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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 10:31

 

 

         

          Eh!bien non, mes belins-belines! La grande explication tête à tête n'était pas truquée, les dix invités n'étaient pas triés sur le volet et certains avaient mangé du lion avant de se rendre sur le plateau de LCI. En face, le premier ministre avait parfois un air pathétique à force d'honnêteté dans ses réparties, sinon dans les explications qu'il n'a jamais données. Le spectacle était la pure et simple démonstration des différences de points de vue, si éloignés les uns des autres qu'on se demande comment ils pourraient un jour être rapprochés voire in fine confondus. La violence des réclamations, l'insistance sur la  permanence de l'incompréhension entre les deux camps (car il s'agissait vraiment d'une empoignade, c'est tout juste si on n'attendait pas les horions) n'ont fait que souligner le caractère improbable d'une conciliation, à quelque prix qu'elle soit pour l'autorité. L'exigence d'une compensation immédiate et dans la dignité pour les "humiliés et offensés" n'aboutit à rien, la réclamation de l'amnistie pour les Gilets jaunes condamnés n'a aucun portée sur un jugement de tribunal, le rétablissement des services publics, des hôpitaux, des moyens de transport supprimés au long des années, ne peut être réalisé d'un coup de baguette magique. D'où cette frustration cette amertume des invités repartant Grosjean comme devant : ils ont certes pu se défouler, et devant les caméras cela avait son prix - pour autant, cela laisse mal augurer des développements à venir et des possibilités de conclusion de la crise que laissait entendre cette grande consultation populaire.

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 10:37

Le premier ministre va parler

 

          Je n'oserais certainement pas avancer que la France va attendre le coeur battant, ce soir, l'allocution du premier ministre, et qu'alors des millions de citoyens seront suspendus à ses lèvres. C'est vrai qu'il a fait quelque progrès en diction, il n'a pas perdu l'art de se frotter les mains sans arrêt mais il parle un peu moins mécaniquement,  et non plus comme s'il avait besoin d'un tour de clé dans le dos après chaque phrase pour pouvoir aller jusqu'au bout de la suivante. En vérité, il n'y a aucun plaisir à l'écouter en tant qu'orateur. Quant à ce qu'il va nous dire...Il va peut-être innover dans ses formules, à l'instar de son patron qui varie les vocables et les lignes mélodiques de ses propos sans jamais changer la nature ni la signification du fond. Lui aussi reste droit dans ses bottes, comme le chef en a donné l'ordre aux membres du commando qui n'ont pas encore quitté le navire (il y en a déjà une bonne tripotée qui sont partis pour convenance personnelle, il n'y a que des Benalla pour vous rester indéfectiblement collés aux trousses). Dix   citoyens vont participer à cette grandiose nouveauté (qu'elle soit issue de l'imagination narcistiquement fertile de David Pujadas ne m'étonnerait nullement) : auront-il droit à l'ouvrir comme dans les réunions de café de province? leur aura-t-on donné un petit topo à apprendre par coeur? devront-ils entonner les louanges du pouvoir, lequel fera mine d'être étonné et fort touché de cette preuve spontanée d'attachement? Et d'abord, comment les a-t-on prélevés sur les soixante-sept millions de Gaulois ou faux Gaulois dont peut s'enorgueillir la Gaule?

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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 11:51

HONTE A TRIPADVISOR

         

          J'ai eu ces derniers mois un petit faible - disons même, un gros faible - pour la publicité que Tripadvisor confiait à son hibou de charme. C'était une pub intelligente - ça se remarque tout de suite. Elle faisait intervenir le maniérisme, la préciosité, l'allusion aux séjours italiens avec l'élégance d'une prononciation impeccable (Merci, Giuseppe!), bref je m'interrompais toujours pour écouter parler ce hibou distingué chaque fois qu'arrivaient sur le petit écran son regard fascinant et son ouverture d'aile. Tout change quand vous apprenez les dessous de l'affaire. Tripadvisor fait une pub effrénée pour attirer les vacanciers du monde entier - devinez où? Mais, mes agneaux, nulle autre part ailleurs que dans les colonies israéliennes, dans les territoires occupés où à tour de bras on démolit des habitats palestiniens pour reconstruire en hâte des lieux de vacances à proposer sans honte. C'est un peu comme si j'abattais quelques épicéas de la Forêt Noire pour délimiter un terrain de camping où j'inviterais tout le diable et son train pour les vacances de Pâques en attendant l'été où dans l'intervalle j'aurais organisé des circuits, des conférences, une hostellerie digne de ce nom e

tutti quanti. Le mépris d'Israël pour les Palestiniens qu'il a dépossédés sans le moindre remords, comme s'ils étaient responsables de la Shoah, dépasse les limites concevables : chaque semaine comporte un plan d'occupation nouveau qui élargit les territoires colonisés (déjà en toute illégalité) pour y apposer la griffe israélienne, à tel point qu'on se demande à quel moment proche les colonies seront toutes réunies et les sols palestiniens totalement vidés de leurs possesseurs depuis des millénaires. D'où diverses questions : où iront-ils lors de cette seconde et définitive Nakba? Comment le reste des nations peut-il tolérer cette expropriation éhontée qui depuis des années s'accomplit sous ses yeux? Et aussi - last but not least - à qui la France s'est-elle vendue pour laisser faire sans lever le petit doigt?

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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 10:50

Adresse aux pupilles

 

          On pourrait croire, mes belins-belines, que je vous ai oubliés depuis quelques semaines. C'est vrai que je ne me suis plus adressée à vous comme dans mes moments tendres, lorsque se crée entre vous et moi cette petite complicité du rire en coin, du vocabulaire lyonnais, de la bonne humeur et, reconnaissons-le ouvertement, de l'esprit critique qui n'hésite guère à mordre dans la matière jusqu'à faire saigner. Vous me direz qu'on aime ou qu'on n'aime pas, c'est selon : je le sais bien ! Aussi ai-je souvent pensé que chacun s'y retrouverait dans mes élucubrations façon Mère Cotivet ou dans mes jugements aussi tranchants qu'un silex bien affûté, vu qu'en outre je vous les assène sans ménagement. C'est à vous de vous situer là-devant, mes agneaux, aucun individu n'est digne d'intérêt s'il n'est pas capable de se faire sa vision du monde personnelle à partir de ce qu'il glane autour de lui tout en cheminant. Je vous vois cheminer, tantôt mollement, tantôt gaillardement selon l'inspiration de l'actualité; je distingue presque vos commentaires et vos éventuelles rouspétances. Continuez, mes petits pigeons, comme on disait dans la Russie d'autrefois : les temps ont changé, ils changent d'un jour à l'autre, à vous de prendre vos repères, vos distances et vos équilibres. J'espère bien vous avoir donné le goût - et le pli, et la capacité - de vous débrouiller tout seuls, à votre idée.

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 11:17

Quelle activité pour nous offrir potion à notre goût!

 

 

          Dans les cuisines macroniennes, ce grand laboratoire où se conçoivent (plus d'ailleurs dans la peine que dans la jouissance) les prétendues grandes réformes dignes d'un grand pays, chacun s'active selon son inspiration et son rythme, en se démarquant sur le modèle du Boss, sauf sur le point des manches de chemise soulignant une juvénile désinvolture : personne parmi les clones ratés du grand maître n'ose copier cette aisance en face des regroupements de protestataires (dont d'ailleurs la portée fulgurante, corsetée et limée par toutes sortes de dispositions savantes, se retrouve réduite en vigueur et en efficacité par le simple fait qu'au lieu de recevoir sa réponse directe chaque protestation   doit attendre une sorte de compte-rendu global où la platitude et la banalité de l'argumentation sont de rigueur). Chacun se juge plein de bonnes idées : ainsi pour l'éducation nationale, qui veut commencer la scolarité à trois ans et récupérer pour une formation d'apprentissage les enfants perdus de l'école entre 16 et 19 ans - mieux vaut entendre ça que d'être sourd, croyez-moi. Il n'est pas jusqu'à la voix de la sottise, ce porte-parole qui à chacune de ses apparitions se croit nimbé d'un pouvoir magique depuis qu'on a tenté de l'écraser avec un bulldozer, qui ne prodigue les assaisonnements poivre sel curry moutarde coriande à sa façon pour jouer en solo dans le concert plus harmonieux du pouvoir. O terque quaterque beati! Ne sommes-nous pas heureux tous tant que nous sommes d'être si habilement sollicités pour nous enrôler dans cette nouvelle marche en avant?

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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 16:31

Un nouveau samedi de Gilets jaunes

 

          Pendant quelques semaines, la situation était bien claire, si souhaitable ou malencontreuse qu'ait été la visite des gilets jaunes chaque samedi. Puis tout a commencé à se brouiller à partir du moment où le pouvoir - soit soi-même, soit ses hypostases - a décidé de répliquer par l'ouverture à grand bruit de débats consultations discussions confrontations qui devaient arranger tout le monde et son père. En surface il y a ces rencontres aux quatre coins de l'Hexagone, comme disent volontiers les journalistes, où le franc-parler des invités est bridé mine de rien par des répliques immédiates fumeuses avant d'être nié par la mise en ordre des notes officielles prises pendant les prétendus échanges. Comment s'étonner que les sceptiques se multiplient? Si la voix du peuple doit devenir après magouilles savantes la voix de son maître, à quoi bon toute cette activité fiévreuse qui tend à se généraliser? Le treizième samedi est calme,  les cortèges (puisqu'à Paris même il y a divers itinéraires) se déroulent à moyenne allure, comme une promenade un peu décidée à cause de l'air frisquet, aérés dans leurs rangs, pas de coagulations plus ou moins menaçantes. Je vois que certains commentateurs prennent vivement la défense de ce mouvement "'désormais enraciné", disent-ils, et de pronostiquer qu'il n'a pas de raison de se taire tant que les résultats de la Grande Consultation n'auront pas été publiés. Résultats dont l'absence de considération pour ceux d'en bas ne fait d'ailleurs aucun doute : il sera l'heure d'aviser. 16heures : pas d'incidents "jusqu'à présent",  disent les journalistes avec un regret manifeste.

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8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 10:49

PAR ORAL ET PAR ECRIT

 

            M. Macron a retrouvé toute sa pétulance : il se sent en campagne, c'est là qu'il est le meilleur, car il n'a qu'à promettre sans se soucier de la réalisation. On le croyait tout penaud, retiré dans sa coquille, mais voyez qui en a resurgi! Un beau jeune homme en manches de chemise comme s'il portait en lui toute l'ardeur de l'été, disert, jamais à court de parole et même la prenant surtout lorsque arrive le temps imparti aux autres : il ne sait jamais ce que les autres vont lui envoyer au visage, il se méfie, il a déjà reçu des oeufs pourris et des insultes (et puis son alter ego bien-aimé n'est plus là pour lui faire un rempart de son corps, ça change vous savez), il préfère donc prendre les guides même s'il a proposé un entretien  à l'amiable - d'ailleurs que sait-il faire d'autre dans la vie, M. Macron, sinon tenir les rênes et fouetter sa monture sans tenir compte ni du paysage ni des obstacles? Ce dont il tient compte avec soin, ce sont les strates de la société qu'il convoque les unes après les autres (les vieux, les jeunes, les campagnards, les citadins, les quartiers difficiles, les policiers mal à l'aise, enfin quoi, tout le monde). Et triés sur le volet : j'ai connaissance de gens à grande gueule et de statut politique important dont il a raison de tout craindre et auxquels il a fait refuser la carte d'entrée à ces débats libres et ouverts. La grande consultation est de même style, libre et ouverte : mais il faut cocher les cases qu'on vous met sous le nez, il y a donc de nombreuses questions qui ne seront jamais posées puisqu'elles n'auront pas droit à figurer sur le bulletin de vote et que les volontaires pour les poser n'ont pas le droit d'entrer dans la salle des débats. Il n'y a qu'à voir la gêne des conviés : merci, M'sieu Macron, de m'avoir permis de venir; je mets mon écharpe, je suis les règles de la civilité puérile et honnête, j'ôte mon béret je mouche mon nez je dis bonjour à la dame sans lui tendre la main oh je sais comment me conduire avec mes supérieurs. Il n'y a qu'à Courcouronnes qu'on a pu voir des statures austères et dignes, la parole brève,  le ton du courtisan jeté loin aux orties, avec attente d'une reddition de comptes ou de justification (ce qu'en haut lieu ils appellent la pédagogie) qui n'est jamais venue par oral et n'a aucune chance de venir dans les colonnes de la consultation écrite.

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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 11:58

Gymnastique domestique

 

          Je me demande parfois où et comment j'ai bien pu récolter le mal de reins tenace ( douleurs lombaires seulement, précise ma pharmacienne : quand les reins sont atteints c'est bien encore autre chose) qui les matins me casse en deux inopinément. Ce n'est certes pas  l'intensité ni la variété de mes exploits gymnastiques qui puisse être mise en cause : mon médecin le sait bien, qui m'exhorte en vain, à chaque visite, à la marche quotidienne, une petite demi-heure, quoi, juste le tour du pâté de maisons. Mis il sait aussi qu'il se heurte à un mur, comme si j'avais considéré que l'activité sportive se rattachait à une époque disparue (il fut un temps où mon frère et moi allions nous entraîner - pourquoi, grands dieux? - au stade Garibaldi au lancer de poids, à la corde lisse, aux départs de course, et nous n'avions ni l'esprit de compétition ni même la moindre idée de l'esthétique de la chose). J'en arrive à me trouver perplexe devant les motifs qui pouvaient nous animer,  chacun des deux avec sa propre vision des choses et son caractère, de manière que, à notre niveau modeste, nous nous soyons imposé (complément d'attribution et non d'objet donc pas d'accord : petit rappel de grammaire non inutile, au vu des divers écrits circulant sur nos petits écrans ces temps-ci) cet entraînement sans but, totalement dans le vague et destiné finalement à ne durer qu'une saison, malgré des intentions fermes et farouches. C'était sous l'Occupation : essayait-on de nous persuader qu'il nous fallait entretenir nos corps pour qu'ils fussent tout prêts à servir (qui? bonne question) comme le vieux képi aux feuilles de chêne qui faisait don de sa personne à la France?

 

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 10:59

 

 

Dans l'attente d'un taxi...

 

          Commencer un blog parce que votre taxi, dûment commandé la veille avec mention précise de l'urgence, s'est perdu en route, c'est s'attendre à voir la chose brutalement s'interrompre au moment où l'inspiration commencerait peut-être à se faire jour. Commençons donc, puisqu'il faut vivre dangereusement (c'est ce que je me dis chaque fois que je dois descendre au sous-sol, sans jamais lâcher la rampe ad hoc, après avoir vérifié que j'ai bien au poignet ce vilain bracelet qui représenterait le salut au cas où, dégringolée de ces treize marches fatidiques, il me resterait encore assez de conscience et de souffle pour appeler l'équipe de dépannage). En théorie c'est un moyen parfait de secourir les vieux ayant fait une chute et ne pouvant se relever seuls : on appuie sur le bouton rouge avec la frénésie, j'imagine, qui doit inspirer le ou les dingues dirigeant ce monde lorsqu'ils se décident pour le déclenchement atomique général. C'est déjà quelque chose d'établir le contact avec l'extérieur, fût-ce une voix inconnue fournie par l'assistance de loin, mais ça n'est pas tout : car cette voix apaisante malgré sa raucité (elle a tendance à crier, car les vieux ça n'entend rien, c'est bien connu, et puis avec le traumatisme de la chute...) donc cette voix rauque mais apaisante s'évertue à trouver votre correspondant, et ce, avec bien plus de bonne volonté et d'application que les répondeurs automatiques habituels. Or ce correspondant pourtant choisi par vous en début de contrat selon la proximité et la commodité a peut-être déménagé, ou cessé ses fonctions, ou déjà rejoint ses pères : tant pis pour vous si vous n'avez pas vérifié récemment que les disponibilités prévues étaient toujours disponibles... Pour en revenir à la gestation du blog, rassurez-vous : il y a tout de même eu l'arrivée coupable du taxi à insérer dans l'ensemble du texte, si bien que tout compte fait la matinée est loin d'avoir été perdue.

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 19:54

 

 

PLAIDOYER POUR LA FANTAISIE DES LIVRAISONS;

 

          J'espère bien, mes belins-belines, que face à mes récentes irrégularités de fonctionnement, voire mes caprices calendaires, il ne vous serait point  advenu à l'esprit que j'étais en train de perdre la boule. C'eût été une pensée aussi sotte que grenue. Tonnerre, je suis encore là et même bien là, les deux yeux en face de leurs trous tout frais tout vivants dès le matin, prompte à la cuisine et à la pâtisserie, avide de toutes les recettes qui me permettent des grignotages savoureux pendant les soirées télé. Il y a quelques mois, j'ai recouvré l'acuité de l'audition à un degré absolument inattendu (il suffit de se harnacher de ses prothèses, au risque de peu à peu devenir tout en prothèses comme l'inoubliable Vieille Dame de Dürrenmat le trop oublié) et voilà qu'à leur  tour, en s'occupant comme il le fallait de mes yeux, on a enfin tordu le cou à cette cataracte qui par son refus si obstiné de mûrir m'imposait vicieusement des semi-ténèbres apparemment sans remède. Donc tout est bien - et si je me permets des écarts de rythmes dans ma production, c'est que la besogne de mettre de l'ordre dans les écrits qu'on laisse derrière soi mange souvent l'horaire strictement alloué au labeur. Me voilà même, depuis cette régénérescence double, toute prête à en découdre : Approchez-vous, correspondants de tous ordres ! Venez me chercher au plus secret de mon ordi! (bou diou, pourvu qu'ils ne viennent pas tous! il faudrait répondre! Et on voit dans les aventures de M. Macron qui a osé avant moi défier les contestataires, ce que ça donne quand on est obéi).

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