Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 09:59
Et aussi dans mes textes, oui, c'est tout plein de bestioles. Non seulement les chats et les chiens, mais également des insectes. Je ne parle pas simplement des contes de Noël, qui par définition (et rarement mettant en scène le père Noël de la tradition) sont remplis de chiens et de chats auxquels ils donnent la part belle (et avec des chevaux aussi, des bêtes de zoo ou de ménagerie - toujours pour les plaindre, naturellement - et même une fois avec des ratons-laveurs), mais des autres textes, romans ou nouvelles, où les bêtes (puisqu'on les appelle comme ça : on n'est pas obligé de mettre dans l'intonation une nuance de mépris, on peut même au contraire y mettre tout le lait de la tendresse humaine, comme disait le grand William autrefois) sont présentes, en compagnes fidèles voire comme centres d'intérêt. Ainsi à  côté de Pépère, le compagnon de Marrain si plein d'intuition, à côté de Tambour le vieux chien de l'auberge d'Antoinette, à côté du Gris ou de Cadet, les petits bidets si pleins d'entrain sur les routes de la Bresse ou du Clunysois, à côté de ce vieux chat mité que Jeanne serre avec emportement sur son coeur quand on lui dit qu'il est plein de puces, il y a Fusil et sa manière à lui de détecter les vampires, il y a la scolopendre -  la bestiole à laquelle il ne faut pas d'eau, à ne pas confondre avec la fougère qu'il faut arroser d'abondance...Il y a la chienne de Pompéi, la pathétique moribonde à laquelle personne ne prête la moindre attention alors que tous les touristes s'apitoyent et mouillent leur larme sur la chienne de plâtre du musée du volcan. Il y a le chat blanc, il y a le chat triste, il y a la chatte anonyme...Y en a-t-il, y en a-t-il, chantonnerait Pinget de nouveau. Permettez que Pinget se mêle à mes récapitulations certainement incomplètes. C'est que je suis plongée dans la révision des traductions en anglais qui vont constituer le troisième volume de l'édition américaine des contes et nouvelles dont le cinquième tome doit voir le jour fin décembre : alors, imaginez un peu, des animaux, j'en vois de toutes les couleurs, puisque ledit volume sera intitulé "Talking with the Animals", d'après une chanson à succès... Et mes "Petites Histoires naturelles" où un soupçon d'ironie à la Jules Renard assaisonne chacun de mes minuscules poèmes grouillent de bestioles de tout poil, même celles sans poil, les grenouilles, les moustiques, les dityques, les bourdons, les fourmis, les coccinelles, la couleuvre, le merle, la loutre... (pardon! emportée par mon élan, voilà que je dépouillais déjà la loutre de sa fourrure, comme s'en rendent coupables les dames de la bourgeoisie). J'en mettrais bien volontiers d'autres, mais ce trou d'eau au fond de mon jardin n'est pas si grand que ça : voyez-le dans le détail, vous verrez ses limites, et si je parle de bébés porcs-épics c'est uniquement parce que je pense à eux quand je vois mes bébés hérissons, n'allez pas croire que mon trou d'eau ressemble à un marigot, non il est tout ce qu'il y a de bourguignon. Je ne suis pas allée au pays des baobabs ou des arbres bouteilles, mais je crois que j'entrerais en agonie si je ne voyais plus par ma fenêtre, tout en pianotant sur mon clavier, de l'herbe, des arbres, des arbres, des arbres. C'est pourquoi les forêts canadiennes me parlent, elles sont si pleines de fraîcheur, de verdure, de solitude. La Baxter wilderness, par exemple, dans le Maine je crois, est le lieu de la sylve primitive où vous comprenez que les Indiens puissent y révérer le Grand Manitou : c'est bien là le seul endroit que je connaisse où l'on sente le Grand Esprit se mouvoir au-dessus de la forêt  tout juste créée.
   Eh bien, mes belins-belines, si je me mets à devenir métaphysique, où allons-nous, mais où allons-nous? Vous, au fond, je ne sais pas. Mais moi je dois viser le rectangle jaune-orangé qui veut dire "Imprimer l'article", et avant, bien entendu, je vous salue et vous dis A demain. Les chats, les chats...surtout ne les oubliez pas.                                                   Lucette Desvignes.
Partager cet article
Repost0
10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 10:53
Naturellement ceux qui me connaissent savent qu'à côté des chats il y a aussi tous les autres. Oui, toutes les autres bêtes - cela me fait mal de les appeler des bêtes, il y a tant d'humains qui mériteraient davantage l'étiquette! Quand je rencontre un petit chien  dans la rue - petit de préférence : les gros me font tomber quand ils me mettent affectueusement leurs pattes sur les épaules, et puis je m'écarte des muselés, des danois, des  rottweillers, dame, on ne sait jamais comment leurs maîtres les ont entraînés, ceux-là - je m'arrête, je me penche vers lui, je lui fais des mamours, on voit tout de suite s'il est habitué aux câlins, au besoin je demande si je peux. Pareil dans les trains. Il y a même des photos qu'on a prises de moi sans me le dire, qui me montrent agenouillée sur le sol en train de chahuter avec des caniches nains et même pas trop gracieuse d'être dérangée dans mes occupations. Le tout à l'avenant, plutôt dans les pointures fillette tout de même : les chevaux et les vaches m'impressionnent, je suis mieux à mon aise avec les  abeilles ou les guêpes, je les prends à la main (attention! ne pas serrer!) comme le faisait ma Tante Muller (tiens! comme on la retrouve! c'est la Cousine Fischer des "Noeuds d'Argile" et du "Grain du Chanvre" et vous voyez comme son biotope se dessine automatiquement autour d'elle, les abeilles ou les guêpes prises à la main sans dommage, elle avait même une fois attrapé une vipère endormie sur sa galerie en la prenant pour un chiffon à jeter, pas de morsure mais c'était une chance, moi je n'irais pas jusque là sous prétexte de faire comme elle). Rayon fillette encore, les araignées : les prendre sur un bout de papier, délicatement, puis les porter dans les jardinières de l'entrée, qu'elles se retrouvent dans un milieu convivial après déportation. Le tout est de ne jamais bousculer les habitudes des uns ou des autres. Et si un chat étranger veut s'installer chez vous (ça y est! on retrouve les mirons), pas de bousculade, pas d'expulsion, pas de quotas ni de 30.000 par an comme on hortefeuse volontiers à Matignon. J'en ai deux en ce moment qui tentent l'aventure, à force de voir sortir de chez moi des minous satisfaits du régime, de l'hébergement et de l'atmosphère libertaire dont ils jouissent : je commence alors par les gamelles supplémentaires disposées près de l'escalier, puis - ah! c'est surtout ça qui leur fait chaud au coeur - je continue par des corbeilles, ou caissettes, ou cartons (vous ne pouvez pas savoir le rôle que l'osier, ou le bois, ou le papier jouent dans leurs préférences individuelles), voire tout simplement par un coussin posé à terre sur la moquette, dans un coin un peu épargné par le passage. Ils comprennent, vous savez, immédiatement. L'un s'intalle ici, l'autre là. Les anciens viennent les flairer, "Tiens, encore un? d'où sort-il celui-là?" Il y aura encore quelques faux pas, quelques inimitiés instinctives qu'il faudra réduire. Dès que vous employez un nom - "c'est Foxy, tu vois" ou "Max, c'est le petit Max" - plus de problème. Du moment qu'il s'applle Max ou Foxy, ça n'est plus un étranger, le "Touche pas à mon pote" va s'appliquer progressivement sans problème.
      Je me demande si les Hortefeux Bertrand Fillon Alliot Marie voire l'énergique ressuscité qui s'est occupé des sans papiers pendant quelque temps et dont le nom m'échappe pour l'instant mais il balayait tout sur son passage ont des chats. Ou plutôt je ne me le demande pas, je suis sûre que non. Allons, à demain. Nous n'en sommes pas encore à la fin du jour, mais n'oubliez pas vos civilités vespérales à qui vous savez.

                                                                           Lucette Desvignes   
Partager cet article
Repost0
9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 12:50
     Les lundis matins, c'est toujours morose, même si on ne s'est pas fatigué le week-end bien au-delà des limites permises par la santé dans le courant de la semaine. Je me rappelle mon premier poste d'enseignante, à Louhans, où au contraire le lundi c'était l'euphorie des marchés hebdomadaires. Aller au collège relevait de la promenade à travers les oies et les poules, dans les cris et les apostrophes d'un banc à l'autre (moi je disais un éventaire, c'est alors que j'ai appris qu'on disait un banc). On s'instruit en voyageant, savez-vous, comme par exemple dans les boulangeries lyonnaises :  la première fois qu'on m'a demandé si je voulais qu'on me plie ma baguette, j'allais dire poliment Non, merci, je la garde entière jusqu'à la maison, et puis j'ai vu qu'une dame qui avait dit oui récupérait son pain bien enveloppé au niveau de la préhension par la main, alors j'ai dit poliment Oui s'il vous plaît et ma baguette s'est vue langée à la taille dans du papier de soie délicatement scotché, l'hygiène et les bonnes manières tout était parfait, et ce geste élégant de la boulangère pour tendre le pain aux clientes me rappelait presque les évolutions de gymnastes au sol occupées tendrement avec des ballons ou des rubans.Et voyez du même coup les bénéfices du tourisme : nous en étions au lundi, nous voilà déjà à Lyon, c'est fou ce qu'on se déplace quand on voyage.
      Que voilà donc un bel exemple de paragraphe d'introduction! Quand je pense que j'ai fait des études sur la manière de démarrer une nouvelle...Des études après coup, voyez-vous, en partant de mes propres exemples : de la pratique, pas de la théorie. Du concret, quoi, comme ce qu'on demande aux mesures gouvernementales et présidentielles en ce moment, du concret , du concret vous dis-je (hors de quoi point de salut : voyez notre pauvre ministre de l'Outremer déjà rappelé en métropole, faute d'avoir distribué du concret à la Guadeloupe et à la Martinique, sans parler de la Guyane qui s'en mêle par derrière; je vous demande un peu aussi, réclamer du concret à cor et à cri, avec drapeaux et bannières et défilés, à quoi pensent-ils tous ces gens de là-bas, est-ce qu'ils n'ont pas toutes les bananes nécessaires sur place?). Oui, du concret, comme les bonus, dividendes, bénéfices boursiers - il y en a, mais oui, même en ce moment - c'est ce que demandent les initiés, les pauvres déchus, les démissionnaires, les chassés, les montrés du doigt, les top du haut des grandes boutiques : qu'est- ce que c'est que ces parachutes sinon du vent, dorés ou non c'est de la frime, c'est du concret que tout le monde réclame, les parachutes c'est un jeu d'enfants, laissez leur donc leurs parachutes, tant qu'ils ne nous réclament pas du concret pris sur notre dos il n'y a quà les laisser faire et les écouter,  ils sont inoffensifs, c'est d'ailleurs pour ça qu'il y en a tant, pendant un moment il en sortait de partout, heureusement on leur a rabattu leur caquet, maintenant ils se cachent, mais je suis sûre qu'ils continuent à jouer. Y a qu'à les laisser tant qu'ils se contentent de leurs parachutes, pour l'instant ils ne nous agressent pas, s'ils nous agressaient alors là, on verrait ce  qu'on verrait. Je suis sûre que vous pensez comme moi, faut pas se laisser faire non mais des fois. Alors, belins-belines, à demain. Les chats d'abord, vous ensuite. Bonne nuit!
                                                                                              Lucette Desvignes
 

Partager cet article
Repost0
8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 16:30

Oui, pour éviter la confusion avec chat . Ce raffinement me rappelle une merveilleuse formule, au retour de voyage de noces de ma belle-soeur, de la laveuse de la famille qui avait depuis son tout jeune âge servi dans les grandes maisons (et ça lui collait à la peau, faut croire) : "Je souhaite à Mademoiselle beaucoup de bonheur. Mademoiselle me pardonnera de l'appeler encore Mademoiselle, c'est pour ne pas confondre Madame avec Madame". Moi c'est pour ne pas confondre chat avec chat. Au cas où des surfeurs de passage ne sauraient pas que ma maison est pleine de chats. Les voilà renseignés, à présent.

   Pleine de chats, ma foi oui. En ce moment Clélie (autrement dite aussi ma Sauteuse, ma Grenouille, ma Bancaline) louche sur mon épaule droite pour s'y installer et venir me lécher le cou avec application : après un long somme sans perturbation ni stress elle a besoin de s'activer. Moi pas, malheureusement : je m'active sans besoin d'elle depuis un grand moment et encore pour longtemps). Sur le canapé derrière moi, la Mémère Minette Mimine a l'air de dormir, mais elle me guette : au premier frémissement de ma part, elle sera debout pour me montrer le chemin de la cuisine, comme pour me rappler à des devoirs que je semble négliger. Pas de frémissements pour l'instant, ma belle. Le tout petit (c'est l'habitude qui commande l'appellation : en réalité, depuis les jours où je le nourrissais au compte-gouttes toutes les deux heures, il a grandi d'incroyable manière) le tout petit donc, alias Darling Benjy, s'étale d'autant plus victorieusement sur le fauteuil bressan qu'il a conquis la place en se glissant gentiment à côté de Betsy Belle, puis en lui léchant les oreilles innocemment, puis en la mordillant avec de moins en moins d'innocence, enfin en se poussant contre elle de manière qu'elle n'ait plus le moindre espace vital; elle a préféré partir, c'est une paisible, voire une dédaigneuse, je l'entends qui escalade le radiateur de la cuisine, c'est une bonne idée d'aller se chauffer le bedon. Bottines sur le radiateur derrière mon dos regarde par la fenêtre en doutant fort que le soleil vienne nous voir aujourd'hui; elle n'aime pas l'humidité, elle tient  à garder propres ses quatre petites bottines blanches, c'est tout ce qu'elle a de blanc sur un corps de réglisse, à l'exception d'une petite barre blanche en baïonnette en travers du museau, comme si elle faisait constamment une grimace ironique (malheureusement c'est là l'air mais non point la chanson : elle n'a aucun sens de l'humour, cette noiraude, elle n'a que susceptibilité à fleur de poil). Le gros Nounouss roupille à la cuisine sur un coussin, il ne va guère ailleurs, des fois qu'il y aurait distribution de vivres et qu'il ne serait pas là, hein? Je sais que Foxy, le chartreux au nez pointu que je n'ai encore jamais pu caresser, depuis trois ans - oui! - qu'il vient chez moi la nuit, est posté sur la troisième marche de l'escalier du sous-sol; il peut y rester des heures, non perturbé par les visiteurs qui montent ou qui descendent devant son nez ou  de préférence derrière son dos (il y a le choix : il se poste exactement au milieu de la marche, comme sur les marques à la craie qui servent de repère aux acteurs ou aux danseurs) et il attend qu'à la prochaine ouverture du resto du coeur tout le monde soit servi, car alors je m'approcherai de lui avec des précautions de Sioux et je lui glisserai sa portion sur sa marche, la troisième à partir du palier de la cuisine, sans le déranger.   Django le roucoulant dort au salon sur mon fauteuil (je le lui reprendrai, il le sait, au moment du film en anglais de la soirée, pour l'instant il met les bouchées doubles). Bulle est en vadrouille sur le terrain humide, elle croit que j'admire ses autographes lorsqu'elle revient les pattes pleines de boue (parfois même avec de minuscules limaces coincées entre ses griffes, à la première occasion elle me les projette dessus comme un pourboire), or il faudrait tout de même que je lui apprenne à ne pas prendre mes exclamations de dégoût et protestations diverses pour des compliments, mais jusqu'à présent elle n'a pas l'air de comprendre (ou se moquerait-elle? ça ne m'étonnerait guère, au fond, avec son léger strabisme et son air adorant dès qu'elle me regarde je me demande si l'envie de rire ne serait pas de la partie). Et le petit Max doit être au sous-sol, attendant les bruits de gamelles pour faire une apparition subreptice, rudement habile puisque je le vois sans que les autres aient pris conscience qu'il est là. Domino est en fugue depuis quelque temps déjà, je vais commencer à m'inquiéter. Et ma Colchique m'inquiète, ma Douceur, ma Reinette, mon ange blanc...
   Bon, ça va comme ça pour aujourd'hui. Je suis sûre que vous avez déjà zappé en nombre. Tant pis pour vous, vous n'aurez pas droit à mes salutations. Pour mes fidèles, belins-belines qui avez tout lu ce que je vous disais de mes chats, pour vous, oui, il y aura toutes les effusions habituelles. N'oubliez pas de faire mes politesses à vos mirons. Je ne voudrais point que vos oublis pussent passer pour miens. (Est-ce que là-dessus j'ose encore vous dire " A demain"?).    Lucette Desvignes.

Partager cet article
Repost0
7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 09:57

Dois-je vous le dire? Je suis persuadée que de vous-mêmes, mes belins-belines, vous avez dû y penser. Le mot chat me gêne. Non point, vous l'imaginez aisément, celui qui désigne les minets minous matous donzelles félines de toute sorte, y compris les chatons et chatonnes : de ceux-ci, non seulement le nom ne me gêne pas mais encore je n' ai jamais assez, laissez venir à moi les petits enfants des chats car ils sont l'innocence et la douceur et la fidélité. Non. Ce qui me gêne, c'est le même mot dès qu'il est emprunté à l'anglais, donc qu'il devrait se prononcer autrement, donc qu'il devrait dire autre chose. Oui, ça me gêne comme une parole incongrue. Et ça me gêne aussi aux entournures d'imaginer comment on le prononce entre jeunes branchés, à l'instar de tous ces mots anglais ou assimilés dont on parsème allègrement la conversation de notre temps. Je suppose que les mêmes jeunes qui s'insurgent contre les locutions latines pourtant si inoffensives sont tout heureux de compter de plus en plus de ces immigrés anglosaxons dans leur vocabulaire, intégrés au point de devenir des automatismes même avec leurs contresens officialisés (un bel exemple, sans aller plus loin : qu'on ait eu la malencontreuse idée de forger le mot " les supporters" il y a déjà beau temps, passe, puisque aucun mot français n'existait pour cette catégorie de citoyens  excités; avec une prononciation approximative, on reconnaissait tout de même que c'était un dérivé du verbe anglais to support, qui voulait dire soutenir, appuyer, voire dans certains cas subventionner; mais qu'à partir de cet intrus on ait forgé le verbe français supporter - je supporte les verts, il supporte les bleus - sans se rappeler qu'il existait déjà avec un sens pratiquement antipodique - je la supporte, mais c'est pénible vous savez! - arrive à l'absurdité totale). Une de plus dans le monde mondialisé où nous nous débattons. Il n'empêche que la prononciation invraisemblable imposée à l'anglais (et ma foi, tant pis pour lui! il n'avait qu'à ne pas nous envahir comme au temps de la Guerre de cent Ans) et ouvertement pratiquée partout (entreprises, télé, radio, nouvelles... oh là là! comme disaient les Allemands au temps de l'Occupation quand ils voulaient montrer qu'ils se mettaient facilement à l'heure française) m'irrite comme une piqûre de moustique. Et vous savez comme  ça dure, l'irritation d'une piqûre de moustique : pendant des jours, à l'heure même où elle vous a été infligée, elle va se remettre à vous brûler et vous démanger, en piqûre de rappel si j'ose dire ou, plus benoîtement, en guise de souhait de bon anniversaire. Donc une irritation insupportable (ha!ha!) dont l'intensité se renouvelle avec chaque mot emprunté et mal tranplanté dans le terreau linguistique français. Mais je sais bien que je prêche ici dans le désert. D'abord il n'y a guère pour m'écouter que quelques flâneurs errant sans but sur la toile (notez bien qu'ici ça ne me gênerait point qu'on dise le web, puisque c'est une invention extérieure dès le départ affublée de sa dénomintation  étrangère; imposer de dire la toile me paraît un combat d'arrière-garde insupportablement   - ha!ha! -puéril, à peu près comme si on cherchait maintenant à trouver un équivalent de bonne source gauloise pour le mot camping). Et ensuite, parce que la prononciation des Français parlant la langue de Shakespeare a toujours prêté à rire de l'autre côté de la Manche ou de l'Atlantique; que la pratique éhontée s'en généralise n'arrange rien, de même que la peur n'évite pas le danger. Bref, mes belins-belines, autant je terminais hier mes allocutions concernant les formules latines avec optimisme - si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres -, autant aujourd'hui je dois y aller de mon pessimisme le plus caractérisé. L'anglais que vous parlez dans vos tchat et tchatch, et pourquoi pas dans vos tchatchatchas, n'est pas de l'anglais. Ce n'est même pas du franglais, qui avait le mérite d'essayer des greffes plus ou moins réussies. C'est désormais de l'emprunt, de l'ignorance foncière sous couleur de modernisme, voire d'à la pagisme, c'est nul et vous n'en êtes pas conscients. Je vous dirais bien Good-bye,  See you soon, mais je doute que vous le méritiez - et puis vous ne comprendriez même pas mes messages à vos chats si je vous les exprimais en anglais. Donc Bien le bonjour à vot'chat si y a personne chez vous. A demain.

                                                                                                                                       Lucette Desvignes
Partager cet article
Repost0
6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 11:48

   Mes belins-belines, je me suis finalement avisée que je vous ennuyais sans doute avec mon plaidoyer pour les expressions latines qui, exotisme des plus classiques, constellent ici et là nos discours en français. Après tout, vous n'êtes pas obligés les uns ou les autres d'émailler vos dires ou vos écrires de ces ornements adventices : puisque je vous indiquais qu'ils n'engageaient rien sur le fond (elles sont en effet de simples modifications ou restrictions passagères), pourquoi ne pas les supprimer si on en a envie? Supprimez, mes belins-belines, supprimez tant que vous le voulez. Au fond ça ne me fera ni chaud ni froid. Il n'y a guère que l'écriture phonétique qui me hérisse à mort.
   J'ai d'ailleurs perdu de vue la raison pour laquelle je me lançais hier  dans ce panégyrique (allons, bon! voilà que ce sim^ple mot me relance dans l'antiquité du langage! Ce que ça pouvait être exténuant, le Panégyrique d'Isocrate quand il fallait s'y atteler! Et je jure que ça n'a jamais rien apporté à personne... Pourquoi ne pas avoir lancé les hellénistes de Première, aux temps où on faisait du grec depuis la Quatrième, dans les romans gréco-latins qui ont eu une telle influence sur le développement de notre littérature, roman et surtout nouvelle mêlés, dans ces interminables et charmantes histoires d'enlèvements, d'amours contrariées, de batailles, de tempêtes et de naufrages? Pourquoi nous a-t-il fallu le découvrir bien plus tard, ce trésor de récits inépuisables, comme une des strates les plus essentielles de notre expression romanesque, au lieu de l'avoir laissé nourrir notre soif de découvertes littéraires de l'adolescence?). C'est vrai, je ne sais plus pourquoi j'avais enfourché l'un de mes dadas non point "manu militari" - je suivais clandestinement  mon penchant - mais bien en obéissant à mes petites voix intérieures. Toutefois, je remarque que, grâce à cette interrogation sans réponse, j'ai abordé le rivage des études grecques. J'ose dire "Thalassa! Thalassa!" désormais puisque tous les téléspectateurs savent ce que c'est que la mer; mais sans doute accepteraient -ils avec ennui que je précise que dans l'Anabase de Xénophon c'est "Thalatta!" qu'ils disent, ces pauvres anciens combattants exténués de la retraite des Dix Mille (ce serait facile en effet de me renvoyer à ma cuisine en disant "Bon, Thalassa on connaît, mais qu'est-ce qu'on en a à cirer des patois qu'ils employaient à l'époque? Et puis, les Dix Mille, qu'est-ce que c'est? Avec Thalassa, on apprend comment les autres peuples pêchent, ça passe un bon moment tous les vendredis, on voit des jolies plages, des jolis paysages, alors vous pensez, les Dix Mille où on se les range!"). Et, voyez comme j'ai bon caractère , je trouverais qu'ils ont fichtrement raison.

   Mais c'est aussi qu'ils se seraient manifestés. Croyez-moi, si vous ne vous manifestez pas auprès de moi, c'est comme si vous n'existiez pas. Je n'ai pas besoin de voir vos visages, je peux les inventer à loisir. Mais ce sont vos voix que j'espère entendre quelque jour. Je tends l'oreille. Ne me forcez pas à écrire des choses déplaisantes pour susciter vos réactions hostiles; j'aimerais bien mieux de votre part des réactions gentilles, même si vous n'êtes pas d'accord avec ce que j'assène parfois avec virulence. Réfléchissez bien à ce que je viens de vous dire. Allons, à demain. Les chats les chats... Oui, je vais vous parlez des mienx, il y a longtemps que cela me démange.

                                                                                                   Lucette Desvignes

Partager cet article
Repost0
5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 09:27
Ne me dites pas que personne ne comprend "manu militari", ou "in extremis" : depuis si longtemps ces locutions latines ont été intégrées et profondément assimilées à l'expression française qu'on ne les considère plus comme des immigrées. Je ne sais d'où vient cet attrait, voire cet attachement, à la forme d'origine de tant de formules. Ce n'est certainement pas le fait de la transmission : au cours des siècles, elles se seraient perdues ou déformées, presque au point sans doute d'en être méconnaissables. Mais non. Elles tranchent sur le discours, oral ou écrit tout aussi bien, elles ont leur petite autonomie tranquille,  elles oeuvrent comme de petits îlots d'antiquité qui n'arrivent même pas à passer pour demandeurs d'asile, elles annoncent leur couleur sans broncher, sans paraître accepter la moindre concession. Take me or leave me : c'est à prendre ou à laisser. Il y en a comme cela des dizaines que les pages roses du Petit Larousse enregistrent et déroulent pieusement. La plupart du temps, on les emploie sans même y faire attention.Je vous assure que "in fine" ou "mutatis mutandis" (ce si bel ablatif absolu à décarcasser  avant appréciation de sens : les choses devant être changées ayant été changées, autrement dit les changements nécessaires une fois faits) arrivent facilement dans une phrase - et je suis même bien certaine qu'elles sont employées sans état d'âme par des gens qui n'ont jamais fait de latin. Est-ce que justement la messe en latin ne comportait pas pour les foules une part de mystère, donc peut-être de ferveur savamment entretenue, que les versions en vernaculaire ont délaissée? Je reste un peu interdite devant les belles et rondes formules latines si pieusement conservées dans le droit de notre temps. Même en droit commercial, pourtant si prompt à suivre l'actualité : ainsi "dies a quo non computatur in termine", le jour de départ n'est pas compté dans le compte, règle pratiquée sans exception. Il suffit de dire "dies a quo", la messe est dite. Ou encore, cette formule passée dans le droit civil sans rien perdre de son panache : "Nemo auditur propriam turpitudinem allegans" (nul n'est écouté s'il met en avant sa propre honte, donc sa responsabilité dans la faute). Les lancer dans un débat leur donne, à ces formules latines, un caractère impérial qu'aucune traduction française, fût-elle la plus affutée, ne pourrait jamais revêtir.
   Mais ça peut agacer, et même prodigieusement. Se sentir rejeté dans une conversation par ces poignées de syllabes sur lesquelles on bute comme sur des écueils est humiliant. J'ai même vu une critique américaine complètement étranglée par cet os en travers du gosier, comme si elle n'avait jamais été confrontée avec pareils engins : "in extremis!", "ne varietur!" (elle aurait pourtant dû connaître les problèmes des éditions), "sine qua non!" - elle se sentait véritablement agressée par ce qu'elle prenait pour un étalage de prétention alors que c'était tout simplement une utilisation presque automatique des ressources de la langue. Je trouve au contraire, moi, qu'elles ont bien du mérite, ces petites expressions inentamées par la contagion (par exemple "nil novi sub sole" vous a tout de même plus d'allure que "rien de nouveau sous le soleil, non?); elles conservent leur quant à soi, et je pense que les  comparer à des écueils relève d'une juste vision : elles émergent dans la phrase en redressant juste le bout du nez, le reste de la phrase coule autour d'elles, elles peuvent accrocher au passage mais sans grand dommage, car elles ne représentent qu'une restriction, qu'un complément, qu'une modification dont la signification principale pourrait à la rigueur se passer.  Ainsi "coram populo", devant le peuple : c'est l'actualité la plus aiguë, puisque le Président  s'explique devant le peuple ce soir et que son ministre des affaires étrangères va bien y être contraint lui aussi (à s'expliquer devant le monde). Le peuple, oui, "in fine", finalement, il existe. Puisque je vous le dis, mes belins-belines! Dois-je vous le dire en latin pour que vous me croyiez? Allons, à demain. Bonne nuit à vous et à vos minets, surtout celui de la voisine s'il n'y a personne chez lui.
                                                                                                                 Lucette Desvignes.
Partager cet article
Repost0
3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 20:20
Ma mère disait parfois, en voyant dans la rue une femme qui devait par son allure sortir de l'ordinaire, qu'elle avait un drôle de genre. A l'époque cela ne m'affectait en rien, ni ne suscitait ma curiosité. Aussi n'ai-je pas le moindre souvenir d'une quelconque de ces dames. Je ne peux même pas certifier que la femme en question avait l'air hommasse, et je ne pense pas non plus que ma mère ait remarqué quelque chose de glauque dans son comportement. Il devait s'agir tout au plus d'un habillement bizarre, trop coloré peut-être, ou d'un maquillage inconvenant parce qu'outrancier, donc inacceptablement aguichant. De nos jours, que ne soulèverait pas comme questions cette attribution d'un genre ! Là où ma mère voyait probablement surtout une catégorisation sociale (laissons de côté l'aspect jugement téméraire du procédé), on verrait aujourd'hui tout autre chose. Le sexisme des décennies récentes est passée par là. On n'emploierait d'ailleurs plus l'expression "drôle de genre", je crois qu'on ne dirait rien : au fond, oui, je crois qu'on laisserait l'autre passer sans un regard. Des tenues vestimentaires bizarres, en a-t-on vu, en a-t-on vu (vous retrouvez là un faible écho de Pinget, j'espère, mes belins-belines? je vous l'ai cité il y a peu)... C'est la catégorisation selon le genre féminin ou masculin qui s'impose désormais; avec les tenues unisex on est souvent amené à se demander "mâle ou femelle"? Comme ça, en passant, par  désoeuvrement, par curiosité . Pas par obsession. Pas pour ce qui me concerne en tout cas. Je n'appartiens pas aux bataillons qui tiennent absolument à supprimer le soutien-gorge sous prétexte que les hommes n'en ont pas besoin. Mais attention! Mind you! comme disent les Américains, j'ai toujours bagarré pour la femme. Ses problèmes, son indépendance par rapport à l'homme, l'égalité des salaires - ben oui! comment admettre autre chose? - y compris bien entendu le planning familial, la contraception, l'avortement, j'ai toujours annoncé la couleur, et même énergiquement. Pour autant on ne m'a jamais vue sur les barricades du féminisme à outrance, qui se sent soulagé de mettre un e au bout de professeur ou de pouvoir dire "madame la juge" au lieu de "madame le juge" . Et, pensez  un peu, quelle jouissance à dire "écrivaine" ou "auteure"!  C'est comme si on se mettait sur un podium inacessible autrement. Et moi qui ai passé ma carrière d'enseignante à enseigner qu'on disait "mon prof de maths" et non "ma prof de maths", vous voyez si j'ai belle allure de nos jours (sans que cela me fasse changer mon fusil d'épaule, bien évidemment). Il y a d'autres moyens, tout en prenant la défense des femmes lorsqu'il le faut, de montrer qu'en compétition intellectuelle ou cérébrale une femme vaut bien un homme. Cherchez ces moyens, mes belines, essayez-les, vous trouverez bien. Je vous fais confiance puisque vous êtes des femmes.
   On peut voir que la question des genres trouve en moi des réponses toutes prêtes. Quelle démangeaison prend certaines de mes congénères à réclamer des étiquettes puérilement revendicatrices? J'avais déjà trouvé ridicule - il y aura quelque trente ans bientôt - qu'on pût juger indispensable d'ajouter au Ministère des Droits de l'Homme cette rallonge "et de la Femme". Je veux bien passer pour pédante, mais enfin l'homme dont on défend les droits, c'est homo, l'espèce humaine, et non point vir, le macho en face duquel il serait utile de se dresser si les droits obtenus ne concernaient que lui. Vous voyez que malgré l'objet en chair et en os dont on débat allègrement je me cantonne volontiers dans les territoires de grammaire ou de stylistique. Pour autant mon féminisme ne saurait être mis en doute. C'est seulement que je prouve en écrivant et en agissant, non en bavassant. Faites comme moi, mes belines. Et que mes belins me pardonnent si aujourd'hui j'ai eu peu de temps à leur consacrer, leur tour viendra,  incessamment - p' têt' même avant, comme dit un de mes amis (je crois même qu'il a pris sa formule dans une BD, vous voyez si on a de la culture autour de moi). Je signale que ce chapitre aura été une innovation, puisqu'il se situe à cheval sur mardi et mercredi : je n'ai pas pu faire plus diligemment, le coeur de la nuit m'est tombé dessus, j'ai donc dû m'écarteler entre deux jours. Au passage je perds une contribution... mais vous, heureuses gens, vous en gagnez une! Un jour sans moi! De vous voir me réjouir ça me navre. Bonsoir donc,  je salue les chats, je m'abstiens en ce qui concerne  l'espèce humaine (homo, hominis si le génitif vous intéresse). A demain.
Partager cet article
Repost0
2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 10:37

   J'espère que la semaine qui va se dérouler ne m'apportera pas autant d'avanies que celle qui s'est achevée hier. Achevée, je dis bien : ici en France nous sommes respectueux de la Bible, tout le monde sait ça, puisqu'après les   six jours de la création nos calendriers portent que le dimanche, c'est le repos du septième jour. Je ne veux pas intervenir ici dans les discussions actuelles, tellement urgentes, sur le travail dominical (notre Président s'en occupe, comme de tout le reste, nous pouvons donc être rassurés); c'est simplement que, mon instinct pédagogique refusant de mourir, je voudrais vous préciser que chez les Anglais les calendriers font du dimanche le premier jour de la semaine. Donc, par ici, et par discipline à la tradition (le décadi de Fabre d'Eglantine n'a pas eu la même chance), on achève la semaine le dimanche - heureusement pour moi, car il m'a bien fallu toute la lumière de cette belle journée à Beaune pour rendre moins gris les jours d'avant    tout chargés de coups du sort et de chagrins. Parfait : on n'en parle plus. Mais quelle chaleur émane de vous, mes belins-belines, pour me consoler, me réconforter, me redonner le moral!
Qu'est-ce que je ferais bien sans vous, si proches, si compréhensifs, si attentifs à mes mélancolies? Question purement rhétorique, car je le sais : qu'est-ce que vous feriez bien sans moi, hein? Nous voilà but à but, comme on dit dans mon cher Marivaux. Mais avouez que c'est bon tout de même de constater que sans vous et sans moi ni vous ni moi n'existerions. Est-ce que ça n'est pas formidable, ça? Et même génial, en vérité?
   Je ne sais s'il est de tradition sur un blog de répondre directement à un commentateur, mais tant pis si j'innove (autrement je ne saurais pas où diriger les pas de mon curseur, c'est là le fond de la chose). C'est que j'ai reçu d'Anne une citation fort pertinente de Le Clézio, qui entraînait pour elle l'application réfléchie des féminins selon les sensibilités récentes : Le Clézio, machistement, ne considère que la gent masculine capable de tenir la plume, "romancier" étant le seul terme utilisé. D'où la question finement posée : puisqu'il est facile de déceler en général  une nuance péjorative dans le terme de "romancière", ne devrait-on pas, en toute justice, désigner par "personne qui écrit des romans" tout être mâle ou femelle, travesti ou bisexuel (il doit y bien y avoir encore quelques catégories que j'ignore) se livrant à l'activité de la création romanesque? Il faudrait en effet réfléchir à ce problème, qui sans doute lèse douloureusement les femmes. D'ailleurs, dans la citation proposée, Le Clézio reprenait une citation de Flannery O'Connor, femme certes, et plus que valable écrivain trop tôt disparue, mais écrivant en anglais donc pouvant utiliser avec "'novelist" un terme asexué (autrefois on appelait cela le "common gender", je ne sais pas si cela s'enseigne encore). Mais il serait bon de réfléchir aux noms que nous avons, nous, dans ce genre commun, qui sont valables pour l'un et l'autre sexe et que par excès de zèle on veut à tout prix féminiser. Je ne vous en cite pas un seul ici, car je les récuse, j'y vois d'abominables barbarismes qu'on fait passer pour des néologismes, mais avec moi - avec vous non plus certainement, ma chère Anne - ça ne marche pas! Et je suis sûre que vous me suivrez si je brandis des noms latins de fonctions proprement masculines qui s'exprimaient au féminin : poeta le poète, nauta le marin, scurra le bouffon.... Les Latins étaient pourtant de rudes machos, mais aucun d'eux ne s'est formalisé ni senti mutilé quand on disait nauta malus, poeta malus, scurra malus... Pourquoi, chez nous, s'irriter de "elle a été un bon professeur"? repousser avec horreur "a-t-elle été un bon écrivain, un meilleur poète ou un meilleur dramaturge?" La discussion n'est pas close, croyez-moi. Je vous salue tous, salue vos chats, vous engage à faire de même, vous retrouve tous (?) demain en toute ferveur partagée.

                                                                                            Lucette Desvignes 
 



Partager cet article
Repost0
1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 11:18
Oui, pardon, mes belins-belines, pour vous avoir fait faute hier. Quelle journée avez-vous dû passer sans moi, longue, triste, ennuyeuse... Pour un peu je vous écrirais deux billets aujourd'hui pour compenser quelque peu, mais enfin je suis là, présente, j'ai des tas de choses à vous dire, j'espère que je vais me faire pardonner. Sinon, manifestez-vous, sémaphore, SOS, morse, volapuks ou esperantos divers , on vous répondra ici sans problème. C'est qu'hier je dictais à Beaune " la dictée de Pivot", une grande journée avec près de 80 candidats dans une atmosphère merveilleuse d'effervescence cordiale et sérieuse. Une grande journée fatigante, même si la confection de la dictée - tenue parfaitement secrète par les deux initiées mes complices - remontait à plusieurs semaines : il fallait bien tout ce temps pour mettre la logistique en place. Longue journée, et même si on m'a dûment ramenée chez moi en voiture, après m'avoir cocotée et entourée d'attentions, il ne me restait plus guère de force intellectuelle pour vous haranguer.
   Oui, tout le monde était là hier, Zonta, association Porte-Plume, tous les dévoués en plus des zélés (il y avait même, pauvres choux, quatre à cinq frères et soeurs de huit à onze ans à qui mes imparfaits du subjonctif ont bien dû passer par-dessus les oreilles... L'an prochain, on envisagera une section "cadets" pour ces vaillants petits, le secteur "Jeunes" de cette année ayant été totalement boudé par les lycéens ou les collégiens : probable qu'ils ne font pas de fautes d'orthographe, ceux-là, ça doit être ça). On continue à dire "la dictée de Pivot", et c'est bien vrai que sa grande familiarité avec les étranges lucarnes lui a longtemps permis, une fois l'an, de mobiliser le public sur les problèmes de l'écriture correcte. Pourtant c'est la dictée de Desvignes que j'ai dictée hier, non point truffée de mots extravagants dont on n'entend jamais parler et qu'il est si difficile par la suite de replacer dans une conversation, mais   bien plutôt ( et plus utilement me semble-t-il) hérissée de petits pièges et de gros pièges dont la méconnaissance esquinte notre belle langue jour après jour. Points de grammaire, conjugaisons, subjonctifs, homophones, concordances des temps... Un  régal! Mais gémissements, aussi - même s'il n'y a eu ni pleurs ni grincements de dents (enfin... tout juste). Il y a même eu un zéro faute, un monsieur distingué qui, les bras chargés de ses prix, est venu me remercier de la qualité littéraire de mon texte. C'était inattendu - donc d'autant mieux reçu... Je pensais surtout que les candidats verraient mon texte comme recélant un monde de difficultés, chinoiseries, entourloupettes et autres sournoiseries, eh bien vous voyez, quelqu'un a su juger. On recommence l'an prochain, naturellement, dans l'enthousiasme général. La date est même déjà fixée, imaginez! Ce sera le 30 janvier, les rendez-vous sont pris. Une grande journée qui m'a fait du bien : rien de meilleur pour le moral que l'impression d'avoir été utile et que votre utilité ait été perçue par les foules.
    J'ai eu les plus grandes peurs que, grâce (!) à "une publicité intempestive survenant sur mon texte" et dans l'impossibilité de "désactiver mon filtre (???)" ledit texte ne disparaisse. Je le retrouve (peut-être même vais-je retrouver son double : j'avais dare-dare recommencé avec à peu près le même contenu, il doit y avoir de souterraines  corbeilles, je vais fouiner), je peux donc vous saluer aimablement, ce que la publicité intempestive m'avait empêchée de faire ce matin mais la journée n'est pas finie. Donc à demain, au plaisir de vous retrouver tous! Les chats, les chats, dans l'intervalle!
                                                                                            Lucette DESVIGNES   
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens