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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 07:42

             Le problème de la relecture différée d’un roman – j’entends, après des années – est que dans l’intervalle l’évolution du niveau culturel, du goût, de l’expérience de la vie, éventuellement du caractère ou de la philosophie du lecteur joue un rôle essentiel. Ainsi trouver hilarants Laurel et Hardy à présent m’est terriblement difficile, alors qu’ils m’ont ravie – durablement, même – pendant longtemps : j’emprunte cet exemple au cinéma parce qu’il parle mieux grâce à l’image et que précisément les innombrables gags devraient déclencher le rire sans parade possible. De même, toujours dans le registre de l’image, porter  Hitchcok aux nues peut revêtir l’allure d’un engouement assez snob, mais pas forcément authentique ni convaincant, deux ou trois vraies réussites mises à part. Inutile de préciser que dans le domaine de l’écriture la porte sera également ouverte aux estimations nouvelles, aux changements de regard, à l’affûtage de la critique – et si naturellement cette modification de la vision est normale et témoigne d’une saine activité intellectuelle, on peut s’attrister de ne plus retrouver des joies ou des émotions profonde ressenties à la prime découverte d’un écrivain. Curieusement, mon impression à la relecture du Pavillon des cancéreux est très différente du premier contact. J’y avais vu surtout la nouveauté de cette intrusion dans un univers de condamnés à la souffrance, à la déchéance et à la mort, dans un contexte de privations,  de pénurie et d’insuffisance de soins ou de techniques, avec cette juxtaposition de cas particuliers finalement tous semblables dans leur diversité. A présent, j’ai ressenti un déplacement de mes émotions, càd essentiellement de ma compassion, du cœur serré devant cette misère à tous niveaux : un personnage parmi les autres prend du relief, se détache, expose dans la dignité sa condition particulière, car ce  Kostoglotov a été déporté en Sibérie quand il était étudiant et contestataire, il est désormais relégué après une vie de souffrance et d’écrasement du moi ; il serait peut-être un rescapé de la tumeur cancéreuse qui l’a rongé si longtemps si d’une part le traitement miracle ne le privait pas de sa virilité et si d’autre part il ne mourait subitement, d’effort et de faiblesse, en grimpant dans le train qui  devrait ouvrir pour lui une nouvelle et tout aussi misérable existence loin de tout. La fin du roman, et surtout le chapitre dernier qui lui est entièrement consacré, est une déchirante merveille d’analyse de cette personnalité si forte détruite par l’injustice et l’acharnement du sort, avec son instinctif refus de croire en un bonheur possible, avec ses hésitations devant la solution qui pourtant semble aller de soi, avec cette consternante résignation à ne vivre qu’en dehors de la société des autres. C’est dans ce chapitre 36 et dernier - et seulement là - que Soljénitsine hausse l’écriture du roman à un niveau exceptionnel.

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 08:35

 

 

            Il y a longtemps que nous n’avons pas parlé littérature, mes belins-belines. Ce n’est pas, croyez-le bien, parce que je m’en désintéressais : demandez donc à un papillon s’il n’aime plus les cosmos ni les gueules-de-loup ni les buddléias, il s’offensera de la question. Bien entendu mon intérêt  ne fait régulièrement que croître et embellir, mais tous ces temps j’ai relu des choses oubliées (hélas ! j’aurais mieux fait de les laisser dormir dans mon souvenir : quelle catastrophe de les redécouvrir, quelle crève-cœur de les trouver minables, incapables de susciter la moindre émotion !) et en même temps je me sens quelque peu froissée d’avoir eu si peu de jugement naguère, quand je les trouvais   enthousiasmantes, pleines de sens, pleines de sève…Il faudrait creuser le pourquoi de cette désaffection. Je me sens également un peu coupable d’avoir assommé Dickens en le redécouvrant, alors qu’au départ je voulais vous redonner le goût de vous plonger dans les grands classiques … Mon avis sévère ne cadre guère avec le culte dont nos amis britanniques entourent leur romancier favori, qu’ils célèbrent cette année à grands coups d’éditions et de rééditions (on ne va tout de même pas m’empêcher de préférer Jane Austen ou Emily Brontë, et pas du tout parce qu’entre femmes on se défend avec bec et ongles !). Oui, la littérature de notre temps devrait aussi nous passionner, mes belins-belines, mais vous savez de quelle suspicion, voire de quel mépris, j’accueille la production des quelques grands spécialistes de l’arnaque qui trônent sur notre galaxie, et de quelle consternation les médiocres et les minables qui se trouvent si facilement des échos dans le public. C’est promis, quand même : on va s’y remettre, je vais faire un effort.

 

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 09:33

 

 

            Ce n’est certes pas parce que je doute de l’efficacité des signatures à la base des pétitions que je méprise ce moyen d’exprimer sa révulsion devant des pratiques de cruauté ou d’ignominie dont les autres planétaires nos congénères s’accommodent fort bien : en soi la protestation est une saine hygiène, elle vérifie que toutes les fonctions cérébrales et culturelles sont en bon ordre de marche, elle affirme la stature du protestataire qui autrement, avec son profil bas entretenu par la couardise ou  son regard détourné en signe d’indifférence, aurait tout juste l’air d’une pauvre lopette indigne du nom d’humain. Mes belins-belines, je proteste et j’ai protesté toute ma vie sans effort, c’est dans ma  nature (c’est sain de se revarper, comme disait mon arrière-grand-mère paternelle – sans doute se revarpait-elle encore à quatre-vingt-dix-huit ans sonnés, mais avec la mort elle avait tout de même affaire à trop forte partie). Je vous ai déjà tenus au courant de toutes les lettres que j’ai écrites aux ministres ou aux gouvernants pour leur signaler des faits inacceptables (ne me croyez pas si vous voulez, mais certains m’ont aimablement répondu en langue de bois, ce qui fait que je n’ai pas su quoi faire de leur réponse parce qu’autour de moi je ne connais personne pratiquant couramment la langue de bois et je n’ai pu me faire traduire les textes si aimablement à moi adressés).  En tout cas, chaque fois qu’on s’arrange pour s’exprimer visiblement et audiblement, surtout si c’est pour aller à contresens  du courant général, c’est une noble mesure, et j’y souscris avec sympathie. Même si on se force pour croire que cela va servir à quelque chose : par exemple, la tauromachie continue à être prisée comme un art, et cependant je connais l’activité – et le nombre, et la ténacité – des signataires de pétitions pour la faire abolir, ce qui serait pourtant un retour à la dignité de l’espèce humaine….

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 09:41

 

 

            Je vous ai  proposé une vraie méditation hier, mes belins-belines, à telles enseignes que je ne vous ai pas même salués aimablement, selon ma courtoise habitude, tout simplement parce que j’étais pleine de ce sujet sérieux. J’ai un peu honte de devoir compléter mes propos par une évocation des sujets motivant ces appels à pétitionnaires, mais la triste uniformité de leur variété (est-ce que ça ne vaut pas l’obscure clarté qui tombait des étoiles du temps du Cid ?) souligne quand même la nécessité d’un commentaire. Jugez-en : pétition pour en finir avec la mode des fourrures et les laisser sur la chair des bêtes sauvages ; pétition pour en finir avec les combats d’ours, entre molosses entraînés et ours abrutis par un destin déjà tragique ; pétition pour en finir avec la prostitution des femelles orang-outan en Chine; avec les hécatombes d’otaries en Namibie, avec la mise à mort en Russie des ourses dont les petits sont condamnés à mourir de faim dans leur tanière … et les abandons de chiens qu’on attache à un arbre pour être bien sûr qu’ils ne s’en tireront pas, et les abandons de chatons à peine sevrés dont on ne sait pas comment se débarrasser, et les fameux porte-clés vivants dont on parle quand même beaucoup tous ces temps…Oui, triste uniformité dans la diversité : c’est la main de l’homme qui signe toutes ces horreurs ; dès que l’homme apparaît les animaux devraient prendre peur et se cacher – mais où donc, les pauvres,  puisqu’on leur abat leurs forêts, qu’on pollue leurs rivières, qu’on mazoute leurs fonds marins ?                                                                                                                                

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 10:36

            Il est de plus en plus souvent question de demander au peuple son avis, ou sinon au peuple, du moins à la population. Le terme de référendum est agité ou l’a été au cours des récentes campagnes pour le changement de petit timonier, l’élection en elle-même servant finalement de jugement par oui ou non, même si on a pu y voir des variantes. Tandis qu’une proportion non négligeable de l’électorat dédaigne d’aller aux urnes, les inscrits sur les listes électorales tiennent à exercer leur droit de réclamation ou à affirmer leur choix : pour les femmes en particulier, il a fallu affronter tant de luttes et déployer tant de ténacité avant d’obtenir cette malheureuse reconnaissance de la qualité complète d’adulte humain qui sache lire et écrire donc participer aux destinées de la nation, que chacune d’elles devrait se sentir humiliée, voire mutilée, à la simple suggestion de laisser cette précieuse autorisation aux orties. Il y a même eu, à l’intérieur de cette campagne défunte, un supplément d’enquête, pourrait-on dire, puisque les champions d’une couleur s’affrontaient en champ clos, histoire de simplement s’échauffer avant la grande bagarre. Ce que je retiens de ce panorama d’ensemble, c’est qu’on fait de plus en plus ouvertement comme si l’avis des gens comptait. Le référendum et la pétition sont devenus des armes silencieuses – sont-elles aussi efficaces que les pétaradantes explosives des  champs de bataille, je ne saurais me prononcer sur ce point. Toutefois on les pratique sur le web à tire larigot : je le découvre chaque jour, et je ne sais de quoi je m’étonne le plus, des sujets proposés au oui ou au non et à la dénonciation collective vigoureuse, ou à la candeur des gens de bonne volonté qui s’imaginent que leur signature va pouvoir changer la face de la planète.

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 10:36

 

 

            Les algorithmes ! qui sait ce que cela signifie ? Pas moi en tout cas, pour qui les termes de trigonométrie, au-delà d’abscisse et d’ordonnée que j’avais réussi à enregistrer (oui, tout de même…), faisaient figure d’alchimie sans en avoir la fascination. Or il paraît que les algorithmes ont une fonction essentielle dans l’établissement de ma popularité de bloggueuse. Autrement dit, en ajoutant l’âge du capitaine à la surface de mon polygone de sustentation et en multipliant par la température, mesurée à l’aube,  des refroidisseurs de la centrale  nucléaire la plus proche de chez moi, on doit obtenir non pas tellement le nombre des lecteurs fidèles de mes gazouillis quotidiens (à savoir, vous, mes belins-belines, avec ou sans compter les abonnés ouvertement déclarés auxquels un service spécial annonce que je viens de gazouiller une fois de plus), mais plutôt, ce qui me paraît fort incongru, une note d’appréciation ouverte à tous les impondérables. Qui sait quels coups bas, quels coups en vache, ne me sont pas réservés dans cette absence totale de transparence ? Qui  me donne cette note ? Des diplômés de l’ENA extra forts en maths ? des écrivains manqués, que la seule vision de mes proses si enthousiasmantes (et je ne parle même pas de mes alexandrins si bien martelés) fait grincer des dents à force d’envie ? des ratés du blog qui depuis déjà longtemps s’agacent de me voir continuer à avoir des idées, ce à quoi eux-mêmes ont dû renoncer il y a belle lurette ? Je ne sais pas d’où peuvent me venir les crocs-en-jambe, mais je les ressens grave, comme on dit, sur mes mollets. Et la note flottante qui s’affiche pour qualifier mes efforts, je la ressens aussi, durement. Si je connaissais les vilains qui me baissent ma note depuis quelques semaines, j’arrêterais là les frais,  foi d’animal. Et vous, mes belins-belines, vous ne pourriez pas y aller un peu de votre protestation collective ? Pensez à un geste utile…

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 09:12

 

 

            Je vous ai laissés hier, mes belins-belines, en méditation sur ce changement de genre. L’idée ne nous serait certainement pas venue, dans nos formulations de paperasses si traditionnelles, d’y ajouter une variante moderne en rapport direct avec l’évolution des mœurs. Il y a encore des sujets presque tabous par chez nous, même si l’éducation sexuelle a fait de grands progrès, paraît-il, à grand renfort de métaphores ou, voire, d’instruments ad hoc. On s’exprime à demi-mot, comprenne qui pourra (par exemple, avec la Gay Pride – déjà que c’est exprimé en étranger, y en a certainement qui peuvent pas suivre – et en plus quand on la voit débouler sur ses chars on pense plutôt à des manifestations nazies qu’à une parade d’amour, mais il paraît qu’il faut savoir trier le bon grain de l’ivraie, alors trions mes belins-belines), même si les travelos se multiplient au niveau des scénarios de films ou de séries télévisées. C’est dans un film américain, et non frainçais de Fraince, comme disent nos amis canadiens, que j’ai entendu avant-hier un chirurgien se justifier d’une opération de changement de genre qui avait paraît-il mal réussi. Il expliquait (de manière un peu sommaire parce que ce n’était pas un spécialiste, un orfèvre, qui lui présentait la revendication  et qu’il voulait faire clair, quoi, compréhensible par n’importe qui) qu’il avait opéré de la manière la plus traditionnelle qui soit : il avait coupé soigneusement tout ce qui dépassait et ensuite, ensuite seulement, il avait creusé là où il fallait. C’est donc ça, un  changement de genre! Quand les explications sont claires comme ça, pour un peu on pourrait se charger de la besogne.

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 08:58

 

 

           

 

            J’ai entre les mains des formulaires précisant les conditions d’admission aux Etats-Unis. Depuis quelques mois en effet, le visa traditionnel, si difficile à obtenir dès qu’on avait le teint quelque peu bronzé ou la barbe noire (alors que pour les individus au teint pâle ou rougeaud c’était si facile de l’avoir pour une validité sans limite et pour entrée ou sortie à n’importe quel aéroport) a été supprimé. Mais remplacé par autre chose, ne vous réjouissez pas trop vite si vous avez le teint hâlé ou la barbe noire ! L’électronique permettant des miracles de garanties et de contrôles, le visa tamponné sur votre passeport a désormais figure de papier indépendant, facile à perdre au demeurant (demandez donc vite une copie à votre agence de voyages) et valable deux ans moyennant finance. Est-ce pour remplacer une taxe sur les visas ? Normalement les visas se payent dans les autres pays du monde, on n’a rien sans rien, surtout dans les pays pauvres. Les USA étant en principe une nation riche, instituer un nouveau système non gratuit leur faisait un peu honte, ils ont donc recours à cet élégant tour de passe-passe pour faire payer le visa 14 € - une paille, au prix du bœuf et du transport en avion, il faut ce qu’il faut, que voulez-vous ! Je regarde de près ce formulaire et je constate que ces 14€ restent généreusement valables pour toute la durée de votre passeport, sauf si – alors là écoutez bien – sauf si le voyageur change de passeport (logique), ou si le voyageur change de nom (ça se comprend), ou si le voyageur change de pays de citoyenneté (là encore, c’est normal), OU SI LE VOYAGEUR CHANGE DE GENRE … Alors là !  Mes belins-belines, la banalisation des chirurgies spéciales dans ce pays me coupe le sifflet !

 

 

 

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 09:00

 

Mea Culpa N°1064 – Lire « elles » devant « embaument » au lieu de « elle », ligne 4.

 

            Les ambitions des enfants pour le futur, naïvement exprimées dans l’enthousiasme et formulées avec une conviction qui ne doit pas faire négliger son caractère éphémère, sont souvent incongrues. Il n’était pas rare, dans mon enfance chalonnaise, de rencontrer des gamins se rêvant conducteurs de chars de Carnaval. Ou encore conducteurs de voitures de pompiers, à cause de ce pimpon irrésistible. Je viens de voir un clip portant sur ce sujet, avec les parents tout sourires, qui béent d’admiration devant l’autorité de leur progéniture exprimant son désir d’illustration à venir. «  Moi je veux être danseuse étoile », dit une fillette qui vient juste de chausser les chaussons en satin des premières leçons. «  Moi je veux être violoniste », dit une autre, à qui on a tout juste appris à tenir son violon d’une main et son archet de l’autre. «  Moi je veux être champion de tennis », dit un Noah en herbe qui semble déjà sourire aux photographes de presse sportive. Je trouve quelque peu imprudentes ces admirations parentales : les père et mère si flattés de pareilles perspectives ne se rendent-ils pas compte  du danger que peut représenter cette vision éblouissante sur l’horizon d’un enfant qui pendant de longues années devra dans ce but additionner d’interminables efforts – sans compter les dons spéciaux requis par ces vocations rares ? Qu’elle arrive en cours de route ou tout à la fin – presque au but – la déception, c’est-à-dire le rude contact avec la réalité, risquera  de briser une volonté trop tendue,  de démolir une psychologie trop longtemps aveugle aux difficultés quasi insurmontables de l’entreprise. Vous me direz qu’il y en a, des danseuses étoiles, et des concertistes renommés, et des champions de patinage ou de tennis, et qu’il était juste, en ce cas, de les avoir soutenus et encouragés, voire tenus à bout de bras dans leur admirable entêtement. C’est vrai, je le reconnais… Mais en pareils cas il est urgent d’attendre que le caractère exceptionnel de leur destin se dessine avec assez de netteté pour convaincre toutes les réticences. Toutefois, ce que j’en dis…

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 08:04

Lundi de Pentecôte. Week-end prolongé pour certains,  faisant suite à deux ponts reliant deux jours de fête – décidément le mois de mai n’est pas un mois pour les patrons.  Mais week-end pour certains seulement, ai-je dit,  et non pas tout le monde. Ces arrangements taillés à la serpe, réclamant de certains  le salaire d’une journée pour des prunes, apparaissent d’une véritable injustice. Ainsi le courrier ne sera ni collecté ni distribué aujourd’hui, mais les éboueurs doivent accomplir leur tâche. En cherchant bien, et même, je suppose, sans bien avoir à chercher, on trouverait d’autres exemples de cette inégalité devant les jours chômés, en particulier au niveau des grands magasins, qui ouvrent ou restent clos selon des plans de bataille arrangés par leur  fonctionnement interne et, souhaitons-le, avec l’agrément des employés. Pour ma part, j’apprécie ce repos accolé au dimanche : un tour de jardin vaut bien à mes yeux les tours d’horizon dont j’essaie de tirer une peu de substantifique moëlle, même si c’est pour votre bénéfice, mes belins-belines. Parce qu’en ce moment les roses explosent de partout. Au ras de terre sur les rosiers buissons – c’est leur troisième année : ils ont donc pris une vigueur définitive, ils sont couverts de fleurs et de boutons – comme sur les rosiers-tiges (impressionnants, ceux-ci, deux en particulier, qui semblent déjà avoir disposé leurs grandes tiges  élégantes à l’aise dans un vase à leur mesure) ou sur les grimpants, un petit rose indien garanti « fleurissant même à l’ombre » et un autre,  somptueux cette année, donnant en chaîne de grosses fleurs à la forme parfaite, à la couleur superbe, au parfum merveilleux. C’est agréable de chômer ce lundi de Pentecôte au milieu des roses…

« Roses des soirs de juin, roses des nuits de mai, / Roses de toute sorte, / Rêveuses sans repos qui ne dormez jamais / Tant votre odeur est forte / … Rose qui, dans le clair et naïf paradis / De Saint-François d’Assise, / Seriez, sous le soleil tout ouvert de midi, / Près de sa droite assise… ». Anna de Noailles se cite toute seule.

 

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