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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 14:41

NETTOYAGE

 

 

          J'ai toujours mon quadrillage en fond de teint pour mes textes, et je me réjouis qu'il n'en passe nulle trace lors de l'envoi final vers vous, mes belins-belines. Mais il faut dire aussi que, si cette moindre trace restait attachée au cadre de votre réception, vous n'eussiez pas attendu longtemps pour protester et réclamer une édition  plus lisible, moins parasitée. J'aurais eu au moins le plaisir de lire dans l'un de vos commentaires le moyen de me débarrasser de cet encombrant ornement  : c'eût  été un renfort technique bienvenu_ pour compléter les suggestions et tuyaux des deux spécialistes de l"ordi auxquels sur place je crie au secours dès que besoin s'en fait sentir. Il n'y a jamais personne de trop pour mettre fin aux incidents de ces machines superbes et stupides, car chacun dispose de petits trucs personnels acquis par l'expérience, lesquels petits trucs ne peuvent servir à dépanner un copain que s'il s'agit de la même panne ou du même caprice : d'éminents techniciens peuvent parfaitement rester sans solution devant un problème mineur mais à résoudre en urgence, qui antérieurement s'est vu réduit comme par magie sans qu'on comprenne bien le parcours mais dont on s'empresse de retenir le fonctionnement, "pour une autre fois"...Les trucs suggérés à la cantonade par des internautes désireux d'aider sont parfois inestimables. J'en ai, au cours des ans, retenus trois qui se sont enregistrés dans ma panoplie de secours. Dommage qu'aucun  des trois ne concerne le quadrillage...

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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 10:08

LUNDI MATIN

 

 

          C'est fou ce qu'on a peu envie de travailler le lundi matin. Non qu'on se soit épuisé à des bamboches de compensation la veille, la journée en famille n'étant même pas une occasion de détente parfaite après une grande semaine de boulot. Ou peut-être s'est-on trop donné physiquement en randonnée pédestre ou cycliste dans le noble but de se maintenir en forme et en jeunesse,  et les courbatures dans les reins et les douleurs dans les mollets constituent la préoccupation principale;. Bref on se donne des raisons pour expliquer le manque d'enthousiasme, et il faut tout un démarrage pour reprendre sinon encore le rythme de croisière, du moins le travail là où on l'avaiut laissé (on le laissait précipitamment,  on le retrouve mollo mollo). Une fois qu'on s'est un peu remis dans l'ambiance, que les collègues sont comme vous pas trop pleins d'énergie, et que finalement il faut bien se donner quelque activité pour "pouvoir acheter l'entrecôte", comme on chantait sur la butte au siècle dernier, on se laisse pénétrer  par la philosophie résignée de l'individu moyen qui a juste un boulot et pas une planque. Et certes c'est décourageant de penser à la proportion des planqués dans notre civilisation en fin de course, on y pense sur fond d'envie et de colère, mais sans pouvoir y changer quoi que ce soit. Alors,   autant s'installer dans la routine hebdomadaire en attendant la fin de la semaine...

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 17:07

 

 

 

 

INCIDENT

 

           J'ai connu une grande frayeur ce matin, heureusement cela n'a pas duré. Le vendredi un taxi vient à midi pile me prendre pour m'emmener chez ma coiffeuse, et j'étais un peu sur des charbons ardents (c'était prémonitoire), car j'avais deux électriciens qui installaient la serrure automatique et le visiophone à mon portillon et il ne s'agissait pas de laisser la maison ouverte à tous les vents ou alors,  carrément, de mettre à la porte les techniciens s'ils n'avaient pas tout à fait terminé. Occupée par ce souci, je réussis à prendre mon taxi sans laisser personne enfermé, mais une fois installée devant le bac (heureusement aucune opération d'envergure encore entamée) je bondis : "Je n'ai pas coupé le gaz sous mes patates!". Une seule solution : rappeler un taxi pour un aller-retour vite fait en direction de ma maison afin de constater les éventuelles combustions. Bien entendu la crémation des patates avait atteint son degré extrême, mais, comme m'a dit le chauffeur, "Tant pire pour les patates, l'essentiel est que ça n'ait pas foutu le feu à la cambuse! "C'est ce que je me formulais in petto  et pas forcément en termes plus académiques.

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 11:54

VISIOPHONE

          Mes belins-belines,  vous savez comme j'aime partager mes joies et mes peines avec vous (même la grande, la plaie ouverte de la Palestine agonisante, je vous en parle souvent et j'ai toujours l'espoir que vous aussi vous vous hérissez contre le destin qu'on lui impose avec  cynisme et dédain). Je vais donc aujourd'hui vous faire partager ma joie d'enfant de posséder un visiophone. Je ne sais même pas si c'est bien le nom que porte l'instrument, réparti entre l'endroit de mon ancienne sonnette et le coquet récepteur de mon bureau qu'on décroche comme au téléphone. Et ça sonne,  je ne vous dis que ça! Même mes tympans fatigués sont obligés de réagir, je ne manquerai donc plus désormais ni visites ni messages. En outre je m'étais imaginé que l'image des visiteurs transmise à domicile serait un peu brouillée, ou au moins schématique : or ce qui s'encadre dans mon appareil est véritablement miraculeux. C'est la vision totale de mon débouché sur la rue, dans les teintes fraîches et douces d'une belle photo en couleur. Je suis sûre que, les uns et les autres, vous vous dites tous tout bas que ça n'a rien de miraculeux et que c'est tout simplement normal : de près ou de loin quand on photographie un objet, il apparaît avec toutes ses couleurs, ce n'est pas autre chose que de la télévision au sens propre. Bien sûr, vous tous, vous êtes nés avec  le progrès. Permettez qu'à mon niveau antique je m'émerveille.

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 10:51

 

 

 

 

CALCULS

 

          Si je ne m'abuse (mais vous me corrigerez s'il y a lieu) le N° 4.895 s'approche carrément du N° 4.900. Et avec l'arrivée de celui-ci, dans quatre jours exactement, autant dire rien, on approchera de la ligne d'arrivée. Arrivée où, finalement? Maintenant que l'échéance se précise, on ne voit pas plus clair pour autant. Ce chiffre 5.000,  que je pensais bien inaccessible il y a quelques mois,  nous y voilà bientôt. Je me suis déjà livrée à de graves considérations sur le sujet, amenant presque mon blog en personne à se poser la question "To be or not to be" - voulant dire "on continue ou on se supprime?" C'est curieux comme l'angle de vision change avec le temps. Je me voyais,  de loin, atteindre péniblement la fin des haricots, aussi à bout de souffle que Belmondo autrefois, Je n'irai pas jusqu'à forfanter  que j'en suis à un second souffle, même si Lino Ventura me séduit bien autrement, mais tout de même, après avoir franchi plusieurs fossés au gré des mois d'hiver et de printemps j'arrive passablement fraîche en fin de course. Subtile confusion entre mon parcours de fonction et mon parcours organique, sur lequel je n'ai aucune influence et que je dois me contenter d'effeuiller au jour le jour. Le fait de pouvoir dire "la fin du parcours" pour les deux entités est apaisant. J'ai toujours l'air de mentionner l'ustencile mais en transparence on peut deviner que je parle de moi. Douce jouissance que cette belle et inoffensive hypocrisie...

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 10:00

         

PORTILLON

 

 

          Il n'est point de petit saint qui n'ait sa fête. Voilà plus de vingt ans que je rêvais d'une fermeture électrique à distance pour mon portillon d'entrée, assorti d'un parlophone puis (le progrès ne s'arrêtant jamais) d'un visiophone me permettant de voir les intrus qui se présentent. Vous me direz que c'est bien tard pour réaliser ce doux rêve et que peut-être il ne me sera guère utile, ou du moins pas longtemps. On verra ce qu'on verra, j'ai de toute façon du temps à perdre Je pourrai ainsi couper court à toutes les tentatives des émondeurs de passage pour étêter mon épicea de Norvège; voire à ce merveilleux discours appris par coeur pour lequel les Témoins de Jéhovah se donnent la réplique (j'ai acquis par l'expérience un petit truc pour les faire tourner bride quand ils se montrent un peu trop insistants, inspirés peut-être : quand ils en  sont à brandir "Au commencement était le verbe" pour servir d'argument parfaitement irréfragable,, vous claironnez "In principio erat Verbum et Verbum erat apud Deum et Verbum erat Deus" - rien de tel qu'un  bout de latin pour les faire fuir. En même temps, par la grâce du latin, ils se retirent avec l'impression d'avoir débattu théologiquement non sans fierté. Et avec la vision décalée je pourrai éviter les insistances parfois déplacées des rempailleurs de chaises ou brocanteurs qui se conduisent toujours avec vous comme si vous aviez fait affaire la semaine dernière et vous apprêtez à récidiver. Je serai ainsi dans un oppidum d'où je pourrai contempler le monde de passage sans risquer le moindre mal. Je devrais bien pouvoir m'arranger pour profiter de ce raffinement domestique le plus longtemps possible.  

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 12:10

 

LES ASSOCIATIONS CARITATIVES

 

           On  s'adresse beaucoup  à moi par téléphone. Il y a les appels bredouillés avec divers accents (italien, roumain, plus exotique encore) dont on ne peut arriver à deviner l'origine : c'est toujours une association caritative - du moins on peut l'espérer - mais son intitulé vous est inconnu et vous raccrochez sans avoir établi le contact. Il y a les appels à voix assurée, le titre de l'association claironnant nettement - parfois vous connaissez, parfois non. Il y a les assurés d'être bien reçus, car vous êtes un vieux fidèle, mais il leur faut à chaque palier inventer quelque chose de nouveau pour presser le citron jusqu'à l'écorce. Au début (il y a vingt ou trente ans) on se contentait de vous remercier une fois l'an,  avec les voeux de fin d'année. Puis on vous avait modelé avec adresse, vous amenant à croire que le prélèvement mensuel c'était l'idéal pour tout le monde. Passé ce palier, vous supposiez qu'on ne vous redemanderait rien - erreur !  On vous câline pour votre générosité, on vous remercie pour ce montant mensuel si utile... mais au fond ne pourriez-vous augmentez votre redevance? Ce serait si bon d'ajouter - un €, deux €, trois €, voire cinq € peut-être, ça n'est vraiment pas grand chose mais c'est comme la quête à la messe,  les petits ruisseaux font les grandes rivières, avec votre petit supplément on va pouvoir fournir de l'eau potable à ces millions de gens qui ne savent pas ce qu'est un robinet. Vous voilà rasséréné et même fier de vous pour toute la journée : on se demande même comment il se fait que sur les trois-quarts du globe il y a encore des gens qui se désaltèrent dans des flaques.

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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 16:29

 

 

PAS DE NOUVELLES...

 

          Voilà plusieurs jours que je n'ai pas pris les nouvelles. Ce qui frappe l'attention ou la sensibilité (il doit bien y avoir des attentats, des assassinats au couteau  - c'est même la grande mode chez les ados - , des ministres qui violent la loi ou leur secrétaire,  des révélations d'horreurs ou de trucs financiers invraisemblables) m'échappe totalement, puisque je ne sais si c'est du fait-divers ignoré dont je devrais me scandaliser ou si, faute d'aliment extérieur, j'imagine que l'actualité est riche et colorée. Cela relève sans doute d'une séparation d'intérêts et de réactions d'avec le commun des mortels, d'un manque de curiosité pour l'événement, ou l'incident, ou l'accident, quels qu'ils puissent être dans les circuits extérieurs. Je ne m'en trouve pas diminuée ni frustrée le moins du monde. D'abord c'est un régime que je m'impose à moi-même (je hurlerais sans doute si on me l'imposait de force), d'où la bonne recette : si on se fait mal à coups de marteaux, rien de tel que de les arrêter pour que la douleur cesse. Surtout, je me trouve fort bien de ne plus connaître ce qui se passe par le ja- cassin des présentateurs ou, encore pire, à travers les faux débats des faux commentateurs qui se croient toujours faussement inspirés ou renseignés. Ce qu'ils pensent les uns et les autres m'est aussi indifférent que leur régime alimentaire dont je n'aurai jamais l'occasion de connaître l'envers ni l'endroit.

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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 13:36

 

VISITE

 

 

          Je la reconnais. Je les reconnais. Il y a au moins deux ans, je vous avais présenté le couple ahurissant qu'ils formaient à tous les deux, s'arrêtant à mon portillon sans entrer. " Que le Seigneur vous ait en sa Sa sainte garde!" me disait-elle avant de me demander une rose (car mon rosier Bolchoï était alors tout en fleur et s'appuyait contre la grille du jardin). "Saluez Madame, Hervé" '(docile, le grand escogriffe qui l'accompagnait avait aussi demandé que le Seigneur m'ait en Sa sainte garde). Elle m'avait demandé une rose au milieu de diverses bénédictions, je lui en avais donné trois en emballant les tiges dans du papier d'alu pour neutraliser les épines. "Et une pour M. Ravajot,  qui se meurt d'un  cancer du côlon". Je m'étais exécutée. "Et une pour Mme Chanton, qui se meurt aussi d'un cancer du côlon". Manifestement l'imagination lui manquait alors pour multiplier davantage les amateurs de roses ; elle m'avait quittée en répandant mille bénédictions sur ma tête (la formule m'avait fait penser aux Copains de Jules Romains, mais dans un contexte carrément différent). Cette fois elle pousse mon portillon, s'avance en territoire interdit, fouille dans une petite bourse comme pour payer son écot. "Je distribue des médailles de la bonne Sainte Vierge pour vous porter bonheur". Je l'assure que je n'en ai pas besoin, que je ne porte jamais ni amulette ni bijoux, et que d'ailleurs je n'ai pas de fleurs à lui donner : les Bolchoï sont passées, le lilas est passé, les iris sont flétris et ne font pas de bouquets à emporter. Je l'assure de mes meilleurs sentiments et je disparais. Privée de dialogue, elle gesticule devant des iris fort tentants malgré ce que j'en ai dit, se penche vers eux, cherche manifestement des yeux un outil apte à en couper quelques-uns, renonce, repasse le portillon  en le laissant ouvert, en témoignage de protestation."On s'en va, Hervé. Ne saluez pas, c'est inutile. Attendez- moi et donnez-moi votre bras".

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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 14:45

 

CHERS VOISINS

 

 

          En regardant ma maison de face,  càd en tournant le dos à la rue, on aperçoit d'abord et avant tout à main droite le garage que mon voisin a construit  sur ma lisière de propriété (aussi haut que ma maison, toit bourguignon, crépi ivoire, bref pour un peu c'est dans son garage que chercheraient accueil mes visiteurs de la première fois :  résultat pas uniquement consternant, car un long procès à secousses m'a permis de comprendre comment fonctionne la justice). A main gauche, pas de construction provocante, mais un tilleul sexagénaire qui devrait être taillé tous les deux ans et qui, les choses étant ce qu'elles sont càd sans ce rafraîchissement indispensable, condamne par son ombre opaque toute la végétation m'appartenant de ce côté (trois coeurs de Marie sont déjà morts, un wégélia pourtant costaud au départ a rendu l'âme, quant aux lilas aux teintes si délicates qui arborent ce coin de jardin l'un d'eux, le plus grand et d'un bleu clair attendrissant, ne fleurit plus, chichement, qu'en canopée au niveau du sommet de l'arbre et me réserve pour le bas une production de bois pour me prouver qu'il résiste comme il peut. A l'autre bout du terrain, là où s'élève un épicéa de Norvège qui tentait en vain  tous les émondeurs de passage, le voisin m'a priée par lettre de faire couper les branches qui dépassent sur sa propriété : on ne peut pas juste émonder un résineux, les trois ou quatre branches supprimées au ras du tronc donnent à mon épicéa un air souffreteux et mutilé. A gauche au fond, là où j'avais de superbes rosiers qui venaient dru depuis des années sans rien demander à personne, le voisin a utilisé son week-end pour construire une petite maison pour ses deux  enfants : du solide,  un étage, un escalier, un toit pentu, une fenêtre ('donnera-t-elle de mon  côté? Devrai-je recommencer à me battre?) Mes chers voisins en sont-ils déjà passés à l'hallali?

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