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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 09:11

         Je suis infiniment sensible à la notion de patrimoine. Qu’il soit écrit ou représenté par des bâtiments d’âges et de destins différents, je trouve que l’idée d’ouvrir pour un week-end les portes des châteaux, des édifices privés, des archives afin de mieux faire connaître tout ce qui fait notre héritage du passé est en tous points excellente. On a ainsi l’impression que ne restent pas cachés aux yeux de tous des trésors que le citoyen Lambda est heureux de découvrir en cette occasion exceptionnelle. Loin de moi, donc, l’idée de maugréer contre l’entretien matériel et moral de ces richesses qui sont, en fin de compte, le bien de tous et dont la jouissance est offerte, au moins aux yeux. Tout de même, il me paraît mal choisi de monter en épingle une construction gigantesque, modestement appelée Villa Cavrois en 1930, qui telle un palais s’offre aux regards dans sa couleur jaune et ses matériaux inattendus. Non certes que l’ensemble soit laid : au contraire il est parfaitement réussi, de proportions, de lignes, de fonctionnalité, même. On l’a, au cours des années, transformé en appartements et proprement abandonné, si bien que la visite de l’intérieur est consternante de mauvais état et de saleté. Toutefois, les sommes mises en œuvre pour cette restauration complète – et qui, naturellement, à part peut-être quelques dons ici ou là, sont prélevées sur le patrimoine financier des contribuables – m’apparaissent effrayantes voire indécentes, lorsqu’on sait que la construction de logements d’urgence est sans cesse arrêtée ou contrariée, et en tout cas ne répondra jamais suffisamment (ni suffisamment tôt, de plus) aux besoins de catégories qui n’ont pas de nom et pas d’histoire…

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