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17 septembre 2019 2 17 /09 /septembre /2019 11:44

LE REGNE DE LA PORNO

 

          Autrefois (du moins me semble-t-il, car ce n'était là ni ma tasse de thé ni mon domaine de références et je passais sans doute complètement en marge d'un territoire spécifique où les perles et le fumier, comme disait Voltaire de la production shakespearienne, se côtoyaient sulfureusement) autrefois, donc, la pornographie paraissait circonscrite loin des mains innocentes, parquée qu'elle était dans des secteurs pour l'accès desquels il fallait avoir des clés, peut-être des combines ou des introductions. Est- ce la faute de la révolution de 68, à laquelle on attribue toutes sortes de responsabilités libératoires ? Toujours est-il que se sont effondrées les protections défenses délimitations exclusions en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire (je m'amuse de penser qu'à la BM de ma ville natale on me réclamait un papier signé de mes parents lorsqu'en Première j'osais demander à emprunter "du Zola"! C'était l'équivalent de l'Enfer de la BN...). En tout cas, avec ces interdictions d'interdire qui devenaient la règle sociétale, la porno si judicieusement cantonnée se répandait partout. Le cinéma s'y mettait (avec une certaine prudence d'ailleurs : ce n'est pas tout de suite qu'on passait au torride imposé à tout public désormais non prévenu et que, au moins au cours de la grande scène concoctée par le réalisateur, on tombait comme à présent sur de l'enseignement pratique par l'image des banalités aussi bien que des  extravagances des commerces sexuels devenus indispensables à tout scénario. De même dans le roman : vous tombez sur une scène de fellation ou de sodomie plus détaillée que simplement suggérée sans y avoir été préparé,  vous vous farcissez les orgasmes et leur bruitage en compétition avec la version filmée, bref en une décennie à peine le sexe, ses pompes et ses  oeuvres ont envahi tous les niveaux de la culture courante. Je me demande ce qu'il reste encore à découvrir à des enfants qui sortent du Cours préparatoire….Mais j'ai peut-être  des manières bien à moi de porter des jugements.

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16 septembre 2019 1 16 /09 /septembre /2019 09:35

 

 

         

         

 

 

IL Y A ENFANCES ET ENFANCES

 

          La plage et ses châteaux de sable à peine quittés, nos chères têtes blondes se retrouvent sur les bancs de l'école encore en bahamas et chemisettes fleuries à l'hawayenne. Espérons que le choc ne sera pas trop dur pour la sensibilité de leur génération, toujours croissante. Et quand je dis "les bancs de l'école", c'est parce que j'ai dans mon souvenir la froidure sur les cuisses des sièges en bois du 1er octobre, passés à l'eau de Javel juste la veille de la rentrée par les femmes de ménage municipales, tandis qu'à présent les salles de classe vous ont souvent un petit air enjoué même en dehors du niveau des maternelles où l'ambiance est nettement royaume de la Fée Violette ou Dragée. Les enfants d'à présent ont de la chance - ceux du moins auxquels est offerte l'éducation dès les premiers balbutiements, alors que tant de gamins et gamines dans les pays en émergence sont privés de cette ouverture sur la vie et sont dès quatre ou cinq ans collés aux métiers à tisser ou à l'écalage si douloureux des noix de cajou...Je me rappelle avoir violemment protesté en Egypte, au moment de la visite d'un  atelier où des petites filles travaillaient toute la matinée à nouer des fils de laine pour commencer des tapis. Je protestais contre l'esclavage déguisé des enfants des pays à touristes, et j'avais failli gifler une des voyageuses du groupe qui me représentait doctement, comme à quelqu'un qui n'a rien compris à rien, que ces petites passeraient l'après-midi à l'école - donc rien de perdu pour l'éducation - tout en assurant un revenu non négligeable aux parents surchargés de famille. Comme quoi la notion d'esclavage n'est pas universellement comprise comme une des tares les plus abominables de notre civilisation planétaire. Il y a même de quoi frémir si l'on pense que des millions d'individus sont encore esclaves de nos jours, impunément, à tous les niveaux de la société et sous toutes les formes que l'industrialisation démente a inventées pour exploiter ce filon inépuisable.

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 10:18

UN DIMANCHE POUR UN SAMEDI

 

Mes belins-belines, cela fait un bon bout de temps qu'on ne s'est pas causé, j'en suis bien consciente et bien contrite, et même ce week-end j'ai manqué au rite du samedi, lorsqu'à l'occasion les idées dont je devrais vous faire tous profiter ne me viennent plus et qu'alors j'ai recours au  programme dérivatif, à savoir, vous mirlitonner quelque chose - un sonnet, une suite de quatrains  - histoire de vous dérider  avant le dimanche (mais vous avez maintenant, depuis le 4 avril et tous les vendredis, la lecture de vos trois pages de Laure à l'OEuvre, et je suis sûre que pour certains d'entre vous il y a déjà matière à relecture appliquée pour savoir où l'histoire veut en venir : courage, mes agneaux, la fortune sourit aux audacieux). J'ai même loupé le compagnonnage avec les gilets jaunes, puisqu'ils ont adopté la recrudescence des actions afin de marquer eux aussi qu'ils font leur rentrée : moins de discours vides et plus de pantomime, de quoi étoffer l'actualité du samedi. Moi pauvrette j'ai déjà laissé passer un jour de mirlitonnage éventuel : je me suis hier offert une grande journée égoïste de farniente, une vraie journée de vacance cérébrale à feuilleter mollement des catalogues. Le blanc de l'automne, les nouveautés au rayon chien et chat, les notes chic de la demi-saison (mais à mon avis ça n'est pas du chic que de déployer des couleurs sinistres, des marrons, des bleus éteints, des gris morts, quitte à vous replanter ici et là du jaune moutarde pour relever un peu le moral) ou encore les décalages éhontés des jardiniers qui vous font déjà miroiter les fleurs de l'été prochain en vous incitant à tout planter dès à présent (et ça croyez-moi c'est du gros mensonge, j'ai avec eux tous un gros contentieux et pour un peu je porterais plainte)  - bref j'ai passé ma journée d'hier à feuilleter au lieu de vous haranguer, mes agneaux, mais j'aurais bien dû, parce que je me suis bien ennuyée. Ennuyée à brasser du vide, mais aussi ennuyée de vous, qui pourtant ne m'avez pas envoyé beaucoup de cartes postales. Je ne vous ai donc pas manqué? Enfin je ne veux pas être indiscrète, laisse béton Dame Lucette. A lundi : seulement 24 heures pour y être.

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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 09:45

LAURE A L'ŒUVRE, chapitre I, pages 74 à 76

 

                                             (vendredi 13 septembre)

 

Chapitre I

         

          Presque symboliquement, par réaction contre le climat universitaire qui si souvent s’était illustré par la mesquinerie, la jalousie, le fiel, les combines dont elle avait toujours été exclue (même si, pour avoir une subvention précise, on avait platement fait appel à son sens civique et professionnel pour mettre en avant, sur les demandes des autres, ses titres et ses publications détaillées afin d’impressionner et de faire le poids) oui, c’est par réaction contre ce climat délétère que sans même s’en rendre bien compte elle s’était détachée du milieu, se tournant d’instinct vers la liberté d’expression dont la mise aux mots de la thèse lui avait donné le goût. Du style, oui, elle avait du style. Pour enseigner. Pour analyser et commenter. Pour écrire… Il y avait eu si peu à franchir pour acquérir un style, son style d’écrivain, que la distance avait été parcourue sans qu’elle en eût vraiment conscience. Elle constatait (elle l’avait même formulé dans son discours de réception du Prix Bourgogne) que son style s’était formé dans le silence, comme des pois dans une cosse : quand la maturité est là, la cosse s’ouvre toute seule.

          Un beau jour elle en avait eu assez, la grosse thèse publiée, de consacrer ses forces de recherche à des parutions d’articles en série, même s’il était flatteur que tout article signé d’elle proposé à une grande revue de diffusion internationale fût accepté d’emblée. Ces articles ne pouvaient s’adresser qu’à des universitaires de même spécialité, et alors là, précisément, les chers collègues vous critiquaient de la manière la plus discourtoise et la plus mesquine, quand ils ne feignaient pas de vous ignorer totalement. Et déjà alors les étudiants, même de niveau supérieur, avaient pris l’habitude de délaisser le piochage individuel dans les revues ou les ouvrages où ils auraient à faire un gros travail personnel, pour se tourner vers des manuels ou, très vite, vers Internet, qu’ils utilisaient de manière dérisoire mais prioritaire… La recherche tournait en rond, les articles pouvaient se succéder sans toucher grand monde en dehors de leurs auteurs, à quoi bon si personne ne les lisait pour en tirer profit ? Le bilan, un beau jour, l’avait frappée par sa nullité.

          Elle n’avait pas oublié cette impression brutale, dévastatrice, de patauger dans le vide en contemplant toute sa production académique. De la barbe à papa, ni plus ni moins, du « sugar candy », une mousse impalpable, prête à s’évanouir au premier contact avec la langue ou le doigt sans laisser la moindre trace. L’inexistence, le baratin sans portée. Eh bien elle avait encore d’autres choses à dire avant de rejoindre les ancêtres, elle ne se tairait pas sur ce constat débilitant. Elle avait déjà déposé avec tendresse, au fond de ses tiroirs secrets, trop de choses terminées dans la plénitude, des poèmes, des contes – oh ces contes poétiques qu’un éditeur sollicité avait trouvés « trop poétiques pour des enfants » - du théâtre, des nouvelles… Pour la pure et simple satisfaction de la chose accomplie, terminée, lumineuse. Non pas comme d’attendrissants premiers pas d’enfants se lançant tout brinquebalants à la conquête du mouvement – château  branlant, démarche de canard, éclats de rire concentration cris de joie – mais bien comme des pas de danse, aériens, sûrs d’eux, et qui, s’ils ne s’étaient encore pas produits en public, se savaient au point, dignes de sortir de l’ombre.

          C’était un premier déclic que cette prise de conscience, ce regard mélancolique et désabusé jeté sur toute une œuvre. Utiles bien sûr, l’une et l’autre. Mais elle ne s’était pas pour autant précipitée dans l’écriture de ses mémoires d’enfance, comme tout bon PEGC à la retraite soudain dévoré par la démangeaison de la plume et enfin libre de son temps. La chose s’était déclenchée un peu plus tard – encore, d’ailleurs, à cause d’un refus qui lui était apparu comme un rejet emblématique. Le groupe de recherche auquel elle travaillait dans la cordialité, en évitant les contacts avec les atomes non crochus, allait faire paraître  quelques articles dans un embryon modeste de publication non soutenu par des fonds universitaires, et elle avait mis au net une esquisse de la présence de la pastorale dans le roman européen entre 1750 et 1820 – une idée originale dont elle avait éprouvé l’intérêt et la consistance au cours de plusieurs décennies et qui devait être parfaitement à sa place dans ce panorama collectif. Mais c’était sans compter  avec un doyen soudain frétillant devant la perspective d’une publication pour son dernier papier complètement hors sujet : ledit papier avait pris la place de la pastorale dans les projets de constitution du numéro. Pas question d’humiliation devant cette décision inepte : seulement une illustration définitive des procédés universitaires. Un lien tranché avec le milieu, une démonstration claire et nette qu’elle n’était plus « one of them ». Dans la semaine elle avait annoncé son retrait du groupe de chercheurs (son meilleur souvenir de l’aventure serait qu’elle y avait découvert la splendeur de la vodka à l’herbe de bison après les séances de travail), elle s’était procuré un bloc Rhodia N°16 à petits carreaux, tout le contraire des grandes feuilles vierges sur lesquelles elle écrivait ses textes professionnels… et ç’avait été là de l’instinct pur et simple, il n’y avait rien eu de raisonné dans son achat à la papeterie, tout juste un geste vers ce format insolite pour elle – et qui allait devenir la norme pour toute la production à naître.

          La rupture avec la recherche, le mépris du climat académique, le dos tourné à ce qui avait été pour elle une avenue d’ascension et de découvertes personnelles et qu’elle quittait en secouant sur elle la poussière de ses sandales, comme dans la Bible… Une nuit, dans un état second, elle s’était jetée sur le bloc Rhodia à petits carreaux encore  non feuilleté, elle avait écrit les vingt-cinq premières pages des Nœuds d’Argile, elle ne savait pas que son premier roman s’appellerait ainsi, elle ne savait même pas ce qu’elle avait écrit. A la relecture émerveillée du lendemain elle avait découvert qu’elle avait jeté sur le papier le début de l’histoire de ses ancêtres, que c’était un roman, que ce serait un gros roman dont elle voyait alors s’agencer la suite – et ce jour-là, étreinte d’une émotion inconnue, elle avait constaté que cette ŒUVRE-là, si un jour elle devenait une œuvre, si elle Laure était capable de la tenir à bout de bras jusqu’au bout – des mois sans doute, peut-être des années (en réalité cela avait fait vingt-deux mois de concentration sans relâche, elle ne le savait pas alors, mais elle devinait bien que ce serait une tâche de longue haleine) – oui, si, si, si… Alors elle se battrait à la vie à la mort pour trouver un éditeur. L’éditeur, ce ne serait qu’un intermédiaire – indispensable, certes, mais le but, l’essentiel, la signification même de l’affaire ce serait le contact avec des lecteurs, auxquels elle pourrait offrir un objet sorti de ses tripes et de ses mains pour qu’ils puissent l’aimer et le comprendre.

          Jamais elle n’écartait le flottement bienheureux de sa rêverie lorsqu’il se trouvait à accrocher une phase ou une autre de cette rédaction miraculeuse : avant d’être offert aux autres, le roman avait été à elle, à elle seule, et c’était salutaire même après tant d’années de pouvoir retrouver l’émotion d’un souvenir dont tous les aspects les plus intimes lui revenaient à l’esprit et au cœur. Elle n’avait pas auparavant éprouvé cette violence : chaque poème, chaque nouvelle, chaque conte, chaque écrit pour la scène l’avait comblée jusqu’alors, le simple geste de glisser le texte achevé, tout plein d’elle, dans ses tiroirs secrets l’emplissait d’une joie subtile, pas question de partager. Avec ce premier roman c’était tout autre chose. Dès ses premiers balbutiements – ces quelque vingt-cinq pages écrites dans une sorte de transe – il criait qu’il avait besoin de gagner le large, elle l’avait entendu, elle assurerait son lancement, il se débrouillerait ensuite tout seul en haute mer.

Retrouverait-elle une nouvelle fois cette pulsion irrésistible qui sourdait du fond – des bas-fonds peut-être, qu’en savait-on ? – de ce qui se tramait en grouillant dans l’ombre et qui en aveugle cherchait une issue ? Soudain un déclic se produisait, sans bruit, sans plus se faire apercevoir que le déclenchement d’une plaque de neige sur un toit au moment de la fissure. Une seconde d’éternité comme au sommet de la jouissance amoureuse, c’était déjà dépassé mais le processus s’était mis en route, les mots venaient s’enchaînaient s’organisaient presque sans elle, ce qui depuis les limbes criait vers sa sortie se frayait un chemin en direction de l’existence, mêlant le ressenti et l’écouté, l’émotion et l’image, en une forme palpable qui prenait consistance en se déroulant. Il avait suffi de si peu pour que tout se mît en branle… et c’était irrépressible, il fallait transcrire il fallait suivre, ‘s muss ‘raus disait Goethe ; il fait que ça sorte, ça sortait, ça continuait à sortir sur sa lancée, impossible de l’arrêter, pas question de se mettre en travers du flot, si l’on vous interrompait de l’extérieur oh vous pourriez mordre, avant de vous affaisser non pas comme vidée mais bien comme blessée à mort, interrompue dans une mise au monde.

                                                                            (à suivre)

LAURE A L 'ŒUVRE, chapitre I, pages 77 à 80

 

(vendredi 20 septembre)

 

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 11:44

Vers mes huit ou neuf ans

 

          Vers mes huit ou neuf ans, je lisais non pas Le Journal de Suzette pourtant si bien porté au rayon petites filles, mais Mon petit Trott ou La petite soeur de Trott, voire, après sélection parentale de la production des frères Margueritte qui avait en effet besoin d'un tri sérieux, voire Poum (un gros volume mais écrit gros). Je voyais ainsi s'ébattre la progéniture bourgeoise des années folles, sans lui trouver grand chose de remarquable, sauf peut-être qu'il y avait une nourrice, une cuisinière  et un chauffeur et que les séjours sur les plages à la mode  - Le Touquet Paris Plage, Deauville... prenant la suite des hauts-lieux proustiens - étaient fréquents et tentateurs. J'ai conservé tout vivant le dilemme du petit Poum en face du plat sur lequel se trouvent encore quelques petits choux à la  crème : la phase héroïque et vertueuse de renonciation (en fonction des  enseignements de la civilité puérile et honnête),  la tentation première, les avancées de main  vite réprimées mais reprises, l'exécution du premier chou, les délices complexes de la transgression morale se mêlant à celles de la jouissance gastronomique,  puis la répétition du délit (qui semble coûter beaucoup moins que la tentation d'origine ) qui confirme les bienfaits de l'acte au niveau de la langue, puis la capture d'une nouvelle victime exécutée plus martialement, puis l'itération du geste sur un tempo d'autant plus rapide qu'il coûte de moins en moins. Dernière hésitation : Poum, il n'en reste plus qu'un,  pitié pour l'orphelin !

Jugement sans réplique : Petit scélérat, il l'a mangé!... J'y pense, non  avec compassion pour l'orphelin sacrifié en dépit des Droits de l'Homme,  mais en pleine compréhension de ce choix délibéré de la voie du délit : n'est-ce pas la réplique de mon dilemme personnel en face des dernières nectarines que mon médecin m'a strictement confisquées pour cause de diabète?

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11 septembre 2019 3 11 /09 /septembre /2019 09:58

CHANGEMENT DE JAMBE

 

          On  se demande parfois comment la presse et les médias s'arrangent pour former l'opinion des masses, non pas en simplement embouchant une stratégie qui vient d'en haut et qu'on  va lourdement commenter pendant bien plus que sa durée d'existence, mais bien en lançant une idée (oui : les médias ont parfois des idées autres que d'emprunt) et en la répétant si fort et si obstinément à chaque coin de rue qu'en peu de temps elle passe pour une vérité d'évidence, voire une donnée de base pour le raisonnement. Ainsi en va-t-il, à mon avis, pour ce virage à gauche qu'effectuerait M. Macron et dont depuis trois jours on nous rebat les oreilles. D'abord, M. Macron, on a du mal à percevoir ce qu'il veut, entre ordres, contrordres et corrections brouillonnes par ses proches. Ensuite, il a  détruit la gauche et la droite, M. Macron : il les a proclamées défuntes, obsolètes, inutilisables et même nocives, les remplaçant par le concept de jambes sur lesquelles s'appuyer à tour de rôle. On l'a vu s'appuyer essentiellement sur la jambe des bien pourvus, utilisant tous les moyens à sa portée (à savoir, brandis contre les autres, le silence, la langue de bois, les fausses promesses, les décisions péremptoires, les rétropédalages plus ou moins glorieux pour protéger ses options de base) - et voilà, semble-t-il, qu'il se souviendrait qu'il a une autre jambe, et qu'il conviendrait de la chouchouter un tantinet histoire de changer d'atmosphère. C'est en tout cas ce qui court parmi les commentateurs professionnels dont LCI a le secret et la maîtrise : pour ma part, j'attends avec curiosité la résurgence d'une donnée ancienne pour laquelle M. Macron n'a eu que des hostilités fort visibles et dont il ne va certainement pas savoir que faire.

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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 16:50

  LES FRUITS  ET LE DIABETE                                         

 

          Mon médecin et moi sommes devenus copains comme cochons, après un bon quart de siècle de quatre visites par an. Seulement trois ou quatre bronchites sur l'ensemble - dont l'une assez grave pour entraîner l'hospitalisation - mais rien de sérieux, même pas une grippe. Quand je lui dis que si je me porte comme un charme, c'est grâce à ses soins attentifs, il prétend avec modestie que c'est facile de soigner une bonne nature, ce qui me fais rétro passer en revue mes ancêtres nivernais : l'arrière-grand-père seul survivant de son village au cours du choléra de 1832, les deux grand-mères de mon père tournant bride à quatre-vingt seize et quatre-vingt dix-huit ans (celle-ci peu avant son grand départ se plaignant de ne plus pouvoir courir derrière sa vache) - certes on pourrait faire bien pire et je crois que ce qu'on hérite de ses aïeux, en bien ou en mal d'ailleurs, vous modèle l'organisme aussi fortement que les dispositions intellectuelles ou humorales. A charge à chacun, ensuite et en toute connaissance de cause, de tenter de corriger ou d'exploiter des données de base s'il le souhaite et surtout comme il le peut. Je n'arrive guère à comprendre toutefois, les choses étant ce qu'elles sont, pourquoi mon appétit se maintient joyeusement  et qu'à mon âge je continue à prendre du poids. Vous mangez trop de fruits, me dit mon médecin - les nectarines, les pêches, les abricots c'est mauvais pour le diabète, tout ça. Je me sens contrite de sa perspicacité. C'est vrai, Docteur, mais la saison touche à sa fin ... (sur un  ton coupable, de toute évidence désolé d'avoir à annoncer les disettes qui suivront).  Mais lui, péremptoire : Ne me racontez pas d'histoires, vous savez bien que la saison des raisins commence et que vous allez la faire durer jusqu'en janvier...

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9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 17:28

 

 

Constructions dans le voisinage

 

 

          Dans mon quartier (d'où on pourrait augurer que tout va puisque le bâtiment va : une vraie folie pousse les diverses propriétés à s'enclore de murs, de hauteurs et de genres variés mais toutes se bardant de protections alors qu'elles ne disposaient entre elles que d'un  fin grillage blanc ou d'une haie feuillue) la construction a le vent en poupe. Je voyais de ma fenêtre, chaque fois que je levais les yeux de mon ordi, une maison modeste bien ordinaire, avec deux larges baies à trois vitres auxquelles un haut mur de lumière en pavés de verre dépoli, non pour les séparer mais pour fournir du jour à un escalier intérieur, donnait un certain charme et presque de la classe. Depuis des mois, avec des crises de fièvre succédant à de longues périodes d'inactivité totale, les nouveaux propriétaires ont entrepris une extension, dont je suis les développements avec  un étonnement  sans cesse renouvelé, car si la symétrie de cette façade était carrément abritée sous un toit d'une seule pente,  les travaux prévus  se situent à l'endroit où il est le plus bas et on le jouxte d'un toit adepte de la pente contraire : pour l'instant ce deuxième toit est bâché, ce qui gâte la vue, mais on ne peut s'empêcher de penser à ce que deviendra la symétrie de départ,  même si, dans la construction annexée au rez-de-chaussée, on semble avoir prévu en bonne place que la nouvelle façade comportera elle aussi une large baie à trois vitres, le haut mur de lumière déplacé et refait à la jonction des deux bâtisses assurant la réplique. On aurait alors une longue façade à trois larges baies et deux murs de lumière, ce qui serait de nouveau symétrique et même ajouterait une note originale. Mais que faire de ce toit désormais en accent circonflexe inversé? Il paraît que les nouveaux voisins sont architectes, alors attendons.

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9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 17:28

 

 

Constructions dans le voisinage

 

 

          Dans mon quartier (d'où on pourrait augurer que tout va puisque le bâtiment va : une vraie folie pousse les diverses propriétés à s'enclore de murs, de hauteurs et de genres variés mais toutes se bardant de protections alors qu'elles ne disposaient entre elles que d'un  fin grillage blanc ou d'une haie feuillue) la construction a le vent en poupe. Je voyais de ma fenêtre, chaque fois que je levais les yeux de mon ordi, une maison modeste bien ordinaire, avec deux larges baies à trois vitres auxquelles un haut mur de lumière en pavés de verre dépoli, non pour les séparer mais pour fournir du jour à un escalier intérieur, donnait un certain charme et presque de la classe. Depuis des mois, avec des crises de fièvre succédant à de longues périodes d'inactivité totale, les nouveaux propriétaires ont entrepris une extension, dont je suis les développements avec  un étonnement  sans cesse renouvelé, car si la symétrie de cette façade était carrément abritée sous un toit d'une seule pente,  les travaux prévus  se situent à l'endroit où il est le plus bas et on le jouxte d'un toit adepte de la pente contraire : pour l'instant ce deuxième toit est bâché, ce qui gâte la vue, mais on ne peut s'empêcher de penser à ce que deviendra la symétrie de départ,  même si, dans la construction annexée au rez-de-chaussée, on semble avoir prévu en bonne place que la nouvelle façade comportera elle aussi une large baie à trois vitres, le haut mur de lumière déplacé et refait à la jonction des deux bâtisses assurant la réplique. On aurait alors une longue façade à trois larges baies et deux murs de lumière, ce qui serait de nouveau symétrique et même ajouterait une note originale. Mais que faire de ce toit désormais en accent circonflexe inversé? Il paraît que les nouveaux voisins sont architectes, alors attendons.

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7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 15:36

Spitzberg

 

          Une longue promenade au Spitzberg hier soir (j'ai enfin situé la chose à peu près sur une carte) m'a non seulement empli les yeux - je dirais presque l'âme - de centaines d'images pratiquement inoubliables; mais appris toutes sortes de détails inattendus et pittoresques. Par exemple les glaçons accompagnant les apéros de la croisière sont extraits de la réserve fossile : tous les jours l'équipage tranche un morceau de la banquise profonde au pic à glace, tels les marchands d'autrefois portant sur l'épaule leurs pains de glace entourés de serpillière,  et en garnit les réfrigérateurs du bateau. Quelle  fierté de pouvoir dire que son martini, sa vodka ou son scotch se sont vu précieusement accompagner par des glaçons d'une pureté absolue en quelque sorte cueillis au nid! Ou encore les portes des maisons ne doivent jamais être fermées à clé, car n'importe qui doit pouvoir laisser entrer en urgence un passant soudain poursuivi par un ours blanc chassant dans les rues de la ville. On encore qu'il est interdit de naître ou de mourir sur ce territoire aux règlements administratifs exceptionnels : les femmes enceintes de six mois doivent regagner leur domicile ou au moins accoucher en Norvège, quant aux défunts par accident ils sont officiellement rapatriés en Norvège ou chez eux sans jamais laisser nulle trace de leur passage, donc pas de cimetière là-bas, mais ici ou là un cimetière d'icebergs... Une ville minuscule, mais pourvue d'une université de pointe pleine de chercheurs d'un niveau exceptionnel. Une ville étrange,  où toutes les canalisations sont aériennes (certes douillettement isolées du froid) parce qu'on ne pourrait creuser le sol pour les enterrer. Une ville où si j'ai bien compris la population est remplacée tous les trois ans, très officiellement, avant que  ne la gagne une inguérissable déprime...

 

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