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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 10:30

         J’aime bien Kenneth Branagh – ou plutôt je l’aimais bien dans son contexte shakespearien, plein de désinvolture, d’élégance, d’excentricité bavarde : le contexte de comédie extravagante qui lui convenait si bien.. Je l’aime beaucoup moins depuis qu’il s’est alourdi en Wallander, où son physique rappelle quelque peu le Gabin triste du Jour se lève et où il se traîne d’une enquête à une autre. Je crois avoir déjà vu un épisode de cette série britannique qui tient absolument à faire dans le scandinave – pluie et boue, brouillard, landes désolées, lacs sinistres – d’où ma décision de ne plus récidiver. Mais hier soir je m’étais laissé appâter par quelques termes louangeurs, tels que  « bien rythmé », « mise en scène élégante », «  poésie mélancolique des paysages de Scanie » - et me suis donc embourbée dans une histoire de sectes, de meurtres rituels, de disparitions précédées de transferts de fortunes où pour me distraire j’avais envie de compter les kilomètres effectués en voiture, en ville ou sur les chemins de la campagne perdue, dans un sens ou dans l’autre, avec le policier crispé à son volant, l’air fermé, presque sûr d’être battu d’avance. Je sais bien que c’est la tendance des séries policières de confier les enquêtes à des inspecteurs rongés de soucis personnels – la solitude, l’alcoolisme, la mésentente conjugale, la femme ou la fille handicapée, l‘éloignement des enfants après divorce – mais, tout de même, que les enquêtes ne lui apportent « ni la paix ni même le repos », cela n’apparaît absolument pas nécessaire. Et les investigations menées tambour battant ont sur le spectateur un effet moins soporifique. Je vous parle de Wallander parce que tout le monde a la 7 et que le vendredi soir on n’a plus d’énergie que pour les polars.

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