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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 16:12

 

 

COMMENT ON PERD SON TEMPS

 

                    Je constate avec honte qu'entre le 26 février et le 3 mars je n'ai rien écrit. J'ai peine à le croire, mais il faut bien que j'accepte l'inexorable signification des chiffres. C'est vrai, j'ai eu un calendrier effervescent sur quelques jours, avec des RV difficiles à combiner et hérissés de défaillances, avec des problèmes de déplacement qui pour moi,  sans doute le savez-vous parce que j'y ai déjà fait allusion, sont de plus en plus difficiles à régler. Les grands  déplacements  bien sûr sont oubliés, mis hors de question, les sorties en ville se sont réduites d'elles-mêmes et peuvent se faire en taxi, mais les causes de problème sont les distances moyennes, Dijon-Chalon, Dijon -Mâcon, Dijon-Cluny, à la rigueur négociables par le train (quand il faut il faut, mais l'époque du Covid m'a fait perdre de saines habitudes : désormais je rechigne rien qu'à imaginer les courses au long des quais, les escaliers des gares, l'ascension des wagons,  le stress de l'horaire, alors que j'avais fait de tout cela un complément athlétique auquel je ne prêtais même pas attention). Je dois dire que la plupart du temps le problème des déplacements régionaux ne m'incombe plus : non seulement on ne m'oublie jamais pour les rassemblements familiaux ou les événements culturels auxquels je tiens toujours furieusement (comme dirait M Macron en parlant de son amour pour les Français),  mais on vient me chercher, on me transporte, on me dorlote,  les itinéraires se compliquant pour les uns ou les autres mais tout cela en dehors de moi, traitée comme un objet précieux à entourer de précautions et de soins. Certes cela ne m'autorise pas à perdre mon temps, mais si je participe à la fébrilité d'une atmosphère je ne peux plus écrire.

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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 14:56

 

HUMOUR EN PORTE-A- FAUX

 

 

                    On dit souvent que l'ironie, quand elle est perçue, peut blesser comme un coup de couteau. L'humour au contraire, suggère-t-on sur la même lancée, n'a rien d'aigu ni de corrosif,  il n'appuie jamais fort sur les insuffisances du sujet,  il adopte facilement un  ton bon enfant, copain-copain, qui pousse les uns  et les autres à sourire. Mais que se passe-t-il si les destinataires de ces remarques n'ont pas perçu l'intention joviale sous-jacente et prennent la mouche, en se considérant comme offensés, traités de haut comme des sujets à qui on a eu la mauvaise idée de donner des ordres? Et attention! Quand des ordres sont formulés - surtout autour d'une invitation  - comme une expression de bonne humeur, comme une joyeuse tape sur l'épaule pour vous entraîner plus vite dans la ronde (quand on vous dit "Allons, allons, vous n'allez pas vous faire prier tout de même? Bien sûr que si, on vous attend! ! Bien sûr que  si  on tient à votre présence! Laissez vous faire, rejoignez-nous vite, dites-moi vite Oui oui j'arrive!") peut-on se sentir assailli par un commandement autoritaire qui ne tient aucun compte de votre désir propre?  Eh!bien oui, figurez-vous que ça peut se faire...Ah! je n'aurais pas cru ça possible. Mais c'est possible, je le sais maintenant.... Donc, méfiez-vous de l'humour bon enfant si par hasard il est constitué de trop d'impératifs!

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26 février 2022 6 26 /02 /février /2022 18:45

 

REFLEXIONS DESOLEES

 

                    L'atmosphère pesante due depuis si longtemps au Covid paraissait finalement insupportable par son caractère interminable et sans parade possible. On nous avait dit et répété que c'était la guerre - et les nombreuses victimes se sont certainement bien senties incluses dans un contexte destructeur inexorable. Nous allons toutefois aborder - en fait c'est déjà là depuis 48 heures - une période autrement tragique, celle des armes, des bombardements, des massacres de civils, des bâtiments éventrés, des empilements de cadavres, des longues affluences de gens en fuite aux frontières pour tâcher d'échapper à la mort. La guerre est là, qu'on l'appelle agression ou non : plus proche pour nous que l'Afghanistan, que l'Irak, que le Yémen, que tous ces règlements de compte qui s'effectuent dans le sang et l'ignominie, dans la haine et la violence, dans l'irrespect total de l'humain d'en face. Assez proche pour que nous nous  sentions géographiquement menacés, mais surtout mal à l'aise quant à nos parts de responsabilités dans les conflits qui éclatent chez les autres. Que les divers pays qui se considèrent comme alliés - l'Europe, avec son contingent de rancunes, de crocs-en-jambe, de froissements, de jalousies sournoises, d'antipathies mal dissimulées - cherchent une réplique à cette entrée dans le mal, d'abord par les sanctions économiques toujours douloureuses, ensuite sans doute (si l'on en croit nos Déroulède et leurs effets vocaux  trompettants) par l'utilisation, enfin, de ces armes toujours briquées mais dont on n'avait pas l'usage, c'est ce qui semble à l'ordre du jour. Qui  élèvera la voix pour dire que le mal répondant au mal n'a jamais abouti qu'à l'horreur sans borne?

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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 17:58

OBSERVATION

 

                   

          Je suis frappée de la brutalité avec laquelle les petites cellules de la mémoire s'éteignent, quand elles considèrent qu'elles en ont assez fait. Elles sont bien à leur place, vous l'avez vérifié il y a peu,...et soudain il n'y a plus d'abonné à ce numéro. Noms propres la plupart du temps - géographie, noms de poètes, peintres, artistes,  compositeurs, écrivains... -  ou noms d'amis et connaissances,  titres de films ou de romans... mais surtout de plus en plus souvent des verbes, non parce qu'ils sont rares ou peu usités, seulement parce qu'ils se sont éteints et ne réagissent plus. Je peux à présent rester des jours, voire des semaines, sans que revienne à ma disposition tel mot cherché en vain (oedème, crêper, sporange,

grésiller...) malgré le déploiement de toutes les ressources d'approximation, d'euphonie, d'association avec quelque chose qui ne se rebelle pas encore. C'est de la rébellion,  pas de doute, puisque, tout aussi soudainement, les termes fugitifs ou boudeurs resurgissent comme si de rien n'était. Le plus tragique peut-être, c'est qu'il ne s'agit pas d'un flou de la mémoire comme si le mot poursuivi était sur le bout de la langue. Non : la petite case est vide, noire, d'une froideur glacée à vous destinée, vous la devinez dans la partie du cerveau qui vous fut toujours si fidèle, là au fond à gauche, et tout ce que vous pouvez faire c'est de souhaiter qu'elle ne contamine pas trop vite les voisines.

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17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 19:22

 

SUPPLEMENT A L'OXYMORE

                   

          Je me suis en effet rendu compte, en dissertant sur l'oxymore et en en fabriquant quelques-uns, que ce n'était pas facile d'en créer à la pelle ; il n'y a alliance de mots que lorsque les deux termes sont opposés par une racine différente, le contraste des significations est à lui seul insuffisant. Par exemple, j'avais créé "un banquier désintéressé"(vous allez trouver avec moi que c'est un oiseau rare, mais justement la formule insiste sur l'insolite de la chose, il n'y a pas contraste difficile à accepter, comme dans "silence assourdissant"; la formule peut admettre n'importe quel adjectif (blond, rougeaud, intègre ou myope),  elle ne rentre pas dans les figures de style. De même, avec mes gazouillis : ils peuvent être consternants ou débiles tout autant que délicieux, mais le nom n'a pas de contraire,  et même "gazouillis pétaradants" ne serait pas un oxymore (sans cela tous les noms affublés d'un adjectif leur conférant une caractéristique particulière feraient l'affaire,  et je n 'aurais pas besoin de m'en mêler). Retenez donc cette absolue nécessité du clash entre deux sens non faits  pour s'apparier, mais qui en s'appariant de manière détonante causent la surprise et le divertissement..

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17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 18:32

ET  L'OXYMORE?

 

                    Et si on s'occupait de l'oxymore, est-ce que ça ne varierait pas valablement nos travaux? Quand on l'appelle oxymoron, comme on a pleinement le droit de le faire si on veut se faire remarquer, cela donne au terme une vague coloration sanitaire dans le sillage des nouveaux variants du Covid,  mais cela n'éclaire pas sur son rôle ni sa signification dans la phrase. J'y pense parce que je viens de lire hier "une obscurité lumineuse" - et je ne peux m'empêcher de penser qu'il s'agit d'une parodie (est-elle consciente ou non?) de cette "obscure clarté " qui tombait des étoiles dans Le Cid. "Un silence assourdissant" est une figure de style coquettement mise en valeur par l'ensemble de nos présentateurs, comme s'ils en étaient les créateurs personnels alors que c'est devenu un vieux machin éculé. Le fin du fin est d'allier deux mots par définition inconciliables, absolument antagonistes : "un deuil réjouissant", "une catastrophe bienvenue", "une vigilance endormie", "une alarme muette",  "une harmonie discordante", "une élocution  éthylique"... La formule a toujours l'air un peu affectée, comme le résultat d'un calcul, et lorsqu'elle paraît venue tout naturellement elle est alors de qualité, c'est-à-dire qu'elle retient l'attention, voire se teinte  d'ironie  et peut prêter  à sourire. Et il faut qu'elle frappe, et elle ne frappe pas si les contrastes ne sautent pas aux yeux dès la fusion . On peut y revenir si vous jugez que le jeu en vaut la chandelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

77777777785ition impossibles à coexister

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15 février 2022 2 15 /02 /février /2022 18:10

 

DU PLEONASME

 

          On pourrait s'occuper un peu du pléonasme, qui n'est apparu entre nous qu'incidemment et qui, à mon avis, mérite mieux. Cette manière d'insister sur le sens d'un propos sans avoir l'air de répéter ne relève jamais d'une recherche langagière, mais bien plutôt d'une ignorance du rôle dévolu à chaque terme. Ainsi "monter en haut", "'descendre en bas", "s'enfuir en courant" (alors que "s'enfuir en boitant" n'aurait rien de pléonastique), "allumer la lumière", "marcher à pied"... juxtaposent la même idée sous des formes grammaticales différentes, adverbe + verbe, verbe + nom tiré du même radical. C'est justement l'ignorance des racines qui amène à la répétition du sens (d'où l'inutilité d'un des termes) : "constellé d'étoiles" (étoile = stella en latin), "un soldat militaire" (miles = soldat en latin), "un vieillard sénile" (senex = vieillard en latin).... pourquoi pas aussi "de la braise incandescente" ou "un pyromane incendiaire"? L'association  des termes, inutile puisque répétitive, donc n'apportant pas la moindre nuance supplémentaire, dissimule son inutilité grâce aux  origines sémantiques différentes dont les aspects surtout sonores ne trahissent pas pour l'oreille que la pensée piétine. Au passage,  pas de pléonasme pour mes délicieux gazouillis : chaque terme contient sa dose d'enchantement, les deux s'additionnent pour plonger dans le ravissement ceux qui écoutent...

 

 

 

 

 

 

 

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14 février 2022 1 14 /02 /février /2022 12:05

UN TROU, DEUX TROUS...

 

                    J'ai beau promettre voire engager ma parole (Croix de bois, Croix de fer, Si j' mens j'vais en enfer) : j'ignore s'il s'agit d'une disposition génétique ou si les conditions troublées de nos vies présentes agissent sur mes fonctions. En tout cas, voilà encore deux séances de blog qui sont passées à l'as, sans même que je m'en aperçoive sauf au moment du bilan ou de l'exercice. Autrement, le reste du temps - donc, devrait-ce être, la journée - devrait être consacré à la chasse aux idées, aux sujets, à la dignité de nos entretiens. Eh! bien figurez-vous que je remplace ce temps de documentation par de la lecture : je me réserve un petit moment, juste pour me mettre en train... et puis, quand je suis plongée dans d'autres mondes ou dans d'autres ambiances je ne sais plus que j'ai franchi la frontière et que je suis en train de vous trahir bel et bien, mes belins-belines, puisque je me livre à des jouissances intellectuelles auxquelles je ne vous convie nullement. Mais soyez-en sûrs : le bénéfice glané au parcours d'un livre ou d'un autre passera par osmose ou transfusion directe dans votre petit particulier, de manière à bien nourrir ou égayer vos cellules sensibles. On pourrait de nouveau reprogrammer les entorses à la grammaire ou à la correction de la langue : je crois que vous aimez assez ce genre de délicieux gazouillis.

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10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 11:59

 

RYTHMES RIGOUREUX

 

                    Je viens de découvrir avec émotion que lorsque je ne fais pas s'envoler les délicieux gazouillis de mes blogs vers vous, mes belins-belines, certains parmi vous comptent les jours de silence et s'inquiètent. Que ne voilà-t-il pas une délicatesse rare dans l'attachement! J'en fais le sujet de mon blog d'aujourd'hui tellement j'ai été émue. De ce décompte plein d'inquiétude je devrais bien tirer une leçon personnelle. En général je n'écris pas mes contacts avec vous, mes agneaux, si je suis mal portante ou si j'ai des obligations impérieuses qui dévorent mon temps disponible pour vous. Mais j'avoue aussi que parfois (pas très souvent mais tout de même) c'est la déesse Flemme qui pèse sur mon activité ; or je me découvre de plus en plus lente pour réaliser mes projets, et les blogs ont du mal à prendre forme, même si au niveau neuronal tout va toujours bien... Je perds énormément de temps à rêvasser, je pique du nez sur mes livres, je somnole plus souvent que je ne voudrais, même avec un chat ou un autre sur les genoux. Cela ne fait pas un bilan bien productif, mais puisqu'il peut donner lieu à des inquiétudes je vais faire un effort pour conserver un lien écrit avec vous, fût-ce un tout petit quelques lignes, histoire de vous dire  que je suis toujours là et que je vous aime. Et c'est du promis juré sérieux!

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8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 10:39

 

L'ACTIVITE ET LE SOLEIL

 

                    On pourrait croire que mon activité digitale pour porter vers vous, mes belins-belines, mes messages supposés quotidiens obéit aux conditions météorologiques, à cette exception près que le compagnonnage des deux fonctions pose problème. Je renâcle à travailler du clavier dès que la journée se confirme dans le gris, le mouillé, le peu lumineux. Au contraire le joyeux ensoleillement annonciateur des luminosités d'avril devrait fouetter l'énergie, inciter à s'activer. Ce double postulat paraît issu de la pure logique. Mais que dire si au contraire le soleil me fait penser aux vacances, donc au dolce farniente limité à la contemplation de la course des nuages et des arabesques des papillons,  tandis que le renfrognement du temps pousse à tenter de l'oublier en se mettant tristounettement au travail ? Conclusion parfaitement inefficace : on peut tirer du temps l'incitation à faire ou ne pas faire selon l'humeur individuelle, ce qui au fond condamne toute influence météorologique éventuelle. Ne cherchez donc pas de justification de logique aux sauts, ressauts et soubresauts de mes accès de zèle pour vous, mes agneaux : quand la santé s'en mêle, alors je vous le dis, c'est pour me faire plaindre, mais quand la responsable du manquement est la cosse (des fois grosse comme une canne à sucre au milieu de la paume), je ne tiens pas à vous le dire, mais je suis sûre que vous devinezæ.

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