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24 juin 2021 4 24 /06 /juin /2021 13:17

MINUIT

 

 

          Plusieurs voix se sont élevées, soit incrédules soit inquiètes, pour m'interpeller sur les entretiens nocturnes que j'avais récemment rapportés. "A minuit! Sortir dans le jardin! Vous approcher du portillon, même fermé à clé! Il y a des imprudences à totalement bannir d'un comportement raisonnable!" Je dois dire qu'au départ de l'intermède je n'en menais pas large. Parce qu'on m'avait vue en train  de fermer mes volets donnant sur la rue, cela avait suffi pour qu'une voiture s'arrête juste devant mon portillon et qu'une forme indistincte (mâle ou femelle?) en sorte pour me parler abondamment en un discours dont je ne captais pas la moindre syllabe. Bien sûr que c'était glauque, cette affaire! Mais je me sentais si coupable de ne rien comprendre à cause de ma surdité, alors que  cette personne aurait été claire dans son dessein nocturne si elle avait pu se faire entendre normalement, que je me suis décidée à m'approcher du portillon, certes illusoire barrière si l'inconnu avait de mauvaises intentions. Et c'est vrai que de près j'entendais et je voyais : une dame âgée, qui revenant tard de son travail au Bien public comme tous les soirs et passant chaque soir par ma petite rue trouvait  enfin l'occasion de me parler de chats: onze ans plus tôt elle avait recueilli ma Sultane, qui cherchait un hébergement sans autres compagnons félins par horreur de partager mes tendresses avec d'autres... Elle me montrait des photos, elle caressait mes chats venus voir l'objet de cette causette inattendue : aucune raison de me méfier. De fait nous avons bavardé un grand moment sous les étoiles (on sait qu'elles sont là-haut, mais on ne les voit pas à cause des lumières de la v ille...).

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 10:02

LE PLAN ORIGINEL

 

 

          Pendant cinq ans selon son contrat, M. Macron aura fait joujou avec la République. Sa mémé le poussant ou le tirant, il a imaginé des stratégies, bâti des plans, essayé des choses. Il avait cru au départ qu'à eux deux ils pourraient  peut-être expérimenter, avec la chance qu'on prête aux innocents - car certes ils l'étaient, innocents, de la manière dont on gouverne, surtout un pays comme le nôtre où chacun avec sa susceptibilité propre a toujours quelque chose à reprendre remontrer refuser. Il a dû y avoir dans l'intimité de leur alcôve des moments de découragement, voire de désespoir, plus nombreux qu'on l'imagine. De toute manière l'idée de base était simplissime : proclamer (et démontrer par quelques mesures étonnantes qui frappaient les gens de stupeur) la disparition des vieilles routines, la gauche et la droite officiellement détruites - dès lors ils pouvaient reconstruire un état encore plus à droite qu'à droite (eux conservaient en leur petit particulier les façons de dire : ils savaient bien que le citoyen Lambda restait de gauche ou de droite comme depuis longtemps il en avait pris le pli, la mort des notions traditionnelles n'étant que baratin de fantaisie). Et donner un nouveau nom, celui du président, à cette position politique qui mine de rien reprenait les pires avancées de la droite '(celles qui se trouvaient peureusement en réserve en n'ayant pas eu le courage d'être encore brandies et que lui, le nouveau boss amateur, proposait de mettre en route avec un air ingénu d'apprenti), c'était l'immortaliser comme un dieu en brûlant les étapes ; certes le Macronisme s'est inscrit à jamais dans l'histoire, mais c'est surtout la Macronie qui restera avec son théâtre de marionnettes, ses décisions immédiatement retractées et sa flopée de scandales.

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22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 15:37

DISCOURS', HARANGUE...

 

          M. Macron, qui aime tant parler à tort et à travers, souvent de telle manière que soit on n'y comprenne rien, soit on puisse en tirer deux versions opposées à la fois, sait aussi s'enfermer dans le silence. C'est comme si, en son absence, la situation évoluait comme elle pouvait, tirée à hue et à dia par ses fort  malagauches bras droits (lesquels continuent en leur petit particulier comme  si leur activité ne concernait qu'eux et pas le reste de la nation). Le silence du boss s'impose quand un gros hic! s'est produit : manifestation monstre contre lui, sa personne ou ses mesures, piètres résultats sortis des urnes, nouveau scandale dévoilé au sein  de son milieu à privilèges. Pour l'instant, fort sans doute du fait qu'un miracle peut se produire dimanche prochain, il ne se prononce pas. Il nous prépare un merveilleux imbroglio ad usum populi  qui devrait prouver que ses qualités incontestables d'as de la gouverne se sont imposées  sans que les votants aient souhaité retenir une petite saute d'humeur, une petite rancune qu'ils lui gardaient depuis le covid et  les contraintes dont il  avait dû les faire souffrir.. Il pourrait tout aussi valablement préparer dans sa retraite une Ode à l'absolue Solitude, car sa voix ne pourra que nous sembler un pauvre petit solo de flûte au sommet friable de sa pyramide.

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22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 12:09

 

 

MORT D'UN COUPLE

 

          Sous une allure franchement paradoxale,  le couple Macron-Le Pen, qui semblait déjà annoncer les affrontements ultérieurs tout en ayant en quelque sorte partie liée pour ce vote des régionales, a du plomb dans l'aile. Non qu'il y ait jamais eu quelque complicité entre eux : ils se haïssent ouvertement et souhaiteraient pouvoir s'étriper en public si on leur mettait le couteau en mains. Mais les médias à force de raboter et modeler la situation politique ont fini par officiellement diviser les votants entre les deux figures, la masse étant censée se répartir entre les deux : rien d'autre n'existe, disent-ils, que cet affrontement bicéphale qu'on a déjà vu et qui se reproduira normalement sans cesse, puisque c'est la configuration de la carte politique de la France depuis que la gauche et la droite en ont été rayées. Pan sur le bec! D'après les résultats de dimanche soir, il n'y a pas plus de couple Macron-Le Pen que de beurre en barre. L'un et l'autre viennent de prendre un bon coup sur le nez, au point de s'affoler  chacun à sa manière. Leur prétendue hégémonie n'a été que passagère, comme s'il s'agissait d'une erreur de vision des médias : on a pu voir avec une surprise mêlée de soulagement la réapparition des partis de papa, tout fiers d'émerger et désormais bien décidés à se battre avec la tête hors de l'eau. Pauvre couple qui paraissait la base même du schéma politique français! Les médias qui avaient arrangé tout ça à leur sauce n'ont même pas honte de leur suggestion erronée (qu'ils voulaient pourtant bien nous faire entrer de force dans l'esprit) : leur travail de divins devins sera moins facile que prévu au moment des scrutins à venir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

étendue hégémonie n'a été que passagère : on a pu v oir avec

 

 

MORT D'UN COUPLE

 

          Sous une allure franchement paradoxale,  le couple Macron-Le Pen, qui semblait déjà annoncer les affrontements ultérieurs tout en ayant en quelque sorte partie liée pour ce vote des régionales, a du plomb dans l'aile. Non qu'il y ait jamais eu quelque complicité entre eux : ils se haïssent ouvertement et souhaiteraient pouvoir s'étriper en public si on leur mettait le couteau en mains. Mais les médias à force de raboter et modeler la situation politique ont fini par officiellement diviser les votants entre les deux figures, la masse étant censée se répartir entre les deux : rien d'autre n'existe, disent-ils, que cet affrontement bicéphale qu'on a déjà vu et qui se reproduira normalement sans cesse, puisque c'est la configuration de la carte politique de la France depuis que la gauche et la droite en ont été rayées. Pan sur le bec! D'après les résultats de dimanche soir, il n'y a pas plus de couple Macron-Le Pen que de beurre en barre. L'un et l'autre viennent de prendre un bon coup sur le nez, au point de s'affoler  chacun à sa manière. Leur prétendue hégémonie n'a été que passagère, comme s'il s'agissait d'une erreur de vision des médias : on a pu voir avec une surprise mêlée de soulagement la réapparition des partis de papa, tout fiers d'émerger et désormais bien décidés à se battre avec la tête hors de l'eau. Pauvre couple qui paraissait la base même du schéma politique français! Les médias qui avaient arrangé tout ça à leur sauce n'ont même pas honte de leur suggestion erronée (qu'ils voulaient pourtant bien nous faire entrer de force dans l'esprit) : leur travail de divins devins sera moins facile que prévu au moment des scrutins à venir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

étendue hégémonie n'a été que passagère : on a pu v oir avec

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21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 17:39

VOTI  VOTEZ VOTONS...

 

          Il vaut mieux considérer les élections d'hier comme le divertissement offert au bon peuple pour le récompenser d'une sortie hors de confinement sans effet spectaculaire. D'abord seul le matériel pour les régionales était parvenu aux éventuels votants : personne ne sait ce qu'il est advenu du matériel pour les départementales, mais on peut soupçonner que rien n'était prêt à envoyer à l'imprimeur chez les responsables d'en haut. Qu'est-ce que ça peut faire, puisque à peu près trente-deux % de la population seulement étaient intéressés? Rien de ce qui pouvait se pronostiquer n'a tenu - seule la proportion de l'abstention, facile à prévoir mais même établissant un nouveau record. Et le raz-de-marée subtilement annoncé sans l'être par Marine n'a pas eu lieu : les frontistes qui ont pris la parole hier soir étaient tous maussades, amers, sans humour ni sourire; ils rappelaient plutôt l'ancêtre du parti lorsqu'il appelait Jeanne à son secours, eux qui hier battaient ouvertement et sans honte le rappel de leurs troupes (leurs troupes n'étaient-elles donc que théoriques? lip service et rien d'autre?) . Et  puis, trois surnageants ont émergé, en triumvirat pour l'occasion mais destinés à s'entredévorer dès la rentrée, ce qui promet de bons moments.  Dans l'immédiat, va-t-on nous préciser samedi soir que les départementales sont prévues pour dimanche?

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20 juin 2021 7 20 /06 /juin /2021 11:28

PRECOCE CANICULE

 

          Inutile de compter sur les averses orageuses, souvent mêlées de grêle, dont juin nous fait cadeau pour le jardin (pardon de sembler ne voir l'heure qu'à ma montre : c 'est bien loin d'être le cas, mais pour vous parler de météorologie me borner à mon jardin c 'est la solution la plus facile). Nous entrons dans la phase Désolation, il faudrait arroser les plantes tous les jours si l'on veut des fleurs, or bien avant que les arrêtés municipaux m'interdisent d'arrosage en raison de l'état piteux de la nappe phréatique, on voit déjà les prairies râpées mitées et jaunies, les arbres ayant à peine atteint le plein épanouissement de leur beau vert sombre se voient prendre un air maladif, les ruisselets de la campagne verdoyantes sont réduits à un filet minable sur fond de boue à peine humide. Ici les phlox qui auraient dû prendre la relève des iris ont disparu dans les herbes sèches. J'ai renoncé cette année, forte de l'expérience de la climatologie qui est devenue la nôtre, à remplacer les bulbes du printemps par des annuelles : il faudrait les arroser et ce serait attirer sur cette proie sans défense les escargots et limaces affamés. Or chez moi on n'utilise pas le tue-limaces '(je sais par expérience ce que représente une agonie d'escargot empoisonné) et, donc, ce serait destiner les annuelles à une vie de quarante-huit heures en voyant large..Et puis, vu le confinement dans l'ombre n'autorisant à des zombies que le sommeil derrière les volets clos, je ne vois pas bien comment la contemplation d'un jardin intelligemment pensé pourrait s'insérer dans le programme quotidien...

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19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 23:56

PENSEES D'AVANT A PROPOS DE L' APRES

 

           Difficile de parler d'héritage avec les héritiers.... Ce serait si simple, pourtant, si on pouvait être sûre que les enfants vont reprendre avec joie et, disons, un certain respect, les choses que vous avez aimées et considérées comme des amies tout au long de votre vie.  Si réconfortant aussi d'en discuter... Pour l'essentiel c'est possible. Mais vous avez accumulé, précisément au cours de cette longue vie, trop de choses bien aimées, voire précieuses, pour qu'elles ne posent pas de problème de dévolution. Je pense à mes tapis, à mes vieux meubles, à toutes ces peintures dont mes murs sont couverts. Et tant d'objets anciens dont certains sont, ou pourraient être, des objets de collection... Il faut dire que je trouvais grotesque que mon frère et son épouse inscrivent derrière leurs choses à léguer le nom du beau-frère ou du neveu de leur choix, mais je n'ai jamais trouvé ça macabre. Il semble que les générations plus jeunes, au contraire, s'offusquent d'un manque de réserve ou même de décence, et se sentent froissées, comme si on pouvait les suspecter d'avoir des visions calculatrices ou, pourquoi pas? d'impatience, sur ce qui doit leur revenir depuis toujours et qu'au seuil du départ les géniteurs sont si heureux et si fiers d'avoir  à faire glisser entre leurs mains. Il pourrait y avoir une belle sérénité à envisager cette transmission si naturelle... elle viendra peut-être.

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17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 10:33

ENTRETIEN NOCTURNE '(second volet)

 

 

          La proximité des individus permet à la fois la vision et l'audition. C'est une dame à l'élocution aisée, âgée mais beaucoup moins que moi. Elle me connaît, elle a lu tous mes livres, elle s'est arrêtée devant ma porte parce qu'elle m'a vue fermant mes volets, autrement elle a envie de venir me voir depuis des années sans jamais trouver le temps de le faire. Et quelle urgence la pousse à me rencontrer en ce curieux moment? (Ici tout s'éclaire). C'est que j'ai un chat à vous, une chatte, une petite chatte. Cholé? une petite angora avec du blanc, du noir et du fauve qui se partage entre plusieurs maisons et que je n'ai pas vue depuis cinq mois? Non, elle est absolument toute noire, pas angora, très élégante; je l'ai depuis onze ans. (Je cherche dans ma mémoire,  mais ma mémoire des chats est infaillible). Des yeux verts? Oui, c'est ça! L'air dédaigneux? Oui, c'est absolument ça., d'ailleurs elle est partie de chez vous parce qu'il y avait trop de pensionnaires, en onze ans chez moi elle n'a jamais supporté l'adjonction d'un autre minet ou minette. Vous saviez qu'elle a son frère chez moi? lui est resté lorsqu'elle est partie, je l'ai beaucoup cherchée mais j'avais à l'époque déjà compris pourquoi elle s'en allait, après m'avoir fait d'énormes câlins pour me dire au revoir, merci et pardon, j'avais bien compris que ce n'étaient pas les câlins ordinaires. Son frère, c'est un gros matou noir aux moustaches et au plastron blancs, avec le bout des quatre pattes trempées dans du lait, n'est-ce pas? Oui, je vois que vous l'avez bien regardé... Nous sommes voisines, à cent mètres de distance, je ne passe jamais dans votre rue sans jeter un regard à vos chats. Et donc vous possédez ma Sultane - dans la mesure où on peut dire qu'on possède un chat, car c'est toujours le chat qui vous possède...Minuit et demi sonne à l'église du village, mais  nous continuerions aisément l'entretien jusqu'à l'aube.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 ENTRETIEN NOCTURNE  (premier volet)

 

          Minuit. Temps d'aller se coucher avec les poules. En fermant les volets du bureau, je vois une voiture noire qui, patrouillant dans ma rue, vient s'arrêter exactement devant mon portillon. Tout de suite la sonnette retentit. Or je n'ai pas fait installer portillon automatique et visiophone tout récemment pour bêtement faciliter l'entrée à toutes les incursions. Je me contente, par la fenêtre, de héler la forme sortie de la voiture et qui débite à toute allure des discours auxquels je ne comprends rien  puisque je n'entends, même avec mes prothèses, qu'une bouillie inconsommable. Le dialogue qui n'en est pas un dure cinq bonnes minutes, les questions que je pose étant suffisamment claires pour que sous le gros lampadaire municipal ma lanterne personnelle soit un peu éclairée, Qui êtes-vous? Que voulez-vous? Venez à la pleine lumière, que je vous voie. Etes-vous un monsieur ou une dame? Je vous connais? C'est à moi que vous voulez parler? Vous ne vous trompez pas de personne?  -  toutes questions auxquelles un Oui ou un Non me permettrait d'avancer, mais je ne distingue même pas l'un ou l'autre dans toute cette bouillie gesticulante dont je crois attraper ici ou là quelque syllabe inquiétante : Vous venez de la pharmacie? Vous me parlez d'Hajar? Est-ce qu'il y a urgence? Vous avez besoin de moi?... La gesticulation douée de parole me paraît soudain sans danger et à explorer de près : je quitte ma fenêtre, sors sur le palier extérieur, descends lentement les quelques marches qui débouchent sur l'allée principale au bout de laquelle la forme gesticule de plus belle (mais de l'autre côté du portillon). Vous voyez ce que vous m'obligez à faire...

         

 

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17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 09:36

ENTRETIEN NOCTURNE  (premier volet)

 

          Minuit. Temps d'aller se coucher avec les poules. En fermant les volets du bureau, je vois une voiture noire qui, patrouillant dans ma rue, vient s'arrêter exactement devant mon portillon. Tout de suite la sonnette retentit. Or je n'ai pas fait installer portillon automatique et visiophone tout récemment pour bêtement faciliter l'entrée à toutes les incursions. Je me contente, par la fenêtre, de héler la forme sortie de la voiture et qui débite à toute allure des discours auxquels je ne comprends rien  puisque je n'entends, même avec mes prothèses, qu'une bouillie inconsommable. Le dialogue qui n'en est pas un dure cinq bonnes minutes, les questions que je pose étant suffisamment claires pour que sous le gros lampadaire municipal ma lanterne personnelle soit un peu éclairée, Qui êtes-vous? Que voulez-vous? Venez à la pleine lumière, que je vous voie. Etes-vous un monsieur ou une dame? Je vous connais? C'est à moi que vous voulez parler? Vous ne vous trompez pas de personne?  -  toutes questions auxquelles un Oui ou un Non me permettrait d'avancer, mais je ne distingue même pas l'un ou l'autre dans toute cette bouillie gesticulante dont je crois attraper ici ou là quelque syllabe inquiétante : Vous venez de la pharmacie? Vous me parlez d'Hajar? Est-ce qu'il y a urgence? Vous avez besoin de moi?... La gesticulation douée de parole me paraît soudain sans danger et à explorer de près : je quitte ma fenêtre, sors sur le palier extérieur, descends lentement les quelques marches qui débouchent sur l'allée principale au bout de laquelle la forme gesticule de plus belle (mais de l'autre côté du portillon). Vous voyez ce que vous m'obligez à faire...

         

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16 juin 2021 3 16 /06 /juin /2021 10:14

L'ADOLESCENCE AU CINEMA

 

          Je vis fort mal les films sur l'adolescence, surtout lorsqu'ils sont joués par une flopée d'adolescents vêtus sans grâce, mal peignés, donnant l'impression d'être tout juste sortis du lit sans avoir fait le moindre brin de toilette. Encore un hier soir dont je n'ai pu supporter plus de dix minutes les dialogues insipides ou relâchés - le vocabulaire pour être dans le vent se réduisant à des vulgarismes, à des mots orduriers qui pour eux sonnent élégamment, avec des sujets ne tournant qu'autour de leurs problèmes de coucheries abordés dès quinze ou seize ans avec crudité et pragmatisme, la plupart du temps d'ailleurs sans la moindre pudeur, au vu et au su de tous les copains qui guignent l'évolution des liaisons de tout près, histoire parfois d'en profiter personnellement à l'occasion. Avec ces données de bases, inutile de dire que leurs ruptures, jalousies, chagrins, intrigues et espoirs divers me laissent totalement indifférente. Je ne les charge pas de la responsabilité de cette absence de sympathie : ils sont comme ils sont, de même que nous étions comme nous étions en notre temps, question de générations. On peut constater quand même qu'il y a un fossé entre elles, mais personne n'a envie de le franchir ou de le combler.

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