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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 19:50

CORRESPONDANCE ANGOISSEE

 

                   

          Vous ne connaissez sans doute pas, vous mes agneaux (parce que sans doute tout est chez vous rangé à la perfection, tous les papiers bien en ordre, les adresses les numéros de téléphone les fiches des réparateurs e tutti quanti)  - non, vous ne connaissez pas l'angoisse qui m'est si familière que, bou diou, je devrais bien  m'y être habituée (mais oh ouatte! comme on dit en Saône-et-Loire). J'en souffre en ce moment même, à vous tirer des larmes. Et ce n'est pourtant pas ma faute : j'ai moi aussi mes petites boîtes, mes carnets, mes répertoires, j'ai même les adresses sur mon ordi ... Eh bien que voulez-vous, ça foire une fois sur trois ou quatre, et c'est beaucoup trop. J'avais préparé cette adresse précieuse (l'étranger, même proche, c'est toujours plus digne d'attention) que je chouchoutais particulièrement. Bien entendu ce n'était pas seulement le papier et les lettres que je voyais, je la contemplais comme si elle m'ouvrait une boîte à souvenirs alors que l'autre personne et moi ne nous sommes jamais rencontrées, ce qui n'empêche pas les souvenirs communs. Et je savais  qu'elle allait m'écrire, et je me préparais déjà à lui répondre, et au lieu de démarrer ma décision d'activité épistolaire par la confection de l'enveloppe - ce qui signifiait que j'étais déjà prise dans l'engrenage et que la réponse atteindrait vite l'autre personne - j'ai simplement mis la précieuse petite fiche sur mon bureau.  Là était l'erreur majuscule.  C'est un peu comme si je tentais de sonder la Mer des Sargasses -  Tout disparaît en eau profonde. Je reste donc aux abois depuis près de deux semaines, le temps toléré pour les réponses est écoulé, que va-t-elle penser de moi? Si par miracle cet appel lui tombait sous les yeux... URGENT  (Grand-mère  Adrienne)  Monique C. . Merci d'envoyer par e-mail votre adresse postale égarée par les chats et merci du même coup de faire se terminer honte et désespoir.  Aucun coeur de pierre ne saurait résister (ou bien? comme disent les Suisses)..

 

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 16:44

LES MARRONS DU FEU

 

 

          Dans le grand concert de l'Europe, où il nous faut bien assurer notre place dans le déchiffrage des partitions, dans la rareté des tessitures, dans le volume des voix, dans la capacité à se fondre plutôt qu'à se spécialiser dans les soli, nous sommes soumis au jugement des autres et nous ne faisons guère fière mine, dans quelque registre que ce soit. Notre incapacité nationale à dominer les difficultés de la logistique dès qu'il est question de fournitures, livraisons, répartitions, prévisions d'ensemble et tout le reste (sauf peut-être pour la proportion de promenades de chiens du soir où nous avons l'avantage) est honteusement flagrante, qu'il s'agisse de masques, de soignants ou de places d'hôpital. Avec les problèmes du vaccin c'est le pompon : pour faire coïncider vaccins, soignants et candidats, il faut la croix et la bannière et encore ça foire. On avait Sanofi ; pas de vaccin, on déclare forfait, on va se contenter de fabriquer le vaccin des autres et encore : il faut le temps de construire les usines ou les extensions des laboratoires. Mais un miracle se révèle, le vaccin découvert par un petit laboratoire français '(la recherche de la France d'en bas, dirait M. Raffarin qui s'y connaît : est-ce pour cela que le Conseil de la Couronne, dûment contacté par ses chercheurs nationaux, n'a fait que faire la moue, hocher la tête, se détourner sans répondre à une légitime demande de financement pour faire face à la mise en place définitive? Heureusement (mais pour qui?) Albion veillait.  En trois mois l'usine est construite, le vaccin produit et bientôt distribué. Mais pas chez nous, mes belins-belines ! c'est dans le pays du Brexit que la panacée va couler, Nous n'aurons peut-être même pas le droit de fabriquer les emballages.

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 14:46

 

 

 

 

UNE ABSENCE BENIE

 

          Un personnage dont la présence occupait nos petits écrans "jusqu'à plus soif", disait ma concierge, a effectué depuis de nombreuses semaines une disparition qui a introduit un répit délicieux et tonique. J'ai nommé Divine Bachelot, dont à cause de l'âge on n'a plus vu les rondeurs et les larges épaules incitant aux vaccinations de notre temps, alors qu'il y a des lustres c'était corps et âme qu'elle luttait  à la télévision contre les virus. Mais il n'y a pas que cette pudeur esthétique comme explication : depuis qu'elle avait pris une telle envergure dans le secteur médical, elle avait fini par croire qu'on pensait à elle pour un portefeuille sanitaire, et elle avait alors de quoi se faire du souci vu la réalité de ses capacités. Aussi préférait-elle la culture, parce qu'elle chantait souvent pour ses amis des airs d'opéra, quelquefois même avec les paroles en italien. Elle a donc disparu, elle s'entraîne à consolider son répertoire au cas où on lui demanderait des justifications pour sa fonction. Les choses étant ce qu'elles sont, elle n'est plus conseillère, voyante, pythie à l'antique ou Madame Soeil à la moderne comme elle le fut pesamment, Elle concocte sans doute la création d'une commission en n'importe quel secteur pour arrondir les fins de mois, car le manque à gagner entre la paye d'un ministre et l'accumulation des pourboires dont sont gratifiés les commentateurs de télé, avec leurs sièges attitrés et leur récurrence  multiple n'échappe à personne. C'est pour cette raison qu'elle avait hésité avant d'accepter la culture, finalement denrée inoffensive pour laquelle on ne lui demanderait jamais de comptes. Le temps de faire passer son hésitation pour une modestie effarouchée ("Moi? Vous croyez?Non sum digna...."). Mais l'essentiel est bien qu'elle soit passée en coulisses.... et qu'elle y reste.

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 11:11

 

UN TON AUTORITAIRE

 

 

          De temps à autre, de crainte d'être accusés d'immobilisme ou d'incompétence, les quelques rares haut-parleurs auxquels Sa Majesté donne la parole pour occuper son propre temps de méditation et de retraite, décident d'élever la voix et de se faire intraitables. "Le Tant, à Telle heure,  nous commencerons la campagne de vaccination. A Telle heure, l'opération modèle se fera à Telle adresse, avec présence des caméras nationales. Le lendemain, à Telle heure, nous ouvrirons 300 salles de vaccination (à ce qu'on m'a dit, s'il y avait du vaccin, il n'y avait pas de personnel vaccinant ;  s'il y avait du personnel, il n'y avait pas de volontaires; s'il y avait des volontaires il n'y avait pas de vaccin : d'où conclure que la cohésion des services manquait de rigueur). Le Tant, à Telle heure, nous aurons ainsi vacciné 300 patients, ce qui donnera deux cents mille vaccinations dans la semaine, donc près d'un million en quinze jours. A ce tarif-là, on peut sans hésitation compter sur les trois quarts de la population hors d'affaire à la rentrée de septembre. Le virus étant alors pratiquement vaincu, nous pourrons nous pencher sur les meilleurs plans de relance de la production industrielle qui nous ramèneront bien vite à la tête de l'économie européen-  ne". Si seulement pareils discours pouvaient nous redonner du tonus et de la confiance! Mais tant qu'on ne pourra pas librement s'attabler au crépuscule à une terrasse de bistrot avec des copains pour célébrer la Saint-Gaston ou la Saint-Gustave,  on peut parier  que la confiance aura du mal à être autre chose qu'une denrée rare...

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25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 18:20

 

LE COURAGE

 

 

          J'ai aimé (après tout, j'ai bien le droit d'utiliser dans mon petit privatim ce qui se pépie sur Facebook sans relâche : j'aime, j'aime, j'aime  ... dans ces débordements d'amitié et d'amour qui épouvantent plutôt qu'ils ne séduisent - du moins est-ce là mon sentiment personnel) - oui, j'ai aimé la décision, aussi ferme que méditée et aussi solide qu'argumentée, du maire de Saint-Brieuc ouvertement refusant de se plier à la nouvelle loi du couvre-feu à 18h.  En vérité, c'est assez froidement, oui, d'assez loin que je donne mon accord à ces raisonnements basés sur la consultation du peuple, l'impossibilité de concilier souci des enfants et sortie de travail plus   entretien de la maison  (mon égoïsme de vieille dame heureuse du confinement, choyée protégée aidée de toute manière, me pousserait plutôt à me désintéresser de ces luttes de familles nombreuses au quotidien). Mais imaginez ce maire, tout seul (car qu'est-ce bien que l'appui de la majorité de ses administrés qui se sont ligués avec lui et, sans pouvoir légitime sauf de fantaisie, le désavoueront s'il y a du grabuge), tenant tête à Dieu le Père, non en blasphémant et en insultant mais en se tenant bien droit, les mains pleines de sa revendication unique, l'air modeste des bourgeois de Calais - oui, modeste et résigné au pire mais digne et assez content d'être tout seul. Dans le magma où il nous est donné de piétiner, sous la menace permanente d'être détruit ou mal protégé par des mesures aberrantes qui feraient bien rire dans un autre contexte, il est beau que quelqu'un ose se dresser , même s'il n'est pas forcément de la taille des héros.

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25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 16:05

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CALCULS POINTUS

 

 

                    Je compte sur mes doigts assez couramment si nécessaire, et c'est fréquent lorsque je cherche à établir mon rendement hebdomadaire. Je ne sais pourquoi il se trouve des manques, des dates non honorées qui arrivent à donner une allure de comté ou d'emmenthal tout plein de trous à ma production informatique. L'étourderie par rapport à la date joue sans doute, parfois aussi l'impression qu'il me reste encore des grands pans de journée à utiliser alors qu'il serait bon d'allumer les lampes. Toujours est-il qu'en fin de raisonnement je suis arrivée à un calcul impressionnant de justesse et de simplicité : six blogs par semaine , c'est mieux si chacun est fait et envoyé de sa place, mais l'essentiel n'est-il pas que le nombre soit sauf? Personne, je crois, ne pourrait me chicaner sur cette déduction subtile : si donc je fournis le texte attendu en nombre, je reste non coupable, puisque je joue finement de l'empiètement sur le jour "sans" du dimanche et que la nouvelle semaine peut démarrer sans écorchure (à condition d'adopter pour elle les rythmes traditionnels et de ne pas copier sa démarche sur celle des tranches de fromage à trous). De ce raisonnement m'est née une grande sérénité. Au lieu de me morigéner et de me désoler d'avoir "loupé le coup" une fois ou deux, je décide placidement que le dimanche me fournira du temps de remplacement.. Pour la justesse aussi du compte général il était temps de mettre au net le nombre total des gazouillis dont j'avais, depuis tant d'années, charmé vos oreilles. Je ne surveille pas d'un oeil quotidien, naturellement, mais j'y pense. Et ça monde, ça monte! Comme on le dit avec sagesse : un de plus, oui, mais un de moins. Je suis bien placée pour avoir cette sagessse -là sans cesse présente à l'esprit.

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 20:57

 

Dans un pays lointain...

 

 

          Dans un pays lointain où les autochtones s'ingéniaient à marcher sur la tête et s'énorgueillissaient des résultats, il survint un jour une horrible épidémie (comme s'il n'y avait pas encore assez d'empêchements de danser en rond) et le mal rendait si laid qu'il fallait porter un masque. Et tout le monde allait masqué quelques heures par joue, on ne se saluait plus, on évitait de se frôler, de se parler, de boire un coup ensemble entre amis, bref le seul remède était pour le roi d'acheter du vaccin et de faire vacciner tout le monde. On l'avait annoncé à son de trompe et les foules se pressaient devant les hôpitaux (ceux du moins dont les toits ne s'étaient pas effondrés sur les malades et les soignants) et on faisait la queue dans le froid et la neige et cela ne faisait qu'envenimer les statistiques. Mais depuis que l'appel à volontaires avait été lancé le vaccin annoncé n'arrivait plus :  les calculs de tête une fois de plus avaient été faux, alors que faire de ces files d'attente? La solution vint d'un petit malin : puisque les déjà vaccinés ont besoin d'une deuxième dose, privez-les en pour distribuer à des nouveaux, qui à leur tour attendront en vain la deuxième ressucée. Que l'efficacité de la vaccination faite à moitié ici et à moitié là soit mise en péril, c'est un autre problème : dans l'immédiat la population dans son ensemble jouit désormais de l'égalité qu'elle réclame depuis si longtemps. Chaque individu à demi vacciné verra bien si la demi-dose était suffisante et si le roi avait eu raison de faire des économies.

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24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 20:19

 

CREPES SANS LA CHANDELEUR

         

 

          Le Docteur Enavantoute, que je consulte de temps à autre en regardant dans ma glace de salle de bain,   m'a  dit récemment : " Ne freinez pas vos envies! Laissez-vous guider par elles, au contraire! Dites-moi  voir un peu qui à votre âge peut avoir assez d'autorité sur vous pour vous intimider  au point de vous faire renoncer à quelque chose qui vous tenterait sérieusement? Vous avez vos limites, elles sont assez éloquentes ; vous ne pouvez plus courir derrière votre chien, vous ne pouvez plus danser ni sauter en hauteur, même la course de fond vous est interdite, cela fait toute une liste de chose qui, si vous les sollicitez, vous barrent la route de manière inexorable. Alors faites de la pâtisserie : tant que vous pourrez tenir sur vos deux guibolles ça sera bien. Et ça ne fera de mal à personne". Moi ce que le Docteur Enavantoute me dit de faire, je le suis aveuglément, sans les objections que j'oppose toujours aux autres Hippocrates....La pâtisserie me convient parfaitement : des gaufres, d'accord! (mais j'ai donné le gaufrier qui ne servait plus guère). Alors des bricelets ? - encore meilleurs que les gaufres (mais j'ai perdu la recette la meilleure, celle avec le beurre, et sans le beurre ça n'est plus rien). Qu'est-ce qui reste donc dans le genre pâtisserie pour festoyer en famille quand on est tout seul ?  Eh bien mais,  et les crêpes?  Merci, Docteur : une bonne tournée de crêpes, il n'y a que ça de vrai dans la solitude!

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 17:13

 

 

SOINS OCULAIRES

 

          Des gouttes dans les yeux, mais voilà l'idée de génie! Pourquoi ces instillations bénéfiques si vivement recommandées par les ophtalmo qu'ils vous les prescrivent jusqu'à trois fois par jour (ce que vous ne suivez naturellement pas, mais n'est-ce pas là à la fois la cause de toutes vos faiblesses et la suggestion d'un mieux?) ne seraient-elles pas la panacée salutaire? Trois fois par jour dans les deux yeux : c'est là le dosage d'une espèce. Trois fois par jour une autre espèce dans le seul oeil bon (ce qui peut paraître déroutant : puisque l'oeil est bon, pourquoi le chouchouter au risque de faire pleurer le copain ainsi méprisé?). Moyennant quoi, ces mesures même bancales devraient assurer une vue parfaite, incitative et non déprimante, prête à aller fouiner un peu partout au lieu de n'avoir qu'envie de fermer les paupières pour ne plus rien voir. Je me détermine  à commencer ce traitement en six temps (jusqu'ici je me limite à une ou deux opérations par jour, dimanche et fêtes non compris ce qui coupe encore ma moyenne). Il faut réagir, tout de même. C'est dit : je vais multiplier les doses, je vous dirai incessamment si c'était la voie à suivre.

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 15:53

 

CORRESPONDANCE DU NOUVEL AN

 

 

          La perspective d'un week-end (pardon, les Québecois!) me gonfle toujours de ces projets d'activités auxquels je souscris peu dans la semaine et avec la grimace - étant bien entendu que jusqu'au milieu de notre moderne décadi je me crois maîtresse du temps et capable de repousser les tâches indispensables du rayon courrier et messages jusqu'à la limite autrefois dévolue au Seigneur, période bénie où tout sera réalisé sans problème et adagio. C'est là une grossière erreur d'appréciation : on se bat contre la montre les premiers jours mais l'idée que les rythmes vont s'apaiser et se détendre vient de je ne sais quel esprit tordu à l'imagination délirante. Tout ça pour vous dire que j'aborde le week-end, mes belins-belines, en pensant m'adresser à vous autant de fois qu'il le faudrait pour remplacer mes manquements et  silences - et puis que le tonus nécessaire à la réalisation de si beaux projets a brusquement disparu. Je dois vous dire que j'ai consacré ma journée à écluser le courrier de l'année nouvelle, l'épée aux reins à cause de ces limites de la civilité puérile et honnête qu'un juge indolent (un mois sur douze, c'est déjà une surprenante tolérance) a fixées jadis quand la bonne société se préoccupait de règles et de belles manières. Retrouver les adresses et rédiger les enveloppes est également une tâche épuisante, outre le doigté avec lequel il s'agit de varier les formules selon ce que Goethe appellerait les "affinités électives". Bref, si vous pratiquez (ou avez pratique) ce sport littéraire qui entame l'année, vous comprenez parfaitement en quel état j'aborde cette fin de semaine en repliant autour de moi les lambeaux de ma personnalité et vous me pardonnerez mes carences. Et si vous ne pratiquez pas le courrier ainsi décrit... Alors ce n'est pas la peine que je vous explique en quel état sont mes neurones : vous me condamnerez pour insuffisances diverses et nous en resterons là.

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