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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 18:24

PALABRES

 

          Le sentiment d'avoir largement rempli mes devoirs hier (puisque, je vous le rappelais, mes belins-belines, le vendredi 29 novembre avait empiété sur le vendredi 6 décembre, donc vous n'étiez aucunement privés de la livraison hebdomadaire, et en outre puisque, toujours scrupuleuse et désireuse de bien faire,  je vous ai fait la conversation, en les lieux et place de la distribution romanesque). Certes, avec un bel amour du sarcasme, on pourrait me suggérer "Cause toujours, tu m'intéresses", avec une désinvolture manquant d'élégance pour signaler que, romanesque ou quotidien, tout ce qu'on pouvait attendre de ce blog c'étaient des parlotes et encore des parlotes. Fort bien! Mais tout le monde et moi la première savons que notre tasse de thé est orale, moi pour vous la remplir, vous pour la boire, et que cela nous satisfait les uns et les autres.  Un groupe de fidèles, c'est un rassemblement de gens qui choisissent de partager  tous les jours le contenu d'entre deux parenthèses où s'arrêtent le bruit et la fureur de l'extérieur et où les gazouillis dominent, pour donner un sens et du tonus à la journée. Ces fidèles ne se fatiguent pas de la parole, à prononcer ou à entendre   (je ne veux pas m'étendre ici sur les nuances de signification admises par M. Macron entre entendre et écouter, il fait comme ça l'arrange et personne n'y peut rien changer) et ils souhaiteraient que cela pût durer encore un certain temps, ce qu'on va vous et moi essayer de faire dans la sérénité.

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 09:57

LE 6, LE 13, LE 20...

 

          Mes belins-belines, aujourd'hui 6 décembre vous n'aurez droit qu'à mes amitiés. Pas de livraison de ces trois pages dont vous raffolez le vendredi et dont vous attendez la parution comme un chien du désert attend un bol d'eau fraîche. Il vous faudra vous résigner, je ne peux faire plus que ne me l'accordent mes faibles forces. Trois pages c'est trois pages, et certes je dois me conformer aux caprices de mon outil bien-aimé, qui vous prodigue six pages, voire neuf de temps à autre à mon nez et à ma barbe, mais ce sont là des incidents de parcours sur lesquels ma volonté est inopérante. Moi j'ai ma conscience pour moi : le 6 décembre avait une semaine d'avance à mon calendrier informatique, mais nous rattrapons le défilé, vous avez ou avez eu en mains tout ce qui était programmé de longue date et qui finalement s'est réalisé. Lisez donc, ou relisez (une deuxième lecture ne sera même pas suffisante pour combler certains d'entre vous comme elle le devrait, appliquez-vous, bou diou! Ne perdez pas le fil) votre provision hebdomadaire. Le compte y est. Attendez le vendredi 13 (le jour de ma fête, en plus :  je vous le signale simplement en passant) pour qu'apparaisse la suite du roman, à vos yeux éblouis qui en réclament toujours davantage. Au vendredi 13 : j'y serai, promis juré!

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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 16:48

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

 

5 DECEMBRE

 

          Les bandeaux annonçant le sujet principal d'une de ces demi-heures de parlote à deux ou quatre  qui se succèdent sur LCI en sautant à cloche-pied par-dessus de fréquents intermèdes de pub paraissent ce matin du 5 décembre claironner un événement glorieux  : "Le jour de grève est arrivé!" titre l'un. Et un autre : "Les cortèges s'élancent", comme si vraiment les médias télé combinés aux élans des invités qu'ils se sont choisis trépignaient d'impatience ou d'enthousiasme. Moyennant quoi on a droit à trois bons quarts d'heure  d'analyse par le menu (et par le président du parti macronien à l'Assemblée, mobilisé depuis les aurores), non pas des erreurs populaires de compréhension et d'obstination bornée qui, une fois démontrées de façon convaincante, auraient pu faire avorter le mouvement (un peu tard pour dérouler toutes ces belles raisons au moment où la grève se déclenche), mais bien la perfection minutieuse de cette réforme des retraites conçue si chaleureusement à l'avantage de tous. Le défenseur du projet (mais quel projet? attendons encore quelques mois avant de le connaître) a été dopé à la poudre de cantharide et débite un discours impeccablement académique, sur un rythme accéléré qui empêche son opposant de placer un mot. Gageons qu'à chaque débat, à chaque duel, il y aura pour défendre la grève un jeunot peu expert dans l'art de la discussion télévisée, et pour la combattre comme la  pire attaque contre la démocratie un vieux routier du jacassin qui débitera au mètre des phrases sans portée bouclant le bec au jeunot d'en face, lequel n'aura plus qu'à remballer sa vérité. Bel effet de mimétisme du style pratiqué à la Cour : une annonce tonitruante, mais une exécution dans le flou et le jus de boudin. Pourquoi les médias, dont le droitisme foncier, par-delà une petite allure impertinente et combative, se révèle même à l'oeil nu, ne s'exerceraient-ils pas aux petits jeux du "'faire semblant-la grogne" pour se divertir entre eux sans que le brave peuple sache ce qu'il en est?

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 10:27

SOUVENIR DE JOUR DE FETE

 

          Au cours de sa tournée de distribution du courrier "à l'américaine", le mondialement connu facteur du fin fond de l'Auvergne salue jovialement ses clients - mais en coup de vent, car il veut gagner du temps sur le temps pour faire comme les Américains. "Alors c'est la fête? On se prépare?"' - cette salutation n'attend pas de réponse, et il en va mieux ainsi puisque la caméra nous montrant ce qu'il n'a pas vu éclaire un instant la tenue noire qu'a revêtue le client en train de nouer sa cravate de deuil  à côté de quatre grands cierges allumés au quatre coins d'un lit :  la formule si cordiale devient un gag irrésistible dès que les deux portions de la salutation sont mises en contraste, au point qu'elle s'est aussi imposée entre mordus de Jour de Fête se rencontrant, telle une mise en bonne humeur qui démarre une conversation comme la mise en bouche d'un restaurant chic démarre un dîner de gourmets. C'est donc la formule applicable aujourd'hui, puisque tout le monde se prépare à la grève, soit pour manifester amplement soit pour en souffrir dans son quotidien perturbé. M. Macron se prépare sans doute, dans l'avion qui le ramène d'une de ses destinations étrangères bien aimées au moment où quelque chose se passe. Et toute la C             se prépare avec lui, tension nerveuse mal dissimulée sous les sourires et après avoir vérifié que l'abcès n'a pu malgré ses efforts être crevé à temps. On se prépare dans la fièvre : à partir de 17h ce soir les trains s'arrêtent. Pour combien de temps? Nul ne le sait encore.

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 10:17

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 17:12

Racisme

 

          J'ai regardé hier soir La Chaîne, de Stanley Kramer. Un de ces vieux films qui vous marquent, parce qu'à leur sortie ils ont frappé un grand coup dans les consciences. Et Sidney Poitiers et Tony Curtis m'étaient restés gravés dans la mémoire, même après tant d'années, avec surtout cette vision directe du racisme américain qui continue à nous choquer, comme si nous étions innocents du fait à l'heure présente. D'abord, entre ces deux forçats évadés le blanc et le noir, cette haine et ce mépris exacerbés l'un pour l'autre, alors qu'ils ne devraient que s'en tirer ensemble ou périr ensemble : leur cheminement affolé et erratique se déroule dans une tension  que partage le regardant, et que double le déroulement parallèle de l'enquête - la chasse à l'homme des policiers locaux - avec ses hargnes carnassières et leurs contrariétés. L'image la plus révoltante du film est l'attitude de la femme seule vivant loin de tout et chez qui les évadés atterrissent : séduite par le blanc, elle se hâte de l'entourer, café, nourriture, détente, avances de tendresse, en même temps qu'elle refuse le minimum au noir, n'obéissant qu'avec répugnance à le restaurer sur l'ordre de l'autre. Sur-le-champ elle propose au blanc de s'enfuir avec elle dans sa vieille voiture (car la chaîne a enfin pu être détruite avec les instruments indispensables), tandis qu'elle indique au noir, sous prétexte d'assurer sa fuite, un itinéraire par les marais où il n'échappera pas à l'enlisement. Mais la chaîne détruite a laissé place à un lien invisible qui soude les deux hommes - une amitié qui colore les dernières séquences de leur fuite reprise à deux. Lovés l'un contre l'autre, épuisés, renonçant à continuer, ils attendent l'arrivée  du shérif qu'ils voient venir à eux de loin - lequel se trouve être humain et sage, si l'on en juge par sa démarche tranquille sans le reste de son équipe (dont il s'est détaché pour agir seul), sans arme brandie, avec même l'amorce d'un sourire. Pas besoin d'un happy end explicite.

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 15:38

INONDATIONS

 

          Les images qu'on nous prodigue  avec consternation de   ces vastes, noires et sinistres  étendues d'eaux silencieuses, d'où n'émergent que les arbres et parfois le sommet des haies, tout autant que le déferlement des rivières en furie, sont effroyables. Plus de champs, plus de jardins : une grille sans mur, un portail ne démarquant qu'une absence totale de repères. Où sont les oiseaux, où sont les  vaches et les chevaux? Où sont les chiens en vadrouille, où sont les chats qui traquaient les musaraignes? Les gens se calfeutrent derrière leurs murs s'ils écoutent les recommandations des préfets, plus d'école plus de commerces,  plus de sports ni de culture, garages noyés,  plus de bus plus d'autos, et que peuvent les malheureux pompiers en face de cet océan tragique sinon hélitreuiller les isolés dont même le premier étage a été envahi par les eaux? Et comment se passent les naissances, les hospitalisations graves, les journées sans eau potable ni nourriture fraîche? Et la vitesse des courants dès qu'on se tourne vers les rivières qui emportent les ponts et les chaussées, n'est-elle pas terrifiante? Il est bien temps de déplorer que pendant des décennies on ait délivré des permis de construire sur des terrains qu'on savait inondables. La volonté d 'expansion de la propriété bâtie est tenace et déraisonnable, elle a souvent fermé les yeux aux conséquences inévitables d'un permis de construire qui n'aurait jamais dû être accordé. Mais le châtiment est terrible, d'autant que cette année, comme pour leur faire comprendre l'étendue de leur faute, les catastrophes se font en série, de quoi désespérer les familles qui ne cessent de se voir menacées et dépouillées de leurs biens. Je me demande en quoi déclarer la région officiellement  sinistrée, voire lui promettre de débloquer des fonds avec une émotion qui n'entraînera sans  doute nullement la réalisation de cet engagement,  peut être présenté comme la panacée attendue. Ou alors croit-on encore  de nos jours que l'imposition des mains royales guérit des écrouelles?                                                                                                                                                            

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 18:56

ETRANGES CORRESPONDANTS

 

          Quitte à faire encore se gausser un proche fort expert en sarcasme (qui nie jovialement les dispositions hostiles maintes fois discernées par mon expérience dans l'individualité de mon ordi) si je lui brandis les preuves d'un traitement qui ne sévit que sur mon clavier et sa suite - lequel traitement paraît-il personne d'autre ne connaît (ceux pour lesquels l'envoi des blogs se fait sans jamais le moindre problème), je me dois de signaler mon ahurissement de la matinée. Mon courriel me brandit une flopée de messages  envoyés par des visiteurs au bizarre matricule imprononçable, tout en consonnes et en chiffres, qui viennent d'atterrir en chaîne et en force sur mon orbite informatique. Ils prétendent commenter chacun un blog au titre oublié, et mis à part le truc publicitaire débile qui raconte à la fois les malheurs du visiteur et les bienfaits d'un sorcier, ou d'une voyante, ou d'un marabout, sur ce destin mal parti (mais pas sur son orthographe ou son style), certains ont choisi comme base de lancement un MEA CULPA IMMEDIAT qui trahit leur non appartenance au groupe. Or ces étrangers tombés du ciel  relèvent tous de la même date, càd aujourd'hui 30 novembre 2019, et si certes l'un d'eux s'authentifie par un "chère Dame Lucette" je ne comprends rien de ce qu'ils auraient à faire chez moi. Surtout, c'est cette survenue en force et en nombre qui me tracasse : quel est ce bataillon qui d'apparence seulement paraît fondre sur les titres de vieux blogs en me harponnant d'une même façon ce matin?                 

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 18:37

Le 29 Novembre

 

          Mes belins-belines, j'abandonne la lutte! Non point, rassurez-vous tout de suite (vous avez bien dû croire que je vous abandonnais,  vous, mes agneaux? un petit pincement au coeur? un gros choc? les larmes venues toutes seules?) mais je cesse de lutter contre mon ordi qui continue à n'en faire qu'à sa tête. Impossible, cette semaine encore, de limiter la livraison de Laure à l'Œuvre  aux trois pages - ou à peu près - traditionnelles qui vous fournissent un peu de lecture pour le week-end. Trois ou quatre pages, c'est bien; pas question de vous expédier des masses de chapitres pour vous amener usque ad nauseam. Or vous avez ce matin été submergés non seulement par la portion programmée pour le 29 novembre - aujourd'hui - mais par la portion prévue pour le 6 décembre, le prochain vendredi, et pour le bon poids par la répétition du vendredi d'avant, ce texte du 22 novembre dont vous avez au moins déjà un exemplaire. Je plie et ne romps pas : si mon ordi se met en tête de distribuer plus généreusement que moi (à chaque fois, bien sûr,  laissant entendre que ma ladrerie l'importune), je vais le laisser faire. Après tout, la Lettre à Jacques Bofford et son destin se complètent fort passablement du destin de Marsyas, lui aussi écarté alors qu'il n'aurait pas dû l'être... Excellente occasion d'allumer les lanternes.  

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 18:35

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