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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 15:06

   Non  point sur les malheurs et les horreurs du monde, naturellement, mais fermons bel et bien les yeux sur ce chiffre de blogrank : 11... Il était hier de 10, et si par hasard il croissait de jour en jour nous nous trouverions en plein contexte de Ionesco :  augmentation (comme le corps d'Amédée, sans savoir comment nous en débarrasser), accumulation (comme dans "Les Chaises", à en adopter une mentalité de brocanteur ) ou transformation (comme dans "Rhinocéros", sans qu'on sache bien s'il s'agit de rhinocéros d'Asie ou d'Afrique avec une ou deux cornes sur le nez). Vous voyez que pour moi le théâtre n'était pas loin : si un jour vous désirez d'autres développements sur Ionesco, faites-moi signe, j'obéirai au doigt et à l'oeil. En même temps, je ressens l'étrange d'une atmosphère comme il les créée : pourquoi soudain être affligé d'un blogrank, comme on pourrait être atteint par la fièvre porcine? (et vous savez qu'on nous raconte sans doute des bobards : les cochons n'auraient rien à voir dans cette histoire de pandémie, mais comme les journalistes viennent d'apprendre le mot il faut bien qu'ils le répètent pour nous en faire profiter, donc ils nous parlent de pandémie de taux 5 ou 6 sur l'échelle de Richter, plus ça grimpe, plus le désastre est grand, qu'est-ce que je vais craindre quand mon blogrank atteindra 13! et pourtant vous savez je ne suis pas superstitieuse, mais si parmi vous, mes belins-belines il se trouvait des superstitieux - je ne vous connais pas encore assez de noms et de visages pour être bien au courant - je vous conseillerais volontiers de vous abstenir de venir sur mon blog dans deux jours, disons lundi, au cas où la pandémie, le chiffre maudit, les vents alizés et pourquoi pas el Nino se seraient conjugués pour faire imploser mon ordi : on ne sait jamais, et deux précautions valent mieux qu'une). Voilà ce qu'on va faire : si par hasard demain mon blogrank avait grimpé jusqu'à 12, ce ne serait pas dangereux, mais prémonitoire, donc abstenez-vous de me contacter    le lendemain, je serai peut-être contagieuse à partir de la semaine prochaine. Si au contraire rien ne se passe chez moi lundi (la presse nationale et internationale vous tiendra au courant),  alors vous pourrez reprendre notre petit traintrain à mes côtés, vous ne risquerez plus rien (sauf bien sûr, à l'occasion, de mes accès de mauvaise humeur en face du train du monde). De toute façon, sachez bien que vos chats seront toujours exclus de mes accès de mauvaise humeur, rassurez-les bien, qu'ils ne se détournent pas de moi.

                                                                                               Lucette DESVIGNES.

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 15:47
Les ressources du franglais sont infinies. Voilà le blograng qui fait surface - peut-être d'ailleurs vous est-il déjà familier depuis des lunes, mais pour moi qui suis toujours en retard d'une guerre c'est tout nouveau. D'imaginer qu'on mesure l'impact de mon blog de manière à lui donner un rang me cause des sueurs froides. Sur quelle échelle de comparaisons va-t-on m'installer? En quel domaine? Avec quels concurrents? Je vous avoue que ça me glace un peu l'arrière-train. Allons bon, voilà que je me croyais bien tranquille sur mon blog, n'ayant d'autre souci que de vous intéresser - de temps à autre avec la main forcée, si si je le reconnais - à d'aimables causeries sans prétention ni grande conséquence, et je découvre qu'on me mesure, qu'on me compte, qu'on me trie. Mais sur quels critères, grands dieux? Il aurait fallu me prévenir à l'avance (pardon pour le pléonasme, il est parfois bon d'insister), me dire "Attention, un de ces jours vous allez avoir un contrôle, et puis vous savez Big Brother est toujours là à rôder dans les parages, on ne le voit pas mais on le sent qui passe, une fois passé il fait son rapport, il classe il juge il distribue des blâmes ou des récompenses (beaucoup de blâmes, fort peu de récompenses), est-ce que vraiment on ne vous avait rien dit? Mais c'est la règle, ma pauvre dame, c'est la règle". Oui, on aurait dû me prévenir. Moi je faisais seulement attention à châtier mon langage, à faire mes concordances de temps, à vérifier la ponctuation et l'orthographe. A éviter tout ce qui pourrait choquer, pas de politique, pas de diatribe, pas d'impudeur - se tenir à carreau, donc, même qu'après y avoir bien réfléchi je ne sais pas si je peux laisser l'arrière-train en place (voir plus haut). Vous me direz que c'est le mien, et que normalement je peux en faire ce que je veux. Mais dans ce contexte de surveillance et de méfiance... Tant pis! je laisse l'arrière-train en place, on verra bien ce qu'ils me feront ou ne me feront pas. De toute façon je sais qu'en cas de blâme public vous vous lèveriez comme un seul homme, mes belins-belines, pour prendre ma défense et je vous assure que cela m'apaise. Quelle puissance ça vous donne de pouvoir compter sur un public aussi enthousiaste que nombreux! On a beau dire, l'union ça fait la force, voilà une de ces vérités immuables qui s'affirme ici : dès que j'apprends qu'on m'a à l'oeil, peut-être même qu'on voudra me tenir à distance, je vous appelle - un coup de blog, et vous intervenez tous ensemble, de Dunkerque à Tamanrasset - Pffui! vous voyez un peu la distance, il va en falloir des auditeurs fidèles pour couvrir cette longueur! Heureusement que je peux compter sur vous. Quand vous m'aurez donné cette nouvelle preuve de loyauté, je vous raconterai ma journée. Savez-vous que ma photo agrandie et encadrée trône dans la belle salle d'animation d'une maison de retraite depuis midi (je le sais, moi, j'ai levé le voile en tirant d'un côté - doucement pour ne pas faire tomber le cadre - tandis que le président du comité d'accueil tirait de l'autre côté, vous pouvez donc me croire sur parole)?
Il y a déjà eu un précédent, mais il est dans une toute petite salle, lui, tandis que moi j'ai la grande belle salle où une bonne cinquantaine de personnes pouvaient tenir à l'aise. Du coup, je jouis comme un pou sur une vieille cravate : je vous le dis en confidence, d'ici à peu on ne pourra plus me tenir. Jusqu'à demain, chats compris.
                                                                                                       Lucette DESVIGNES. 
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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 11:17
     Oui, mes belins-belines, je suis déchirée entre toutes les sollicitations qui s'offrent à moi. Sollicitations, que dis-je! A une sollicitation on peut toujours répondre non (vous savez, c'est comme pour la tentation: il y en a qui lui disent fièrement Vade retro! et ça suffit pour que la tentation s'enfuie à toutes jambes. Toutefois on peut aussi dire que c'est pas toujours du gâteau de dire non, c'est vous dire si les tentations au désert sont célèbres et douloureuses, Saint Antoine, Jésus, bref s'il ne s'agissait que d'une sollicitation ou deux, pour moi, ce serait facile de refuser. Mais il s'agit de contraintes, d'obligations, autrement dit de couteau sur la gorge, d'épée dans les reins ou suspendue au-dessus de votre chef branlant... et alors là, plus question de plaisanter, la force des armes même quelque peu dépassées depuis le nucléaire c'est une force à laquelle on ne résiste pas). Donc je ne résiste pas à toutes les contraintes qui m'affontent en ce moment, je tente seulement de hiérarchiser - et là, mes belins-belines, quelle partialité, quel manque d'objectivité dont je fais mon mea culpa bien volontiers! Le fils au loin, les amis dans les angoisses de la chirurgie et de l'après "ressuscitation" comme on dit - et, hélas, avant les affres d'une rééducation interminable - ou les inscriptions comminatoires au calendrier imminent (réunions, inaugurations, vernissages, invitations pressantes), tout cela me tire dans des directions opposées qui toutes réclament du temps et de la présence. Or - qu'on me permette une fois de plus de citer mon cher Marivaux - à Arlequin qu'on voudrait combler de bienfaits en lui offrant une belle maison à la ville et une belle maison à la campagne j'emprunte cette remarque empreinte de la plus belle sagesse : "Qui habitera ma maison de ville, quand je serai dans ma maison de campagne?" Tout cela pour bien vous faire comprendre, sinon  par l'image, du moins par le texte employé bien à propos, qu'avec toutes ces inscriptions à mon agenda je suis bien obligée de trier. Ce qui fait qu'alors que j'aurais besoin de matinées de quarante-huit heures pour réaliser le début du tiers de la moitié de ce que je me propose de négocier (calculez un peu... ça doit faire beaucoup, hein?), je ne dispose que d'heures qui raccourcissent à vue d'oeil au fur et à mesure que la journée s'avance. Alors, hiérarchiser, c'est bien beau, oui, c'est un joli terme courtois pour cacher une vérité d'évidence : je prends les tâches dans le désordre, il n'y a guère que le rendez-vous avec vous que je ne voudrais manquer sous aucun prétexte. Totalement gaga, la vieille bique? Tellement tourmentée par la solitude qu'elle a besoin de parler aux fantômes? Et ben non pas, mes douces brebis, mes agnelles : un simple désir de dominer la situation en supprimant le stress afin de se sentir bien dans sa peau. Et figurez-vous que j'y réussis. Un jour je vous donnerai mon truc (mais vous pouvez toujours aller voir dans "Le Secret de Maître Thanase", ça pourra vous donner une idée). Et Jack Rollan disait autrefois sur Radio Sottens : "Pardon, au revoir, et à mardi prochain". Moi je vous dis tout simplement "A demain", j'y serai, mes chats aussi, amenez les vôtres.

                                                                                            Lucette DESVIGNES.
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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 09:28

     Dès le lendemain du coup de foudre, on doit bien à peu près savoir si ça va coller ou pas. Mon coup de foudre à moi, ne concernant que les installations technologiques de mon quotidien audiovisuel (télé, internet, ordi - la source pour moi d'infinies admirations aux mécanismes desquelles je suis complètement bouchée) ne peut trouver dans mes expériences sentimentales lointaines aucune certitude. Il me reste juste à prier pour que tout se remette vite en état de marche, vous voyez donc que le scepticisme est de mise. Mon ordi peut être interrompu à chaque instant pour changements administratifs survenant sans égards pour mon travail en train; c'est trop compliqué pour que je vous explique, mais j'attends un truc envoyé par la poste pour remplacer ce qui ne marche pas, en même temps j'attends qu'on vienne me remplacer un décodeur défaillant, en même temps j'ai été informée que mes mises à jour peuvent se déclencher à chaque instant - vous voyez donc dans quel état d'esprit je vous aborde aujourd'hui, mes belins-belines. Et je ne vous parle pas du téléphone! Bien la peine d'en avoir deux pour ne pas avoir la gratuité, détail qui naguère emporta la décision (vous me voyez téléphoner aux Amériques ou chez la Queen sans réduction de tarif? Non mais des fois ! Who do you think I am?) . Eh ben ça aussi il faut que ça se règle. Les problèmes du théâtre sont bien éloignés de mes préoccupations du jour, vous l'imaginez, si chers qu'ils puissent être à mon coeur. Mais ne pleurez pas sur leur mort annoncée : on les retrouvera, faites-moi confiance. On les retrouvera même intacts, car ce n'est pas ce que nous en avons dit ici et là qui peut servir de traitement méthodique. Ah la méthode, mes belins-belines, la méthode! disait Descartes. Tout est là.

      Je ne vois guère ce qu'aujourd'hui je pourrais ajouter à l'autorité de Descartes (en vous faisant tout de même remarquer que l'apostrophe familière à vous tous, belins-belines qui m'écoutez si docilement, n'était pas comprise dans l'annonce de son gadget : il devait avoir ses propres belins-belines, c'est sans doute à eux qu'il s'adressait la plupart du temps pour leur annoncer ses parutions;, considérez donc que, pour être respectueuse des normes de citations applicables entre gens de bonne civilité, je vous en donne ici seulement une version abrégée ou condensée, d'ailleurs vous avez sans doute remarqué que je n'avais pas employé les guillemets de citation précise). Après Descartes, donc, on tire l'échelle : impossible de grimper à son niveau (si? ou bien? comme on dit en Suisse). A demain, à notre petit niveau  et  cahin caha. Si ça vous déplaît, vous savez que faire. N'oubliez pas de caresser vos chats pour autant.

                                                                                                                               Lucette DESVIGNES.

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 10:50
     Oui, la foudre est tombée chez moi hier soir. Sur moi, devrais-je dire, puisque ma télé y est restée. Moi je travaillais sur mon ordi fidèle, grâce à son parafoudre il n'a même pas eu un tressaillement. Donc je peux vous  écrire, mes belins-belines, c'est-à-dire m'adresser à vous, bavarder dans le vide, récoltant - lorsque les dieux sont avec moi - des commentaires sympa et amicaux qui me boostent durablement, recevant seulement l'écho de mes prestations sous forme de copie de mes propos lorsque vous ne m'en dites rien, flemmards que vous êtes dans l'ensemble (et ici je me garderai bien de monter sur mes grands chevaux et de commencer à vous haranguer pour obtenir des   absents, des silencieux, des passifs, une preuve tangible de présence : vous savez comme cela peut être désagréable pour les présents d'une assemblée d'entendre les organisateurs se plaindre amèrement devant eux que l'assistance est par trop clairsemée - pourquoi eux, les fidèles, en prendraient-ils pour le grade des copains?). Donc je referme le cahier de doléances, d'autant que pour une fois une bonne nouvelle me provient d'orient : si vous savez ce que Veolia fabriquait là-bas, si vous savez ce à quoi elle vient de renoncer en vendant toutes ses parts en catastrophe, alors vous savez que c'est une bonne nouvelle, inutile de faire un dessin pour les autres. Je me rappelle en effet comme le boycott du veau aux hormones avait été efficace, il y a de cela mainte année : tout le monde avait suivi, au grand dam des bouchers certes, mais aussi des éleveurs, coupables dès la naissance du trafic de la viande. Ils avaient bien dû battre en retraite. Quand tout le monde s'y met, ça donne! Rappelez-vous aussi cette expérience (d'ailleurs trafiquée pour les besoins de la cause, mais frappante tout de même) lorsque, pour éviter le Gaspi d'électricité, tous les téléspectateurs avaient été priés de ne garder allumée que la lampe de la pièce où ils se trouvaient : effet boeuf! de quoi mettre en chômage toutes nos centrales à la fois, les nucléaires comme les autres... Je vous le redis, l'union fait la force, continuons. J'ai appris à mes amis américains ce que c'était que le geste citoyen : éteindre les lumières inutiles, ne pas laisser couler l'eau sans raison, ne rien laisser perdre, ne pas gâcher le papier ... Les yeux tout ronds, la bouche bée! Jamais l'idée ne les avait effleurés qu'ils sont en train de pomper tout le sang de la planète... Mais au moins, derrière moi, il y en a trois ou quatre qui vont faire attention et dont le zèle va peut-être faire tache d'huile jusqu'à contaminer trois ou quatre autres. Comme quoi, mon séjour aux Amériques n'a pas été aussi inutile que vous le pensiez. Bonjour à vos chats, à demain puisque demain est toujours un autre jour.
                                                                                            Lucette DESVIGNES.
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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 17:07
   On n'est donc jamais tranquille! J'espère pouvoir vous envoyer un blog tout rédigé sans rupture ni cahot : mais je viens d'apprendre que SFR ayant racheté Internet (ne me demandez pas à quel niveau la transaction se situe, mais c'est probablement assez haut pour fiche la pagaille sur la toile), on va me changer mon modem (là encore, un terme mystérieux; pour moi c'est la boîte noire qui a des lumières vertes sur le côté, lesquelles clignotent parfois et se tiennent bien tranquilles quand mon téléphone est gratuit - que voulez-vous! à mon âge on a les repères qu'on peut avoir). Donc à l'horizon bien des perturbations en vue. Cela ne m'empêche pas, toujours vaillante, de persévérer dans la voie de votre éducation sur les ondes, mais franchement je n'ai guère la tête à peaufiner tout ce dont je vous avais fait l'alléchant inventaire pour le futur : non seulement biotopes et personnages, mais encore commentaires, citations (c'était beau, le Giraudoux d'hier, n'est-ce pas?  et puis, ce silence volontaire des puissances de là-haut, qu'on supplie de ne pas se manifester pour pouvoir mieux croire qu'elles vous obéissent, c'est-y pas une idée de génie?), rafraîchissements de notions etc. etc. Croyez-moi, le programme sera vaste et éclectique. Vous auriez tort, non seulement de ne pas vous faire remarquer par votre assiduité, mais encore de ne pas rameuter toute votre parentèle et tout votre voisinage pour vous accompagner sur les chemins du savoir. Plus on est de fous, plus on rit, vous le savez bien. Et pour terminer en beauté (mais oui, mes belins-belines, pour vous le temps est suspendu dès que vous m'écoutez, mais moi je garde l'oeil sur la pendule - il le faut bien, c'est comme si j'étais payée aux pièces - et je vois que le signal orangé de la fin de partie, celui qui annonce qu'on ne peut plus rouler qu'au ralenti en se tenant prêt à tout incident possible, s'approche inexorablement, donc je me prépare au pire, qui est de vous quitter) je vous précise que l'auteur d'une citation qu'on m'a soumise tout récemment m'est inconnu, mais qu'il sent son Totor à plein nez : en fait, ladite citation est souvent modifiée pour retrouver les douze pieds de l'alexandrin. Je la connais sous la forme "Le vrai tombeau des morts est le coeur des vivants", elle figure au crématorium de Lyon - Guillotière où un temps j'eus mes habitudes, cela m'étonnerait qu'on l'ait changée de place. Voilà, la pluie tombe, la nuit tombe, les bras m'en tombent, à demain, je ne vous garantis pas qu'on y parlera théâtre, tout de même je vous fais la bise si vous promettez de caresser vos chats.
                                                                                            Lucette DESVIGNES.
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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 13:39
     Plus d'excuse du genre jetflag, décalage horaire, nuit réduite à 4 heures, fatigue du réajustement... Bon, c'est fini tout ça. Les gens qui ne savent pas ce que c'est ne comprendraient pas, ceux qui savent ne comprendraient pas que cela puisse durer si longtemps. On remonte ses bretelles, on fait un beau sourire pour la photo, on redémarre. D'ailleurs que faire d'autre par ces temps de cochon? Je ne sais pas ce qui se passe chez vous mais chez moi il vente et pleuvine, on se croirait fin octobre. Déjà qu'à la fin du mois on va attaquer le raccourcissement des jours, si en plus les températures anticipent! Bref, il n'y a plus qu'à se mettre au travail. Je n'en ai d'ailleurs pas perdu l'habitude aux Amériques, j'ai travaillé comme une corde, le Tome 2 est sous presse (du moins on peut l'espérer), le Tome 3 est bouclé et va partir incessamment chez l'éditeur - je vais pouvoir reprendre haleine quelques jours avant de retrouver l'agréable impression de la pointe de l'épée au bas des reins qui ne m'a guère quittée depuis tant de semaines. Et puis, ce N°19 des "Studies on L.D.", il faut le faire, le remplir, le façonner, trépigner quand les textes arrivant d'un peu partout se font tirer l'oreille. De penser quand même qu'il faudra faire du spécial pour le N°20 (oui! vingt ans de recherches, je vous assure que cela a de l'allure sur un rayon de bibliothèque, cela même déborde sur trois rayons), c'est à la fois l'encouragement de la gloriole bébête et la peur de ne pas faire du spécial - heureusement qu'il y a toute une année devant nous, les projets ne manquent pas, c'est le temps de les  réaliser qui va craindre. Et puis, heureusement aussi (o terque quaterque, dirait-on avec emphase chez Virgile) il y a vous, mes belins-belines, avec lesquels je ne voudrais pour rien au monde perdre le contact : comment pourrais-je me passer de vos encouragements si nombreux, de vos déclarations d'amitié si chaleureuses, de ces visites qui vont bientôt faire sauter le standard des statistiques? J'ai devant moi une grande plage de calendrier vide (ou à peu près) où je pourrai me consacrer à vous, j'entends pour du travail sérieux, ah! les belles vacances que cela va nous faire à tous et à toutes! Je me sens déjà toute réjouie rien qu'à deviner votre enthousiasme, j'ai des antennes sensibles vous savez, il y a tellement moyen d'interpréter vos respecteux silences (je suppose que vous connaissez le Lamento du Jardinier, dans l'Electre de Giraudoux, qui établit qu'on "sent bien qu'ils sont tous là-haut, tant qu'ils sont, et même s'il n'y en a qu'un, et même si cet un est absent", tout prêts à crier joie et amour. Mais il vaut mieux leur faire confiance, ne pas leur demander de crier : "S'ils y tiennent absolument, qu'ils crient. Mais je les conjure plutôt, je vous conjure plutôt, Dieu, comme preuve de votre affection, de votre voix, de vos cris, de faire un silence, une seconde de votre silence...C'est tellement plus probant. Ecoutez... Merci"). Donc, mes belins-belines, je continuerai à me débrouiller vaillamment avec vos silences puisqu'ils me parlent, mais vous savez je m'arrangerais encore mieux de vos paroles. On a un peu évolué depuis Giraudoux - même qu'avec lui c'était du temps d'Electre, vous pensez si c'est encore plus ancien! A demain, je me sens tout adoucie, j'aurais presque envie de vous dire A demain, mes minets...
                                                                                                    Lucette DESVIGNES.
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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 10:32

     J'espère, oui j'espère, qu'aujourd'hui sera un jour de bon travail - il pleut, c'est pour ça... Je vais tâcher de reprendre le soin minutieux avec lequel je vous gâte, mes belins-belines. Mais oui, ne protestez pas, c'est vous gâter que vous entraîner sur les pistes de la littérature au jour le jour, c'est-à-dire plus ou moins mêlée de considérations impromptues sur ce que nous apporte le déroulement de la chose publique, surtout en confrontation en général ouverte avec le reste du monde. Cocorico! Plus on est petit, plus on chante fort : vous n'avez qu'à voir les tout jeunes coqs quand ils se sentent pousser une crête. J'aimerais bien, quant à moi, vous tenir un peu au courant de ce que j'ai fait aux Amériques,  mais j'ai un peu peur que cela ne vous intéresse guère. Et pourtant... Au Colloque de Cincinnati la formule innovante que nous avons mise sur pied avec le docteur Curtis a eu un succès boeuf! Lecture de son texte en anglais, lecture des citations de mes poèmes par moi en français (j'avais pensé un instant les lire d'abord en anglais, afin de sérier les difficultés, mais le public ne comportait que des spécialistes, d'où suppression du stade intermédiaire). Une pluie de questions a suivi, témoignant d'un intérêt passionné pour ma position dans la nature... C'est toujours énivrant de se faire des amis de cette manière. Et puis la remise d'un prix "pour reconnaissance de ma contribution à la littérature universelle", ne croyez-vous pas qu'il vaut mieux entendre ça que d'être sourd? (et c'est vrai que j'ai souvent du mal à entendre, mais ça, mes belins-belines, je vous assure que je n'en ai pas manqué une syllabe, et vous auriez fait comme moi à ma place). Et ensuite, à Newark, participation comme "honored guest" au dîner de fin d'année de la Faculté, puis soirée en mon honneur chez la comédienne qui a si bien incarné "la Dame"' dans "Eurydice, Eurydice..." en 98, et qui s'apprête à mettre en scène deux monologues pour "diseuse" en mai 2010, pour la célébration du 20ème anniversaire de la revue "Studies on L.D. and French Contemporary Literature". C'est-y pas beau tout ça? Vous voyez bien que j'aurais eu tort de vous en priver. Mais maintenant que vous voilà au courant des dernières nouveautés me concernant, on va tous et toutes retrousser les manches et aller au charbon. Si on parlait sagas dès demain matin ? ou peut-être lundi matin seulement, il y a des gens qui ne travaillent pas le dimanche, ça vous concerne peut-être, je veux pas le savoir mais je prends mes précautions - et puis ça me donne un jour de plus pour réfléchir, saga pas sagas faut voir. Allons, c'est dit : les sagas dès lundi, mais demain dimanche ça fonctionne quand même,  oui, ici même. Bises et bisous, servez les chats en premier.

                                                                                                   Lucette DESVIGNES. 

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 22:38

     Oui, sorry, mes belins-belines, de vous avoir annoncé une reprise de rythmes d'enfer et de ne pouvoir finalement vous offrir qu'une faible mouture d'excuses. Je dois dire que je suis tellement ensevelie sous la masse de mon courrier, celui arrivé pendant mon absence, que j'en perds la tête. D'autant que bien des choses restées en panne pendant ce séjour américain ont besoin d^'être traitées d'urgence, alors imaginez un peu la température par ici...Donc, mes belins, et vous, mes belines, je suis désolée de mes insuffisances mais je ne peux ce soir faire davantage que vous faire un petit coucou très affairé, très lointain, en vous conjurant d'être présents tous et toutes dès demain. Non que je vous promette déjà monts et merveilles, je ne sais pas où en seront mes recherches les plus récentes sur les biotopes et les problèmes de relation synergiques entre personnage-lecteur-auteur (vous voyez que je ne cherche jamais à me mettre au premier rang, sauf pour les auditions de poésie où j'ai besoin d^'etre tout près pour entendre mieux), mais je vous promets que nous improviserons et alors là, mes enfants, vous savez si ça peut être réalisé brillamment. A demain donc, bises aux chats, les Maine Coons sont évidemment les plus beaux (si vous n'êtes pas d'accord, faites-le moi savoir, j'adorerais entendre vos arguments adverses). Rebises aux chats.

 

                                                                                                    Lucette DESVIGNES.

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 12:05
     Saint-Cyr, bien sûr que je voudrais vous parler de l'Occupation. J'ai été frappée d'apprendre par vous, dès mon retour (hier) que le traître Petrignani avait été fusillé en 45, histoire de me sentir allégée des menaces qu'il avait fait porter à mon père. Et j'aurais bien d'autres choses encore à dire - suggérez-m'en le moyen, vous semblez autrement plus à l'aise que moi avec les ressources du courriel - ou du blog : un simple signe, et j'obéis! Car ce que nous avons à échanger ne concerne sans doute pas les jeunes générations, et c'est rudement dommage. Quand vous me dites "Dites-leur bien..." je pense que vous voulez dire les Américains, puisqu'ensuite vous faites allusion à Omaha Beach et autres lieux de recueillement. Soyez bien sûr, si c'est le cas,  que le message a été dûment transmis avant même que vous y songiez : mes amis américains savent que bien des nazis ont échappé au châtiment et sont morts tranquillement dans leur lit - ou après avoir fait fortune en Argentine ou au Brésil et y avoir vécu comme des pachas, honorés de tous. Les Karsfeld n'ont pas été aussi efficaces qu'on pouvait le souhaiter... A plus tard, autre part, la suite de notre entretien. Ici je pense que je me dois d'être "publique", en tout bien tout honneur naturellement. Hier soir j'ai vu un film de Lubitsch, d'habitude j'aime (c'est pétillant, c'est drôle, c'est savoureux) mais hier... C'est sans doute la faute de cette Jennifer Jones qui ne vaut pas plus dans la drôlerie que dans l'émotion; je ne comprends pas qu'elle ait pu faire tant de films, elle y est grotesque immanquablement (en Mexicaine, quelque part - et, tenez vous bien, dans un film de bon auteur! n'y avait-il donc personne au chômage à l'époque qui eût pu la remplacer au pied levé? - elle avait décroché le pompon, c'était l'horreur absolue). En tout cas, hier, rien de bon à me mettre sous la dent. Ce matin, heureusement, le discours d'Obama ... Une porte entrouverte? Même une lucarne ça serait déjà bien. Et quelle allure pendant un discours si long... Nous qui avons l'habitude des facéties de marionnette, ça nous change. En tous cas, je crois que la transition est faite. Le séjour américain est derrière, le forcing dijonnais est repris, le ton alerte et roboratif (allez! au charbon! Y a à faire!) viendra tout seul dès demain. Ne manquez pas le rendez-vous, tenez bien vos chats au courant.
                                                                                                      Lucette DESVIGNES.
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