez voir si quelque chose ne vous tenterait pas, merci d’avance. Des puces privées, au fond – et c’est incroyable le nombre de gens qui s’arrêtent, surtout par curiosité mais avec l’arrière-pensée de « trouver une occase ». Etant donnée la fréquence du phénomène, il faut bien croire que ce petit commerce ne marche pas trop mal. Mais il faut dire aussi que l’ensemble a l’air plutôt minable, on ne voit pas ces puces offertes dans les beaux quartiers. Et puis, si par hasard je cherchais dans cet exemple américain une inspiration pour  débarrasser le plancher de mes « dépouilles », j’aurais tout de suite un blocage : un seul garage ne me suffirait pas…

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 08:39

         Plus j’y pense, plus je me sens consternée du foutoir que je vais laisser derrière moi. Certes, j’en laisse jovialement un derrière moi quand je ferme à clé ma porte palière pour aller prendre l’air du dehors, mais c’est le mien, celui dans lequel je me trouve fort bien, celui qui s’est habitué à moi et auquel mes chats eux aussi se sont habitués. Je ne parle pas de cet état permanent où les chats et moi évoluons fort allègrement et très à l’aise. Je parle de celui qui, après moi, aura pris par le fait de mon absence même une allure définitive, donc exposée à la critique du premier venu sans possibilité de réplique de ma part. Pardonnez-moi de fixer mes pensées, depuis deux ou trois jours, sur ce sujet qui pourrait paraître lugubre : vous le savez, les temps de Toussaint et d’Armistice ont sur moi le même effet que l’affaissement des énergies de la terre au moment où elle passe à une quasi mort de trois ou quatre mois. Ne vous étonnez donc pas que mon souci soit pour l’instant fixé sur la masse des « dépouilles » (comme disait autrefois une femme de ménage qui avait tout un vocabulaire bien à elle) que je vais laisser derrière moi comme la mer abandonne, avec des algues et des coquillages, les sacs en plastique indestructibles qui n’auront pas réussi à étouffer au passage les dauphins, mérous et autres lamproies. C’est d’ailleurs symbolique : il y a des détritus dont on ne peut venir à bout, or j’ai bien peur qu’on ne soit obligé de faire un grand feu de joie derrière moi (car jetés à la mer mes papiers divers et manuscrits pourraient bien se retrouver dans le cloaque de la Mer des Sargasses – mais, me direz-vous, puisque vous ne serez plus là pour le voir.. )…

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 14:37

Mea Culpa immédiat : N°2071 – ligne 4, lire « sans qu’on s’en rende compte » au lieu de « sans qu’on s’en rendre compte ».

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