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18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 09:15

          En présence de chaque catastrophe qui frappe des foules, même aux antipodes de nos vies préservées, il y a deux domaines qui en notre conscience sont affectés et mis en branle. Je crois que la première réaction, avant même que nous soyons pénétrés de la gravite et de l'horreur de la chose - tsunami, séisme, explosion d'usine, effondrement de route, accident d'avion ou de chemin de fer, avalanche, inondations, attentats... - est celle de l'incrédulité, réaction cérébrale indépendante de la compassion, devant l'énormité du fait. Comment cela a-t-il pu se faire? C'est absurde, sans raison, imparable... Puis, immédiatement - avant même que les nouvelles nous donnent les détails et le nombre des morts - c'est le domaine sentimental qui se trouve bouleversé. Notre compassion se déclenche, d'instinct, pour les souffrances des victimes, pour le sort qui les a fauchées en pleine activité, en pleine vie .Nul besoin d'avoir des détails, des précisions, des images frappantes voire traumatisantes dont la télé se fait un devoir de nous inonder : nous sommes à même de combiner dans la consternation et parfois le chagrin la réaction froide de l'intellect qui cherche à savoir, non pas tellement comment les choses se sont faites, mais bien pourquoi elles ont eu lieu, en fonction de quel mécanisme ou d'agencement dont le pourquoi reste incompréhensible, dont l'inévitabilité déclenche nos interrogations, dont le caractère dépassant les explication humaines s'impose à tous., et d'autre part le partage de la douleur dans la mesure où chacun y est perméable. La porte est ouverte à l'analyse du tragique, et nous nous heurtons à ce noyau irréductible qui se refuse à toute justification, à toute logique. Mais en même temps nous participons à ces cataclysmes, nous tentons de nous mettre à la place de ceux qui sont frappés. Et, lourde, lourde souffrance ajoutée, lorsque  nous pensons avec intensité à ceux qui, plus malheureux encore, n'ont pas perdu la vie avant de longues heures de souffrance et d'angoisse ou, pire, demeureront mutilés à jamais, exclus de l'existence active, diminués, privés de leur droit au quotidien le plus banal. La disparition en montagne d'imprudents skieurs hors piste par temps de neige à drapeau rouge ne peut en aucun cas relever du même schéma.      

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commentaires

A
en aucun cas, vous avez entièrement raison.
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D
Voilà qui est clair et net! Merci...