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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 10:34
C'est un beau titre, pour une fois : on dirait du Pinget, c'est tout dire (Pinget, oui : si vous ne connaissez pas, vous auriez intérêt à vous documenter). Un des grands de Minuit ancienne formule : Claude Simon, Samuel Becket, Robbe-Grillet, Butor, peut-être même Sarraute ou Duras (mais moi je suis pas fan de ces deux dames, c'est peut-être parce que j'ai toujours préféré la compagnie des messieurs, c'est bien possible). Un beau titre, donc - mais tout dépend de ce qui va trouver place entre les deux couvertures, comme on dit en anglais (et, naturellement, à supposer que le tout soit agencé comme une chose publiable avant même de tenter d'être publiée : en matière de texte à lire, il y a loin de la coupe aux lèvres, je ne vous apprends rien). En fait, le personnage (avec ou sans son biotope, ça c'est un autre sujet) n'existe pas dès le démarrage de votre histoire. Vous le sentez en vous, bien entendu, il est là,  tapi, muet, presque comme une tumeur bénigne, comme une petite induration, si vous appuyez un peu il va se mettre à vous gêner. D'ailleurs, si vous essayez de le négliger, si vous faites comme si vous n'aviez pas vu qu'il guettait votre regard, il va se mettre à s'agiter, à prendre du volume, à vouloir sortir. Vous ne pouvez que laisser faire. Et il finit par vous apparaître, pas encore grandeur nature, encore très marqué par ses zones d'ombre, se dissimulant à votre curiosité. Furtif, farouche presque. Vous ne voyez pas son visage  - et pourtant, calculez un peu le nombre de romans que vous avez lus qui vous infligeaient le portrait des individus au fur et à mesure qu'ils apparaissaient dans le récit : pour certains auteurs c'est une manie que cette sage application des principes balzaciens, dans la lignée des "sourcils à racines perdues" (?? on frissonne d'avoir à rencontrer ça dans un thème d'agrégation) ou des mensurations en pouces du mollet du Père Grandet, mais pour certains autres -  pas forcément les meilleurs oh là là -  cela occupe de l'espace, et s'ils ne savent pas pour eux-mêmes la couleur du poil, la stature, le poids, le teint, on les sent malheureux, aliors qu' une fois le portrait bien avancé ils ont l'impression que l'histoire avancera du même pas . Gageons que vous aussi, la plupart du temps, vous êtes bien contents quand on vous précise à quoi ressemblent les individus mâles et femelles qui surgissent tout d'un coup dans les paragraphes de ce que vous lisez. Ce doit être la fréquentation des magazines des salons de coiffure qui vous a formés intellectuellement, ma parole : pas une ligne de texte sans son image, on peut même se passer complètement de lire le texte du moment qu'on a vu de qui il s'agit (mais on sait tout sur le mâle ou la femelle : tour de taille, tour de poitrine, longueur de jambes, renflement des deltoïdes, musculature des pectoraux, accessoirement aussi le début ou la fin des liaisons avec l'ivresse ou la consternation les accompagnant - "Entre eux deux c'est fini!" ou "Sera-ce la grande passion cette fois-ci?" - si c'est là que vous tirez vos principes de lecture donc votre goût pour la lecture des romans, eh bien à la bonne vôtre! Vous ne méritez même pas que je vous entretienne de la naissance du personnage, je ne reprendrai que demain tant je suis découragée de vous amener à quelque chose. Il me reste juste la force de saluer vos chats. A demain, je vais tâcher de vous retrouver mais, vous savez, ce sera un  gros effort de ma part, et seulement parce que j'ai le sens du devoir bien enraciné. Je vous parlerai encore du personnage, si vous voulez vous abstenir, faites, faites...
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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 11:05
     Je ne sais si vous connaissez cette impression pénible d'écartèlement entre deux sollicitations. Entre deux devoirs peut-être - vous vous sentez tiré à hue et à dià, ici vous lever pour donner à manger aux chats qui feulent et tortillent du croupion et viennent voir dans votre chambre ce qui se passe ce matin (c'est un devoir envers eux), là vous prélasser parce que c'est dimanche, que personne ne viendra vous voir de toute la journée, donc que vous êtes totalement libre de traîner en robe de chambre si le coeur vous en dit (c'est un devoir envers vous-même). Il peut aussi, je vous le concède, se produire des instances plus tragiques : par exemple, avoir à choisir entre les obsèques de votre voisin sur place (finalement il vous était bien indifférent) et celles d'un vieil ami (mais on l'enterre au fin fond de la Creuse et vous êtes sans voiture). Ou encore, et c'est plus réjouissant seulement en théorie, écartelé entre deux mariages : le même samedi, le fils d'amis au début de l'après-midi au nord de Dijon, et dans le Beaujolais le fils d'amis en fin d'après-midi. Si vous réussissez à tout faire (et j'imagine que vous vous appliquerez davantage pour faire les deux mariages plutôt qu'assister aux deux enterrements), bravo! Se retrouver entier, oui je dis bien l'étirement terminé, les deux morceaux recollés, la conscience satisfaite, c'est alors une jouissance mémorable. J'ai connu, avec consternation, le cas d'un ami très cher dont la fille se mariait dans l'Utah le jour même où se mariait le fils de sa nouvelle femme au nord de l'Ohio - pas question de recourir à l'avion, il avait fallu trancher, et cette fois-ci la décision avait été cruelle à prendre.
     Ce dont je vais vous entretenir est certes moins chagrinant, mais tout de même. Je suis écartelée entre deux '(j'élague pour faire bref, mais en vérité c'est un écartèlement à la roue, chaque membre tiré par un  cheval, donc quatre membres, quatre chevaux, écartèlement deux fois plus important) entre deux, dis-je pour faire bref, tâches aussi urgentes l'une que l'autre. D'un côté cette supervision des textes traduits pour la publication en anglais chez Mellen, avec méthode différente de contact pour chaque traducteur : livraison en vrac brut de décoffrage ou travail léché assorti de questions relevant de la syntaxe ou de l'arrière-plan culturel (vous sauriez traduire Ouf Merci Aspro! au débotté, vous?) . De l'autre cette nouvelle qui veut voir le jour, qui me harcèle comme un furoncle en formation dans un endroit sensible, qui s'impose à moi en traits fulgurants (on doit bien dire "en éclairs fulgurants" à la télé, j'en fais le pari), qui vient par la traverse à chaque instant alors que je suis plongée dans d'autres vieux textes - ce qu'on traduit de moi ce sont des textes publiés   en France depuis longtemps - et qui me bouscule sans ménagement. Je n'ose pas vous en parler dans le détail, d'autant que je ne sais pas encore vraiment où la future va m'emmener. Mais vous seriez étonnés de voir comme mes gugusses (sont-ils déjà des personnages? peut-être bien que oui, finalement) se meuvent dans leur biotope (coucou! le revoilà!) avec des adhérences perceptibles non seulement à l'oeil mais surtout au toucher.Je vous en dirai plus dès demaiin  si vous m'êtes fidèles, Caressez les minous, vérifiez la fermeture de vos portes, bonne nuit.
                                                                                                         Lucette Desvignes
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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 14:42
J'ai encore dans l'oreille le ton de Desproges - calme, désabusé,  meurtrier - lorsqu'il disait  "Marguerite Duras n'a pas écrit que des conneries; elle en a aussi fait des films" . J'aimerais pouvoir le prendre - ou quelque chose d'approchant - pour dire à propos de la télé que de temps à autre, quand la lune s'est renouvelée au beau ou que les coquecigrues reviennent dans leurs nids,  on peut y apprendre des trucs. Ainsi moi (et c'est parce que je suis toute fière de ces découvertes que je fais de la pub pour la télé) ainsi moi j'ai vu, de mes yeux vu, et entendu, de mes oreilles entendu, que le commerce des montres haut de gamme n'avait pas souffert de la crise le moins du monde, bien au contraire. J'aurais pensé qu'avec la quantité de montres de tout poil et toute couleur qui se trouve distribuée à chaque achat sur catalogue l'horlogerie au contraire avait eu toute chance d'en prendre un coup. Mais, mes belins-belines, c'est tout simplement qu'on ne parle pas des mêmes articles, vu qu'on n'est pas tous du même monde. Moi je me contente (et je dois même dire que le plus souvent j'en suis heureuse comme tout, un vrai pou sur une vieille cravate) de ce que l'un ou l'autre de mes catalogues m'offre  en "cadeau gratuit" (nouvelle parenthèse : depuis les cadeaux bonux on a admis le renforcement sans peur du pléonasme, ces  cadeaux- là sont gratuits, puisqu'on vous le dit, c'est pas comme les autres). Une montre avec sa pile "fournie" , vous n'avez qu'à décoller le plastique qui recouvre le verre - protection, protection - et libérer le remontoir pour mettre l'heure exacte à votre cadran. Tic tic tic, ça se met en marche, vous en avez pour quinze mois (en théorie ce serait dix-huit mois côté pile, mais le bracelet de la montre rend l'âme avant elle). Parfait : quinze mois ça me convient, tous les quinze mois j'exhibe une montre neuve, j'en ai toujours une en réserve qui attend son heure et cependant j'en ai déjà donné généreusement. C'est vous dire que je n'ai pas de bijoutier attitré, ne me demandez pas les noms des célébrités dans le genre. Eh bien j'en ai vu, j'en ai vu sur les étranges lucarnes... A en rester éberlué pour un bon bout de temps. Je dois dire d'ailleurs que ça n'était pas vraiment les montres qui me fascinaient : moi je m'emberlificoterais plutôt au milieu de tous ces cadrans, pour l'heure pour la date pour la température ambiante pour les prévisions météorologiques, probablement pour tout un tas d'autres choses encore que je n'ai pas suivies ou comprises. Mais ce sont les prix, mes belins-belines! Les prix que j'ai entendus! Des prix pour des cadeaux qui ne pouvaient être offerts à leurs mousmés que par des parachutés en platine, en revenant du verre de l'amitié qui saluait leur départ à la retraite avec du biscuit plein les poches (j'espère au moins que pour cette émouvante fête de famille les ouvriers ne s'étaient pas cotisés pour ajouter leur petit quelque chose au présent destiné au patron démissionné ou démissionnaire, histoire de lui témoigner leur reconnaissance pour les services rendus en haut de l'échelle et avant de recevoir leur feuille de licenciement en bonne et due forme).Je croyais mal entendre, eh! bien non. Le pire (oh oui, autorisez-moi à dire le pire) c'était quelque chose comme deux millions d'euros, rien d'étonnant à ce que le vendeur ait refermé sa vitirne à double tour après l'avoir montré aux téléspectateurs. Quand je vous le disais, qu'à la télé des fois y a quelque chose à ne pas louper. Allez, à demain, bonsoir à tous, bonsoir aux chats.
                                                                                                    Lucette Desvignes
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 09:48

Cette formule si difficile à orthographier pour le clavier français (il eût fallu un circonflexe renversé sur le a final, pour bien faire, pour l'empêcher de se prononcer a comme chez nous) m'est parvenue de Roumanie, sur une petite carte de Nouvel An. Fla nquée, bien sûr, de deux chats adorables, chatons encore, angoras, l'un blanc et l'autre gris - bref, l'amour. Et le sens est inclus, "Toujours ensemble!". Belle trouvaille pour symboliser l'amitié, perpétuer la reconnaissance, proclamer la tendresse indéfectible. J'aime la laisser trôner sur mon bureau, tout contre mon clavier  sur lequel je m'active tant d'heures dans la journée (c'est vrai : moi qui étais si rétive au progrès, qui méprisais le rendement informatique tant que j'avais mon bloc et mon bic, qui prétendais même que le processus de l'écriture ne serait pas le même si je cédais à la tentation de l'ordi, me voilà accro, pour parler comme les jeunes branchés! Dans mon entourage on a tout fait pour me dissuader de me lancer dans cette entreprise de rénovation de mon expression : je n'aurais jamais la patience, la présence d'esprit, la compétence technique, je mouillerais ma chemise heure après heure dans les premiers temps, certes une fois qu'on est bien rodé ça peut être merveilleux l'informatique, mais pour atteindre à ce niveau-là, il faut bien reconnaître la vérité : beaucoup d'appelés, peu d'élus etc. etc... jusqu'au jour où, telle la chèvre de fort tempérament, j'ai décidé toute seule de me lancer,  d'où l'achat, l'installation de manière à ne pas restreindre l'espace vital de mes chats, l'apprentissage, les tâtonnements, les transpirations abondantes, les occasions de désespoir, les envies violentes de tout envoyer par la fenêtre. Et puis finalement, mes belins-belines, le contact avec vous, palier terminal succédant à nombre d'étapes intermédiaires et progressives avec avancées, reculs navrants, folle gloriole, accablements profonds, bref, la vie en raccourci, la frappe de mes textes en beauté avec d'insouçonnées facilités de disposition et d'arrangement, les problèmes à résoudre - seule ou avec le dépanneur, brave jeune homme si dévoué - et les mystères qui résistent à toute analyse logique, si compétent que soit l'homme de l'art). Ouf! Je ne clos la parenthèse qu'ici, bien à sa place, contenant un développement logiquement déroulé   de A jusqu'à Z : qu'on ne m'accuse pas de ne pas savoir comment gérer mes parenthèses, je le prendrais fort mal je vous assure. Maintenant, qu'on m'accuse d'aimer les parenthèses, d'en user, voire d'en abuser, ça c'est une autre paire de manches, je vous laisse totale liberté de m'en gourmander - étant bien entendu qu'il résulte de nos accords   la totale liberté de mon côté d'en user et abuser jusqu'à plus soif.
   
Vous voyez déjà la confiance absolue que je mets en vous. Me voilà qui parle d'accords, comme si vous aviez une consistance autre que celle d'ectoplasmes! Je vous prête des intentions qui, même si elles supposent la protestation, le mécontentement, la rouspétance, supposent du même coup entre nous des liens de fidélité à la conjugale (vous savez bien : joug accepté pour la vie, grommellements autorisés, conflits). C'est que j'espère bien vous retrouver demain : de toute façon, si vous êtes indisponibles ou inexistants,  j'ai assez d'imagination pour vous recréer. Je vous vois là devant moi, foules mêlées et attentives, assez fanatiques pour avaler les parenthèses que je vous inflige - d'ailleurs, vous savez, quand on arrive à la fin de la parenthèse, c'est exactement comme quand on arrête de se donner des coups de marteau : c'est un merveilleux soulagement. Allez, bon courage pour la journée - 'elle a encore le temps de vous agresser sauvagement; si ça doit se faire, d'ici au coucher du soleil - et bonne nuit par là-dessus, après les mamours aux chats bien entendu.
                                                                                                                                    Lucette Desvignes

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 11:34

Le numéro 13 de la revue "Studies on L.D. and French Contemporary Literature" - donc   année 2003, facile à calculer - portait comme titre cet emprunt à l'un des derniers livres de Georges Duhamel . Vous voyez où je veux en venir : c'est la suite logique des derniers entretiens qui touchaient aux bêtes et insectes divers éparpillés ça et là dans mes bouquins. Les critiques universitaires blanchis sous leur armure de chercheurs en écriture et localisant leur quête entre mes nouvelles et mes romans ont eu pour la réalisation de ce numéro l'occasion d'analyser le fond et le tréfonds de mes liens avec ce monde animal et végétal auquel je me sens rattachée de toutes mes fibres. De même que je ne pourrais envisager de vivre sans chats ni jardin ni plantes en nombre dans les trois pièces entre lesquelles je me partage, de même je ne pourrais me passer d'en parler lorsque j'écris. Je ne le fais pas exprès, en accomplissement docile d'un principe de fabrication de l'écriture romanesque qui depuis les grands classiques du XIXème impose la présence de la nature (pratiquement toujours sous l'apparence de "la scène à faire") au moment des paliers important de l'action ou de l'intrigue.  Je ne suis aucune règle, non mais des fois! Je suppose qu'après avoir passé une existence universitaire à tripoter la littérature d'autrui (et, mes belins-belines, vous m'entendez bien, de tout le monde : les grands les très grands les ratés les médiocres les figurant sur les listes d'estime on se demande bien pourquoi, tous je vous dis, tous, et de tous les pays où la civilisation de l'écrit a fini par triompher de la civilisation de l'oral - c'est vous dire si ça remonte à loin) après cette accumulation de strates où l'ennui accompagnait souvent l'enthousiasme de la découverte, vous comprenez que je n'aie plus besoin de principes de directives de règles, ni même de dérogations qui impliqueraient que je m'oppose à une règle. Non, je ne me plie docilement à rien du tout. Il y a en moi un fond de classicisme, de mesure peut-être, qui suffit à donner du poids à ce que j'écris, et tout le reste est littérature...Je peux donc me lancer dans le lyrisme avec un total élan, il reste fondamentalement terrestre, terrien même devrais-je dire (et là je ne peux m'empêcher de penser à Wollef débarquant aux Amériques, puis surtout s'installant en Pennsylvanie, en terrien, heureux du contact avec la terre l'herbe la forêt les collines la rivière, plein d'une rancune tenace contre l'océan, ce lieu des tempêtes et de l'incertitude, de l'infini monotone, de l'instabilité, de l'emprisonnement, de l'impuissance humaine; il y a beaucoup de moi qui est passé dans ces pages, il paraît que cela se sent, m'a-t-on dit à plusieurs reprises). Vous voyez qu'à un détour de chemin près on va retomber sur le biotope. Quand je vous disais qu'on en reparlerait, de celui-là....

       Mais pas aujourd'hui si vous le voulez bien. Je n'ai naturellement pas d'autres chats à fouetter  que     cette apostrophe quotidienne à des auditeurs-lecteurs totalement invisibles donc aléatoires et hypothétiques (vous voyez si j'ai du vocabulaire, hein? prenez-en de la graine, vous qui êtes peut-être là) - ou qui n'êtes pas là , auquel cas ce serait bien le moment de présenter mes civilités à votre chat si y a personne chez vous. A demain si vous n'avez rien de mieux à faire.
                                                                                                                                 Lucette Desvignes

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 09:59
Et aussi dans mes textes, oui, c'est tout plein de bestioles. Non seulement les chats et les chiens, mais également des insectes. Je ne parle pas simplement des contes de Noël, qui par définition (et rarement mettant en scène le père Noël de la tradition) sont remplis de chiens et de chats auxquels ils donnent la part belle (et avec des chevaux aussi, des bêtes de zoo ou de ménagerie - toujours pour les plaindre, naturellement - et même une fois avec des ratons-laveurs), mais des autres textes, romans ou nouvelles, où les bêtes (puisqu'on les appelle comme ça : on n'est pas obligé de mettre dans l'intonation une nuance de mépris, on peut même au contraire y mettre tout le lait de la tendresse humaine, comme disait le grand William autrefois) sont présentes, en compagnes fidèles voire comme centres d'intérêt. Ainsi à  côté de Pépère, le compagnon de Marrain si plein d'intuition, à côté de Tambour le vieux chien de l'auberge d'Antoinette, à côté du Gris ou de Cadet, les petits bidets si pleins d'entrain sur les routes de la Bresse ou du Clunysois, à côté de ce vieux chat mité que Jeanne serre avec emportement sur son coeur quand on lui dit qu'il est plein de puces, il y a Fusil et sa manière à lui de détecter les vampires, il y a la scolopendre -  la bestiole à laquelle il ne faut pas d'eau, à ne pas confondre avec la fougère qu'il faut arroser d'abondance...Il y a la chienne de Pompéi, la pathétique moribonde à laquelle personne ne prête la moindre attention alors que tous les touristes s'apitoyent et mouillent leur larme sur la chienne de plâtre du musée du volcan. Il y a le chat blanc, il y a le chat triste, il y a la chatte anonyme...Y en a-t-il, y en a-t-il, chantonnerait Pinget de nouveau. Permettez que Pinget se mêle à mes récapitulations certainement incomplètes. C'est que je suis plongée dans la révision des traductions en anglais qui vont constituer le troisième volume de l'édition américaine des contes et nouvelles dont le cinquième tome doit voir le jour fin décembre : alors, imaginez un peu, des animaux, j'en vois de toutes les couleurs, puisque ledit volume sera intitulé "Talking with the Animals", d'après une chanson à succès... Et mes "Petites Histoires naturelles" où un soupçon d'ironie à la Jules Renard assaisonne chacun de mes minuscules poèmes grouillent de bestioles de tout poil, même celles sans poil, les grenouilles, les moustiques, les dityques, les bourdons, les fourmis, les coccinelles, la couleuvre, le merle, la loutre... (pardon! emportée par mon élan, voilà que je dépouillais déjà la loutre de sa fourrure, comme s'en rendent coupables les dames de la bourgeoisie). J'en mettrais bien volontiers d'autres, mais ce trou d'eau au fond de mon jardin n'est pas si grand que ça : voyez-le dans le détail, vous verrez ses limites, et si je parle de bébés porcs-épics c'est uniquement parce que je pense à eux quand je vois mes bébés hérissons, n'allez pas croire que mon trou d'eau ressemble à un marigot, non il est tout ce qu'il y a de bourguignon. Je ne suis pas allée au pays des baobabs ou des arbres bouteilles, mais je crois que j'entrerais en agonie si je ne voyais plus par ma fenêtre, tout en pianotant sur mon clavier, de l'herbe, des arbres, des arbres, des arbres. C'est pourquoi les forêts canadiennes me parlent, elles sont si pleines de fraîcheur, de verdure, de solitude. La Baxter wilderness, par exemple, dans le Maine je crois, est le lieu de la sylve primitive où vous comprenez que les Indiens puissent y révérer le Grand Manitou : c'est bien là le seul endroit que je connaisse où l'on sente le Grand Esprit se mouvoir au-dessus de la forêt  tout juste créée.
   Eh bien, mes belins-belines, si je me mets à devenir métaphysique, où allons-nous, mais où allons-nous? Vous, au fond, je ne sais pas. Mais moi je dois viser le rectangle jaune-orangé qui veut dire "Imprimer l'article", et avant, bien entendu, je vous salue et vous dis A demain. Les chats, les chats...surtout ne les oubliez pas.                                                   Lucette Desvignes.
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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 10:53
Naturellement ceux qui me connaissent savent qu'à côté des chats il y a aussi tous les autres. Oui, toutes les autres bêtes - cela me fait mal de les appeler des bêtes, il y a tant d'humains qui mériteraient davantage l'étiquette! Quand je rencontre un petit chien  dans la rue - petit de préférence : les gros me font tomber quand ils me mettent affectueusement leurs pattes sur les épaules, et puis je m'écarte des muselés, des danois, des  rottweillers, dame, on ne sait jamais comment leurs maîtres les ont entraînés, ceux-là - je m'arrête, je me penche vers lui, je lui fais des mamours, on voit tout de suite s'il est habitué aux câlins, au besoin je demande si je peux. Pareil dans les trains. Il y a même des photos qu'on a prises de moi sans me le dire, qui me montrent agenouillée sur le sol en train de chahuter avec des caniches nains et même pas trop gracieuse d'être dérangée dans mes occupations. Le tout à l'avenant, plutôt dans les pointures fillette tout de même : les chevaux et les vaches m'impressionnent, je suis mieux à mon aise avec les  abeilles ou les guêpes, je les prends à la main (attention! ne pas serrer!) comme le faisait ma Tante Muller (tiens! comme on la retrouve! c'est la Cousine Fischer des "Noeuds d'Argile" et du "Grain du Chanvre" et vous voyez comme son biotope se dessine automatiquement autour d'elle, les abeilles ou les guêpes prises à la main sans dommage, elle avait même une fois attrapé une vipère endormie sur sa galerie en la prenant pour un chiffon à jeter, pas de morsure mais c'était une chance, moi je n'irais pas jusque là sous prétexte de faire comme elle). Rayon fillette encore, les araignées : les prendre sur un bout de papier, délicatement, puis les porter dans les jardinières de l'entrée, qu'elles se retrouvent dans un milieu convivial après déportation. Le tout est de ne jamais bousculer les habitudes des uns ou des autres. Et si un chat étranger veut s'installer chez vous (ça y est! on retrouve les mirons), pas de bousculade, pas d'expulsion, pas de quotas ni de 30.000 par an comme on hortefeuse volontiers à Matignon. J'en ai deux en ce moment qui tentent l'aventure, à force de voir sortir de chez moi des minous satisfaits du régime, de l'hébergement et de l'atmosphère libertaire dont ils jouissent : je commence alors par les gamelles supplémentaires disposées près de l'escalier, puis - ah! c'est surtout ça qui leur fait chaud au coeur - je continue par des corbeilles, ou caissettes, ou cartons (vous ne pouvez pas savoir le rôle que l'osier, ou le bois, ou le papier jouent dans leurs préférences individuelles), voire tout simplement par un coussin posé à terre sur la moquette, dans un coin un peu épargné par le passage. Ils comprennent, vous savez, immédiatement. L'un s'intalle ici, l'autre là. Les anciens viennent les flairer, "Tiens, encore un? d'où sort-il celui-là?" Il y aura encore quelques faux pas, quelques inimitiés instinctives qu'il faudra réduire. Dès que vous employez un nom - "c'est Foxy, tu vois" ou "Max, c'est le petit Max" - plus de problème. Du moment qu'il s'applle Max ou Foxy, ça n'est plus un étranger, le "Touche pas à mon pote" va s'appliquer progressivement sans problème.
      Je me demande si les Hortefeux Bertrand Fillon Alliot Marie voire l'énergique ressuscité qui s'est occupé des sans papiers pendant quelque temps et dont le nom m'échappe pour l'instant mais il balayait tout sur son passage ont des chats. Ou plutôt je ne me le demande pas, je suis sûre que non. Allons, à demain. Nous n'en sommes pas encore à la fin du jour, mais n'oubliez pas vos civilités vespérales à qui vous savez.

                                                                           Lucette Desvignes   
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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 12:50
     Les lundis matins, c'est toujours morose, même si on ne s'est pas fatigué le week-end bien au-delà des limites permises par la santé dans le courant de la semaine. Je me rappelle mon premier poste d'enseignante, à Louhans, où au contraire le lundi c'était l'euphorie des marchés hebdomadaires. Aller au collège relevait de la promenade à travers les oies et les poules, dans les cris et les apostrophes d'un banc à l'autre (moi je disais un éventaire, c'est alors que j'ai appris qu'on disait un banc). On s'instruit en voyageant, savez-vous, comme par exemple dans les boulangeries lyonnaises :  la première fois qu'on m'a demandé si je voulais qu'on me plie ma baguette, j'allais dire poliment Non, merci, je la garde entière jusqu'à la maison, et puis j'ai vu qu'une dame qui avait dit oui récupérait son pain bien enveloppé au niveau de la préhension par la main, alors j'ai dit poliment Oui s'il vous plaît et ma baguette s'est vue langée à la taille dans du papier de soie délicatement scotché, l'hygiène et les bonnes manières tout était parfait, et ce geste élégant de la boulangère pour tendre le pain aux clientes me rappelait presque les évolutions de gymnastes au sol occupées tendrement avec des ballons ou des rubans.Et voyez du même coup les bénéfices du tourisme : nous en étions au lundi, nous voilà déjà à Lyon, c'est fou ce qu'on se déplace quand on voyage.
      Que voilà donc un bel exemple de paragraphe d'introduction! Quand je pense que j'ai fait des études sur la manière de démarrer une nouvelle...Des études après coup, voyez-vous, en partant de mes propres exemples : de la pratique, pas de la théorie. Du concret, quoi, comme ce qu'on demande aux mesures gouvernementales et présidentielles en ce moment, du concret , du concret vous dis-je (hors de quoi point de salut : voyez notre pauvre ministre de l'Outremer déjà rappelé en métropole, faute d'avoir distribué du concret à la Guadeloupe et à la Martinique, sans parler de la Guyane qui s'en mêle par derrière; je vous demande un peu aussi, réclamer du concret à cor et à cri, avec drapeaux et bannières et défilés, à quoi pensent-ils tous ces gens de là-bas, est-ce qu'ils n'ont pas toutes les bananes nécessaires sur place?). Oui, du concret, comme les bonus, dividendes, bénéfices boursiers - il y en a, mais oui, même en ce moment - c'est ce que demandent les initiés, les pauvres déchus, les démissionnaires, les chassés, les montrés du doigt, les top du haut des grandes boutiques : qu'est- ce que c'est que ces parachutes sinon du vent, dorés ou non c'est de la frime, c'est du concret que tout le monde réclame, les parachutes c'est un jeu d'enfants, laissez leur donc leurs parachutes, tant qu'ils ne nous réclament pas du concret pris sur notre dos il n'y a quà les laisser faire et les écouter,  ils sont inoffensifs, c'est d'ailleurs pour ça qu'il y en a tant, pendant un moment il en sortait de partout, heureusement on leur a rabattu leur caquet, maintenant ils se cachent, mais je suis sûre qu'ils continuent à jouer. Y a qu'à les laisser tant qu'ils se contentent de leurs parachutes, pour l'instant ils ne nous agressent pas, s'ils nous agressaient alors là, on verrait ce  qu'on verrait. Je suis sûre que vous pensez comme moi, faut pas se laisser faire non mais des fois. Alors, belins-belines, à demain. Les chats d'abord, vous ensuite. Bonne nuit!
                                                                                              Lucette Desvignes
 

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 16:30

Oui, pour éviter la confusion avec chat . Ce raffinement me rappelle une merveilleuse formule, au retour de voyage de noces de ma belle-soeur, de la laveuse de la famille qui avait depuis son tout jeune âge servi dans les grandes maisons (et ça lui collait à la peau, faut croire) : "Je souhaite à Mademoiselle beaucoup de bonheur. Mademoiselle me pardonnera de l'appeler encore Mademoiselle, c'est pour ne pas confondre Madame avec Madame". Moi c'est pour ne pas confondre chat avec chat. Au cas où des surfeurs de passage ne sauraient pas que ma maison est pleine de chats. Les voilà renseignés, à présent.

   Pleine de chats, ma foi oui. En ce moment Clélie (autrement dite aussi ma Sauteuse, ma Grenouille, ma Bancaline) louche sur mon épaule droite pour s'y installer et venir me lécher le cou avec application : après un long somme sans perturbation ni stress elle a besoin de s'activer. Moi pas, malheureusement : je m'active sans besoin d'elle depuis un grand moment et encore pour longtemps). Sur le canapé derrière moi, la Mémère Minette Mimine a l'air de dormir, mais elle me guette : au premier frémissement de ma part, elle sera debout pour me montrer le chemin de la cuisine, comme pour me rappler à des devoirs que je semble négliger. Pas de frémissements pour l'instant, ma belle. Le tout petit (c'est l'habitude qui commande l'appellation : en réalité, depuis les jours où je le nourrissais au compte-gouttes toutes les deux heures, il a grandi d'incroyable manière) le tout petit donc, alias Darling Benjy, s'étale d'autant plus victorieusement sur le fauteuil bressan qu'il a conquis la place en se glissant gentiment à côté de Betsy Belle, puis en lui léchant les oreilles innocemment, puis en la mordillant avec de moins en moins d'innocence, enfin en se poussant contre elle de manière qu'elle n'ait plus le moindre espace vital; elle a préféré partir, c'est une paisible, voire une dédaigneuse, je l'entends qui escalade le radiateur de la cuisine, c'est une bonne idée d'aller se chauffer le bedon. Bottines sur le radiateur derrière mon dos regarde par la fenêtre en doutant fort que le soleil vienne nous voir aujourd'hui; elle n'aime pas l'humidité, elle tient  à garder propres ses quatre petites bottines blanches, c'est tout ce qu'elle a de blanc sur un corps de réglisse, à l'exception d'une petite barre blanche en baïonnette en travers du museau, comme si elle faisait constamment une grimace ironique (malheureusement c'est là l'air mais non point la chanson : elle n'a aucun sens de l'humour, cette noiraude, elle n'a que susceptibilité à fleur de poil). Le gros Nounouss roupille à la cuisine sur un coussin, il ne va guère ailleurs, des fois qu'il y aurait distribution de vivres et qu'il ne serait pas là, hein? Je sais que Foxy, le chartreux au nez pointu que je n'ai encore jamais pu caresser, depuis trois ans - oui! - qu'il vient chez moi la nuit, est posté sur la troisième marche de l'escalier du sous-sol; il peut y rester des heures, non perturbé par les visiteurs qui montent ou qui descendent devant son nez ou  de préférence derrière son dos (il y a le choix : il se poste exactement au milieu de la marche, comme sur les marques à la craie qui servent de repère aux acteurs ou aux danseurs) et il attend qu'à la prochaine ouverture du resto du coeur tout le monde soit servi, car alors je m'approcherai de lui avec des précautions de Sioux et je lui glisserai sa portion sur sa marche, la troisième à partir du palier de la cuisine, sans le déranger.   Django le roucoulant dort au salon sur mon fauteuil (je le lui reprendrai, il le sait, au moment du film en anglais de la soirée, pour l'instant il met les bouchées doubles). Bulle est en vadrouille sur le terrain humide, elle croit que j'admire ses autographes lorsqu'elle revient les pattes pleines de boue (parfois même avec de minuscules limaces coincées entre ses griffes, à la première occasion elle me les projette dessus comme un pourboire), or il faudrait tout de même que je lui apprenne à ne pas prendre mes exclamations de dégoût et protestations diverses pour des compliments, mais jusqu'à présent elle n'a pas l'air de comprendre (ou se moquerait-elle? ça ne m'étonnerait guère, au fond, avec son léger strabisme et son air adorant dès qu'elle me regarde je me demande si l'envie de rire ne serait pas de la partie). Et le petit Max doit être au sous-sol, attendant les bruits de gamelles pour faire une apparition subreptice, rudement habile puisque je le vois sans que les autres aient pris conscience qu'il est là. Domino est en fugue depuis quelque temps déjà, je vais commencer à m'inquiéter. Et ma Colchique m'inquiète, ma Douceur, ma Reinette, mon ange blanc...
   Bon, ça va comme ça pour aujourd'hui. Je suis sûre que vous avez déjà zappé en nombre. Tant pis pour vous, vous n'aurez pas droit à mes salutations. Pour mes fidèles, belins-belines qui avez tout lu ce que je vous disais de mes chats, pour vous, oui, il y aura toutes les effusions habituelles. N'oubliez pas de faire mes politesses à vos mirons. Je ne voudrais point que vos oublis pussent passer pour miens. (Est-ce que là-dessus j'ose encore vous dire " A demain"?).    Lucette Desvignes.

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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 09:57

Dois-je vous le dire? Je suis persuadée que de vous-mêmes, mes belins-belines, vous avez dû y penser. Le mot chat me gêne. Non point, vous l'imaginez aisément, celui qui désigne les minets minous matous donzelles félines de toute sorte, y compris les chatons et chatonnes : de ceux-ci, non seulement le nom ne me gêne pas mais encore je n' ai jamais assez, laissez venir à moi les petits enfants des chats car ils sont l'innocence et la douceur et la fidélité. Non. Ce qui me gêne, c'est le même mot dès qu'il est emprunté à l'anglais, donc qu'il devrait se prononcer autrement, donc qu'il devrait dire autre chose. Oui, ça me gêne comme une parole incongrue. Et ça me gêne aussi aux entournures d'imaginer comment on le prononce entre jeunes branchés, à l'instar de tous ces mots anglais ou assimilés dont on parsème allègrement la conversation de notre temps. Je suppose que les mêmes jeunes qui s'insurgent contre les locutions latines pourtant si inoffensives sont tout heureux de compter de plus en plus de ces immigrés anglosaxons dans leur vocabulaire, intégrés au point de devenir des automatismes même avec leurs contresens officialisés (un bel exemple, sans aller plus loin : qu'on ait eu la malencontreuse idée de forger le mot " les supporters" il y a déjà beau temps, passe, puisque aucun mot français n'existait pour cette catégorie de citoyens  excités; avec une prononciation approximative, on reconnaissait tout de même que c'était un dérivé du verbe anglais to support, qui voulait dire soutenir, appuyer, voire dans certains cas subventionner; mais qu'à partir de cet intrus on ait forgé le verbe français supporter - je supporte les verts, il supporte les bleus - sans se rappeler qu'il existait déjà avec un sens pratiquement antipodique - je la supporte, mais c'est pénible vous savez! - arrive à l'absurdité totale). Une de plus dans le monde mondialisé où nous nous débattons. Il n'empêche que la prononciation invraisemblable imposée à l'anglais (et ma foi, tant pis pour lui! il n'avait qu'à ne pas nous envahir comme au temps de la Guerre de cent Ans) et ouvertement pratiquée partout (entreprises, télé, radio, nouvelles... oh là là! comme disaient les Allemands au temps de l'Occupation quand ils voulaient montrer qu'ils se mettaient facilement à l'heure française) m'irrite comme une piqûre de moustique. Et vous savez comme  ça dure, l'irritation d'une piqûre de moustique : pendant des jours, à l'heure même où elle vous a été infligée, elle va se remettre à vous brûler et vous démanger, en piqûre de rappel si j'ose dire ou, plus benoîtement, en guise de souhait de bon anniversaire. Donc une irritation insupportable (ha!ha!) dont l'intensité se renouvelle avec chaque mot emprunté et mal tranplanté dans le terreau linguistique français. Mais je sais bien que je prêche ici dans le désert. D'abord il n'y a guère pour m'écouter que quelques flâneurs errant sans but sur la toile (notez bien qu'ici ça ne me gênerait point qu'on dise le web, puisque c'est une invention extérieure dès le départ affublée de sa dénomintation  étrangère; imposer de dire la toile me paraît un combat d'arrière-garde insupportablement   - ha!ha! -puéril, à peu près comme si on cherchait maintenant à trouver un équivalent de bonne source gauloise pour le mot camping). Et ensuite, parce que la prononciation des Français parlant la langue de Shakespeare a toujours prêté à rire de l'autre côté de la Manche ou de l'Atlantique; que la pratique éhontée s'en généralise n'arrange rien, de même que la peur n'évite pas le danger. Bref, mes belins-belines, autant je terminais hier mes allocutions concernant les formules latines avec optimisme - si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres -, autant aujourd'hui je dois y aller de mon pessimisme le plus caractérisé. L'anglais que vous parlez dans vos tchat et tchatch, et pourquoi pas dans vos tchatchatchas, n'est pas de l'anglais. Ce n'est même pas du franglais, qui avait le mérite d'essayer des greffes plus ou moins réussies. C'est désormais de l'emprunt, de l'ignorance foncière sous couleur de modernisme, voire d'à la pagisme, c'est nul et vous n'en êtes pas conscients. Je vous dirais bien Good-bye,  See you soon, mais je doute que vous le méritiez - et puis vous ne comprendriez même pas mes messages à vos chats si je vous les exprimais en anglais. Donc Bien le bonjour à vot'chat si y a personne chez vous. A demain.

                                                                                                                                       Lucette Desvignes
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