Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 11:15

ORCA

 

          Hier j'ai regardé ORCA, que j'avais toujours manqué au passage. Difficile de dire ce qu'on doit en penser. L"histoire est un conte dont on doit tirer une morale, et il est prenant de voir le coupable du massacre d'êtres vivants doués d'intelligence et de langage se convaincre peu à peu de sa culpabilité. L'affrontement final entre l'homme et l'animal prend des dimensions grandioses et symboliques, et il paraît normal que l'homme y périsse, après avoir causé cataclysmes et morts autour de lui. L'aspect prétendument documentaire de biologie marine est, lui, sujet à caution. J'ai personnellement une telle conviction que le règne animal ne nous a jamais réservé la suprématie, même si l'homme s'y est installé en maître,  tyran et bourreau cruel, borné et profiteur, que la version sentimentale des orques, vivant en famille unie et  défendant  les liens familiaux jusqu'à une implacable vengeance, me plairait infiniment si je devais y ajouter foi. L'obstination du mâle à porter sa femelle massacrée jusqu'à son meurtrier pour lui faire comprendre que sa vengeance est en route est un trait savoureux et touchant, mais signe la fabrication du récit : quel scientifique au courant des capacités émotionnelles des épaulards aurait laissé le document se limiter à un scénario de film bien monté (avec la spécialiste des cétacés récupérée par hélicoptère, seule des protagonistes, parmi les icebergs où l'orque a emmené son convoi meurtrier?). Un conte, dans lequel même les apports des superstitions locales indiennes s'engloutissent...

Partager cet article
Repost0
25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 17:14

LA CREATURE VENUE DU  FOND DES ÂGES

 

          Ce mythe de l'être inconnu malencontreusement tiré de son sommeil millénaire ou de son enfouissement  relève d'un schéma de base commun à toutes les civilisations ; le danger  d'un anéantissement contre lequel il est impossible de lutter car il saute par-dessus les siècles, revient d'au-delà de la mort pour reprocher aux vivants, si ce n'est leur vie condamnable, au moins d'être encore en vie (la notion de péché ou de châtiment n'est qu'un élément surajouté par telle ou telle religion brodant sur ce thème). Les morts-vivants, ghoules, vampires, lamies, combien d'autres, forment le fond des superstitions de l'espèce dévorante restée assez proche de l'humain. Dès que la science prétend s'ajouter à cette recherche plus ou moins interdite  des domaines interdits, l'être ou la bête qui se manifeste ne recherche à endosser une apparence d'humanité que pour mieux s'attaquer aux vivants qui l'affrontent ou se défendent contre elle : elle prend par elle-même des dimensions géantes, des allures repoussantes où se montre l'imagination du réalisateur qui par les effets spéciaux arrive à des résultats d'horreur et d'invraisemblance  parfaitement originaux. C'est peut-être même là que chacun  tente de briller : j'ai vu quelque part un savant accoucher un être fendu en deux d'où va jaillir la bête dans un développement impossible à freiner. et révulsant à regarder. En se dédouanant de tout élément religieux,  la recherche scientifique -(l'Antarctique est encore assez peu connue pour qu'on y trouve des vestiges maléfiques de créatures abominables disparues) semble avoir ouvert un champ inédit, mais ce paramètre à lui seul ne peut pas nourrir une grande variété, d'après ce que j'ai déjà pu en voir...

Partager cet article
Repost0
25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 10:09

L'ART DE CARPENTER

 

          Toujours cette vanité de ne pas vouloir mourir idiot! Quand on compte comme moi '(pas tout à fait) quatre-vingt quinze printemps, on a intérêt à faire vite. C'est pourquoi j'ai voulu hier voir ce qu'était un film d'horreur, genre qui ne m'avait jamais tentée, bien au contraire. Des horreurs de toute espèce et à tout niveau, certes j'en avais vu, au cinéma comme au vrai, assez pour ne pas les rechercher. Mais puisque avec John Carpenter il s'agissait d'art cinématographique...Je n'ai pas eu le moindre frisson, j'ai été remplie de dégoût. Ces évocations dites effroyables de chairs sanguinolentes de texture inconnue, de formes monstrueuses et gigantesques qu'on n'arrive pas à vaincre, qui sont hideuses, visqueuses, carnassières, déchaînées sadiquement dès qu'on les tire de leur sommeil ou de leur enfouissement, ne me font pas frémir le moins du monde, même si je devine une extermination totale du groupe humain coupé de tout contact : en somme, on n'a plus qu'à attendre et compter, comme dans Dix Petits Nègres,et c'est plus brutal, moins raffiné, c'est de la boucherie faite pour le regard. Je trouve même que cette laideur de l'horreur empêche l'horreur de choquer, la banalise, en fait un simple spectacle révulsant. Bref, Carpenter ou non, la découverte de ce nouveau genre ne m'a pas comblée de délectation esthétique.

Partager cet article
Repost0
24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 09:39

RABÂCHAGES

 

 

          On pouvait se plaindre, il y a un an, que les chaînes de télévision ne parlent que de sports. Le sport étant considéré comme une activité culturelle s'est vu, de force et à la longue, rejeté comme une cause de clusters et de contamination nombreuse (après trois ou quatre bévues très dommageables pour les statistiques sanitaires). Pour un peu, même les non amateurs de sports se plaindraient maintenant de ne plus en entendre parler : le domaine du colivirus occupe tout l'espace audiovisuel avec toutes ses ramifications,  à savoir,  les fameux plateaux de commentateurs qui, au gré de leurs formations, se succèdent d'heure en heure pour l'information du public. Le virus, ses visages, ses virulences, les soignants, les régions atteintes, les graphiques avec leurs courbes, leurs pics et leurs plateaux, et le grand défilé des sommités médicales qui sont pour ou contre, quel que soit le sujet abordé : la guérison,  l'aggravation, les mesures décidées et leur pertinence, le ridicule ou le côté salvateur du confinement ou du couvre-feu, le laxisme soudain des libertés lorsqu'elles sont accordées...  Chacun a son mot à dire (ou à redire, hélas! que de redites et de rabâchages qui ne font pas avancer les choses mais rendent chacun tout fier d'avoir mis son grain de sel dans la soupe!). Il y a déjà belle lurette que j'ai fui ce genre de nouvelles sur l'actualité.

Partager cet article
Repost0
23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 19:06

"DRACULA   UNO   E DUE"

 

 

          Je ne peux pas dire "J"adore Murnau" comme je dis "J'adore les frères Coen" ou Kurosawa. On a pour lui la vénération des grands magiciens des débuts du muet, où seuls jouer sur les éclairages et les contrastes du blanc et du noir. Les derniers contacts avec les paysans épouvantés ou l'infernale voiture qui jette le mari de Lucy devant le château de Dracula n'ont pas besoin d'être ren- forcés pour causer les frissons. La tentative de Herzog est tout à fait respectable; on suit dans son film la ligne d'écriture de Murnau,  l'illustration de l'horreur des lieux (gorge, torrent, ruines, chaos de rochers, lueurs effrayantes). Les ajouts au texte original (par exemple la vision du château dans la journée) ne chargent pas la densité d'angoisse, ni l'horrible figure de Klaus Kinski ne peut  faire oublier la glaçante allure du premier héros lugubre). Peut-être quelqu'un qui découvrirait l'histoire du vampire avec Herzog peut-il être marqué par l'horreur macabre, mais pour un "initié"'la charge émotionnelle est déjà à son maximum avec Murnau. On  ne sent pas chez Herzog le désir de compétition, au contraire (et c'est très inattendu en pareil cas) on sent partout l'intention respectueuse, et la capture du comte, au chant du coq,  n'est pas plus prenante que chez Murnau. Je regretterais plutôt que le film d'Herzog s"ouvre sur cette promenade muette parmi les morts des catacombes de Syracuse (je les ai visitées, ce ne sont pas des catacombes au sens propres, c'est un étalage de morts restés intacts depuis leur trépas avec l'horreur des grimaces de la mort sur leurs traits). En fait ce spectacle n'a aucun rapport avec le vampirisme, et si c'est pour créer avant le film une disposition à l'horreur et au dégoût n'est-ce pas reconnaître chez Herzog la conviction  qu'à lui tout seul il ne fera pas aussi génialement fort que le débutant du septième art?

Partager cet article
Repost0
21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 19:26

PROBLEMES EXISTENTIELS

 

          Voici revenus les temps, semble-t-il, où on va se remettre à tripoter la langue pour fixer des codes modernes de mise au pluriel (pourquoi dire "Ils sont tous au salon" quand "ils" compte dix femmes et un seul homme? ce 'ils" gêne-t-il quelqu'un? une passionaria  a exposé hier le problème sexiste qu'elle y découvrait, j'ai failli tomber de ma chaise), de féminisation, de ponctuation, d'orthographe (suppression des accents circonflexes et des traits d'union, laxisme sur tous les points délicats qui faisaient de tout temps la difficile beauté du langage - ainsi adieu les chausse-trapes de douce mémoire - ou inclusion des voyelles soudain jugées utiles). Je confesse que cela me rend malade. Je n'ai jamais pu voir où se manifestait la déroute des mâles quand on ajoutait un E triomphal à docteur, professeur, auteur, procureur, quand on disait la juge, la maire, la cheffe, la sapeuse-pompière aussi sans doute. Si j'étais mâle moi je ferais des gorges chaudes de voir ces excitées s'enorgueillir de titres de fonction devenus si laids, si malsonnants, si ridicules... Comme si, tout en s'ajoutant une valeur inestimable, elles se paraient de tout ce qui séduisait les tribus primitives et du même coup piétinaient leur Holoferne personnel dans la boue. Je trouve significatif  que fassent bon ménage les partisans du remue-ménage linguistique et les tourmentées du deuxième sexe avec leur inguérissable prurit de suprématie.

 

Partager cet article
Repost0
18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 15:23

 

 

RUMEURS

 

          J'espère de tout mon coeur que les rumeurs sont vraies : on rouvrirait les théâtres, les musées, les restaurants, les cinémas fort prochainement, ce qui redonnerait peut-être une allure plus civilisée à notre manière de vivre depuis près d'un an. Cela se ferait au bout de calculs compliqués de surfaces, de volumes, de hauteurs d'air, de distanciation. On a même présenté au peuple, aujourd'hui, un appareil capable de recharger l'air vicié en air respirable au fur et à mesure des besoins. Cela redonnerait peut-être un peu de tonus à la population  et ce ne serait dommage pour personne. Je pense surtout aux comédiens, dont le tragique persiste et signe depuis d'interminables mois. Pas de représentations, donc pas d'argent - et en outre, dans cette situation aléatoire sujette à tous les caprices du régime,  il devient impossible de préparer une saison nouvelle là où il n'y a qu'incertitudes et sans doute danger de disparition..... Et par ici pouvoir se payer une bonne toile, du tout frais pour changer un peu des remoutures de toute espèce auxquelles on ne peut que désespérément se pendre à la télé! Et j'ai honte de mettre en avant ma déception de cinéphile : que devrais-je dire des gérants de salle, qui comme tous les commerçants paralysés dans leurs activités doivent payer leurs impôts comme s'il en pleuvait? Rouvrez, rouvrez! Autant les groupes rebelles qui ont refusé de se plier au règlement sont à mon avis ouvertement coupables d'avoir aidé à la contagion, autant les choses sont à présent si complexes, si emmêlées, si indéchiffrables que du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest bien fin serait celui qui dirait ce qu'il convient ou ne convient pas de faire. Chacun se recroqueville sur soi pour rentrer plus vite au bercail.. Allons, une bonne toile pour remplacer l'apéro du couvre-feu...

Partager cet article
Repost0
18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 12:38

 

FEUES LES PTT

 

          Il s'agissait d'un gros  colis de livres, tout frais sorti de l'imprimerie. Au lieu de le déposer à ma porte (ce qui fait partie de sa fonction), on me glisse un avis d'instance dans la grande boîte aux lettres (celle de la rue, ouverte à tous les vents, et que le facteur habituel prend bien soin de vider pour m'apporter le tout en sonnant à ma porte). Le facteur des colis ne fait pas dans la dentelle. :  je trouve donc le lendemain l'avis d'instance, assez menaçant dans ses formules elliptiques et la limitation du temps d'instance autorisé. Je cherche à téléphoner au dépôt - là je laisse votre imagination imaginer les pires complications téléphoniques,  sonneries ininterrompues, numéro déclaré non valable, les rares voix miraculeusement interceptées n 'étant prodigues que d'encouragements et non de conseils. L'expéditeur (l'imprimeur) contacté se démène de son côté - en vain, et moyennant de sa part une crise de colère rouge ponceau. Enfin une des personnes amies de ce réseau consterné vient prendre l'avis d'instance dûment rempli, avec ma pièce d'identité accompagnant la sienne et se charge de retirer le colis (et si je n'avais eu personne à sa place?). Je comprends bien que les postes ne peuvent être aux petits soins, mais il y a un abîme entre les petits soins et le simple fait de remplir sa fonction : si le destinataire n'est pas là (mais il faut le vérifier) on représente le colis le lendemain, c'est tout simple. Du moins c'était tout simple autrefois, quand les facteurs ne rêvaient pas d'être robotisés. Mais en attendant qu'ils le soient tous - donc qu'ils soient mis à la retraite, car c'est ce qui leur pend au nez - ils pourraient faire quelques efforts pour rappeler au monde qu'autrefois la poste était un service public dont on pouvait s'enorgueillir.

Partager cet article
Repost0
17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 17:34

 

LE COURRIER DU BLOG

 

 

          Dans le célèbre film sur l'Ecosse Whisky à gogo, le scotch était à portée de main dans le rafiot échoué, mais la loi du Seigneur empêchait toute tentative soiffarde tant que la nuit ne serait pas écoulée. Je pense à cette abondance, à ce whisky galore qui existe et qu'on ne peut consommer. Mais que croyez-vous donc que je suis, moi, devant vos messages que je ne peux ni grossir ni imprimer - ni goûter dans les délices, car vous êtes tous aujourd'hui autour de Laure comme des fées autour d'un berceau : chacun donne son avis avec délicatesse, je sens cette proximité chaleureuse, je voudrais pouvoir m'entretenir avec chacun de vous, une Chantal, une amie de Sylviane, un de mes anciens étudiants, un bref mais délicat billet se signe de soie... Il faut que je trouve le moyen d'imprimer cette page si pleine. Je ne veux pas qu'elle disparaisse avec le système des blogs... Je vous tiendrai au courant des résultats de mon ardeur, et s'il vous plaît, les autres, concentrez-vous un peu pour que les démarches ou manoeuvres puissent réussir.

Partager cet article
Repost0
17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 15:36

 

 

LA POSTE DES COLIS

 

          Vu du large, un facteur de colis livrant un colis devrait ressembler à une mule de bât bien décidée à se décharger de son fardeau :  en effet, le colis déposé, la mule et le facteur s'en repartent tout joyeux. J'ai eu le malheur de recevoir un gros colis de livres lundi dernier: on  ne me l'a pas déposé pour autant,  il paraît que je n'était pas là (oui : mon absence était notifiée sur l'avis de passage). A mes questions éplorées (avant même d'avoir trouvé un partenaire, car les postiers, ma parole, ont des laboratoires dans lesquels ils font des recherches chimiques pour aider en cas d'urgence et se moquent bien de l'amoncellement des colis) ils m'ont enfin répondu que si je pouvais me rendre à la poste ce serait mieux; ou à la rigueur en y envoyant quelqu'un: ou, encore faisable, je pourrais demander à ce que l'on me représentât ce colis, du moment que je pouvais fournir son numéro. J'en suis là, mes belins-belines J'attends la représentation de la chose,  et nous en sommes déjà à la deuxième semaine de l'instance, et l'instance postale ne dure que quelques jours - vous voyez vers quel pétrin je me dirige? J'ai souvenance d'un paquet de revues américaines qui, mal adressé à Saint-Etienne,  était reparti directos sur New Ark d'où le concierge plein du sens du devoir l'avait retourné à la Fac où le prof américain faisait un stage; résigné à se documenter malgré lui, le prof à la fin de son stage en France avait renvoyé les revues par la poste afin de ne pas charger sa valise. Mais ça se passait dans les postes d'Amérique, le Jour de Fête de Jacques Tati nous permettait bien de faire la comparaison. Les choses ont bien changé depuis.

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens