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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 11:31

VIEILLES COQUETTERIES

 

          J'ai lu quelque part, tout récemment : "Il enfonça la tête dans les épaules, comme font en permanence les vieilles dames une fois installées dans le quatrième, voire le cinquième âge". Allons bon! Encore un charme auquel je n'avais pas songé! Il est bien vrai qu'à chaque instant où j'y pense, je me redresse la nuque  en étirant les cervicales autant que possible et en faisant se joindre les omoplates dans le dos - ce qui implique la correction automatique d'une position défectueuse. Si chez moi la correction se fait d'instinct, cela signifie que je n'ai pas l'air en permanence d'une vieille dame, donc tout n'est pas perdu. Je rencontre ici ou là des personnes nettement plus jeunes que moi qui sont toutes ridées du visage et du bas du cou alors que je ne le suis pas. Où la coquetterie va-t-elle se nicher? me direz-vous. Mais précisément il flotte chez les vieilles dames qui ont le loisir de s'en  préoccuper un arrière-plan de regret de n'avoir pas su et de n'avoir pas pu, une tentation continuelle de rattraper les occasions perdues à ne pas s'occuper de soi quand il en était temps encore...D'où l'amour des couleurs tendres dans les vêtements : je me rappelle fort bien m'être moquée, il y a quelque cinquante ans, des teintes pastel, presque layette, dont s'habillaient de vieilles touristes américaines alors que chez nous on appréciait davantage le marine, le marron ou l'anthracite (pour ne rien dire du noir auxquelles une bonne partie de la population était fidèle). A me jauger à la même aune (si l'aune sert à jauger, ce dont je doute), je suis aussi ridicule qu'elles - mais d'un ridicule que maintenant je connais comme l'instinctive réaction de la peur de perdre le sens des couleurs et de la lumière, quand on arrivera tout au bout du chemin.

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15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 10:53

UNE SAINE MESURE

           

 

          Il n'entre guère dans mes habitudes d'applaudir aveuglément aux mesures prises, officiellement pour le bien de tous, par le président de la République. Je les trouve en général malvenues, inutiles, ahurissantes, nocives, avec la faculté particulière de hérisser tout le monde ou presque. Mais pour une fois j'applaudis sans réserve. Je trouve normal - et d'ailleurs fort tardif - l'arrêté qui oblige les soignants à se vacciner : c'est la logique même, pour leur protection comme pour celle des patients, et je ne comprends pas qu'après toute cette campagne menée à leur encontre ils ne consentent pas à y passer. Loin d'y voir un mépris flagrant des libertés individuelles, j'y vois un moyen nécessaire pour tâcher d'éteindre la pandémie, du moins dans l'Hexagone : la vaccination n'a pas besoin d'être obligatoire (ce que j'approuve pour ce qui les concerne) pour être acceptée par tous. Pendant la guerre, toute lumière doit être camouflée la nuit, il n'y a pas d'exception même pour les fenêtres des riches, cela s'entend sans besoin d'explication ni de dessin. Nous en sommes arrivés à un point où la vaccination de tous est le seul moyen de nous en tirer, et la réaction immédiate de la population à un  ton ferme et catégorique a été éloquente, puisque les inscriptions se sont faites en masse et de tous côtés. Qu'on garde l'esprit Gilets Jaunes, fort bien : appliqué à cette disposition pour une fois louable et vigoureuse,  cela me paraît un non sens tout à fait condamnable.

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 19:26

SAINES LECTURES

 

          "Il y a des jours montueux et malaisés qu'on met un temps infini à gravir et des jours en pente qui se laissent descendre à fond de train en chantant" - J'aurais bien voulu pouvoir vous dire que c'est de moi, mes belins-belines, mais c'est de Proust, dans les dernières pages  de Noms de Pays. Cette assimilation du temps à un mont qui implique montée et descente avec leur variété de paramètres me séduit et j'ai aimé partager ce plaisir avec vous, surtout par une journée aussi lamentable que ce 14 juillet de novembre. J'ai entrepris de relire tout ce que je connaissais de Proust (y compris ce que je n 'aimais guère, à savoir les Jeunes Filles en Fleur ou Albertine disparue, et ce que je chérissais, comme Du côté de Guermantes) pour m'aventurer dans les deux ou trois titres toujours laissés de côté. Le programme progresse, tout va pour le mieux, merci. On ne lit pas Proust pour l'intrigue ni le suspense, il faut prendre son temps. J'ai toujours deux ouvrages en train, et vous n'imaginez pas le bonheur douillet qu'on trouve à reprendre Proust au sortir d'un polar ou d'un gros roman américain où on a plongé dans de sournoises et parfois scabreuses histoires de familles traînées sur deux ou trois générations (mais l'inverse est parfaitement vrai aussi, je vous l'accorde).

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 19:01

PROPOS DE BOUCHE

 

          Mon programme de confection culinaire pour autrui est en passe de s'amoindrir : voilà mes visiteurs éventuels ou réguliers tous partis en vacances. D'habitude, j'orne facilement mon menu rigidement austère par des à- côtés et surtout des suppléments qui constituent un dîner sans reproche, voire délectable, sans toutefois que j'ose faire de mon plat quotidien, les patates à l'eau avec du beurre (mais cuites sans la peau : toute la différence gustative est là et me permet d'en user et d'en abuser) l'ossature du repas offert aux amis et connaissances de passage. J'ai encore un certain nombre de tours dans mon sac, et donc il est normal de les aérer  de temps à autre pendant que je peux encore régner debout sur ma gazinière et mes casseroles. Il y a de ces recettes dont je me languis, parce que trop longues à faire, mais je les fourbis à l'occasion comme on fait les cuivres ou l'argenterie, en y songeant avec tendresse et application, en quelque sorte comme si je les exécutais sans les ingrédients ni les gestes. Et puis, par décision unanime et désinvolte de l'individu, je me lance dans la pâtisserie : pourquoi non, dites-moi? N'ai-je pas droit à quelques douceurs même si je me retrouve toute seule?

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 18:09

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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 19:18

REMARQUES AU PASSAGE

 

          Je retrouve avec étonnement un titre auquel je suis bien sûre de ne pas m'être limitée, étant donné l'intérêt que je porte depuis soixante-dix ans à la cause palestinienne. Il prenait la suite de deux blogs traitant du même sujet - les variations du sens du terme antisémitisme - et donnait des exemples des utilisations abusives, voire incriminantes, de la notion. Mais où l'article a-t-il bien pu disparaître? (j'ai même regardé derrière mon écran, au cas où!). Je sens encore en moi son fantôme, ses articulations - les écrits laissent toujours en vous quelque trace presque relevant de la sensualité, comme s'ils avaient un pouvoir de concrétisation annexe, durable éventuellement,  une sorte de corps astral qui parfois leur survit quelque temps. Je pense que j'ai dû choisir des exemples qui devraient frapper. Si vous dites qu'Israêl comble avec des ordures les points d'eau palestiniens, ou que l'armée israélienne en expéditions nocturnes vient démolir des habitations avec leurs habitants pour qu'une fois rasées elles puissent être reconstruites par des colons nouvellement arrivés, ou qu'on bloque fréquemment aux check points obligés pour les trajets entre  les deux nations l'admission pour les malades à opérer,  les ambulances en urgence ou les  femmes sur le point d'accoucher assez longtemps pour que l'évolution des choses prenne une tournure fatale ou désespérée, ou encore que l'eau (dont la distribution est malignement confiée à Israël) soit coupée à chaque instant, limitée à 50 litres par famille alors qu'en Israël on a droit, je crois, à 900 litres par personne et par jour,.... oui, il vous suffit de relater ces faits pour qu'on vous taxe  d'antisémitisme (en même temps qu'on se gausse de votre imagination délirante : c'est si facile de ne pas vouloir croire en la réalité des choses quand elles vous paraissent incroyables...).

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10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 16:35

TRAFICS

 

          Je ne sais pas si je serais à la hauteur pour les faux en écriture, soit à la main (où il faudrait des aptitudes que je suis loin d'avoir), soit grâce à l'informatique, où  vous le savez je flirte avec les pâquerettes. Et cependant, dès qu'il s'agit de numéroter mes blogs, il me prend une envie sournoise de changer les dates : vous savez le mal que je me donne pour remplacer une défaillance dans la suite de mes messages,  pour rattraper la chose, pour faire une livraison tardive (ou deux, ou trois parfois si le vent se trouvait avoir soufflé en tempête) de manière que le compte y soit. J'ai alors honte de constater que les dates ne cadrent plus, qu'elles accusent mes insuffisances, mes négligences, mes manquements. Oui, j'ai vraiment honte (alors que je n'aurais jamais pu avoir honte dans le système WeightWatcher, où à chaque rencontre vous devez confesser, comme aux Alcooliques Anonymes l'humiliation publique, ce que vous avez mangé d'interdit responsable de votre excès de poids). Au lieu de regrouper les blogs de remplacement à la date où je remplace, je les égrène depuis peu selon la chronologie de la semaine, comme si je n'étais fautive d'aucune altération dans le flux de la tradition. Grâce à cette roublardise d'école maternelle, je me donne l'impression d'être rigoureuse et exemplaire (mais c'est rien que pour moi, mes belins-belines, vu comme je sais que vous savez tout!).

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 22:11

ANALYSE D'UNE INFIRMITE

 

          Le numéro de ma carte bancaire, celui de ma carte de Sécu, je les sais par coeur et peux vous les débiter comme la tirade des nez de Cyrano. C'est à peu près à cela que se borne mon  agilité mathématique : dès qu'un chiffre, à plus forte raison dès qu'un nombre, vient se mêler au cours de ma pensée, c'est la grande panique. Je songe avec une incrédulité quelque peu douloureuse à mes performances au niveau du certificat d'études, où j'aurais fait comme Vatel si j'avais jamais fait une erreur dans les calculs d'un problème ou en calcul mental : peut-être l'entraînement des rythmes scolaires jouait-il, en tout cas je peine avec papier et crayon dès que j'ai  à faire une addition d'épicerie (quant aux soustractions et aux divisions, they drive me mad, comme dans ce petit poème d'A.A. Milne, je crois, où l'enfant s'épouvante devant les fractions et  The rule of three). Je dois donc inscrire au rang des exploits rares les capacités évoquées plus haut, car je ne peux retenir le numéro de téléphone qu'on vient de me changer, et si je n'utilise pas de portable malgré trois tentatives réparties sur douze ans, c'est que son numéro ne veut absolument pas rentrer et que cela rend vain tout espoir de correspondre en dehors de mes quatre murs. Heureusement que je peux quand même compter jusqu'à huit - j'ai huit chats...

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 18:48

EVALUATIONS

 

          C'est le directeur du vaccin Moderna soi-même (probablement tout fier d'avoir écapouti un rival au point de l'avoir, à deux reprises et très officiellement, vu traîné dans la poussière avant une poussive remise sur le marché parce qu'il fallait bien écouler les réserves) que j'ai entendu, il y a un jour ou deux, parler de la quatrième vague qui va probablement nous assaillir. En réalité, si j'ai bien compris, ce n'est plus la même bestiole : au cours des mois elle a changé d'allure, de défauts (on ne peut pas appeler ça des qualités quand on désigne sa puissance de contamination, sa durée de nocivité, sa propension à entraîner la mort), elle a transmis le flambeau à une descendance dégénérée, surabondante et capricieuse dont on ne connaît pas encore toutes les foucades et qui ne parle même pas français. Il faudrait un nouveau vaccin pour bien faire, et je pense que Monsieur Moderna y songe déjà sérieusement. En attendant que les choses évoluent dans ces largeurs-là, il pense pour l'immédiat puisqu'il annonce qu'il faudra sans doute envisager une troisième injection - incessamment, et peut-être même avant, comme disait un de nos amis avec autorité. Des professionnels de la santé pessimistes ont d'ailleurs précisé qu'il nous faudra nous habituer à vivre avec la bestiole, qui sera dès lors domestiquée mais toujours agressive, ce qui a résonné comme une calamité de dimension biblique. Pourtant, n'avons-nous pas appris à vivre avec la grippe en bonne intelligence?                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 15:54

DOCTES PROPOS

 

          Mes belins-belines, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais sur le front du Covid -19  on n'arrive encore pas à signer la paix. On nous fait de temps à autre miroiter un  armistice dans les hostilités, ce qui entraîne (trop vite? trop imprudemment?) un relâchement des principes et des habitudes sainement prises dans les contraintes de la guerre - or précisément il paraît que la bête en profite : de se trouver tout par un coup davantage de chair fraîche à sa disposition elle se met à engraisser, elle croît et multiplie comme si le précepte biblique avait été formulé pour elle. On a bien sûr retrouvé la permission du petit café en terrasse, des pique-nique sur les pelouses, on peut aller voir sa mère et sa grand-mère et même leur faire des bisous sans le masque sans avoir à trouver des ruses pour dépasser les 100 kilomètres; on peut aller promener le chien au-delà du kilomètre autorisé. Et puis, dites voir, le vaccin est quand même arrivé , il vaut mieux d'ailleurs dire les vaccins, car il semble qu'il en  soit apparu de partout à un moment, chacun voulait avoir le sien et il y a eu des déconvenues,  et puis surtout les réticents à la vaccination empêchent nos statistiques d'être complètes, et pourtant si la population entière était prise dans ces statistiques ce serait la fin  finale des hostilités. Dites-moi pourquoi il y a une telle proportion de réticents qui gênent les pourparlers de paix? Mais surtout dites-moi que je rêve, qu'il ne va pas y avoir une quatrième vague de contamination?

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