Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 11:18

LA FONCTION DE LA COMEDIE MUSICALE

 

          Le genre de la comédie musicale est florissant aux Etats-Unis. Je crois même (mais il faudrait vérifier : il y a toujours en tout domaine quelque franc-tireur qui démolit les statistiques si un chercheur obstiné découvre ce que ce dernier a pondu) que c'est un produit typiquement et authentiquement original de là-bas, comme le sont les iris ou les hémérocalles dont seuls les créateurs américains, semble-t-il,  sont capables d'inventer les formes glorieuses et les teintes flamboyantes. On peut donc trouver tout naturel que le fameux West Side Story, sans même chercher son inspiration dans le Bronx, mette en scène, en dialogue et en musique les terribles batailles des bandes de jeunes qui se pratiquaient au niveau de la rue. C'était une manière nouvelle et élégante de mettre de l'art là où la réalité n'offrait que violence et haine. Un brin de Roméo et Juliette par là-dessus, et on obtenait un pur produite indémodable. Ce serait le moment, chez nous aussi, de présenter la violence meurtrière sous un visage riant et une chorégraphie bien stylée . Pourtant je ne vois pas se dessiner l'ombre d'un projet artistique à propos des assassinats d'adolescents qui semblent devenus une mode macabre ; je suppose que même pour les Américains il a fallu laisser passer de l'eau sous les ponts avant que soit décantée l'horreur de la réalité et qu'on puisse faire abstraction de ce caractère consternant pour en tirer quelque chose. En tout cas, nous en sommes, nous,  au niveau de l'accablement devant ces meurtres gratuits chez des jeunes : on est loin de songer à en tirer un scénario et une chorégraphie qui feraient oublier la désolante vérité des faits.

Partager cet article
Repost0
4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 18:40

UNE HIRONDELLE FAIT-ELLE LE PRINTEMPS?        

 

 

          Une hirondelle ne fait pas le printemps. Certes. Mais deux hirondelles? Mais trois hirondelles? Sans que je leur fasse savoir que je leur donne ces noms d'oiseaux,  trois personnes apparues aujourd'hui sur le petit écran ont annoncé - et l'un avait même un air réjoui, comme s'il venait d'arroser d'un bon calva ou d'une gniôle de derrière les fagots la bonne nouvelle qu'il s'empressait de répandre - que d'ici un mois à six semaines on commencerait à voir la lumière au bout du tunnel. D'où tiennent-ils ça, ces trois bien informés?Je ne pourrais vous le dire. Mais ils avaient l'air si sûrs d'eux, si fiers d'arriver dans le peloton de tête, qu'il faut être de mauvaise grâce pour les mettre en doute. Ils s'appuient surtout sur leurs capacités de réflexion, en mettant deux et deux bout à bout comme avant la Macronie (c'est vrai, alors ça faisait quatre pour tout le monde et partout) et cela semble leur suffire. Ils comptent qu'avec tous ces confinements le virus va dépérir, vexé peut-être qu'on le fuie en se barricadant loin de lui, et que d'autre part dans un mois la France sera vaccinée, donc le virus privé de nourriture. Le calcul est simple à faire : un médecin  reçoit une dose de vaccin, cela fait pour six personnes, vous voyez donc qu'en moins d'un mois tout le monde y sera passé et on pourra se remettre à danser la séguedille. C'est vraiment là de la bonne nouvelle ; six courtes semaines seront bien vite passées.

Partager cet article
Repost0
4 mars 2021 4 04 /03 /mars /2021 12:16

LE PASSAGE EN JUGEMENT

 

 

          Certains membres de la population française se déclarent tout hérissés de douleur et d'injustice à voir un ex-président de la République traîné sur les bancs de l'infamie et condamné à de la prison par des juges sourds et aveugles. C'est là certes un fait assez rare,  mais si on y réfléchit bien Chirac a échappé à un semblable traitement judiciaire grâce à l'état de santé de son cerveau qui perdait toutes ses facultés.  Autrement il aurait dû répondre sur ces mêmes bancs d'infamie, de tout ce que les sommets d'Etat sont capables de détourner, trafiquer, voler, tricher, maleverser comme on  dit, fricoter et traficoter car ils ont plus que nous mieux que nous l'occasion et le culot et l'impunité (qu'ils croient, tout au moins).  Cela peut attendre; bien sûr. Pendant des années ils peuvent ne plus entendre parler de rien et surtout on ne parle plus d'eux. Et puis tout à coup, Vlan! (ou Poum!: ou Tiens donc!) voilà les noms qui remontent à la surface, puis les  faits, puis les enquêtes ; puis les journaux ne parlent que de çà, c'est-à-dire de ces sommités que soudain on découvre corrompues (ou plutôt ça se savait en douce, mais le moment du grand remue-ménage n'était pas encore venu, Qiand il est venu, ah:malheur! C'est comme la levée de l'omertà autour d'un inceste bourgeois révélé par un esprit indépendant...)Autre exemple de scandale : voyez Fillon, presque un président,  dans l'ombre de qui on a découvert tant de choses pas jolies... Eh!bien là aussi, il y avait des gens qui se rongeaient pour lui, qui le plaignaient, qui le défendaient mordicus! Il faut croire que dès qu'on possède un ascendant sur l'autre ou un pouvoir sur la nation... on se croit autorisé à faire n'importe quoi. Mais gare l'exhumation à la lumière!

 

Partager cet article
Repost0
3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 15:40

DERNIERES MEDITATIONS

 

       Il m'est souvent arrivé de me demander rétrospectivement ce à quoi ma mère pouvait bien occuper ses journées dans ses derniers temps. Dns le jardin le plus souvent, grâce au climat méditerranéen, à tripoter des boutures, arroser les plantes assoiffées, contempler sans se lasser le flamboiement des bougainvillées, lire le journal avec distraction (car Nice-Matin ne vous parle pas de la Saone-et-Loire), sans doute aussi tous les soirs préparer les légumes pour la soupe. Cela ne fait pas grand chose dans une journée, au bout du compte, et il doit rester au coeur un manque continueL Avoir franchi la ligne au-delà de laquelle on ne se sent plus bon à grand chose, plus actif, plus capable de rendre service ou partager des efforts, cela impose une mentalité nouvelle dont il faut bien s'accommoder, après les programmes d'activités surchargés qui finissaient par abrutir ou rendre dingue. Une idée maîtresse suffit, un intérêt majeur auquel raccrocher toutes ses pensées à côté de la gestuelle routinière,   par exemple se tourmenter pour le malheureux destin de la Palestine, se ronger pour mettre fin à la souffrance animale, ces grandes calamités qui ne dépendent pas de vous mais qui peuvent constituer un domaine auquel réfléchir sans cesse. Au fur et à mesure qu'on se charge d'ans, précisément on devrait prendre conscience de ce à quoi on  n'a pu porter remède et qui va si mal dans le monde, de quoi quitter ceet univers mal fait  avec plus de facilité.

Partager cet article
Repost0
3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 11:57

JE CROIS QUE J'AI TUE MARIE-LOUISE

 

          Je me demande si je n'ai pas tué Marie-Louise. Avec Clémentine il n'aurait pas été question que cela pût se passer de la sorte. Elle avait pris de telles habitudes familières avec moi, elle accourait si ponctuellement dès qu'elle avait repéré la zone de lumière de ma lampe,  elle craignait si peu les transbordements précautionneux auxquels je me livrais avec elle agrippée délicatement à un bout de bristol un peu rigide pour être enlevée jusqu'aux clivias du coin nature où elle a trouvé hébergement et nourriture (ne me demandez pas de quoi elle se nourrit puisqu'il n'y a plus de framboises, mais elle ne manque de rien et même elle prospère. Le quant à soi de Marie-Louise, sa fuite loin des lumières et son goût pour les coins sombres, ont  inévitablement joué contre elle. J'avait pourtant hier bien regardé mon tapis de douche, comme d'habitude, et je n'avait rien remarqué sauf soudain par malheur une petite boule noire de la grosseur d'une noiselle qui filait vers l'écoulement, rendue déjà défunte sans doute par la température de l'eau. Je suis désolée que les choses puissent se passer ainsi sous mon toit. Quand pourrai-je donc apprendre à mes arachnoïdes qu'ils ont tous intérêt à se loger dans mon plafond?

 

Partager cet article
Repost0
28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 18:57

L"AMOUR ET LES CHATS

 

          De même qu'il faut bien compter trois bonnes années de pleine terre pour qu'un arbuste, voire une simple plante vivace (pîvoine, hémérocalle, phlox) donne l'impression d'avoir trouvé définitivement la place pour ses racines et son bonheur, de même une expérience constante m'a amenée à remarquer qu'un chat ou une chatte ne donne jamais le meilleur de sa tendresse qu'à partir de cinq ans. Même s'il s'agit d'un minet câlin et proche de vous depuis toujours, il accepte les démonstrations de tendresse comme faisant partie du menu quotidien normal. A partir de cinq ans (y a-t-il dans son système physiologique ou cérébral quelque chose qui déclenche en lui la notion du temps qui passe?), son potentiel d'amour se libère, s'exprime, quitte toute passivité. On vient me tirer par la  manche ou le pantalon pour être pris dans les bras, on organise l'assaut de mon fauteuil pour pouvoir s'installer sur moi, on me regarde avec reproche si c'est un autre que je câline. Quand on est logé sur mon épaule (en divers territoires scrupuleusement revendiqués et d'ailleurs respectés), je n'ai qu'à déclencher dans leur oreille les litanies personnelles auxquelles chacun a droit pour que le ronron, écouté morosement par les autres, éclate comme un chant de triomphe.  Mais quelle diplomatie, quel sens  absolu de la justice ne faut-il pas posséder pour dominer ce territoire passionnel sans accroc?

Partager cet article
Repost0
28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 12:05

ETAT DES LIEUX

 

          Confinement et couvre-feu se combinent harmonieusement lorsque le grand enfermement est décrété. On nous montre des cartes savamment coloriées, auxquelles nous ne comprenons que ce qu'on veut bien nous faire comprendre. Selon les lieux et les décisions des autorités locales tenant tête aux décrets nationaux (dans un sens ou dans un autre : l'essentiel est non de participer mais de s'opposer) les citoyens consentants ou non sont enclos dans leurs foyers de manière à faire des économies (en effet, pas de restaurants, de dépenses somptuaires, de fantaisies dont on perd le goût, l'envie et la facilité : donc l'épargne gonfle par nécessité, et cela va constituer une ressource dont  l'Etat, s'il peut s'en emparer par divers procédés, pourra nourrir la relance). A voir ces pauvres économistes se féliciter de ce système d'épargne inattendu, conclure des études d'un an de misère que la croissance a commencé à "frémir", trouver que nous ne sommes pas si mal au palmarès des résultats européens en tout domaine, on peut se demander s'ils s'appliquent à bien gagner l'avoine dont on les nourrit grassement pour remodeler la morosité de l'opinion ou s'ils y croient vraiment, ce qui mettrait au ras des pâquerettes leur niveau intellectuel et scientifique. Pour l'économie comme pour la vaccination, on n'a besoin d'aucun spécialiste pour nous faire toucher du doigt que tout va mal, même si chacun d'eux nous rabâche, avec ses fausses preuves spécifiques,  qu'on "va bientôt voir presque déjà le bout du tunnel".

Partager cet article
Repost0
28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 11:15

ORCA

 

          Hier j'ai regardé ORCA, que j'avais toujours manqué au passage. Difficile de dire ce qu'on doit en penser. L"histoire est un conte dont on doit tirer une morale, et il est prenant de voir le coupable du massacre d'êtres vivants doués d'intelligence et de langage se convaincre peu à peu de sa culpabilité. L'affrontement final entre l'homme et l'animal prend des dimensions grandioses et symboliques, et il paraît normal que l'homme y périsse, après avoir causé cataclysmes et morts autour de lui. L'aspect prétendument documentaire de biologie marine est, lui, sujet à caution. J'ai personnellement une telle conviction que le règne animal ne nous a jamais réservé la suprématie, même si l'homme s'y est installé en maître,  tyran et bourreau cruel, borné et profiteur, que la version sentimentale des orques, vivant en famille unie et  défendant  les liens familiaux jusqu'à une implacable vengeance, me plairait infiniment si je devais y ajouter foi. L'obstination du mâle à porter sa femelle massacrée jusqu'à son meurtrier pour lui faire comprendre que sa vengeance est en route est un trait savoureux et touchant, mais signe la fabrication du récit : quel scientifique au courant des capacités émotionnelles des épaulards aurait laissé le document se limiter à un scénario de film bien monté (avec la spécialiste des cétacés récupérée par hélicoptère, seule des protagonistes, parmi les icebergs où l'orque a emmené son convoi meurtrier?). Un conte, dans lequel même les apports des superstitions locales indiennes s'engloutissent...

Partager cet article
Repost0
25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 17:14

LA CREATURE VENUE DU  FOND DES ÂGES

 

          Ce mythe de l'être inconnu malencontreusement tiré de son sommeil millénaire ou de son enfouissement  relève d'un schéma de base commun à toutes les civilisations ; le danger  d'un anéantissement contre lequel il est impossible de lutter car il saute par-dessus les siècles, revient d'au-delà de la mort pour reprocher aux vivants, si ce n'est leur vie condamnable, au moins d'être encore en vie (la notion de péché ou de châtiment n'est qu'un élément surajouté par telle ou telle religion brodant sur ce thème). Les morts-vivants, ghoules, vampires, lamies, combien d'autres, forment le fond des superstitions de l'espèce dévorante restée assez proche de l'humain. Dès que la science prétend s'ajouter à cette recherche plus ou moins interdite  des domaines interdits, l'être ou la bête qui se manifeste ne recherche à endosser une apparence d'humanité que pour mieux s'attaquer aux vivants qui l'affrontent ou se défendent contre elle : elle prend par elle-même des dimensions géantes, des allures repoussantes où se montre l'imagination du réalisateur qui par les effets spéciaux arrive à des résultats d'horreur et d'invraisemblance  parfaitement originaux. C'est peut-être même là que chacun  tente de briller : j'ai vu quelque part un savant accoucher un être fendu en deux d'où va jaillir la bête dans un développement impossible à freiner. et révulsant à regarder. En se dédouanant de tout élément religieux,  la recherche scientifique -(l'Antarctique est encore assez peu connue pour qu'on y trouve des vestiges maléfiques de créatures abominables disparues) semble avoir ouvert un champ inédit, mais ce paramètre à lui seul ne peut pas nourrir une grande variété, d'après ce que j'ai déjà pu en voir...

Partager cet article
Repost0
25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 10:09

L'ART DE CARPENTER

 

          Toujours cette vanité de ne pas vouloir mourir idiot! Quand on compte comme moi '(pas tout à fait) quatre-vingt quinze printemps, on a intérêt à faire vite. C'est pourquoi j'ai voulu hier voir ce qu'était un film d'horreur, genre qui ne m'avait jamais tentée, bien au contraire. Des horreurs de toute espèce et à tout niveau, certes j'en avais vu, au cinéma comme au vrai, assez pour ne pas les rechercher. Mais puisque avec John Carpenter il s'agissait d'art cinématographique...Je n'ai pas eu le moindre frisson, j'ai été remplie de dégoût. Ces évocations dites effroyables de chairs sanguinolentes de texture inconnue, de formes monstrueuses et gigantesques qu'on n'arrive pas à vaincre, qui sont hideuses, visqueuses, carnassières, déchaînées sadiquement dès qu'on les tire de leur sommeil ou de leur enfouissement, ne me font pas frémir le moins du monde, même si je devine une extermination totale du groupe humain coupé de tout contact : en somme, on n'a plus qu'à attendre et compter, comme dans Dix Petits Nègres,et c'est plus brutal, moins raffiné, c'est de la boucherie faite pour le regard. Je trouve même que cette laideur de l'horreur empêche l'horreur de choquer, la banalise, en fait un simple spectacle révulsant. Bref, Carpenter ou non, la découverte de ce nouveau genre ne m'a pas comblée de délectation esthétique.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens