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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 09:59

Oui, pourquoi pas? Untitled, sans titre... combien de fois j'ai vu cela au bas de peintures (ou peut-être était-ce leur haut : on fait parfois des erreurs à l'accrochage) qui vous présentaient en confidence les tâtonnements de la pensée sur son support pictural! Sans préjuger aucunement de la valeur esthétique, justement. Eh bien aujourd'hui pour moi ce sera un "untitled": pour un peu je me commanderais ça comme un steak frites si je n'étais pas devenue végétarienne sur le tard. Sans titre, c'est-à-dire sans destination préconçue, autrement dit en ouverture à l'improvisation, au bric-à-brac, à la fantaisie... Il est vrai que je donne toute l'apparence de quelqu'un qui piétine, qui ne se décide pas, qui renâcle peut-être, mais je m'inscris en faux contre cet aspect. Je dois dire que ce qui me paralyse pour me donner à fond, c'est la dimension à mon avis exiguë qu'on accorde officiellement à tout bla-bla-bla de bloggeur. Comment voulez-vous que je me lance si je distingue déjà les bornes de mon inspiration - entendons nous bien : les bornes apposées par des mains étrangères et inflexibles à des élans lyriques sui generis dont par définition la pareille n'aura lieu nulle part ailleurs? Autant s'exercer aux voltiges aquatiques derrière hors-bord sur un petit étang ou une mare. J'espère que vous me comprenez, l'effort demandé à vos neurones n'est pas grand.

Libérée donc de toute contrainte de titre, pour une fois, je peux me mettre à gazouiller sans retenue. Ne croyez pas que je n'aie rien à faire sous prétexte de Noël ou Jour de l'An : les tâches littéraires les plus variées m'attendent . Contrôle de traductions erronées, préfaces à rédiger,dictée de Pivot à peaufiner (et ça n'est pas celle de ce Môssieur, non Madame, c'est la mienne, et elle ne fait pas appel à des mots invraisemblables qu'on n'entend nulle part : elle traque les pièges d'accords, de conjugaisons, d'homonymes...).Quand je lis les nouvelles du concours de Chalon-sur-Saône, je me demande si on apprend encore aux jeunes générations ce qu'est le passé simple : n'allons pas plus loin, laissons les subjonctifs où ils sont cachés, le passé simple, le passé simple, vous dis-je! C'est le poumon de la  littérature ( le poumon vous dis-je!). C'est une base de l'expression, et je vous en parle à grands traits (attendez un peu que je vous révèle les jouissances secrètes de l'imparfait de narration, si difficile à faire percevoir à un traducteur allemand, si expérimenté soit-il).  Oui, j'ai du travail par-dessus la tête. Mais j'aime ça, heureusement. Et je ne vous parle pas de la montagne de livres que j'ai à lire, de toute provenance donc de tout genre, et que je ne peux lire que le soir, quand ma journée de labeur terminée je m'accorde enfin l'ivresse de la lecture des autres (ivresse, certes : c'est la position de départ, dès que je vois un livre je m'épanouis, mais la position d'arrivée est rarement de même tonalité, il y en a mon dieu de ces livres embêtants, prétentieux, qui n'ont rien à dire mais qui veulent vous expliquer pourquoi ils n'ont rien à dire... A l'arrivée, dites donc, on se sent rudement défrisé, même que souvent on cale à mi-parcours...).
Tenez, quand je vous le disais... Comment voulez-vous que je me lance dans une de mes grandes envolées qui bousculent tout, puisque j'aperçois déjà la limite de mon petit carré de jardin au-delà de laquelle je serais malvenue d'insister? Jack Roland disait autrefois "Pardon, Au revoir, et à mardi prochain" Moi je vous dis Bien le bonjour à vos chats, même et surtout si y a personne chez vous. Et à demain.

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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 16:34

Dans mon quartier la plupart des volets sont fermés. Point d'occupants dans les maisons, tout le monde à la neige - ou, pourquoi pas (je n'ai rien demandé)  sur le sable blanc des Marquises ou des Aléoutiennes (je suis nulle en géographie pour les endroits où je n'ai jamais mis les pieds, je fais donc certainement de grosses bévues, surtout pour les Aléoutiennes dont j'ignore vraiment où elles peuvent se percher; si je disais les Seychelles je serais plus sûre de moi parce que j'en ai déjà reçu deux ou trois cartes postales, disons donc pourquoi pas le sable blanc des Seychelles?). En tout cas, neige ou bains de soleil et plages sous les palmiers, ça se fait en un rapide aller et retour; à part les attentes dans les aéroports ou, plus près de nous, les kilomètres d'embouteillages on ne devrait pas craindre d'aller loin. C'est drôle, je n'ai jamais envie d'aller où vont les autres, je ne suis jamais d'humeur à vagabonder lorsque tout le monde et son père prend son sac à dos. Qu'on ne s'étonne pas, donc, de voir que je me suis remise au travail toute ragaillardie par mes radis et mon pilaf d'hier . J' y ai ajouté, ô jouissance rare - et ça je ne vous l'avais pas dit - deux rutabagas à l'eau, juste cuits dans leur bouillon. Les gens de mon âge qui ont connu l'Occupation vont se détourner de ce blog en haussant les épaules. Il est de fait que pour faire les frites (mais c'est vrai, il n'y avait pas d'huile) ou la soupe (il n'y avait pas de beurre) le rutabaga ne tenait pas la route. Je connais des gens qui, une fois entrés dans la zone d'après-guerre où peu à peu on a pu retrouver ce qu'on voulait, ont décidé de ne plus jamais accorder même une pensée à ce chou-rave de malheur, et vraiment il a bel et bien disparu des étals des fruitiers et primeurs. Il a bien fallu ces agapes de Noël pour que j'en trouve deux m'attendant, et personne ne me les a disputés, j'ai même vu des regards compatissants portés sur moi.

Donc je peux reprendre mon job du jour, après ces confidences gastronomiques. J'espère pouvoir décoller sans problème : ce n'est plus maintenant la technique qui me freine (touch wood!), mais la difficulté à reprendre le fil d'un interminable déroulement qui n'avance, au fond, guère plus que la tapisserie de Pénélope. J'ai pourtant, je vous l'assure, la ferme intention d'avancer, et de vous faire avancer avec moi.Nous avons déjà vu le mal que peut faire à une édition qui se voudrait suivie une insertion adventice : je suis sûre que personne d'entre vous n'aurait pensé à cet inconvénient, moi je l'ai expérmienté, je peux vous en parler savamment. Mais j'aime mieux garder mes forces d'expression pour autre chose, par exemple pourquoi on écrit (pourquoi j'écris) une nouvelle après une grosse saga ou un conte après une pièce de théâtre. Trouver sa rénovation dans le changement de genre, cela n'est-il pas un mystère? Bon, je m'étendrai là-dessus demain. Aujourd'hui, si vous n'êtes pas trop flappis par vos excès de table, n'oubliez pas de dire bonjour à votre chat, n'y manquez surtout pas!

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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 12:03
Les parfums d'oie rôtie, de marrons, de saumon, de charlotte ou de bûche au Grand Marnier, dans le désordre mais entêtants, flattent mon imagination sans m'atteindre le moral. Je suis toute seule, je me régale à l'idée du bon riz pilaff que je vais me préparer dans quelques minutes, je complèterai par quelques radis pour les vitamines et je serai heureuse comme tout. Je n'aurai pas participé au gavage des oies ou des canards (même si j'ai vraiment aimé le foie gras autrefois) ni à l'abattage des volailles qui traditionnellement paradent sur nos tables (même si, malheur à moi, j'ai pendant des décennies préféré la pintade et le poulet de Bresse aux grosses viandes rouges, Charolais ou Limousin par-ci pour le rosbif, Drôme ou Ardèche par-là pour le carré d'agneau). Pas non plus,   qu'elles soient indiennes ou bien de chez nous, accepté le tranchage en deux des grenouilles, pièce par pièce, les cuisses d'un côté l'avant-train de l'autre, lequel on rejette généreusement dans l'eau histoire de voir s'il va nager aussi bien que quand il faisait partie d'une bête à quatre pattes. De toute évidence, le bon cru sur lequel je vais porter mon choix tout à l'heure - un Pommard, un Vosne, un Volnay , je ne sais pas encore, et d'être encore dans l'incertitude cela me rend tout enivrée d'avance, grosse jouissance à faire durer comme si j'avais ouvert trois bouteilles - se défendra merveilleusement avec le morbier et le boursault sans faire de mal à quiconque. Avoir en fin de vie réussi à mettre en accord avec les résignations de mes papilles mes principes de coeur, c'est peut-être le tour de force dont je me sens le plus fière.
Je conçois que si quelque oeil indolent se traîne sur l'austérité de mon menu au sortir de table - en admettant qu'il puisse encore distinguer quelque chose - il ne facilitera guère la digestion, en insérant dans la satisfaction béate du processus des remords de morale carrément hors de saison. C'est pourquoi je vais remettre à demain la poursuite de mes élucubrations personnelles et littéraires : aujourd'hui c'était jour de fête, pause, sieste, farniente si le permet le bruit des mômes avec leurs trompettes, tambours et instruments informatiques encore plus retentissants pour peu qu'à quelques-uns ils se livrent à une guerre des étoiles . Je vais caresser tous mes chats l'un après l'autre, sans gâcher le silence qui nous baigne et que je chéris. Si vous ne caressez pas le vôtre, saluez-le au moins de ma part, surtout si y a personne chez vous.




                                                                                                   Lucette Desvignes










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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 20:24
Onze chats, ça vous occupe une maison. Je ris des académiciens récents dont on vante l'amour des chats, à telles enseignes qu'ils ont pondu un gros machin dans une respectable collection dont, chacun dans son domaine - le vin, les femmes, la France... - les auteurs apparaissent comme l'e symbole vivant et exclusif de chaque sujet. Pour en rester chez les chats, le gros bouquin en question ratisse les amateurs de chats célèbres, histoire de revenir sur leur production littéraire, en même temps que l'évocation desdits. Se consacrer personnellement à un seul miron paraît fort suffisant à cet écrivain, voire recommandable - autrement dit les amours échevelées qu'on peut dédier aux minets de toute une fratrie (reconstituée par les incidents de leurs parcours) semblent dénuées de raison et vaguement répréhensibles. Non mais des fois! (je vous informe tout de même que je râle toute seule : jamais le digne monsieur n'a fait la moindre allusion à moi pauvrette, il ne me connaît point et c'est tant mieux au fond, je devine que nous ne nous entendrions guère une fois dépassées les formules de pure politesse).
Mais moi j'ai cette passion échevelée pour les chats, gros ou petits, chats ou chattes, tigrés ou blancs, tachetés comme une truite ou barbouillés de blanc et de noir de la manière la plus inattendue. Et les rouquins que j'oubliais, les chers rouquins sauvages comme des loups ou doux comme de la crème : je les oubliais dans mon panorama félin parce que pour l'instant sur les onze je n'ai pas de rouquin, mais j'en ai eu, oh que oui. C'est aux chats que je vais dédier ces quelques lignes. Ils ont déjà eu leur petite gâterie de saison, mais je tiens à l'accompagner d'un hommage appuyé. Onze, c'est un chiffre tout de même. Il faut onze fauteuils de même confort, onze gamelles de même contenance, onze places "la meilleure" sur mon lit ou à mes pieds. Toutre une organisation de vie, je vous dis. L'essentiel est que ça marche, avec entrées et sorties libres par le sous-sol, ce qui cause certaines in quiétudes lorsqu'ils mettent du temps à rentrer.Je vous parle toujours de moi moi moi d'habitude, eh bien ce soir ce sera miaou miaou miaou (pas facile à écrire, pour un mot qui se prononce si bien, si tendrement, si félinement quand on y met un peu de coeur - mais j'en ai, ne craignez rien). Assez sur les chats pour aujourd'hui . Sazluez bien le vôtre de ma part si y a personne chez vous.
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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 10:05
On dirait vraiment, à en croire ce titre qui sonne presque comme le refrain de "La Marseillaise", qu'il s'agit pour moi d'une tâche à laquelle je m'attelle comme un manoeuvre de péniche s'installait autrefois sa bride de cuir sur le poitrail (je ne dis pas cela en riant : je l'ai vu quelques rares fois pratiquer sur les rives du canal du Centre, dans ma prime jeunesse, et ces images de la détresse humaine me sont restées gravées dans la mémoire indélébilement; nos bateliers de la  Volga nous les avons eus aussi, nous, pas la peine de prendre des grands airs pour condamner chez les autres le recours impavide à l'esclavage). C'est que je me sens désormais prête à attaquer le courant de ma besogne de bloggeuse, càd parler aux foules, et leur parler de telle manière qu'elles ne puissent qu'attendre avec  ferveur et impatience le lendemain pour pouvoir continuer le feuilleton. Vous voyez donc ce que je me suis mis sur le dos.
 A bâtons rompus, selon le principe proposé hier (et que, si mes comptes sont exacts, personne n'a encore contesté : qui ne dit mot consent), je vous parlerai de moi, et quand je vous parlerai de mes personnages ce sera encore de moi, et quand je vous parlerai de mes livres ce sera encore de moi. Cela, c'est aussi un principe que j'ai proposé d'entrée - un principe commun à tous les bloggeurs si j'ai bien compris la fonction de ce truc,  et qui a ses chances d'exister à partir de la curiosité du reste du monde. Quiand j'ai commencé à écrire "Les Noeuds d'Argile", mon premier roman, je ne savais pas du tout ce que je faisais. J'avais déjà derrière moi un passé de publications nombreuses, mais strictement universitaires, concernant Marivaux, le théâtre, le roman, le XVIIIème siècle, la littérature comparée, y compris deux grosses thèses (c'était ce qu'on devait avoir pondu à l'époque - avant 68... - pour se risquer à demander le titre de Docteur. Mais c'est à ces publications-là que tout à coup je me suis mise à tourner le dos. Un beau jour, comme ça. M'arrêter de cogiter sur les relations littéraires ou dramatiques du XVIIIème, sur les sources - que j'ai toujours été passionnée de découvrir : il y faut de l'instinct, du flair, de la finesse, de la culture, c'est aussi passionnant qu'un roman policier - eh bien oui, à tout cela j'ai tourné le dos. Sûre qu'au fond cela n'intéressait plus personne , étudiants ou collègues, de lire ce que vous aviez vous-même découvert ou pondu. Avant de casser ma pipe, je voulais encore dire et faire quelque chose. Trouver une formule qui, elle, intéresserait tout le monde, par le coeur peut-être d'abord. Un soir j'ai commencé à écrire dans un état second, plusieurs heures prises sur la nuit sans décrocher. Le matin c'étaient 25 pages d'un roman - je n'en avais encore jamais écrit - et ces 25 pasges-là je savais que j'allais les défendre jusqu'à la garde. La suite à demain, promis! N'oubliez pas de saluer votre chat!  
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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 15:51

Rien n'est plus revigorant que de lire le commentaire qu'on vient de vous envoyer via over-blog. Vous avez vraiment l'impression d'être utile à votre prochain, donc vous continuez! Donc je continue...Laissons là le problème des romans autonomes qui se sont glissés entre deux romans qui se suivent : c'est vraiment un problème mineur en ces temps où trouver à se faire éditer devient la quadrature du cercle (je dis ça parce que je l'ai entendu dire, je n'ai jamais entrepris cette recherche, car si les matheux géomètres ont tant de mal à trouver ce n'est certes pas moi avec mes connaissances ultra boiteuses en ces domaines de grands mystères qui pourrais leur venir en aide; l'utilité à laquelle je faisais allusion relève d'un tout autre registre - mais n'est-elle pas déjà aléatoire au maximum?). Je voudrais bien avancer dans la connaissance que les lecteurs pourraient grappiller à mon sujet (quand Mercurey vous a vu naître, vous ne pouvez guère que vous rabattre sur les métaphores de la vigne et de ses hypostases). Mais imaginez un déballage en vrac de toute une vie, de toute une expérience, de toute une oeuvre! Personne ne s'y retrouverait, et même moi je n'y retrouverais guère mes chats. Je vais donc procéder par ce qui me paraît une espèce d'ordre (ce qui ferait bien rire ma Marocaine, ma merveilleuse Marocaine qui me couve comme un bébé et considère que je n'ai pas d'ordre du tout - mais a-t-elle tellement tort?). Au fur et à mesure que les idées me viendront, je les exposerai, les développerai, bref vous en parlerai à bâtons rompus, c'est peut-être encore le meilleur de cette amitié qui devrait se construire entre vous et moi.
"La romancière "américaine" qui écrit à Dijon", titrait l'autre jour un article de journal, une page entière, des photos, des titres de paragraphes aguichants. Du beau travail, rares sont ceux qui ont pu y échapper. Comme entrée en matière entre nous, ce pourrait être bien pire. Bien plus faux. Je vais donc prendre cette étiquette comme point de départ, je peaufinerai selon les méandres de notre aventure commune. Oui, les Etats-Unis me sont familiers, oui je les aime depuis qu'ils ont mis leur sanguinaire baudet à la porte (je ne sais pas trop pourquoi un baudet serait sanguinaire, ils sont si doux les petits ânes - mais celui-là c'en était un gros et de toute évidence il aimait le sang). Oui j'y vais chaque année depuis plus de trente ans et chaque fois que je peux. Et puis aussi oui, j'écris des romans, mais je suis avant tout écrivain (pas écrivaine, je l'ai déjà précisé : il y a des redites dont je suis consciencte, celle-là en est une mais je persisterai et signerai chaque fois que ce sera nécessaire). C'est vrai que j'ai commencé par publier des romans, et même des gros, mais je distingue dans le terme "romancière" une petite nuance que je ne perçois pas dans romancier. A éclaircir :  les problèmes du féminisme m'ont toujours passionnée. Et c'est déjà le moment de saluer le minet si y a personne chez vous. A demain!
 

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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 09:54
Je ne trouve pas simple de consulter ce que j'ai écrit la veille, et c'est ennuyeux parce que je vais sans doute me répéter. J'en aurais horreur, mais cela me paraît difficile à éviter. J'ai l'impression que ce blog va être comme un feuilleton, se déroulant jour après jour (jusques à quand, ô ciel? qui pourra me le dire? Quel bel alexandrin! N'allez-vous pas en rire?). Il me faudrait quelques butoirs, quelques questions auxquelles je me ferais un plaisir de répondre - sans cela, si tout se déroule de ma propre initiative, il y aura forcément des redites, et je risque de paraître un peu bégayante voire gâteuse, bien que dans la réalité je vous l'assure je ne sois ni l'un ni l'autre.
Je vous disais hier qu'il avait été de mauvaise politique d'insérer un roman indépendant entre les deux volumes d'une saga devant normalement se suivre - même si cela s'est fait à deux reprises pour moi, chez Fayard et chez François Bourin. Cela dit, l'impact sur les foules n'en est pas grandement modifié, dans la mesure où votre ouvrage ne correspond pas dans le programme de l'éditeur à un de ces grands raz-de-marée envisagés de loin et mis en oeuvre avec cymbales et trompettes en complicité avec tous les médias, chantant ensemble de préférence. Chaque titre doit se faire de lui-même sa petite place au soleil, heureux est-il lorsque la plupart des bibliothèques de France, muni- cipales surtout mais les autres aussi, se chargent de multiplier vos lecteurs et de conserver des restes précieux de votre activité littéraire : c'est souvent une ou deux décennies plus tard qu'on réclame le livre dont la parution avait pourtant fait du bruit - pas assez sans doute pour l'imposer à tous. (Je sais de quoi je parle : quand je suis allée signer à Auxerre "Vent debout" et "La Brise en Poupe", càd la deuxième saga, je n'ai presque signé que des "Noeuds d'Argile" dont on me citait d'un air pâmé l'enthousiasme de la mère, de la fille, de la belle-soeur qui avaient tant aimé le bouquin quelques années plus tôt - c'était cet enthousiasme qui décidait la nouvelle lectrice...). On n'aura donc pas à s'étonner si le regard tourné vers les Etats-Unis m'est apparu comme une direction consolante. Là je sais que je ne me répéterai pas, qu'on va marcher en terrain vierge. A demain donc, n'oubliez pas le salut à vot'minet si y a personne chez vous.













































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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 10:39

Oui, allons bon! Voilà qu'à relire mes élucubrations d'hier je m'aperçois qu'on m'en a coupé la moitié.  J'aurais dû tenir compte de ce qu'on m'avait dit : attention au format! Première mesure : passer du corps 12 au corps 10, ça ne peut pas faire mal. Ensuite : mettre un frein à mes envolées lyriques, les limiter aux régulations administratives de Over-Blog. Ce sera sans doute plus difficile, car une fois lancée j'ai du mal à freiner, justement. Mais un homme averti en valant deux, vous voyez ce que je peux valoir dorénavant. Sera-ce alors le vrai démarrage des démarrages? Je le souhaiterais, certes, mais je me méfie de tous ces agencements sournois de l'électronique qui s'accomplissent dans les coulisses et dissimulent leur responsabilité destructrice derrière des prétextes d'erreurs de clavier causées par moi. Vous devez tous avoir connu ça à vos débuts, même si maintenant vous êtes tellement rodés que vous ne voulez plus vous en souvenir. On va faire avec, moi surtout! Vous, croisez les doigts pour que ça marc he et convoquez la patience à votre chevet.
Ce qui m'ennuie le plus, dans ces démarrages poussifs toujours interrompus, c'est que je vais répéter des choses dont vous n'aviez peut-être déjà que faire à la première lecture. Tant pis, vous devez être si peu à suivre ces confidences! Pensez au contraire aux foules qui attendent de moi la manne qui va leur permettre de survivre jusqu'à demain. Ne soyez pas égoïstes, passez par-dessus mes redites : il y aura bien un moment où vous trouverez quelque chose d'encore inédit à vous mettre sous la dent.
Je parlais hier surtout de l'inconvénient qu'avaient par deux fois connu mes publications, lesquelles, prévues pour sortir en série (Les Mains nues, Les Mains libres) se sont vu interrompre par l'insertion d'un roman autonome sans aucun rapport avec elles. Gros flottement pour les lec teurs fidèles de la série, désappointés de ne pas trouver la suite qu'ils attendaient. Cela a joué pour "Le Grain du Chanvre", que la parution de "Clair de Nuit" a repoussé d'un  an (et cela, même si "Clair de Nuit" passait chez le Pivot de la grande époque, à Apostrophes, en 84), et derechef cela a joué pour "La Brise en Poupe", suite attendue de "Vent debout" chez Bourin et que la publication "en urgence" (c'est toujours agréable à entendre pour un auteur quand c'est son éditeur qui lui annonce la chose)  de "La Maison sans Volets" a également repoussée d'un an. Je dois dire d'ailleurs que les vrais mordus de l'une ou l'autre histoire n'ont pas été longtemps détournés de leur lecture favorite : ils ont allègrement retrouvé la succession des tomes en gagnant au passage un titre inattendu; aucun ne s'est plaint, à moi en tout cas.

Bon, mes belins-belines, je vois s'approcher dansgereusement le terminus de mes propos. A demain donc, et toutes mes amitiés au minet si y a personne chez vous.

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 09:01
J'ai été interrompue hier, alors que je me sentais si bien partie à vous parler de moi, de mes livres, de mes personnages, de mes projets, par une de ces mystérieuses interventions de la machine qui me réclamait à cor et à cri de "supprimer mon filtre" : avec la meilleure volonté du monde, impossible d'obtempérer. Où se trouve ce filtre? qu'est-ce qu'il fait chez moi? quel pouvoir ai-je sur lui? Niet sur toute la ligne. J'ai refait mon texte trois fois, jamais sûre de rien,puis j'en ai conclu - à tort sans doute, j'y repense à présent - que j'avais écrit trop gros et trop long. D'où ultime interruption    sans même, je crois bien, mes politesses habituelles. Je reprends donc de zéro  aujourd'hui, c'est maintenant que ça démarre.
Je suis donc écrivain, et mes premiers titres semblent signaler mon allégeance à la Bourgogne, donc au régionalisme. C'est pourquoi je cite ici, avec révérence et affection,la plus belle précision qui puisse être donnée sur mes appartenances littéraires par Jacques Lacarrière : "Jamais comme en ces deux livres (c'est-à-dire    "Les Noeuds d'Argile" et "Le Grain du Chanvre", sa suite - c'est moi qui explique) une région n'a autant nourri une inspiration d'essence aussi peu régionaliste" - il dit cela dans la préface au tome 2 de ma saga bourguignonne. J'aime bien, dès l'abord, me situer : qu'on ne me confonde pas avec les auteurs célébrant leur clocher ou les grands hommes de leur paroisse! Et cela, même si j'aime passionnément parler de ma région : croyez-le, il n'y a pas incompatibilité entre les deux situations.
Mes premiers romans sont tout de suite passés du rang obscur et timide de la première édition (celle d'Alain Schrotter, un éditeur courageux qui ne faisait pas le poids pour l'édition de romans,  malgré un flair infaillible) à la réédition chez Mazarine-Fayard, en 1985, et les belles préfaces de Jacques Lacarrière leur ajoutaient un prix inestimable (pas rien qu'à mes yeux,je le précise). En 82 d'ailleurs, à la sortie du tout premier, le Prix Roland-Dorgelès alors à son zenith (il est tombé en déshérence)  avait entraîné des articles  remarqués dans "Le Monde", "Le Figaro", "Europe", "L'Express" et une grosse partie de la presse régionale, même en dehors de la région Bourgogne. Le 3ème tome          de cette trilogie "Les Mains nues", càd "Le Livre de Juste", publié également chez Mazarine-Fayard en 86, permit à l'ensemble des trois volumes d'obtenir le Prix Bourgogne 1986. Dans l'intervalle, Fayard avait fait paraître "Clair de Nuit", un roman tout à fait autonome qui "passa chez Pivot", du temps d'APOSTROPHES , dès sa publication. Je ne pense pas que le fait d'insérer une publication sans rapport avec une série romanesque en cours de parution (aucun rapport dans les thèmes, les personnages, l'époque, la facture, le ton) soit une bonne chose : beaucoup de lecteurs passionnés par "les Noeuds d'Argile" se sont précipités sur "Clair de Nuit" en le prenant pour la suite, et se sont trouvés très déçus parce que ce roman-là traitait de tout autre chose. A la sortie de cette suite, ils ne se sont pas tous trouvés remobilisés, et beaucoup ont cru que "les Noeuds d'Argile" ne se continuaient nulle part... La même chose m'est arrivée chez François Bourin, qui a décidé de publier en urgence en 1992 (mais cette précipitation ne peut que charmer un écrivain, comment la reprocher à un éditeur?) "La Maison sans Volets", qui est un roman à suspens tout à fait autonome, entre le premier et le second volumes de ma deuxième saga, "Les Mains libres" - à savoir, "Vent debout" en 1991 puis "La Brise en Poupe" en 93. Là encore, les lecteurs peuvent se trouver désarçonnés de la disparition des personnages au destin duquel ils se sont attachés; comment leur faire savoir qu'ils trouveront la suite de ce destin par-delà le livre qu'on leur brandit comme si la saga avait déjà atteint son terme?
Il y a fort à dire sur ce chapitre. Je reprendrai demain. J'espère ainsi vous entretenir de ces romans déjà anciens qui sont toujours lus dans les BM avant de passer à la suite de mes publications. Si vous avez des questions à me poser, ne vous retenez pas, je vous en prie! Je répondrai ou tâcherai de répondre sur tous vos sujets, écriture, thèmes, problèmes d'édition etc. Je ne souhaite qu'une chose, c'est établir les meilleurs contacts avec vous tous. Et naturellement je salue amicalement votre chat "si y a personne chez vous". A demain.
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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 18:28

Une nouveauté : j'ai écrit un article, au moment de l'éditer il disparaît, on ne me connait plus, il faut que je redonne patte blanche, et avec tout ça je ne suis pas sûre que mon message va pouvoir être transmis. Croisons les doigts, croisez-les avec moi...

J'avais pourtant commencé sérieusement. Si par hasard l'enregistrement de cet article a été réalisé, ne tenez pas compte, please, de mes redites. J'avais tellement l'intention de faire les choses comme il faut! Donc, on recommence.
Je suis écrivain, j'ai toujours écrit, je publie chez des éditeurs parisiens depuis près de trente ans. Vous voyez donc que j'ai de la bouteille, mais comme je suis née à Mercurey, on va partir du principe que ce ne peut qu'être une bonne bouteille et qu'elle m'a souvent inspirée. Mon premier roman a eu pas mal de retentissement, c'était "Les Noeuds d'Argile" et bien que publié par un éditeur courageux que personne ne connaissait, Alain Schrotter, il a eu le prix Roland-Dorgelès en 1982. Fayard en a tout de suite entrepris la réédition, et toute la trilogie bourguignonne a suivi chez Mazarine-Fayard (avec "Le Grain du Chanvre ou l'Histoire de Jeanne" en 85, avec une superbe préface de Jacques Lacarrière, et "Le Livre de Juste" en 86). En 84 j'étais passée chez Pivot, dans une des APOSTROPHES de la grande époque.  Je crois que j'attendrai demain pour la suite. Bonjour au chat, je vous dirai tout demain, promis!

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