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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 10:06

 

Le RESSENTI

 

 

          On nous annonce tous les matins le temps qu'il fait : excellente idée pour les malheureux qui doivent sortir pour les courses ou le travail, ou encore pour mener les enfants à l'école - quand l'école fonctionne, il faut bien se renseigner d'un jour à l'autre - en les emmitouflant contre la froidure. C'est aussi une expérience scientifique dans le domaine de la température : on vous annonce par la presse,  la radio ou la télé le chiffre le plus bas récolté au petit matin (naguère c'était à Mouthe,  on a détrôné l'endroit mythique pour remplacer par Aurillac ou Langres) et quand on vous proclame qu'il a fait ou fait encore "moins 8" c'est suffisant pour vous faire vous recroqueviller comme un escargot dans sa coquille. Eh bien voyez-vous ça ne suffit pas pour vous décourager. Depuis quelques années on a imaginé des calculs savants pour augmenter le froid (et j'imagine que le même souci de minutie scientifique doit en pleine canicule augmenter les chiffres jusqu'à l'épouvante) comme pour vous persuader que vous êtes ridicule de regarder le thermomètre : on vous affirme qu'il faut compter sur le ressenti, autrement dit huit à dix chiffres calculés  en coulisses pour vous faire grelotter jusqu à la moëlle. Ce ressenti imaginaire fondé on se demande sur quoi me paraît le symbole de ce à quoi s'amuse la science en prenant l'air grave auquel l'individu est amené à croire : car comment ne pas croire puisque la science a fait de sublimes découvertes et en garantit la vérité?

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 17:41

GANGSTERS A TABLE

 

 

          Je pense soudain à l'expérience que nous avions eue à New York, au cours d'un de nos passages. Nous avions décidé de dîner au "Nido", le Nid, cela nous paraissait italien de qualité (les prix servaient aussi d'indicateur). En effet la nourriture était délectable, mais le souvenir à garder de cette soirée était que manifestement le lieu appartenait à un gangster (voire à plusieurs) et que ces messieurs s'étaient rassemblés pour le même soir que nous dans une ^partie de la salle  où les serveurs s'empressaient et qu'on aurait crue mise en scène pour un film. Tous les poncifs du cinéma semblaient scrupuleusement employés, et nous étions fascinés par l'aventure, désolés bien sûr de devoir partir (même après avoir traîné presque indûment) avant eux dont nous aurions aimé voir la sortie et les adieux, mais finalement soulagés de ne pas avoir vu la soirée ponctuée aux accents historiques du fameux garage. Si ce souvenir remonte gaillardement, c'est que je viens d'apprendre que nos messieurs à nous, toujours pleins d'astuce et les poches pleines (celles où ils puisent n'étant pas à eux la plupart du temps) se sont fait aménager un nid au Plaza Athénée où ils se rencontrent pour des soupers fins qui font la nique à la fermeture des restaurants non mafieux. Y aura-t-il un réalisateur assez gonflé pour nous les montrer  tels qu'ils sont? Je suis sûre que nous reconnaîtrions bien des visages au moment de la projection du film.

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 15:37

Contaminons-nous français!

 

 

          Décidément les étrangers veulent notre peau. C'est là une idéologie à laquelle je n 'ai jamais cru, loin de là - mais les choses étant ce qu'elles sont on peut se demander si les fans de Marine Le Pen ne vont pas trouver confirmation de leurs craintes et phobies dans la phase récente de la situation sanitaire. Qu'on se rende compte : nous nous débrouillions tant bien que mal et surtout tant mal que bien avec nos parades à retardement, nos promesses de masques en retard, nos lenteurs à protéger nos héroïques soignants, nos vaccinations cahin-caha où il était si difficile de faire coïncider vaccin, vaccinateurs et candidats à la vaccination. Déjà à ce niveau c'était bien loin d'aller tout seul, sans heurt sans friction sans remous dans la population d'en bas et même, tout compte fait, aussi dans la population d'en haut : tantôt c'était le chaos, tantôt c'était la panique mais enfin ce virus était bien à nous, on l'avait sinon apprivoisé du moins baptisé familièrement, ce n'était plus le coronavirus, c'était devenu le Covid, on suivait ses caprices de jour en jour selon les données officielles, bref on se contaminait français, on s'était fabriqué un code barrière bien français. Or l'étranger était prêt à nous sauter dessus. Les Britanniques d'abord (mais qu'attendre de bon de la perfide Albion?) en nous inondant de leur variété de bestioles perfidement plus nocives, et tout de suite derrière le Brésil qui avait fait ami-ami avec le Royaume Uni bien déglingué (et je vous demande un peu, qu'est-ce qu'on avait bien à cirer des initiatives brésiliennes?). Enfin aux dernières nouvelles l'Afrique du Sud nous assaille avec férocité, un peu en retard mais se rattrapant  par son hostilité vraiment terrifiante. En vérité je vous le dis, la formule "Père gardez-vous à droite, Père gardez-vous à gauche" a dû s'inscrire dans nos gènes nationales dès le temps des ducs de Bourgogne.

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 17:46

Audrey prend le voile

 

 

          Les sujets religieux sont peu de mon goût, mais la présence d'Audrey Hepburn m'a fait choisir hier soir The Nun's Story (Au risque de se perdre) dont le roman de base avait connu un vif succès dans les années 50. Il faut bien sûr accepter le sentimentalisme de cette vision "extérieure et intérieure", comme le précise la règle, d'une jeune bourgeoise résolue à servir Dieu. On est fasciné par l'aspect purement documentaire de la vie d'une religieuse à travers les divers paliers, tous rigoureusement implacables, de la  "carrière" jusqu'aux voeux, lequel aspect se trouve allégé par une mise en scène esthétique délibérée qui joue sur le noir et blanc et devient presque chorégraphique dans ses lenteurs et ses évolutions collectives. On suit avec intérêt la lutte que chaque instant impose à l'orgueil, à l'indocilité, à l'indéracinable manque d'humilité, et surtout à cette lucidité qui bat sa coulpe pour devenir meilleure. Or précisément le but recherché est d'acquérir la perfection en Dieu en suivant strictement la règle, et si la variété et l'accumulation des épreuves de la nonne sur ce chapitre sont en vérité attachantes, on peut trouver paradoxal que la perfection, même si elle doit être le vide intérieur absolu, soit l"objet essentiel de la recherche personnelle. La beauté de l'actrice se confirme au fur et à mesure de son évolution, et on comprend parfaitement l'exigence de son combat incessant avec elle-même. L'abandon de la règle auquel  elle se décide en quittant le voile pour pouvoir choisir d'entrer dans la Résistance au lieu de pardonner à tous, inattendu dans sa rigidité, se laisse totalement comprendre.  Cette sortie de la congrégation la dépouille de son caractère fascinant, mais lui permet enfin d'acquérir; dans la foi, une liberté d'action plus profitable aux autres.

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 10:15

 

ARRET SUR IMAGE

 

 

          Les annonces certifiées dignes de fois nous pleuvent sur la tête ,  souvent se contredisant. Nous sommes devenus la risée  de la planète avec notre lamentable campagne de vaccination. On rameute des volontaires à grands coups de harangues expliquant la double utilité de la chose : non seulement elle garantit le salut de chaque individu, mais encore elle fait acte de solidarité puisqu'elle protège le voisin. Pendant quelques jours on discute de l'existence ou de la validité des vaccins brutalement mis sur le marché, des chers des moins chers, des faciles à transporter d'autres bien plus délicats, les uns issus du bloc de l'occident les autres émanant des rouges (personne ne prononce le mot, mais il est clair  que les deux blocs se reconstituent et qu'on a déjà pénétré dans les faubourgs de la guerre froide) et déjà chacun choisit et vante son vaccin à venir,  car il y a pénurie, à quelque source que l'on ait nationalement décidé de s'abreuver. Cette pénurie alimente délicatement les commentaires de la semaine, agrémentés de quelque blague finaude issue d'en haut, comme par exemple la vision de l'épaule du ministre se faisant vacciner (il y a au moins une ration pour lui, sans doute même les deux nécessaires) sans l'aiguille indispensable, de quoi faire croire qu'on nous fait croire qu'on feint de le vacciner - et puis l'aiguille réapparaît sur l'image, donc le ministre a dûment été vacciné donc halte aux commérages déjà tout prêts. Ce qu'on peut s'amuser dans les hautes sphères du pouvoir! C'est dommage qu'ils ne fassent pas descendre leurs bonnes blagues à notre niveau, ça nous changerait les idées.

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 12:34

 

 

l'AGONIE D'N ROMAN

 

          Les conseils essentiels répétés aux enfants de bonne éducation autrefois consistaient à ne pas se faire remarquer: silence, mutisme, calme - de quoi se faire oublier pendant le temps d'épreuve. Je ne sais pas ce que de nos jours on a retenu de ce code, mais je sais que pour ce qui concerne un livre le mieux serait pour lui qu'on en parlât.  Et en  bien, naturellement, mais au moins beaucoup, histoire que se trouvent confrontés les avis et opinions des uns et des autres.. Ma Laure à l 'Oeuvre souffre de cette espère de mise à l'écart; on en parle entre amis, entre initiés, entre fans, sans chercher à gagner d'autres adeptes et cela me navre. La littérature n'est plus guère à l'honneur en ces temps sanitaires et d'économie, et la diffusion de la mienne en outre ne facilite rien : je n'ai plus un seul des repères solides et points d'ancrage fidèles  sur lesquels je pouvais compter il y a vingt ou trente ans (mais qu'est-ce que cette fantaisie aussi de continuer à publier quand on frise les cent ans?). Tout est changé, publics, libraires, habitués...Mon nom qui  disait quelque chose au temps des deux sagas  est à peu près lettre morte, même depuis L"Histoire de Colombe."."David, la nuit tombe"- la pièce n'est pas de moi, mais je voudrais m'emparer de ce beau titre pour évoquer le crépuscule des livres, celui qui leur est réservé ou qui émane d'eux pour atténuer leur rayonnement jusqu'à l'extinction des reflets.

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 13:55

 

 

ON REDEMARRE

 

          Mon cher Marivaux faisait dire à l'un de ses paysans, lequel trouvait que les bonnes paroles devaient se concrétiser en espèces sonnantes et trébuchantes,  que " ce n'est rien d'un pourpoint s'il y manque les manches". De la même manière je pourrais bien dire que 4.800 ce n'est rien si on ne démarre pas à 4.801 avec la ferme intention d'ajouter un chiffre par jour (soit six par semaine, le jour de rabiot servant à combler les éventuels manques). Nous en sommes donc aujourd'hui à ajouter un petit 1, ce n'est pas grand-chose certes mais il faut bien commencer dans l'ordre traditionnel, et ce n'est sûrement pas moi qui me mêlerais de suggérer des innovations en ce domaine. Ainsi le collier est repris sur le tempo ordinaire de la démarche, et pourtant je viens de m'entretenir avec un ami cher, poète et photographe, pendant près de deux heures sur les problèmes de l'écriture et de ses rythmes, et les échos de nos propos me tintent encore aux oreilles. Un masque chacun - lui, de crainte de me contaminer puisque je suis une "fragilisée", moi, par courtoisie et par guerre déclarée aux postillons. J'aimerais pouvoir vous transcrire un aperçu de notre entretien, mais comment partager avec vous le son de sa voix murmurant son dernier poème ? Tant pis pour vous, mes belins-belines, je vais tout garder pour moi.

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 20:50

 

 

Numéro 4.800

 

          DONC.... Nous voici au Numéro 4.800 : la hauteur du Mont Blanc ou à peu près (ce qui me reste après le certificat d'études primaires élémentaires, et sans garantie). C'est déjà haut depuis le niveau de la mer, mais il y a bien plus haut, ne serait-ce par exemple que l'Everest (je sais, ça va chercher dans les cîmes, le héros vient se montrer au sherpa photographe-bête de somme qui a tout fait au nom de l'autre, oui ça fait haut). Deux cents de plus pour atteindre les 5.000, on pourrait peut-être s'arrêter là si on y arrive? A mettre aux voix!

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 17:54

 

 

LA NOUVELLE CENTAINE

 

 

          Dès qu'on approche d'une nouvelle centaine, voilà que je prends les tremblements, comme disait autrefois une bonne qui avait un neveu "dans les Groums marocains" et qui "raccommodait" le tilleul pour dormir. C'est qu'il ne s'agit pas seulement d'envisager les deux ou trois zéros qui vont s'installer à droite. Il faut aussi envisager la place qu'elle devra occuper dans l'espace-temps, et si je vais pouvoir galoper vaillamment derrière.    Car une centaine c'est une centaine de jours à répartir sur 16 semaines de 6 jours,  et 16 semaines, mes belins-belines, ça n'est pas dans la poche, non, ça n'est pas garanti d'avance. Au fur et à mesure qu'on avance dans la progression arithmétique de mes feuillets envoyés aux quatre vents, tout devient aléatoire, encore davantage que pour n'importe qui vu la fragilisation de la catégorie dans laquelle les statistiques me rangent, sans m'avoir demandé mon avis. Bien sûr il y a le bulletin de naissance qu'on n'a pas encore trouvé le moyen de modifier, et à lui tout seul il est éloquent. Et il y a les annexes dont l'organisation nationale de la santé tient fébrilement le compte : pathologie grave (non, merci Aspro), obésité (appelons cela du surpoides, voulez-vous?), grand âge (à partir de 65 ans, disent-ils... alors moi!), diabète (nous vivons tous deux en bons termes, il fait ce qu'il veut de son côté, et moi  ce que je peux du mien). Moyennant quoi on me classe dans les catégories programmées pour débarrasser le plancher les premières (d'accord, Hector, mais il faut aussi faire entrer le caractère buté en ligne de compte). Tout cela n'étant que paroles verbales, on va foncer, on verra bien.

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 15:59

 

BÂTARDISE ET MELANGES

 

 

          A penser aujourd'hui à ma diatribe d'hier sur la comédie musicale, je me réjouis de trouver encore en moi tant de force pour attaquer un pauvre genre dramatique qui n'en peut mais (j'ai bien dû en leur temps attaquer Les Parapluies de Cherbourg ou Les Demoiselles de Rochefort  mais j'étais plus jeune alors, avant que "l'âge en mes nerfs ait fait couler sa glace", comme dirait Don Diègue). La vérité est que je ne tolère ni les mélanges ni les genres bâtards. Pas plus l'opéra , toujours sur un thème littéraire malmené (oh ces livrets d'opéras!)  qui malmène la musique en l'étirant ou la répétant selon les besoins du drame (Oh ces morts chantées interminables!) que le mélodrame tire-larmes à la Siodmak, qui se croit d'abord sur la voie de la tragédie pour finalement rasséréner toutes les sensibleries au prix d'arrangements médiocres, ou que le polar humoristique (en livre ou en film) au lieu d'être une noire et difficile enquête.  Et il y a des gens qui n'ont jamais pu se faire au sucré-salé,  ou à l'aigre-doux, au rayon gastronomique... Comment expliquer pour ma part que j'aime tant les teintes indécises, toutes les nuances du turquoise, du rose virant au bleu, du violet s'éteignant dans le mauve, du vert coeur de scarole aux enchantements des verts des premières pousses d'arbres en lisière des forêts? Question restée posée, à laquelle même moi je ne chercherai pas de réponse parce que ça n'en vaut vraiment pas la peine.

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