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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 09:48

         Pas un seul matin sans que je m’émerveille d’être là, qu’il bruine ou vente ou que la luminosité naissante  nous promette une belle journée. Pas un seul soir sans que, regagnant mon lit sous bonne escorte (les cinq chats disponibles se marquant à la culotte, comme on dit en termes sportifs, pour que nul empiètement des principes de distribution de l’espace ne puisse avoir lieu), je m’émerveille d’être encore là. C’est une disposition naïve à la surprise et presque au ravissement, même si la soirée accuse quelque peu le sentiment d’une fatigue que le début de la matinée permettait  encore à l’étourdie d’ignorer voire de nier. Je lis cette même disposition à la gratitude diffuse dans les yeux du chat Max, qu’il m’a fallu quatre ans pour amadouer et persuader que chez moi c’était aussi chez lui. Il a acquis cette tranquillité, cette confiance en moi qui lui permet de laisser les autres participer aux agapes matutinales avant lui ; il ne cesse de me regarder, sans impatience,  l’air de dire « Sers-les d’abord, ces incrédules, qui ont besoin pour croire en toi de plonger les mains dans les plaies du Seigneur, moi je ne crois qu’en toi, et je sais que tu me réserveras la part de tendresse et de pâtée qui me revient, même si je passe le dernier car après tout c’est spécialement bon de ne t’avoir qu’à moi, les autres déjà égaillés dans la nature ». Même reconnaissance soulagée, même contentement apaisé. A cette différence près que mon chat sait à qui adresser ses expressions de ferveur, tandis que moi je me contente de la sensation, sans avoir personne à qui rendre grâces de ce don à double sens d’une journée (car c’était une journée en plus, mais aussi une journée en moins)…  

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commentaires

D
C'est un don précieux que cette faculté d'émerveillement-là.
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