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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 13:55

 CRIME DOES NOT PAY

 

          Les films coréens, pour ce que j'en connais, semblent lourdement chargés de violence,  servie par un tempo ultra rapide où la poursuite en voiture et les morts par balles ou au couteau tiennent  une grande place. The murderer m'a sinon fascinée loin de là, du moins fort intéressée par le transfert intelligent des responsabilités. Un type abandonné par sa femme boit et joue jusqu'à l"effondrement total, criblé de dettes et menacé de mort par le gangster maître des jeux. Un quidam repère son affolement et lui propose de tuer quelqu'un moyennant le paiement de ses dettes ; il doit simplement rapporter un pouce coupé de la victime pour preuve que le travail a été fait. Le travail a été fait déjà lorsqu'il trouve le cadavre ; il coupe le pouce et devient ainsi poursuivi comme coupable en fuite par la police, par le maître des jeux qui a compris sa source de revenus et par le quidam qui sait que le travail n'a pas été fait par lui. Cette situation (avec en plus deux femmes au rôle muet mais déterminant) engendre une complexité passionnante à suivre, au cours de laquelle le mafieux et le gangster sont descendus par le faux meurtrier qu'ils menaçaient, et  qui devenu ainsi meurtrier trouve la mort à cause de ses blessures dans le bateau de pêcheur où il croyait pouvoir repartir du bon pied. Une parfaite illustration de la série américaine des années 50 "Crime does not pay" ,en moins schématique et avec beaucoup plus de subtilité....

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 11:37

DEUX FILMS A LA SUITE

 

          Belle soirée ciné, hier. D'abord cet étrange, oui très étrange Tambour (oui, seltsam,  sehr seltsam, dit le médecin en face de ce héros de l'histoire qui n'a pas grandi à partir de trois ans, joue sans arrêt sur son tambour de tôle peinte et dont la voix poussée à tue-tête brise tous les verres et toutes les vitres à portée). Pendant des années spectateur et complice de l'inconduite de sa mère, il ne résiste pas plus que son entourage à la fascination nazie, qui laisse le pays enseveli sous les ruines. Le symbole de la famille, et du petit pays polonais que l'Allemagne considère comme sien, sert d'entrée et de sortie au film : la grand-mère, rustique et inévoluée mais seule capable de traverser sans dommage toutes les épreuves domestiques ou nationales, fait cuire ses Kartoffeln dans son brasier en plein champ et sans dire mot cache les poursuivis, homme ou enfant, sous ses amples quatre jupes. Pas de souvenir de The Unvanquished  de Faulkner ici, même si le motif se retrouve: la tonalité est "typisch Deutsch",avec ses outrances et son naturalisme qui a de la peine à passer pour de la recherche artistique : la signature de Gunther Grass se remarque  partout, dans son originalité et sa force. Je dirai quelques mots demain de The Murderer,  film coréen d'assez grande violence mais dont le développement moral est à la fois complexe et rigoureux.

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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 11:43

SCORIES

 

          J'aurais dû, lorsqu'il en était temps encore, me constituer une petite liste de toutes les erreurs de langage ou de grammaire qui m'ont fait bondit et me font toujours bondir à l'heure actuelle : d'une part, j'y éclusais irritation et rancoeur en constatant le  statu quo  souvent calamiteux, d'autre part, j'aurais des réserves abondantes dans lesquelles puiser pour le sage objectif d'édification qui inspire mes blogs depuis quatorze ans. J'ai le choix pourtant, même dans le seul recours à ma mémoire, mais j'ai peur de reprendre de préférence les mêmes scories... Il est vrai que les signaler, même avec vigueur, ne suffit pas pour les éradiquer : cela me rappelle une réflexion d'Arlette Laguillier à qui on reprochait de toujours réclamer les mêmes choses : " Bien obligée, disait-elle, car je n'obtiens jamais rien de ce que je réclame". L'ivraie pousse plus vite que le bon grain et résiste malignement à l'arrachage. On voit souvent dans les vitrines "Occasions à profiter" ou "Soldes monstrueuses", aussi souvent qu'on entend un ministre dire "C'est de cela dont je voulais vous parler" ou, pourquoi pas? " précautions à prendre entre chaque vague de contamination". Et l'ignoble " Il se rappelle de moi"... On a le choix! Mais j'ai envie de me pencher sur les expressions banales dont s'ornent les conversations en les déformant : là aussi il y a de quoi s'irriter - et rire.

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 17:59

 

 

LA MORT DANS LES PAPIERS

 

                    Quand j'étais enfant, le papier ne connaissait pas l'abondance dans laquelle on se noie de nos jours. Le moindre petit coin de journal pouvait être utilisé pour la liste d'épicerie, une feuille enlevée à un vieux cahier d'écolier pouvait très bien servir de papier à lettre, les albums à colorier de dix ou douze pages étaient assez précieux pour qu'on pût les offrir en cadeau de Noël. Pour ma part j'écrivais des poèmes sur l'envers des protège-cahiers qu'on me donnait à la pharmacie, je récupérais avec soin - mais en douce - les pages non écrites des cahiers de roulement que mon père gardait probablement pour ses archives (mais auxquels il  ne touchait jamais une fois empilés dans le cabinet noir de son bureau où je me ménageais des entrées subreptices) et j'y commençais  d'innombrables romans qui ne dépassaient guère les deux ou trois premières pages. Je ne sais pas si le papier-cadeau existait déjà, je n'en ai jamais vu chez moi, ni pour la réception ni pour le départ... De nos jours, avec ce qui entre et ce qui sort, je pourrais parler d'une mer où je me débats sans guère d'espoir d'en venir à bout jour après jour, et la grande poubelle n'y suffit plus. Quant à ce qu'on garde parce qu'il sert de support à ce qu'on juge gardable, il se décante tout seul dans la poussière et dans l'oubli, il se dépose comme des couches de limon qui finissent par constituer une masse d'une nouvelle nature, peu à peu on n'y retrouve et n'y reconnaît plus rien. On cesse de se débattre et de tenter de lutter, on ne se noie pas, on s'enlise. Et quant à l'extravagante démence qui consisterait à classer ou mettre un peu d'ordre là-dedans...

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 10:45

MINUTIE DU LANGAGE

 

           Toutes proportions gardées, naturellement (autrement dit,  de la façon pédante qui me réjouit, mutatis mutandis), il me semble que je fais exactement et fort laïquement fonction de prêcheur dans le désert. Il est bien entendu que mon pauvre petit filet de voix ne peut pas être entendu au loin et que la grammaire ou le sens du bon français sont soit ignorés du bon citoyen Lambda, soit même dédaignés ouvertement, telles les injonctions mollassonnes de l'ONU pour rappeler peureusement à Israël les droits de l'humanité au milieu de ses pires exactions. De même que les saints ou les ermites prêchaient devant des étendues de sable inhabité, de même les incitations à parler comme il faut et ne pas parler comme il ne faut pas sont peu suivies de succès. J'en veux pour preuve (entre mille : j'aurai bien l'occasion d'y revenir) cette utilisation ulcérante de la préposition entre qui ontologiquement ne peut être suivie d'un singulier. C'était à qui mieux mieux que ministres ou professeurs du plus haut niveau multipliaient les entre chaque vaccin, entre chaque service, entre chaque passage, entre chaque table. Sans vergogne et allègrement... Je n'ai jamais pensé que mes remarques acerbes - plutôt nécessité de défoulement que semailles de la bonne graine - auraient de l'impact au-delà de mon petit groupe de fidèles qui glanent toujours quelque chose de mes sages avis. Mais quand je lis sur une publicité d'officine que le matériel et les sièges sont désinfectés "entre chaque client", je ne me dis pas "ils feraient bien de m'écouter, ceux-là" ; je me dis tout simplement que le mal est sans remède.

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21 juillet 2021 3 21 /07 /juillet /2021 10:52

RAISONNEMENT A  FROID

 

          Me voilà munie de l'indispensable pass sanitaire, attestant au monde entier que j'ai bien subi mes deux vaccinations et qu'ainsi,  non seulement je ne saurais être atteinte par les attaques du virus envahisseur mais encore et surtout je ne saurais en théorie être nocive à quiconque puisque je transporterai avec moi l'impunité et l'innocence solidaires à l'égard d'autrui. Je pense être fort susceptible en ce qui touche aux libertés,  petites ou grandes,  dont on peut encore jouir en notre société en train de s'effondrer, et je suppose que cela me donne le droit de me prononcer sur ce point : je ne vois pas en quoi les libertés des individus mâles ou femelles sont endommagées voire détruites d'avoir désormais à transporter un pass sanitaire dans son sac ou son portefeuille. Est-ce que les manifestants de l'heure présente n'ont pas de carte d'identité à porter sur eux obligatoirement? (on y ajoutait même autrefois l'obligation d'avoir au moins dix francs, cela vaut-il toujours aujourd'hui une fois convertis en € s'entend?). N'ont-ils pas de passeport s'ils veulent quitter nos rivages fleuris? N'ont-ils pas de carte vitale s'ils désirent que la généreuse Sécu puisse les rembourser de leurs frais médicaux? Allons allons, les réfractaires, ne soyez pas sots! J'ai dûment et de tout mon coeur applaudi sur mon balcon à 20h02 tous les soirs l'été dernier pour soutenir et reconnaître votre héroïsme : ne m'obligez pas à le regretter en vous découvrant finalement aussi butés et aussi égoïstes.

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20 juillet 2021 2 20 /07 /juillet /2021 16:44

         

TELE EN ANGLAIS

          En attendant que SFR (puisque c'est SFR qui au bout de nombreux mois de ruse et de dérobade a fini par remplacer Numéricable), grâce à un numéro aussi ardu à extirper du technicien que si je lui avais demandé la clé du paradis, puisse m'établir un contrat pour les chaînes en anglais qui me comblaient du temps de BBC Entertainment et dont je me trouve privée depuis trop longtemps (mais n'est-ce pas le refus des Anglais qui commande cette carence? A part par leurs virus ils ne souhaitent plus commercer avec le reste du monde depuis leur Brexit, auquel cas le numéro magique de SFR restera sans doute inopérant), je réussis à trouver des programmes en anglais ici ou là,  et il faut rudement bien regarder. Le Granchester de 13ème Rue n'a rien de génial, il m'évoque une assez faible décoction de Father Brown sans le sac à idées de GK Chesterton qui donnait quand même un beau relief à son curé détective : ici c'est un jeune pasteur protestant qui aide le policier du village dans ses enquêtes criminelles. Rien de vénéneux ni même de bien compliqué, et la traditionnelle "bonne du curé" est grincheuse et bigote à souhait. Pas plus de génie que d'hémoglobine ou de frisson d'angoisse : mais enfin c'est très anglais, ça parle anglais, et ce jeune pasteur a un si séduisant regard et un si irrésistible sourire...Faute de grives, on mange des merles.

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20 juillet 2021 2 20 /07 /juillet /2021 10:44

DIVINE TELE...

 

          Selon un expert en recherches sur le monde  très fermé et grouillant d'intrigues de la télévision, la fidélité aux chaînes se distribuerait géographiquement : la droite regarde TF1, la gauche le service public, les ruraux  France3, les habitants de la grande Couronne M6, la petite couronne Canal +, les centre-ville Arte. Je n'ai aucun moyen de juger le vrai de cette proposition, mais j'ai parfaitement remarqué que selon chaque chaîne les objets de la pub et son style de présentation varient considérablement, comme pour se mettre utilement au niveau d'un public à chaque fois différent. J'ai aussi appris les sommes absolument faramineuses auxquelles peuvent arriver les magnats de la télé, présentateurs chevronnés, programmateurs sans cesse innovants, maîtres des contrats, négociateurs inexorables dans les tractations de rachat, d'échange, de projet à distante échéance, qui se font par programmes entiers d'un an ou plus, voire par chaînes entières qu'on propulse; qu'on torpille sournoisement, qu'on supprime du jour au lendemain ou qu'on fait renaître d'un  trait de plume : les tireurs de ficelles, géants cachés à Maserati et à yacht qui brassent les programmes par centaines de millions l'un en allant parfois jusqu'au milliard posent les problèmes et les résolvent comme s'il s'agissait d'articles purement financiers dont le contenu culturel ou la portée morale relèveraient d'un autre domaine. Et ces coups en vache, ces trahisons, ces associations secrètes, ces haines farouches, ces rancunes meurtrières...Il n'y a peut-être qu'au niveau de la météo que c'est moins turbulent...

 

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19 juillet 2021 1 19 /07 /juillet /2021 12:20

AFFICHAGE INTEGRAL

 

          Il faut peut-être, qui le sait? attribuer à cette rage d'affichage de la transparence qui s'est emparée de la France depuis quelque quatre ans la frénésie d'indécence absolue qui règne sur les écrans et la télé. Un long mouvement se préparait depuis le cinéma d'avant-guerre, où l'essentiel d'un  scénario était souvent d'aboutir à un baiser final, en  général d'ailleurs pudiquement montré à partir de la nuque du monsieur, laissant le spectateur compléter à loisir sur ces prémices. Le baiser a poursuivi à toute vitesse sa carrière triomphale, volontiers nous invitant à ses techniques (et à ses variations selon le genre),  tandis que le reste du processus intégral s'accomplit à présent dans l'hystérie du déshabillage, dans le lit , par terre ou debout entre deux portes, évoquant plutôt la morsure sauvage et la surexcitation que la passion. Mais après tout cette évolution ne pouvait guère être contrariée, une fois si bien démarrée. Moins compréhensible est l'ouverture qui se fait souvent sur l'intimité des toilettes : moins automatique sans doute dans les scénarios mais de plus en plus fréquente tout de même, on assiste à l'installation sur le siège ainsi qu'à l'utilisation du papier (l'immersion de la tête dans la cuvette pour obliger à parler, procédé courant des policiers ou des malfrats en Amérique, relève d'une autre motivation). Mais surtout  le vomissement est devenu un élément presque obligatoire pour prouver l'émotion : on vomit devant un mort ou un spectacle horrible, lorsqu'on se sent percé à jour, lorsqu'on a trop bu ou trop mangé. Je ne sais ce qui pousse les réalisateurs à en faire de la chose à voir : on se détournerait plutôt, où est le plaisir? Voilà ce qu'on voit partout maintenant, une vraie rage de ne rien cacher à qui que ce soit (mais les détournements, blanchiment d'argent sale,  forfaits de tout sorte si fréquents dans les hautes sphères privilégiées, ça vous ne le verrez pas : la transparence totale, l'affichage intégral ne concerne pas certains secteurs pour lesquels on préfère rester entre soi...)

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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 16:06

CHAT, CHATIERE, CHATTERIE                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

 

          D'où mes chats tiennent-ils tous ce sens des politesses, des bonnes manières? Tous,  oui tous sans exception. A part l'insistance à venir voir  de près sur la table lorsqu'on a mis le couvert à la salle à manger, histoire de se rappeler d'avance au bon souvenir des invités qui vont les ignorer pendant deux ou trois heures, ils suivent  d'instinct des rites de bienséance qu'ils ont mis sur pied d'eux-mêmes. Certes tous les matins c'est moi qui leur souhaite le bonjour la première, à voix sonore pour engager la journée vers l'optimisme, mais chacun a sa manière d'y répondre. Clélie me saute dans les bras et me lèche éperdument, Colombe fait des huit à mes pieds, Hysope s'accroche à ma robe de chambre pour que je la serre sur mon coeur, Bambi se frotte amoureusement à mes mollets pour mieux m'entraîner vers la porte du jardin, Rouky se place face à moi pour me regarder dans les yeux et me dire silencieusement tout plein de choses (il articule des phrases sans qu'aucun son ne sorte). Django attend en me suivant partout avec ferveur qu'on me mette mes bas de contention : dès qu'il les voit pendre au bout des mains de l'auxiliaire de vie, il me saute sur les genoux qui dans l'opération se trouvent bien plus accueillants que d'habitude, moins en pente, moins vallonnés, et il s'installe en ronronnant dans mon giron, juste le temps de goûter à cette exception à la règle. D'ailleurs il connaît les limites de la bienséance : dès que le deuxième bas en est à son début d'enfilage Django saute à terre, il veut montrer qu'il sait comment les choses se passent jusqu'à leur terme, pas besoin de rester pour voir. Et il faut les voir, tous, sagement assis à mes pieds quand ils espèrent que je vais pouvoir les prendre contre moi, chacun son tour, pour quelques minutes de farfouillages et de bisouteries : ils attendent que je dise "Allez, hop!" pour sauter en place avec délicatesse et se plaquer contre mon coeur comme si l'endroit  valait bien une douzaine de houris. Vous pensez bien qu'aucun d'eux n'est perdant, et que je compte large le bienheureux sacrifice de mon temps inutile...

 

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