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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 10:28

Aujourd'hui j'attaque directement. Dans le vif du sujet. C'est à propos de ces souvenirs d'enfance que tout un chacun trouve normal d'utiliser comme matériau de communication avec les autres, mais qui me semble-t-il, dès qu'ils doivent être introduits dans le domaine littéraire, ne sont pas destinés à la même fonction. J'y ai déjà fait allusion : à mon avis il faut retourner à ce matériau à la fois commode et dangereux (gare à la banalité) une fois qu'on l'a déjà utilisé en arrière-plan, sans en prendre vraiment conscience. Autrement, je le répète, on va droit vers les compositions françaises niveau brevet (et, croyez-moi, il y en a, des auteurs célébrés dont le niveau littéraire n'a pas dépassé cette élémentarité... J'en connais, oh que oui!). Naturellement, en vous fondant sur ces exemples, vous pouvez toujours tenter votre chance , mais il vous faudrait en outre le coup de pied bien placé que vous ne recevrez pas forcément, alors réfléchissez bien. Quand vous vous livrerez à l'autobiographie, ici encore, danger! Il y a des règles strictes à respecter, et les problèmes posés par l'authenticité de la présentation, pour ne rien dire de l'authenticité, de l'honnêteté de la vision , avant même d'en venir aux mots, sont innombrables et sérieux. Il faut pouvoir observer ses souvenirs tout nus, dépouillés de tout vêtement emprunté à la complaisance, à l'imagination, au travail de la mémoire reconstruite, et ce n'est déjà pas facile. Il faut pouvoir les envisager en eux-mêmes, en les dissociant des enjolivures instinctives qui parasitent presque inévitablement toute évocation du passé, surtout du passé un peu lointain qui est celui de l'enfance. Et cela correspond à un tel labeur, à une telle exigence de rigueur, que notre époque a trouvé une agréable parade qui fait table rase de ces difficultés. Avec l'étiquette de l'autofiction, on peut évoquer, décrire, écrire exactement ce que l'on veut sans se sentir coupable d'une activité de faussaire puisque les plus grands de maintenant ( si, si, je vous assure, il y en a quand même quelques-uns) se lancent dans le genre avec jubilation - c'est même eux qui ont lancé la mode il y a quelques années. L'étiquette au début servait à camoufler les insuffisances, voire les tares, en attirant l'attention sur une création d'un nouveau genre. La chose une fois acceptée, avec curiosité d'abord puis enthousiasme (pardi!), prolifère insolemment; on autofictionne à tour de bras, il n'y a plus de règles ni de limites, et vous le savez comme moi si vous puisez votre philosophie aux bonnes sources, quand les limites sont dépassées il n'y a plus de bornes.
C'est curieux quand même qu'on puisse célébrer comme une invention intellectuelle des plumes modernes une pure et simple insuffisance. On puise dans ses souvenirs à volonté, et quand on ne sait plus ou qu'on ne veut plus les évoquer on invente allègrement. Puisque c'est de la fiction, on vous dit! On est bien libre tout de même de dire ou d'imaginer n'importe quoi! D'où les sinuosités et méandres de récits où se mêlent l'invention et la vérité. De même qu'au Moyen Age les scribes aux enluminures  superbes jugeaient bon, de temps à autre, de mettre dans la marge un point d'ironie pour signaler qu'il fallait ne pas prendre au sérieux telle ou telle affirmation choquante (ou encore de mettre en garde le lecteur par un "mentitur" - ici on ment - censé rétablir les jugements dans leur vraie lumière), de même aujourd'hui il conviendrait d'apposer dans la marge des récits autofictifs quelque icône nouvelle  censée indiquer que c'est du vrai ou, tout aussi bien, une autre pour le contraire. Qu'au moins le lecteur puisse s'y retrouver. Ce n'est pas, je vous l'assure, un de mes soucis de savoir ce que l'auteur a vécu ou inventé de son passé d'enfance ou, pourquoi pas, de jeunesse, mais vous pourriez, vous, avoir cette curiosité : si vous ne disposez pas encore desdites icônes, alors perdez toute espérance de connaître la réalité des faits. Il est possible que cela vous désole.
Cette désolation  cependant ne concernerait qu'une espèce de voyeurisme de lecteur, avide (un peu morbidement, avouons-le) d'attribuer à César ce qui doit revenir à César. C'est bien encore autre chose dès qu'il s'agit d'une biographie;mais,là,permettez-moi d'ici à demain         d'affutermesfacultésavantdevousen parler . D'ailleurs vous voyez bien que la machine renâcle. J'espère qu'elle va bien vouloir accepter mes salutations pour vos chats et les miens - oui, il semble que oui. Alors à demain.
                                                                                                                                 Lucette DESVIGNES;                                                                                           

 

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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 08:40
Les gestes de mise en place me deviennent familiers, presque automatiques. Ce n'est plus leur dysfonctionnement que je redoute désormais, bien qu'on ne soit jamais, surtout moi avec mes compétences limitées, à l'abri d'un aléa voire d'un pépin. Mais tout de même il reste ce pari de pondre tous les jours - dimanches et fêtes compris - du matériau utile. Utile à quoi, on se demande... Eh bien non, j'ai quelques échos selon lesquels mes propos font réfléchir - c'est donc être fort utile dans les temps que nous vivons, où précisément sur les ondes (je mets dans le même tas tout ce qui n'est pas manuel : je reconnais que c'est d'un cynisme qui autorise tous les amalgames, mais puisque c'est la méthode des médias, pourquoi n'y aurais-je pas droit?) lesdits médias sur les ailes d'un beau zèle croient rejoindre le sentiment des foules en soufflant dans le sens du gouvernement. Ainsi la petite Juive dont le père est mort en camp de concentration (elle n'est donc plus gamine, mais "petite" traduit mon affection) et la mère en est revenue à moitié folle   a réussi à faire savoir par son intervention  à tous les spectateurs rassemblés pour son spectacle qu'Arthur était sioniste : d'où bien sûr protestations, non pas tant du bonhomme lui-même qui adoptait surtout l'allure pleurnicharde et Forces de l'ordre protégez-moi, mais des spectateurs qui savaient bien pourquoi ils étaient venus à ce show; et cependant - c'était le but de l'entreprise d'interruption du spectacle -- découverte par les autres qu'ils cautionnaient un sioniste, d'où indignation, regrets, protestations d'innocence... Du joli travail, c'était. Eh bien les médias racontent qu'il s'agit d'une manifestation antisémite... Où donc ont-ils appris leur métier, les journalistes d'aujourd'hui, et quelles bottes s'appliquent-ils à lécher? Ce n'était pas du tout le topique prévu pour ce jour, mais l'information reçue au moment de pondre m'a interpellée,  comme on dit si intelligemment de nos jours.
Naturellement, au chapitre littérature, la place allouée pour mes élucubrations s'est vu restreindre un tantinet. J'ai du mal à me concentrer sur ce domaine alors que mon coeur saigne dans Gaza où l'extermination programmée arrive à son terme. Il le faut pourtant. Je me sens soudain dans la peau d'un  reporter qui filme une agonie au lieu d'aller d'urgence porter secours au blessé, ou qui photographie la mise à mort d'une gazelle par un carnassier quelconque parce que ça montre qu'il n'a pas eu peur de s'approcher (et les zooms, alors? ne nous racontez pas d'histoires!). Vous le constatez, ce matin je m'en prends volontiers à nos fournisseurs en actualités, qui déforment déjà la vérité par leur position de camera (ils sont tous à Ezrot à photographier que le cadre où trônait la photo des grands-parents le jour de leur mariage avait été détruit par une fusée, à preuve on la montrait, et la famille sanglotait devant l'objectif, oh c'était triste - mais il n'y a presque personne pour montrer l'écrasement des hopitaux, la pulvérisation des écoles, l'empilement des blessés parmi les morts dès lors qu'il faudrait se faufiler dans la bande de Gaza). Je me souviens bien qu'on disait l'Intox pour désigner les nouvelles du temps de Giscard, quel vocable devrait-on inventer aujourd"'hui pour décrire l'ignominie de nos informations?). Je me sens accablée, aussi bien ce matin n'y aura-t-il pas de badinage littéraire ou en tenant lieu. Juste le temps de dire bonsoir à vos chats, j'espère vous retrouver tous demain, mais sait-on jamais?
                                                                                       Lucette Desvignes
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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 10:00
J'ai un faible pour les italiques (y a-t-il un rapport secret, même ignoré de moi, avec l'Italie dont j'ai l'amour immodéré? - mais qui donc ne l'a pas, cet amour immodéré, dès qu'on a mis le pied au-delà des Alpes?). C'est le style que j'ai choisi pour ce blog, c'est ce qu'on appelle citation, ce qui fait que tout ce que j'écris en revient à n'être qu'une immense citation. Bon courage pour ceux qui se mettent en devoir de les apprendre par coeur, pour pouvoir aisément les replacer dans une conversation d'un certain niveau. Je doute qu'avec les miennes ce puisse se négocier. En Turquie nous avions un guide, charmant d'ailleurs, qui commençait toujours les propos strictement touristiques par une petite histoire, belge de surcroît car il avait séjourné à Bruxelles. J'ai vaguement l'impression qu'avant de me jeter dans le vif de mon sujet je vous ballade comme lui quelques instants en hors-d'oeuvre. Si cela vous a frappés et vous agace, faites-le moi savoir. Je modifierai mes structures quotidiennes.
J'en étais donc à l'utilisation des souvenirs comme matériau romanesque. C'est assurément très valable si c'est bien fait. C'est que, comme  je l'avais déjà suggéré à propos des événements, les souvenirs ne se résument pas en quelques mots. Ils représentent une contexture dont l'évocation touche à tous les sens : odeurs, images, sons, mouvements, températures, rapports avec les lieux, rapports psychologiques et affectifs... le tout mêlé de manière en générale agréable, touchante ou attendrissante, parfois au contraire teintée de rancune, de colère ou de désolation. Il faut tout faire intervenir dans la recréation du souvenir, comme il faut le faire pour la recréation de l'événement : vous voyez que mon obsession du biotope affleure ici aussi. La synthèse, sans suppression ni dédain de l'analyse. Alors vous imaginez bien que la description appliquée, pleine de bonne volonté, du cadre, puis des sujets, puis de leur interaction, puis des tonalités d'ensemble, même hiérarchisée et s'évertuant à ne rien manquer dans le détail, ne va pas faire le poids, en tout cas ne va guère faire naître l'intérêt. J'imagine que pour la peinture ce serait pareil : un cadre plus des personnages plus le ciel plus l'herbette ce ne doit pas être bien excitant; il faut qu'une peinture vous frappe comme si vous la receviez en plein visage. Pour l'agencement des mots et des idées, c'est la même chose : la littérature en coup de poing que les Américains ont inventée il y aura bientôt presque un siècle a connu en France une introduction salutaire, en modifiant au moins les règles admises pour la réception d'un texte littéraire, qui comportaient surtout révérence et abord respectueux. Qu'on bouscule un peu tout ça ne me gêne pas du tout, bien au contraire. Mais   ce n'est pas la première fois qu'on me traiterait d'anarchiste.
En fait, le matériau constitué par les souvenirs d'enfance est inépuisable,  à condition de savoir l'utiliser comme il faut (mais ce "comme il faut" reste bien vague, je vous le concède). De même que ce n'est pas tout le monde qui puisse posséder une voix de rossignol, de même qu'avec les mêmes ingrédients une maîtresse de maison vous fait une tarte aux pommes excellente et sa voisine un médiocre plateau de carton pâte avec des tranches de fruits dessus, de même les possibilités d'utilisation des matériaux romanesques varient selon les utilisateurs. Dans un domaine voisin,  je me rappelle qu'aux concours de piano du Conservatoire de Lyon je restais médusée d'entendre une vingtaine, une trentaine de concurrents de même niveau sur le même morceau, c'est-à-dire de voir les stupéfiantes différences entre les interprétations. Les mêmes notes, les mêmes tempi, la même application... Eh bien dès les premières mesures vous saviez si vous étiez en présence d'un bon élève ou d'un pianiste. Beaucoup d'appelés (ils avaient déjà tous passé un concours d'entrée, en théorie ils étaient tous au même niveau), peu d'élus. J'avais une fois à côté de moi une répétitrice qui suivait avec une extrême tension le déroulement des notes de son élève : pas une faute dans le charmant Galuppi imposé, au dernier accord la répétitrice avait poussé un soupir profond, de victoire c'était visible - et elle s'était tournée vers la mère, de l'autre côté : "Pas une faute, elle n'a pas fait une faute!" Comme si c'était le critère absolu...La fillette sans faute n'avait pas été jugée digne d'être récompensée, et d'autres l'avaient été - fort peu d'ailleurs - qui avaient peut-être accroché ici ou là, mais qui mais qui mais qui... Complétez, vous le ferez sans doute fort aisément, même en déplorant l'injustice des concours,  directement fonction de l'injustice des dons distribués dans les berceaux (ou non distribués) par les fées protectrices...N'oubliez pas les chats pour autant. A demain.                                                                      Lucette Desvignes
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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 10:25
Une fois le titre posé, je me demande ce que j'ai vraiment voulu dire. Les initiales sont féminin pluriel, pas question d'initiation (de qui? pour quoi? par qui?), et l'usage de l'abstraction pour l'adjectif employé comme nom est toujours dangereux. Le classique, le romantique, passe encore - c'est tellement usité que c'en est usé. Le religieux, le civil, le militaire, ça aussi c'est clair et sans bavure, pourvu qu'on ne les affuble pas en pensée d'un uniforme ou d'une soutane. On peut aussi admettre le curieux, l'important, l'essentiel, le mesquin, le beau et le laid  - j'en trouverais d'autres en cherchant, et même pas trop énergiquement. Mais vraiment l'initial? J'en suis réduite à la même perplexité que vous, mes belins-belines. Au risque de peu faire dans le commercial, j'ai envie de vous faire toucher du doigt le dangereux de votre équipée à ma suite : nous sommes dans le même bateau, mais comme c'est moi le commandant vous n'avez qu'à vous cramponner aux ridelles et faire silence sur les coussins.
Je crois que j'ai voulu faire référence au début de l'entretien d'hier : autrement dit, souvenirs d'enfance  =  matériaux médiocres à mettre dans l'écriture initiale. Oui, j'y suis : l'écriture première! Me voilà sur les bons rails. J'avais l'air d'établir deux niveaux d'utilisation des souvenirs : les miens, qui sont valables pour le roman comme pour l'autobiographie, et puis les vôtres, qui ni pour la création romanesque ni pour la transcription littéraire ne sont à retenir. Vision trop rapide du problème : au fur et à mesure que tout ça sera affiné, vous verrez qu'il ne s'agit pas de ces deux poids deux mesures outranciers. Pour le moment, contentons-nous d'évaluer le matériau que constituent ces souvenirs. Ils paraissent toujours exceptionnels, ils le sont rarement. La famille, l'école, le service militaire quand il leur fait suite, les campagnes guerrières quand il y en a, ce sont surtout des moyens de réunir sous un même thème des individus heureux de constater que tout le monde a à peu près les mêmes souvenirs. Gravité ou jovialité (le grave et le jovial) servent à trier les 
topiques, mais au-delà de ces applications orales on ne peut guère dans le domaine écrit y puiser une inspiration déterminante. Je suis perplexe devant la réussite volontariste de cette mise en mots.
Peut-être suis-je influencée par le fait que pour moi ce recours aux images et aux faits des jeunes années n'a jamais été ni délibéré ni même conscient. Il m'a fallu du temps pour me rendre compte que j'avais commencé à écrire l'histoire de ma famille : même le lendemain matin d'une écriture effectuée dans un véritable état second tard dans la nuit, j'avais du mal à me persuader qu'avec plus de vingt-cinq pages écrites comme sous la dictée j'avais ouvert un vaste chantier, celui de l'histoire de ma famille. Les souvenirs d'enfance y étaient naturellement inclus, mais de manière secondaire, me ravalant au rang de simple témoin oculaire pour tout ce qui touchait à la vie des potiers et aux lieux de leur activité. Je n'étais pas au centre des évocations ou des affabulations liées à l'écriture; j'étais le "private eye", comme les Américains le disent d'un détective privé; celui qui voit, qui doit voir, qui est même payé pour voir. Et il est de fait qu' à travers toute mon oeuvre je suis obsédée par la position du regard porté sur les événements, les faits et gestes, les impressions - une manière comme une autre de supprimer la conscience du narrateur, nous y reviendrons   et probablement souvent. Pour l'instant, un regard glissé vers le bas de ma page m'invite à saluer vos chats et à vous inviter à faire de même. Allons-y, à demain. On démarrera sur les souvenirs d'enfance comme matériau romanesque.         
                                                                                                           Lucette Desvignes
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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 10:58

Les racines, c'est le solide que j'espère vous apporter, perceptible (avec un peu de bonne volonté certes, je vous l'accorde) sous les fanfreluches du bavardage. Les ailes, c'est la légèreté que me procurent les contacts avec vous, lorsqu'ils s'établissent. Je ne veux pas faire de statistiques dès maintenant, toutefois je vais bientôt pouvoir compter sur les doigts de la main les bloggeurs qui s'intéressent à moi - disons à mes divagations blogguées - au point de m'envoyer un petit coucou bonjour. Le succès vient doucement - et, disait mon c her Marivaux, "je l'aime bien autant procuré de cette manière-là". Vous voyez que je m'appuie sur les bons auteurs pour me forger une philosophie.
Je repense à une nouvelle du prix que nous n'avions pas la possibilité de récompenser,  mais qui m'avait profondément touchée - et je n'étais même pas la seule, mais avec un jury de treize membres il est difficile de plaire à tout le monde et à son père. A propos de la légèreté. Elle évoquait une petite Cheyenne (ou Cherookee, l'un ou l'autre) qui planait sur les ailes des vents alizés au-dessus d'un vaste gouffre d'herbe et que l'adolescent narrateur avait promis de retourner voir pour apprendre à voler lui aussi; la date de cette promesse faite à lui-même du haut d'un gratte-ciel était le 11 septembre. Il faut être constitué en fer nickelé (drôle d'alliage, quand on y songe) pour ne pas recevoir le choc de pareille date  ponctuant une envolée de promesses ou de rêves : j'avais déjà été remuée en profondeur en trouvant au bas d'une autre nouvelle pleine d'optimisme et de sérénité la date d'Hiroshima (pas à la même occasion d'ailleurs). J'aimerais pouvoir faire savoir mon appréciation à l'auteur par-delà le fonctionnement de l'attribution du prix - voeu pieux condamné à l'inexistence par les règles mêmes de la chose. Je pense à ces critiques, apparues sur aceboard-forum, de gens dépités d'avoir été déboutés du succès littéraire et qui prennent pour chacun en plein visage l'ensemble des critiques formulées à l'égard de tous les concurrents : il est évident que resserré de la sorte le panorama des fautes prend une allure tueuse qui n'était valable que pour certains textes minables dont on pouvait à juste titre se demander ce qu'ils étaient bien venus faire dans ce concours, ce n'était pas valable pour tous les textes refusés. D'ailleurs, en fin de rapport, les commentaires sur la douzaine de nouvelles écartées à regret montraient bien qu'on aurait aimé faire plus, qu'il fallait - dura lex sed lex- choisir parmi d'excellents textes celui qui porterait seul l'étiquette. Et précisément la manière dont ces commentaires sont présentés, résumant chaque nouvelle de sorte que chaque auteur pût bien se reconnaître et voir qu'on l'avait lu, relu et apprécié même s'il n'emportait pas le gros chèque, était suffisamment dédouanante envers le jury pour que le candidat malheureux qui publiait le rapport en ait perfidement et soigneusement omis toute la dernière partie, celle  où s'étalaient ces remarques pleines d'éloges. Je ne sais pourquoi je repense à tout cela, qui  n'a plus avec la légèreté du début la moindre connivence, loin de là.
J'ai encore un morceau d'espace utilisable avant les salutations de départ. Je pourrais commencer quelque chose, sans doute, à condition que ce ne soit qu'une amorce d'un développement à venir - donc pour demain. Je pourrais repartir des premières lignes des "Noeuds d'Argile", lorsque j'ignorais encore tout du projet finalement arrivé à maturité et existence vingt-deux mois plus tard. En effet j'aimerais souligner que jamais, au grand jamais, je n'avais eu envie de raconter l'histoire de ma famille. Les souvenirs d'enfance me paraissaient sans intérêt, mis sur le papier par des auteurs sans inspiration qui n'avaient rien d'autre à dire. Et il est de fait que lorsque Lambda se met en devoir de soulager son prurit d'écriture il se lance dans ses souvenirs d'enfance (ou de service militaire, aussi, ou de guerre d'Indochine ou d'Algérie, pourquoi pas?). Cela tient alors de la composition française niveau Troisième, appliquée,  conventionnelle, illisible sauf si on a besoin d'un somnifère puissant (et croyez-moi les George Sand et consorts qui ont rempli les rayons des bibliothèques des familles de ces confidences qui n'en étaient pas et qui en aucun cas ne pouvaient faire fonction d'inspiration ne sont pas exclus de mon tour d'horizon, même si je ne prends pas la peine de les énumérrer ici). Et combien de fois n'ai-je pas entendu ce refrain: "Ah! si j'avais eu le temps - ou, en variante, quand je serai en retraite - voilà ce que j'écrirais, moi, mes souvenirs d'enfance!". Comme une chose précieuse. Comme s'ils n'étaient pas tous taillés à peu de chose près sur le même modèle. Et, hélas, rédigés selon le même modèle littéraire. Mais de tous ces beaux projets en général aucun ne voit le jour. Chez moi, aucune trace de cette démangeaison familiale. Je rêvais plutôt, dans mon jeune âge, de rivaliser avec Jules Verne (excusez du peu). Pourtant la famille m'est tombée dessus sans que je puisse m'en dé^prendre. je vous raconterai ça demain. Les chats, les chats! 

                                                                                          Lucette Desvignes















 

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 10:14

J'ai l'air de m'avancer vers le martyre, avec mes "'Au boulot!", "Au charbon!" et autres "avançons!". En réalité c'est une vraie joie de me retrouver devant le bureau et d'y imprimer mes marques. De même que le soir je ne vous quitterais jamais, mes très chers, sans saluer vos chats, de même le matin, après mes salutations muettes à Chevillard  via son blog, je me mets au travail avec le sentiment profond que ma mission doit être traitée avec le plus grand respect. Le travail du matin est paraît-il le meilleur. Je ne garantis rien, vu que je suis plutôt un oiseau de nuit - j'étais même, autrefois, un oiseau de nuit et de jour, mais il y a longtemps que j'ai dû opter pour un tempo plus raisonnable - toutefois  il est certain que je me sens bien, légère,gonflée comme une plume (une plume peut-elle être gonflée? j'en doute... ma légèreté matutinale a dû déborder sur le terrain des métaphores - biffez, biffez donc si cela vous importune). C'est comme le bain du matin, le bain en mer j'entends, quand le soleil commence à chauffer : le bain du soir, lorsque les ombres s'allongent et que l'eau ressemble plutôt à de la soupe en bordure du sable, ça n'est plus rien du tout.
Notez bien que mon ton péremptoire admettrait volontiers la contradiction. C'est simplement une

manière que j'ai, comme ça, d'énoncer des vérités qui sont strictement miennes comme si elles avaient valeur de lois universelles. Une fois que vous serez pénétrés de cette caractéristique, une fois que vous aurez compris que si vous voulez protester, m'affirmer le contraire, me démontrer même que j'ai tous les torts de mon côté, j'en serais ravie et vous ouvrirais mes colonnes et mes bras en grand et en large, alors on avancera. Vous connaissez sans doute bien mieux que moi les ressources de la merveilleuse machine qui nous réunit :usez-en, mes chers, usez-en! Peut-être enfin le contact s'établira-t-il sur d'autres bases que le monologue. Non que je méprise ce dernier: je l'aime même tellement que mes personnages ne s'expriment presque que par lui. Le monologue intérieur,source de richesse et de participation en profondeur... Je me rappelle mon ravissement lorsque j'ai découvert Joyce et les monologues de Molly Bloom; je n'en revenais pas...Il y a bien longtemps, naturellement, mais l'exaltation ressentie figure parmi les quelques rares émotions littéraires à jamais vivaces en moi. "Cent ans de solitude" pour son exubérance insolite, "Chronique d'une mort annoncée" pour son déroulement magique, "Absalon! Absalon!" pour les dévoilements successifs des événements - si peu de chose, en vérité - tous vus à travers des monologues où se remâchent, se ressassent,se redigèrent les faits et les réflexions - avant Claude Simon, dont chaque livre est pour moi une source de jouissances sans rapport avec le reste de la littérature. Un peu comme s'il trônait au milieu des quelques rares élus parlant presque sa langue, Faulkner, Garcia Marques, Joyce... à peine les doigts d'une main.
Certes cela ne fait pas beaucoup. D'autres, à côté d'eux, font sans doute figure honorable et je ne veux pas me mettre à les évoquer, j'en oublierais la moitié. Mais aucun d'eux, non, jamais aucun d'eux ne m'a fait connaître les extases que je dois à cette main sans pouce. Le monologue intérieur! Mais il n'y a que ça, ma brave dame, il n'y a que ça. Le poumon, le poumon, vous-dis-je! Vous, dont je n'entends guère la voix, dites moi bien si ce poumon-là vous fait respirer aussi intensément que moi. On pourrait en discuter, non? Je m'arrête de vous tendre des perches et je salue vos chats, vous seriez bien capables de les oublier. A demain!
                                                                                                             Lucette Desvignes























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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 15:19
Vous savez ce qui se passe quand il y a trop de bouches à nourrir autour d'une grande marmite. Les premiers sont servis à peu près normalement, même si la mère de famille garde un  oeil vigilant sur les rations et ne perd pas de vue le reste de la tablée. Puis insensiblement les rations diminuent, si bien que les derniers sont loin de pouvoir prétendre à la normalité ; aussi bien, pense la mère, ce sont les plus petits, sans doute ont-ils moins de besoins que les plus grands. Eh bien voilà ce qui se passe dans ce blog. A force de signer des pétitions, d'envoyer des fax vengeurs, d'écrire aux autorités  - locales, régionales, nationales, européennes... si, si, et certains répondent : les locaux, tous; les régionaux, presque tous; les nationaux, selon la teneur de mon courrier en général virulent (il y a des ministres dont les chefs de cabinet ou secrétaires de dernier niveau, rompus à l'exercice, répondent presque sans attendre en jouant de la langue de bois avec maëstria) et les européens, toujours et avec déférence - à force, oui, il ne reste plus grand chose dans la marmite quand arrive le temps des derniers à servir. Mille regrets, mes très chers, mais vous êtes ces derniers à servir. J'ai commencé il y a trop peu de temps mes contacts avec vous (si on peut appeler ça des contacts) pour que vous puissiez vous targuer d'une fidélité qui pourrait m'impressionner. N'insistez pas, vous passez après le reste. Le reste, quand il est constitué de ces pétitions, réprimandes, apostrophes véhémentes aux ministres et chefs de gouvernements, a correspondu à une intense dépense d'énergie et de matière. Il a pratiquement tout dévoré, le glouton, en égoïste, en Giton au teint frais et à mine vermeille, comme dirait notre La Bruyère. Et c'est vrai que la rouspétance, les apostrophes indignées, l'explosion de la colère, les anathèmes variés qui tournent pourtant à peu près tous sur le même sujet pot de terre contre pot de fer, tout ça vous use si vous vous y mettez de tout votre coeur - ce que je fais, n'en doutez point. Donc je m'use. Donc ma marmite se vide. Donc si je gratte le fond pour vous en ramener quelques cuillerées, il y aura plus de râpon que de ragoût. Dites-moi un peu : qu'y puis-je? Ne comptez pas sur moi pour changer l'ordre des facteurs, pour opérer des permutations circulaires (j'ai l'air féru en vocabulaire matheux, hein, et j' avoue même que je m'en sens toute requinquée, d'avoir encore ces connaissances-là après tant de décennies, mais en vérité vous avez devant vous toute l'étendue de mon savoir algébrique, géométrique et - hon!hon! dirait Arlequin - trigonométrique : pas une once de plus, je vous le garantis honnêtement).
Et voilà que déjà se pointe au bas de ma page le carré jaune du harcèlement par le temps : inutile de me lancer dans un autre chapitre, le point final serait tout de suite là, comminatoire et malveillant. GRRR!! Pourtant, voyez comme je suis docile. J'obéis - mais oui! Bonjour au chat, bonne nuit à vous, à demain!                                                         Lucette Desvignes.
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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 18:26
Quand j'attaque un nouveau chapitre de blog (vous voyez bien : j'emploie le verbe attaquer, c'est un comble) ,j'ai l'impression que j'ai en face de moi une tâche énorme à laquelle je dois me colleter en jetant toutes mes forces dans la bataille (tiens! la bataille... encore!).Il est vrai que cela me demande du temps et de la matière. Quand je parle de ce blog à des initiés, ils rient et me disent que je me suis mis un drôle de poids sur les épaules. Je verrai donc si je tiendrai le coup longtemps. Pour l'instant, encore tout feu tout flamme. Et, si je ne me trompe pas, de la réserve. Parfait. On verra.
J'ai appris toutes sortes de choses sur Hérode, hier. De là à lui consacrer une biographie... J'ai tort, sans doute : la biographie est la nouvelle forme de la littérature. Elle est d'ailleurs d'autant plus facilement pratiquée qu'elle tourne allègrement le dos à tout ce qu'exigeait la tradition historienne dans sa conception la plus pure - respect de l'individu, respect des faits, modération dans les suppositions, recherches fièvreuses et poussiéreuses ( mais parfaitement!  la recherche historique peut très bien être à la fois fiévreuse et poussiéreuse : moi qui suis par exemple allergique aux poussières des vieux livres, je suis allée une fois faire l'un de mes stages à la BN quand elle était encore Rue de Richelieu, je travaillais avec fièvre sur de vieux bouquins et  j'ai dû battre en retraite à cause d'éternuements incoercibles qui dérangeaient tout le monde et son père - heureusement que je ne travaillais pas, cette fois-là, sur des manuscrits de théâtre comme si souvent : on m'aurait virée manu militari comme une anarchiste destructrice délibérée du patrimoine écrit). Désormais,  de même que tout journaliste se sent autorisé à se dire écrivain, de même tout biographe se targue d'une totale indépendance vis-à-vis de son bonhomme (c'est le cas de dire qu'il ignore la notion de biotope, ou qu'il la piétine fièrement : oui, c'est plutôt ça). On invente du dialogue, on imagine des entrevues, on prête audit bonhomme des sentiments, des pensées, des initiatives sans du tout s'embarrasser de vérifier si c'était bien du matériau pour biographie, ou plutôt en étant bien sûr que c'est de la matière inédite, imaginée pour la beauté de la chose. C'est que le brave public est conscient de ses ignorances, même s'il les baptise pudiquement insuffisances : alors, comme on a créé autour de lui une espèce de biotope culturel dans lequel il circule mollement sans trop savoir ce que c'est que la culture, il voudrait bien rattraper le temps perdu, donc il lit des biographies. Cela lui donnera, pense-t-il, un fond de teinture de l'époque, manière comme une autre de combler des lacunes en forme de cratères de volcan. Que ça soit vrai ou non, ce qu'on lui dit dudit bonhomme, peu importe au fond. L'essentiel n'est-il pas de se documenter? Lecteurs, ne lisez pas les biographies d'Agatha Christie ou, pourquoi pas c'est à la mode, de Jean Moulin - je ne parle de ces deux-là que par expérience - car le rapport avec la vérité est aussi ténu que le fil d'Arachné. Lisez plutôt des biographies de sportifs ou de chanteurs : si la vérité est malmenée pour ceux-là, qu'importe? (que m'importe à moi, en tout cas?). Vous aurez l'impression d'entrer tout vivants dans la légende culturelle de notre époque.
J'aurais tellement à dire sur la biographie que je suis bien sûre d'y revenir, ce qui m'ôte de la conscience le remords de vous abandonner sur ces tristes considérations. Rien de si triste, en effet, que de voir rendus si mortellement ennuyeux des gens morts auxquels on accordait encore si volontiers la vie... Les voilà piqués sur leur liège, pattes repliées, antennes en berne, uniformément ternes et humiliés, dans des vitrines où on les a alignés par dizaines. Les pauvres! Ils s'appelaient carabes dorés, cicindèles, coccinelles, courtilières, pyrrochorus, zygènes... les voilà en boîte, et ce sont ces vitrines qui pérenniseront la connaissance de leur morphologie. De quoi prendre le maquis, non? Oh je le prends souvent. Sans jamais oublier de saluer les chats des voisins, faites de même, allons un bon mouvement!
                                                                                                         Lucette Desvignes.














































  
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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 08:38
Allons-nous pouvoir enfin nous extirper de l'Ange bleu, du Professeur Rath-Unrath et des jambes de Marlène? Je n'y faisais qu'une halte en passant, je ne cherchais pas à tout prix à en parler à plusieurs reprises, ce sont les incidents mécaniques qui ont décidé pour moi. Aujourd'hui je reprends la main - la haute main, vous entendez bien - sur les opérations en cours. On va voir ce qu'on va voir.
Je suis peinée, quand je lis un roman, de voir la place qu'on accorde aux scènes convenues, aux scènes à faire. J'en veux pour preuve - car, si je suis bien informée, l'adaptation pour la télé suit scrupuleusement le roman, tant l'adoration pour l'auteur est visible - le feuilleton de télé d'hier soir. Je l'ai pris au vol, vous pensez bien : pas question pour moi d'y aller de ma dévotion (d'ailleurs elle n'est pas si générale que ça, la dévotion : même au temps de sa première grandeur le spectacle faisait bâiller, faisait cucul la praline, faisait manque d'ellipses, et ce n'est certes pas avec vingt ans ou plus de décalage que les choses vont s'améliorer), c'était seulement qu'entre deux films en anglais j'avais un battement, alors je me suis résignée. Pas d'inquiétude à avoir d'avoir manqué tous les autres épisodes : il ne se passe pas grand-chose dans chacun, on a vite fait de comprendre ce qui se passe entre les personnages (d'ailleurs autrement dit : rien). Mais le frappant pour mon oeil critique si vite dépréciatif, c'étaient les scènes à faire  : pas une ne manquait. Les préparatifs pour la crèche de Noël, l'émerveillement enfantin, la dernière rencontre sur un pont jonché de feuilles mortes et dans les rutilantes teintes de l'automne, les révélations du brave serviteur dévoué, l'agonie paisible de la mère qui a obtenu pour la fille le pardon du gendre si outrageusement trompé, la manière si facile pour la fille buissonnière de rentrer dans le rang,  la désolation si sobre du père, rien n'y manquait. On attendait tout au moment où il le fallait, et le traitement lui-même était exactement ce qu'on attendait qu'il fût à ce niveau. D'une séquence à l'autre le récit se traînait, toujours à la même vitesse-lenteur, seules les feuilles du décor (ah çà, chapeau pour la beauté de la forêt!) changeaient de couleur selon ce qui convenait. Jamais comme en ces instants de repos total de mon esprit je n'ai ressenti aussi fort le caractère nocif de cette exécution d'un passage après l'autre, chacun considéré sans doute par l'auteur comme une marche de l'escalier à grimper jusqu'aux sommets, glorieuse conquête d'une marche réussie à chaque fois.
J'aime bien me sentir en verve dès le matin. Ne croyez pas que l'impérissable souvenir de l'impérissable adaptation de l'impérissable roman à l'origine de toutes ces splendeurs m'ait occupé l'esprit toute la nuit au point de revivre encore à mes yeux à peine les paupières levées. Je cherchais simplement, de bonne heure, un contre-pied à mes adhérences entre personnage et biotope : les personnages en carton pâte du chef d'oeuvre d'hier me sont apparus comme convenant bien à mon dessein. Aucun rapport entre le décor - dont j'ai honnêtement souligné la beauté - et les gens, pipoul ou pas pipoul. On aurait pu tout aussi bien imaginer l'amant farouche dans la petite salle de la crèche, ou le père toujours avec son expression grincheuse sur le pont dans les feuilles d'automne. Je ne crois pas que cela aurait changé grand-chose, mais je me trompe peut-être.
En tout cas pour aujourd'hui on va laisser tout ça.Le biotope, certes, on en reparlera; il a trop d'importance pour moi et il émergera chaque fois qu'il le faudra - mais seulement alors. Pour l'instant on le fait taire. D'accord? D'ailleurs, même si on a un peu d'avance, il y a les salutations aux minets à ne pas négliger. Pensez-y, à demain.
                                                                              Lucette Desvignes.
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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 16:23

Décourageant, cet engin, quand on ne sait pas s'en servir! J'ai voulu d'abord rappeler la devise de Sarah Bernard venant jouer sur scène avec une jambe de bois pour mettre en lumière ma propre obstination à recommencer jour après jour sans savoir si cela rimait à quelque chose. Je parlais de la lente progression adoptée, afin, disais-je en camouflant mes insuffisances, pour permettre aux piétons égaillés sur la route de se rallier à mon panache blanc. Dans la foulée je reparlais de la pertinence de mon credo en les adhérences du personnage à son biotope. Deux grands paragraphes, je me frotte déjà les mains. Pouf! J'éternue. Tout disparaît. Je parle alors de mes envies irrépressibles de soulever le clavier de mon PC pour aller voir en d-essous s'il n'y avait pas une cache, un petit nid sercet ignoré des installateurs, où se réfugient coquinement toutes les phrases enfuies hors de leur biotope personnel. Les faits bien expliqués et priant qu'on  m'excuse d'avance pour les redites et l'aspect cahotant de l'ensemble, je découvre que je peux descendre et voir au bas de mon espace alloué si la frontière ne se pointe pas. Surprise! Je découvre tout mon premier volet. Avec bien du mal, j'arrive à rapprocher les deux morceaux de textes : pas le temps de vérifier où se trouvent les inévitables redites, pas le temps de disserter brièvement (vous savez comme je suis brève quand je disserte) sur l'importance d'un éternuement dans la rédaction de pages immortelles, Repouf! J'avais à peine pu parler du professeur Rath-Unrath et des liens avec son biotope concrétisés par sa mort, retour dans sa classe, sur son bureau, affalé dessus et l'étreignant des deux bras, à peine pu dire que "L'Ange bleu" c'est ça pour moi, de préférence aux jambes de Marlène, quoique... A peine eu le temps de prendre l'air et le ton rêveur de notre cher Devos : Rerepouf! les deux volets disparaissent derechef, et cette fois-ci impossible de les retrouver. J'en suis donc au troisième volet, et ma grande crainte est que celui-ci ne me fausse aussi compagnie si je me mets à tousser . J'en étais là lorsque j'ai pu récupérer deux textes enfouis dans de mystérieuses et inaccessibles Limbes, je ne voudrais vous en priver pour tout l'or du monde, je me sers donc de cette moraine pour servir de fondations à ce qui va suivre aujourd'hui. Si bien entendu je peux faire passer cet "article sauvegardé" au rayon des "articles édités", ce qui n'a rien de garanti. Allons-y brament!
J'étais satisfaite d'avoir pensé au Professeur Unrath pour me servir d'exemple pour les adhérences (toujours ce terme de chirurgie qui s'impose pour mon propos) reliant le personnage à son biotope. Il n'aurait pas dû en être coupé, il a souffert dès lors qu'il n'y avait plus de contact entre eux.  La reprise du contact in extremis lui a permis un départ paisible (qu'on songe à la lumière qui à ce moment arrive jusqu'à son bureau et le recouvre comme d'une protection définitive) - normal, toutes choses remises en place. Je pense de même à Wollef, se dilatant dans son contexte de forêt américaine conquise de haute lutte et précisément lui appartenant : il faut qu'il la sente sienne pour s'y insérer totalement, ce qui cessera dès qu'il pensera à un autre biotpoe pour survivre ou s'affirmer. Le dos tourné à cette campagne qui plusieurs années lui a servi de cocon, il recherche autre chose que le cercle de famille, il recherche le contact citadin avec les autres, les membres d'une communauté, les citoyens à servir ou dominer . A la fin de "La Brise en Poupe" il n'est plus le Wollef épanoui sur une terre enfin à lui, il s'est modifié au fur et à mesure que son biotope a changé. Les deux exemples me paraissent complémentaires - sauf que tout le monde sait qui est le Professeur Rath-Unrath et que je donnerais volontiers une médaille en chocolat à ceux qui ont pu suivre ce que je dis de l'évolution de Wollef parce qu'ils l'ont lue... Nous n'en sommes guère qu'en fin de matinée, mais d'ici à ce que j'aie trouvé le moyen de faire repasser ce "sauvegardé" dans les "édités", il sera certainement temps que je vous souhaite le bonsoir, après vous avoir rappelé d'être poli envers vos chats. A demain.
                                                                                                                                   Lucette Desvignes

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