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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 12:53

COUP D' ENVOI

 

          Coup d'envoi pour Le Petit Théâtre. Autrement dit, pose de la première pierre, sauf que pour moi la cérémonie ne se confie pas aux mains inexpertes  d'un politicien avec truelle et ciment (peut-être même La Marseillaise derrière, ça fait toujours bien prendre le ciment). Non, mais seulement un tête à tête de travail, rassemblement des trois petites pièces que je veux conserver, Sur un Banc du petit Square (Dialogue), Les Murmures de l'Eté (Cantate) et Lueurs au Sous-Sol, monologue dramatique écrit comme une pièce radiophonique, et décisions quant au format, au titre, à la présentation. Tous les aspects techniques de cette transposition de mes textes à la publication sur papier sont évoqués et leur solution trouvée. On a même discuté format, presque déjà couverture! Il reste naturellement que mes autres pièces, plus importantes, sont publiées soit en anglais (le Center for Studies on Lucette Desvignes de l'Université d'Ohio s'en est chargé), soit en bilingue mais... toujours aux Etats-Unis . Donc , difficiles à trouver depuis la Bourgogne! Toutefois elles existent, elles témoignent derrière moi. Si j'avais devant moi le temps et en moi l'énergie, peut-être m'attaquerais-je à l'exploit de les faire connaître en français et en France... On peut toujours rêver.

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 23:11

S'ADAPTER A LA MISE EN VEILLEUSE

 

          Une rencontre sur mon palier : une dame qui me fait une visite, mon assistante ménagère et moi. Toutes les trois avec leur masque. Pas de bisous comme autrefois, pas de serrement de mains, distance respectée : personne n'en fait commentaire, tout cela nous paraît normal, en période de nécessité on s'adapte si on veut survivre. Ni elles ni moi n'avons l'impression qu'on attente à notre liberté parce qu'on nous a imposé ces types de contraintes; il nous paraît même plutôt réconfortant (c'est du moins ce que je ressens et je suis sûre que je ne suis pas seule) de constater que tout le monde pense aux autres et s'accommode fort bien de ces mesures dites "scélérates". Cela dans les zones où on croit à l'efficacité du comportement individuel dans la lutte collective; c'est réconfortant comme était réconfortante la vision depuis son balcon des voisins sur leur balcon applaudissant le soir à 20h2, tous les jours, l'héroïsme de tous les soignants qui n'écoutaient ni les risques de contamination ni leur fatigue pour tant d'heures de dévouement. Oui, réconfortant de se retrouver dans la même bonne volonté et le même sens du devoir civique, ensemble en train de construire ce qui est à notre portée : au moins une mentalité commune de partage des efforts et de souci de l'autre, même s'il faut pour cela réduire ses libertés de caprices ou d'habitudes puisque cela nous donne à tous une petite chance de l'emporter sur la maladie.

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 19:03

 LA MONTAGNE DES SPENCER

 

          Par erreur j'atterris sur La Montagne des Spencer - chè cosa è? Jamais entendu parler. Du Delmer Daves, pourtant - j'aime (La Flèche brisée, Les Passagers de la Nuit, superbe duo Bogart- Bacall...). Donc on reste sur Classic. Avec Henry Fonda, bûcheron toujours amoureux de sa femme alors qu'ils ont neuf enfants, qu'ils vivent dans une pauvreté joyeuse et que le problème se pose d'envoyer leur aîné à l'université. Depuis des années le rêve de l'homme est de construire une maison face au Grand Teton majestueux, avec une fenêtre d'où sa femme "en faisant la vaisselle pourra voir le plus beau des paysages" ; il a acquis le terrain, maintenant il fait appel à tous les parents et amis pour construire cette grande maison en bois (on voit là s'élever en une journée la structure entière de la maison, à laquelle manquent encore les panneaux des murs et le toit : c'est le fascinant exploit des collectivités Amish, on l'admirait déjà dans le Witness où Harrison Ford s'introduit). Mais avant l'achèvement des travaux à venir se pose la question de l'argent pour l'aîné : il a gagné une bourse mais pour être pasteur... et pour changer de cap il faut encore des sacrifices. L'argent collecté en famille et chez des amis ne suffit pas : l'homme alors abandonne le projet de la nouvelle maison et consent à revendre le terrain que guigne le voisin depuis longtemps. Ainsi le fils pourra aller quatre ans à l'université et revenir comme premier docteur de la famille, ouvrant la voie aux autres. On n'est pas loin de la guimauve mais Fonda est là pour empêcher tout glissement de terrain  : la tonalité reste humaine, sensible, pleine de sacrifices des uns et des autres conclus dans l'amour de la famille. Certes, il faut aimer Frank Capra dont les atmosphères sont empreintes d'amour de l'autre, c'est la même conception de la vie ici avec Delmer Daves  : parfois on frôle, non pas le larmoiement car l'humour est permanent, mais bien l'impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. J'aime que l'homme qui n'a pu offrir la grande maison avec sa belle vue depuis la cuisine découvre, en décidant de rénover leur vieille maison, que la vue sur le Grand Teton est la même et qu'il suffira  d'agrandir la fenêtre de l'évier...

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 12:36

HIPPOCRATE ET GALIEN, TOUT LE MONDE SUR LE PONT!

 

          Et voilà, c'est parti! Comme en 14! dit-on lorsqu'on annonce une nouvelle disposition  dans son style d'existence, ou tout simplement (pensez un peu! tout simplement...) un passage à une autre phase d'évolution physique, après le franchissement d'un point de non retour. Et voilà! Bon. On a l'impression de sortir d'une réunion de la SDN, où chacun a dit son mot et où on attend que de cette confrontation de mots surgisse le miracle. Pourtant pas de miracle en perspective : un confinement sanitaire qui a l'air d'un confinement citoyen, des instruments sans cesse à portée (la canne certes, mais aussi ce vélomoteur de chambre qui m'encombre plutôt et négocie fort mal le passage des portes, sauf qu'il dispose d'un siège confortable, c'est déjà un avantage), un programme de visites impressionnant (le médecin SOS, mon médecin traitant  - auquel le SOS s'est relié, est-ce par courtoisie ou parce qu'il ne comprend rien à mon cas? - la dermato RV pris la semaine prochaine, un examen complet de gériatrie à organiser oh la médecine s'occupe de moi, pas de crainte à avoir de ce côté-là, mais c'est plutôt du côté résultats qu'il faut s'inquiéter, au chapitre de la douleur par exemple où rien nI personne n'a encore réussi à marquer des points, sauf la kiné qui se mêle au choeur mais de manière indépendante. Et surtout pour moi l'horreur absolue : impossibilité de se soustraire au souci de soi,  chaque seconde s'inscrit sur un calendrier médical, soins précautions cachets obsession de la chute... - bref, ce qui reste de l'individu n'est plus guère qu'un pauvre reste empli de soi, oui c'est l'horreur absolue.

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 16:11

VAINS PLANS TIRES SUR LA COMETE

 

          On pouvait imaginer les dernières phases d'une existence privilégiée (c'est-à-dire sans qu'on souffrît d'une pathologie menaçante) sous plusieurs aspects. D'abord (ce luxe....) l'effondrement brutal, quelques minutes même moins, pourquoi pas pendant le sommeil? pas le temps de dire Ouf! Merci Aspro. Ou autre option (non pas option en réalité, mais plutôt simple cas de figure) les jambes seules vous lâchent, vous réduisez votre champ d'action, vous faites ami-ami avec votre fauteuil roulant, vous déambulez assis pour toutes les activités essentielles (mais vous ne pouvez plus tout faire, cela vous laisse donc un temps magnifique pour lire tout ce qui reste encore sur votre liste). Les cotes mal taillées (vous restez au lit mais toujours bon oeil sinon bon pied, on vous installe votre ordi à portée ou alors vous vous scotchez à la télé dans ses pompes et ses oeuvres et c'est vite fatigant) sont à écarter, mais c'est moindre mal que la survie autarcique sans le moindre accessoire. Et vous savez bien que c'est du transitoire, tout ça : le grand portail se profile derrière, visible jusqu'à la provocation. A la vérité tout ce que vous pouvez avoir rêvé de classifié organisé programmé c'est de la foutaise : à l'encontre de votre vouloir il y a tous les obstacles matériels qui se donnent le malin plaisir de se combiner et de se multiplier, si bien que votre programme au final aboutit à un bien ridicule rendement. Oh j'ai la vision la plus lucide de ces futurs immédiats. Pour autant, je ne peux même pas dire que j'aie le choix...

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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 11:53

EN AVANT, MARCHE!

 

          D'accord,  parfait! Vaut mieux savoir! (Non je suis pas d'accord, non c'est pas parfait,  et le fait de savoir n'arrange rien du tout, on se ment à tour de bras par ici). Savoir que c'est la jambe gauche qui plie, qui fait défection au moment où on aurait le plus besoin d'elle puisque c'est toujours en changeant de plan horizontal, autrement dit pour descendre ou pour monter des marches, ça ne vous remplace pas l'appui ferme sur un bon pilon solide. C'est vrai que ça vous rend prudent : arrivé en face de l'escalier à négocier, dans un sens ou dans l'autre, vous marquez l'arrêt. Comment va-t-elle se conduire, cette bon dieu de jambe gauche? Vous avez la canne bien en main, vous avez bien l'intention d'utiliser la rampe de l'autre côté, et pourtant le coeur vous manque. Les chutes sur les escaliers vous donnent sans doute de l'expérience, mais aucune garantie pour une protection récompensant votre prudence, ce qui pourrait honnêtement se concevoir selon le fonctionnement secret de la justice distributive (mais justement la justice distributive est bornée, sourde et aveugle, vaut mieux carrément la laisser de côté quand on ébauche un plan de conduite personnel).  Donc, de savoir ou d'avoir expérimenté, tout est pareillement inutile : en face de votre escalier, vous ne pouvez plus vous lancer sans le coeur battant. Et vous pouvez vérifier que si vous n'avez pas un palier donnant directement dehors, vous voilà bloqué entre vos quatre murs, c'est presque déjà comme entre vos quatre planches, certes c'est une vérification qui ne surprend plus mais tout de même. On essaie bien de se consoler en pensant qu'au moins sur ce point on obéit à M. Macron au doigt et à l'oeil, on se confine avant même qu'il dise de le faire. Mais cette obéissance civique née de la nécessité ne console pas vraiment, c'est le moins qu'on en puisse dire.

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 10:51

SOIN DES YEUX

 

          "Vous ne pouvez pas savoir, me disait il y a longtemps un vétérinaire, ce que l'abondance et la régularité des gouttes dans les yeux peuvent faire de petits miracles". Je ne me rappelle pas l'avoir constaté dans les yeux de mes chats, mais je suis toute prête à accepter la véracité de cette déclaration pour moi-même. Les trois gouttes d'Artelac par jour ne devaient pas s'être révélées suffisantes, bien que prescrites '(et plus ou moins docilement respectées) depuis une bonne dizaine d'années. On vient de m'ajouter de mettre une goutte d'un nouveau machin uniquement dans l'oeil droit, mais trois fois par jour aussi. J'ai négligé de demander si deux produits pouvaient être administrés en même temps ou s'il y avait risque d'explosion et vais tâcher de me débrouiller toute seule  sans plus attendre. J'ai donc le choix entre deux types de saucissonnage dans ma journée : soit trois fois une goutte dans les deux yeux plus trois fois une goutte dans un seul oeil, soit trois fois une goutte dans les deux yeux en intercalant à mi-course trois gouttes dans l'oeil gâté (je veux dire bien sûr chouchouté par sa ration particulière de fortifiant, mais on peut interpréter le mot différemment, moi je n'ose pas me prononcer). Sur le papier tout cela a l'air bien arrangé, facile à suivre, bien clair en tout cas ; reste à savoir ce que j'en tirerai dès que je mettrai ce nouveau régime oculaire en pratique.

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 16:35

MELANCOLIE

 

          Toujours à cloche-pied, ou comme à gué l'on franchit avec audace un ruisseau à grands pas précautionneux, je vous retrouve, mes belins-belines. Je ne suis guère en humeur rose mais morose.   C'est d'ailleurs tous les ans ce qui me tombe dessus : avant même que n'arrivent les anniversaires douloureux je me sens mourir avec la saison, comme si je me vidais de mes forces et de mon énergie - certes pour repartir avec l'essor du printemps, le bondissement de la sève qui rénove et fortifie (et ce n'est que justice que cette conformité avec le cours de la planète) mais il faut franchir le cap de la neige malaimée et du froid meurtrier pour tant de vies, et ce souci d'équilibre c'est peut-être payer trop cher. En outre je crois bien avoir franchi une ligne jusqu'alors apparemment logée dans le futur et traîtreusement glissée sous mes pieds sans prévenir. Je crois bien avoir changé de phase, de section dans le découpage de mon existence, pour entrer dans une ère plus chagrine, moins vaillante et fanfaronne, où les rétrécissements de toute sorte sont devenus la loi. Je sens que tournent dans ma tête des énoncés mélancoliques, "David, la nuit tombe", ou encore "Après le crépuscule vient la nuit", ou même "L'ombre s'étend sur la montagne" : titres de livres, de films, de chanson, je ne sais plus. Mais définitivement porteurs d'une indicible mélancolie - oui, c'est la couleur du jour.

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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 11:46

EXPLICATIONS

 

          Encore un caprice? direz-vous. De nouveau une flemme de deux ou trois jours? On dirait que cela va s'aggravant, et les  choses étant ce qu'elles sont on ne peut guère compter sur une amélioration dans le futur proche ou lointain. Eh bien non, mes agneaux, il ne s'agit pas de flemme le moins du monde. La flemme impliquerait la désinvolture d'avec ses engagements, la conscience  du devoir négligé, la décision délibérée de se libérer indûment . Or faites-moi la grâce de ne pas me créditer de tout cela. Si je ne vous ai pas contactés dernièrement, c'est que les problèmes domestiques m'avaient absorbée en totalité - vous savez, quand il ne reste plus ni énergie ni conscience claire, que vous estimez vaguement vos capacités intellectuelles au niveau de celles d'un bovin repu se préparant à la sieste, alors que vous n'avez même pas la force de ruminer - ce qu'il fait, lui, paisiblement, sans avoir à s'en occuper.... L'avantage, pour vous comme pour moi mes belins-belines, c'est qu'en émergeant des contrariétés domestiques on se retrouve plein de bonne volonté pour mettre les bouchées doubles.

 

ce

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2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 11:19

MAIGRET DE FACE ET DE PROFIL

 

          Sans doute pour répondre nationalement à la vague Agatha Christie qui vient de déferler sur nos petits écrans (créant même des remous au motif inattendu d'un antiracisme déplacé et abusif à propos de ces dix petits nègres qui dans le texte d'origine étaient d'ailleurs des petits Indiens), nous voilà plongés brutalement dans l'ère Simenon. Et jusqu'au cou. Et pour longtemps - car on va nous fourguer tous les films de Maigret, quelques-uns de qualité mais aussi les navets, et même (oui, même) le rebut inclassable, comme cette Nuit du Carrefour au titre affriolant qui ouvrait hier la séance inaugurale avec un niveau bien peu attractif. Le choix de ce titre, presque inévitable, illustrait la première incarnation du Commissaire Maigret, encore dans son brut de décoffrage : Pierre Renoir, l'acteur frère,  dont la prestation est plutôt consternante. La thématique adoptée - les incarnations du Commissaire - va permettre le déroulement de tout l'arsenal filmique avec aux entractes les bavardages stériles des critiques, anciens acteurs ou cinéastes dont à peu près tous les propos sonnent creux. Comme pour sa rivale britannique, il y a pour Simenon le texte et l'adaptation par l'image, ce qui pourrait voire devrait (mais mais mais) nous procurer quelques heures intéressantes si cela était bien fait. Le Rouge est mis qui suivait n'était pas du meilleur choix mais introduisait Gabin, lequel pour sa prestation première gabinait bien plus qu'il ne maigrettait. On va suivre sans grand enthousiasme ni grandes découvertes cette provision  de romans transposés avec zèle mais sans génie, la variété des tons, des époques, des styles étant source d'intérêt. La  succession rétro des styles des chapeaux d'hommes, par exemple, nous fournira bien à défaut d'autre chose quelques soirées délassantes.

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