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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 13:55

 

 

ON REDEMARRE

 

          Mon cher Marivaux faisait dire à l'un de ses paysans, lequel trouvait que les bonnes paroles devaient se concrétiser en espèces sonnantes et trébuchantes,  que " ce n'est rien d'un pourpoint s'il y manque les manches". De la même manière je pourrais bien dire que 4.800 ce n'est rien si on ne démarre pas à 4.801 avec la ferme intention d'ajouter un chiffre par jour (soit six par semaine, le jour de rabiot servant à combler les éventuels manques). Nous en sommes donc aujourd'hui à ajouter un petit 1, ce n'est pas grand-chose certes mais il faut bien commencer dans l'ordre traditionnel, et ce n'est sûrement pas moi qui me mêlerais de suggérer des innovations en ce domaine. Ainsi le collier est repris sur le tempo ordinaire de la démarche, et pourtant je viens de m'entretenir avec un ami cher, poète et photographe, pendant près de deux heures sur les problèmes de l'écriture et de ses rythmes, et les échos de nos propos me tintent encore aux oreilles. Un masque chacun - lui, de crainte de me contaminer puisque je suis une "fragilisée", moi, par courtoisie et par guerre déclarée aux postillons. J'aimerais pouvoir vous transcrire un aperçu de notre entretien, mais comment partager avec vous le son de sa voix murmurant son dernier poème ? Tant pis pour vous, mes belins-belines, je vais tout garder pour moi.

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 20:50

 

 

Numéro 4.800

 

          DONC.... Nous voici au Numéro 4.800 : la hauteur du Mont Blanc ou à peu près (ce qui me reste après le certificat d'études primaires élémentaires, et sans garantie). C'est déjà haut depuis le niveau de la mer, mais il y a bien plus haut, ne serait-ce par exemple que l'Everest (je sais, ça va chercher dans les cîmes, le héros vient se montrer au sherpa photographe-bête de somme qui a tout fait au nom de l'autre, oui ça fait haut). Deux cents de plus pour atteindre les 5.000, on pourrait peut-être s'arrêter là si on y arrive? A mettre aux voix!

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 17:54

 

 

LA NOUVELLE CENTAINE

 

 

          Dès qu'on approche d'une nouvelle centaine, voilà que je prends les tremblements, comme disait autrefois une bonne qui avait un neveu "dans les Groums marocains" et qui "raccommodait" le tilleul pour dormir. C'est qu'il ne s'agit pas seulement d'envisager les deux ou trois zéros qui vont s'installer à droite. Il faut aussi envisager la place qu'elle devra occuper dans l'espace-temps, et si je vais pouvoir galoper vaillamment derrière.    Car une centaine c'est une centaine de jours à répartir sur 16 semaines de 6 jours,  et 16 semaines, mes belins-belines, ça n'est pas dans la poche, non, ça n'est pas garanti d'avance. Au fur et à mesure qu'on avance dans la progression arithmétique de mes feuillets envoyés aux quatre vents, tout devient aléatoire, encore davantage que pour n'importe qui vu la fragilisation de la catégorie dans laquelle les statistiques me rangent, sans m'avoir demandé mon avis. Bien sûr il y a le bulletin de naissance qu'on n'a pas encore trouvé le moyen de modifier, et à lui tout seul il est éloquent. Et il y a les annexes dont l'organisation nationale de la santé tient fébrilement le compte : pathologie grave (non, merci Aspro), obésité (appelons cela du surpoides, voulez-vous?), grand âge (à partir de 65 ans, disent-ils... alors moi!), diabète (nous vivons tous deux en bons termes, il fait ce qu'il veut de son côté, et moi  ce que je peux du mien). Moyennant quoi on me classe dans les catégories programmées pour débarrasser le plancher les premières (d'accord, Hector, mais il faut aussi faire entrer le caractère buté en ligne de compte). Tout cela n'étant que paroles verbales, on va foncer, on verra bien.

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 15:59

 

BÂTARDISE ET MELANGES

 

 

          A penser aujourd'hui à ma diatribe d'hier sur la comédie musicale, je me réjouis de trouver encore en moi tant de force pour attaquer un pauvre genre dramatique qui n'en peut mais (j'ai bien dû en leur temps attaquer Les Parapluies de Cherbourg ou Les Demoiselles de Rochefort  mais j'étais plus jeune alors, avant que "l'âge en mes nerfs ait fait couler sa glace", comme dirait Don Diègue). La vérité est que je ne tolère ni les mélanges ni les genres bâtards. Pas plus l'opéra , toujours sur un thème littéraire malmené (oh ces livrets d'opéras!)  qui malmène la musique en l'étirant ou la répétant selon les besoins du drame (Oh ces morts chantées interminables!) que le mélodrame tire-larmes à la Siodmak, qui se croit d'abord sur la voie de la tragédie pour finalement rasséréner toutes les sensibleries au prix d'arrangements médiocres, ou que le polar humoristique (en livre ou en film) au lieu d'être une noire et difficile enquête.  Et il y a des gens qui n'ont jamais pu se faire au sucré-salé,  ou à l'aigre-doux, au rayon gastronomique... Comment expliquer pour ma part que j'aime tant les teintes indécises, toutes les nuances du turquoise, du rose virant au bleu, du violet s'éteignant dans le mauve, du vert coeur de scarole aux enchantements des verts des premières pousses d'arbres en lisière des forêts? Question restée posée, à laquelle même moi je ne chercherai pas de réponse parce que ça n'en vaut vraiment pas la peine.

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 11:05

 

 

ATTENTION ! COMEDIE MUSICALE

 

          De Stanley Donen j'avais vu dans le temps un ou deux films charmants, assez pour m'en avoir laissé un souvenir agréable et l'incitation à le regarder de nouveau à l'occasion. L'occasion se présentait hier, après tant d'années, et cependant c'est avec quelque réticence que je passai par dessus son titre : Six garçons pour six filles (mais passé minuit on prend ce qu'on trouve) La comédie musicale américaine (et même française) représentant pour moi le summum de l'horreur et de la niaiserie (sauf bien entendu Singing in the Rain, qui reste le pur chef d'oeuvre) je ne pouvais trouver pire. Je n'avais pas vu que j'allais tomber dans le magasin des thèmes et accessoires du genre, et démarrai sur une impression de western de carton pâte qui méritait peut-être attention. Or j'eus très vite les jambes coupées, ce qui m'empêcha de me lever pour chercher ma télécommande malencontreusement hors de portée. L'indigence dans toute sa splendeur : intrigue stupide, personnages ridicules,  multiplication par six de chaque geste ou initiative, idiotie des comportements... Et tout ça en chansons, duos, choeurs ou soli, tout le matériel y passe : on n'ouvre pas une porte, on ne fait pas du café sans chanter  C'est consternant,  et la chose est si sûre d'elle, si fière d'être si sotte , qu'on en a les bras qui vous en tombent : ils ont tous l'air si content de tout faire en chansons...

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 20:25

 

 

MISE AU GARAGE

 

 

          De nombreux acteurs américains chargés d'ans, tout au moins ceux qui n'ont pu prétendre à une véritable gloire (comme les six ou sept increvables du Western auxquels jusqu'à la fin la Warner, la Paramount, la Columbia , la Metro Goldwin ou Universal réserveront de l'emploi) sont devenus les adeptes d'une formule de pré-retraite qui, loin de la gloire, prolonge leur temps d'activité en déguisant son intention de charité. On les nomme conseillers des équipes officielles d'enquêtes et de police des petites séries innombrables et intarissables : ils n'ont rien à faire, car les policiers ou les enquêteurs en équipes actives se chargent des meurtres, enlèvements, viols ou disparitions qui constituent la donnée de base et ils font leur petit boulot tranquillement, sauf que, à intervalles réguliers,  ils viennent consulter le vieil acteur parachuté en lui faisant leur rapport comme à une authentique sommité. Lui se limite à quelques suggestions, du genre "Il faut perquisitionner chez la mère du suspect" ou "Avez-vous interrogé le voisinage?" (Je charge un peu, c'est un peu moins gros que ça, mais ça vous donne une idée de l'inutilité de l'emploi). Moyennant quoi on peut annoncer au générique en première place que Robert Vaughan (le maire de Bullit ) ou Donald Sutherland (Klute)  "joue là-dedans", ce qui est une vraie contre-vérité...Chez nous on a pris l'habitude de donner un rôle de série à des acteurs vraiment sur le retour : le Commissaire Magellan ou Mongeville par exemple, à qui on confie un rôle de tête d'affiche qu'ils s'appliquent à remplir comme ils le peuvent, ce qui n'ajoute rien à la qualité de l'épisode...

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 15:20

 

 

CONFINEMENT  ET  VACANCES

 

          A cause de mes problèmes d'oreilles, je ne suis jamais certaine d'avoir bien compris ce qu'on vient de me dire ou ce que j'ai glané dans une conversation. C'est ainsi que je me demande s'il est vrai (mais, bou diou, serait-ce possible?) que le confinement qui va être imposé sera de quatre semaines et inclura deux semaines de vacances. A première vue, fifty fifty, pourrait-on croire : la moitié de la population se cloître,  l'autre moitié part  à la conquête des champs de neige. En réalité, ce principe d'égalité sociale auquel notre roi tient tant n'est pas respecté. L'ensemble me rappelle plutôt la répartition du Moyen Âge, avec les moines confinés dans leur couvent à prier pour les péchés des autres et les nobles occupés à banqueter ou à danser la pavane. La peine et le sérieux pour les uns, les autres autorisés à s'esbaudir  et jouir de la vie en sachant que les autres restaient enfermés à prier pour eux. A notre époque de confusion, c'est bien ainsi que se scindent les deux portions de la population (j'en ai exclu bien entendu le tiers qui souffre en et hors les hospitaux). A l'épanouissement des uns réplique le regrignement maussade des autres, d'autant qu'ils savent, ceux-là, que l'épanouissement des autres va leur amener toutes sortes de désagréments à prévoir. Mais que faire à ça, puisque les décisions sont toujours prises de là-haut?

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 14:08

 

CLEMENTINE AU QUOTIDIEN

 

 

          Clémentine est vraiment apprivoisée, même qu'elle s'est apprivoisée toute seule. Il suffit que j'allume ma lampe à lire (un hideux bras articulé dans lequel tout le monde se cogne la tête si j'oublie de le remettre en place à ses mesures réduites : il me le faut pour avoir "de la lumière blanche", l'autorité hippocratique des yeux en a ainsi décidé) - oui, dès qu'elle s'allume, voilà Clémentine qui rapplique. Elle apparaît tout d'un coup, toujours verte et le torse bombé, elle vient sans doute me saluer car la cérémonie se répète d'un jour à l'autre. Elle parcourt les papiers étalés sur la table, suit la tranche d'un livre, grimpe sur l'arête d'une boîte, avant de venir dans mes parages proches. J'avoue que j'évite les embrassades; aussi, dès qu'elle attaque la page ouverte sur mon lutrin (elle s'est hissée sur le bord sans trop de grâce mais avec obstination) ai-je pris l'habitude de lui tendre une feuille de papier un peu rigide sur laquelle elle s'accroche adroitement. Ce n'est pas le moment de la secouer : elle se cramponne de toutes ses pattes au papier, chaque patte est terminée par une petite griffe fort efficace. Je transporte le papier jusqu'au secteur botanique de mon salon,  hibiscus azalées clivias orchidées camélia - ne me dites pas qu'elle n'a pas le choix, là où je la dépose (et elle voudrait rester avec moi, je suis obligée de presser un peu les adieux). Je pense qu'elle doit trouver à se nourrir, que mange-t-elle donc? Je ne connais de son menu que les petits grains de mes framboises qu'elle suçote en vitesse avant ma cueillette... Mon secteur botanique ne comporte pas de framboisiers ni de framboises, mais tout de même Clémentine  peut trouver à sa suffisance. Les Sociétés de Protection Animale peuvent s'abstenir de me contrôler pour voir comment je me comporte avec les punaises des bois.

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 12:11

 

COMMERAGES

 

 

          Souvent les voisins doivent se dire : "Elle se lève tard, la voisine!" en voyant que mes volets ne sont pas encore remontés. Les plus aimables diront : "Et pourquoi pas?  Elle n'a que ça à faire!"' - ignorant bien sûr le plus clair de mes activités qui sont toujours casanières et invisibles de l'extérieur. Peu m'importe d'ailleurs ce qui se dit ou peut se dire, sur mes allées et venues comme sur mes comportements lorsqu'ils s'extériorisent. Ce que je me dis chaque jour ou presque en remontant mes volets pour voir le temps qu'il fait, c'est qu'un beau jour je ne les remonterai plus. Les voisins diront : "Elle exagère, tout de même! On ne peut plus appeler ça de la grasse matinée!". Les plus aimables diront : "Elle est peut-être malade? Je vais guetter pour voir si le docteur arrive". Erreur sur tout la ligne! Le médecin, même appelé dans de bons délais, n'y pourra plus rien. Il n'y aura plus qu'à mettre en branle le grand tralala des PFG,  mais attention : l'expression n'est ici qu'une figure de style. Je sais déjà qu'on ne signale plus le domicile du défunt par des tentures mortuaires brodées de larmes d'argent, avec une majuscule imposante en blason, qu'on a remisé les corbillards et leurs chevaux caparaçonnés de deuil, que les cortèges s'organisent en voiture quand il y a des cortèges. La mode a sévi aussi en ce domaine : il va falloir que je me renseigne.,

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 16:09

 

LA SCHIZOPHRENIE SUR LES PLANCHES

 

 

          L'annonce par TTT (autrement dit ***) pour le film branque intitulé Man in the Moon est trompeuse. Elle m'a  déjà eue une fois il y a trois ou quatre ans, où je n'avais été ni subjuguée par ses rythmes trépidants ni par l'acteur au comique déglingué pour qui le film avait été réalisé. Beau physique  déformé par d'inimitables grimaces, allure de grand bête, fanfaron menaçant toujours à terre dès la première gifle, il a créé à lui tout seul un répertoire de gestuelle, de roulements d'yeux et de sourires niais qui lui appartient, à lui seul. L'évocation de cette biographie d'Andy Kaufman ne serait sans doute rien si Milos Forman n'était aux commandes. La reconstitution d'une carrière de schizophrène, dans laquelle le bon et le mal alternent sans changer de peau mais en changeant de vêtements est le clou du récit, car l'individu connaît son cas et en discute avec sa petite amie tout en semant pour le public ou en dehors  de leur couple la confusion entre ce Tom et ce Hank, et le pugilat  virtuel  entre les deux êtres inclus dans la même peau atteint un somment du comique. Je ne me rappelais pas la fin, qui dans sa mort invite le monde à la bonne humeur et à la confiance en les autres ; un peu kitsch, mais justifié puisqu'il s'agissait de son credo et qu'il tenait lui-même à le répéter. Pas *** évidemment, mais une originalité à laquelle il est bon de se frotter au passage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

aginables grimaces

 

LA SCHIZOPHRENIE SUR LES PLANCHES

 

 

          L'annonce par TTT (autrement dit ***) pour le film branque intitulé Man in the Moon est trompeuse. Elle m'a  déjà eue une fois il y a trois ou quatre ans, où je n'avais été ni subjuguée par ses rythmes trépidants ni par l'acteur au comique déglingué pour qui le film avait été réalisé. Beau physique  déformé par d'inimitables grimaces, allure de grand bête, fanfaron menaçant toujours à terre dès la première gifle, il a créé à lui tout seul un répertoire de gestuelle, de roulements d'yeux et de sourires niais qui lui appartient, à lui seul. L'évocation de cette biographie d'Andy Kaufman ne serait sans doute rien si Milos Forman n'était aux commandes. La reconstitution d'une carrière de schizophrène, dans laquelle le bon et le mal alternent sans changer de peau mais en changeant de vêtements est le clou du récit, car l'individu connaît son cas et en discute avec sa petite amie tout en semant pour le public ou en dehors  de leur couple la confusion entre ce Tom et ce Hank, et le pugilat  virtuel  entre les deux êtres inclus dans la même peau atteint un somment du comique. Je ne me rappelais pas la fin, qui dans sa mort invite le monde à la bonne humeur et à la confiance en les autres ; un peu kitsch, mais justifié puisqu'il s'agissait de son credo et qu'il tenait lui-même à le répéter. Pas *** évidemment, mais une originalité à laquelle il est bon de se frotter au passage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

aginables grimaces

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