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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 14:50
Guère envie de vous haranguer aujourd'hui, mes belins-belines façon Mère Cotivet. Je ne me rappelle plus du tout si elle avait des hauts et des bas d'humeur ou si sa cordialité ne se démentait jamais. Moi je vous avais bien prédit (du moins ai-je cru le faire, mais peut-être que non après tout),  je vous avais annoncé (donc pour être sûre que ce sera fait je vous annonce) que vous ne me trouverez jamais qu'avec les humeurs du jour. Grinçant, sarcastique, indigné, franchement rigolard en face des grosses bêtises de nos gouvernants ou des médias à leur botte, vitupérant lorsqu'il s'agit de la situation en Palestine, bref tous ces tons auront cours au fur et à mesure que se déroulera l'actualité. Mais il est surtout utile de vous préciser que l'actualité demeure pour moi essentiellement personnelle (à part la Palestine pour laquelle mon coeur saigne jour après jour). Je veux dire par là qu'à mon âge - non plus un certain âge, mais un âge certain - je n'ai plus beaucoup de force sentimentale à consacrer au tout venant, et que tout naturellement ce sont les choses toutes proches de moi qui ont leurs chances de devenir sujets de papotage entre vous et moi (et je suis bonne, tiens, de vous envelopper dans ce vous et moi abusif : m'avez-vous déjà inondée sous vos remarques qui établiraient un dialogue? Mais non! vous me condamnez au soliloque permanent, alors ne vous plaignez pas si en fin de compte on ne voit l'heure qu'à ma montre).
Donc vous êtes tributaires de mes humeurs. Hier un grand choc, ce qui s'appelle un coup du sort. Aujourd'hui je n'ai pas de mot pour dire ce qui m'accable. Ma Colchique vient de fermer à jamais ses merveilleux yeux vert menthe, elle est morte sur la table d'opération sans s'être réveillée de l'anesthésie. Et ne me dites pas qu'avec onze chats on ne doit guère s'apercevoir de la diminution du nombre, il doit bien toujours y en avoir un qui manque à l'appel, je n'ai quà m'imaginer qu'elle est en promenade, une promenade un peu prolongée, et le tour serait joué.Je ne vous demande pas de me prodiguer vos conseils et consolations, je m'en passe, merci. Je veux simplement vous dire que les chats ne sont pas interchangeables et que la disparition de cette petite bête si douce - ma petite âme, mon ange blanc, mon chinchilla, mon angora au si beau panache - laissera un vide non comblé. Elle aurait eu deux ans ce printemps, elle avait de chaque côté du nez une larme blanche qui donnait à son visage si parfaitement symétrique une allure spirituelle, dans un merveilleux mélange du gris clair et du blanc.
Elle n'avait jamais défendu sa ration devant les incursions brutales du plus petit, gâté comme un enfant de vieux.
Je crois qu'elle ignorait qu'elle avait des griffes. Adieu Tempest! Tu ne viendras plus gratter ma cuisse pour me demander un morceau... Cela, ce n'est pas de moi, c'est un reste des lectures - ou peut-être d'une dictée - de mes huit ans, et c 'est bon que cela m'arrive à l'esprit maintenant. C'est là-dessus que je vous quitte. A demain.
                                                                                                                                                    Lucette Desvignes 
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