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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 18:17

 

LES PRECIOSITES RIDICULES

 

 

          Après quelques jours de repos, puis l'évocation des manoeuvres taubirales, inattendues mais impossibles à ne pas inscrire en bonne place au tableau du grotesque,  il me paraît convenable de revenir sur des propos plus grammairiens ou stylistiques : d'ailleurs des commentaires fidèles m'y incitent, en me donnant de beaux exemples, tels que "visionner un film". Ces verbes du premier groupe, c'est-à-dire de fabrication  récente selon les besoins, sont des excroissances à partir d'une base qui a fort longtemps rempli son  emploi mais ne répond plus aux prétendues minuties de l'usage moderne. Voir,c'était bien - "visionner" toutefois ne fait-il pas plus distingué, voire plus savant? Poser, c'était bien aussi - mais quelle élégance dans "positionner"! Et finir, quelle pauvre allure à côté de "finaliser"! Il y a peut-être une infime nuance entre "expliquer" et "expliciter", je vous l'accorde - et sans doute peut-on parfois avoir besoin d'une nuance supplémentaire qu'on se forge pour mieux se faire comprendre. Mais ces acquisitions inutiles, à ne pas confondre avec des "vivoter", dansoter", "lavocher", "écrivailler" etc.(qui, d'ailleurs anciens, ont apporté à leur base une très perceptible nuance dépréciative), n'ont rien apporté du tout, sauf de la prétention et une coquetterie de style qui sont devenues la grande conquête des bonimenteurs télé de tout poil. Pas besoin de guetter longtemps pour apercevoir leur marque de fabrique.

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 15:48

 

TAUBIRALES

                   

 

          Encore des lacunes dans un service qui devrait être honnêtement exécuté? Encore trois jours, quatre même peut-être, sans l'empreinte cordiale qu'on est en droit d'attendre jour après jour sauf dimanches et fêtes?  Y a-t-il eu un tel éblouissement devant les prouesses Taubirales que s'en sont trouvées paralysées  les facultés de jugeote et, du même coup, la maîtrise des moyens d'expression, qu'ils soient vocaux ou transmis par ordinateur? Mes belins-belines, on peut se le demander. Vous avez vu ce qu'a réussi à faire (d'ailleurs pas au niveau des pourcentages puisque rien n'a été chiffré : on devait dire Bien, Assez Bien,  Médiocre, Peut mieux faire...c'était une drôle de préparation au grand vote du dernier jour, celui de la présidence, et puis c'étaient peut-être des gens qui s'amusaient) - oui, vous avez vu ce qu'a réussi à faire une ancienne fausse gloire éventée soudain ressurgie des ténèbres de l'oubli  en prétendant ramener sous sa houlette  les fragments éparpillés de la gauche survivante? Mais mes agneaux rien d'autre que fonder à grands cris et moulinets de bras un nouveau petit closter où la contamination tourne en rond! Savoir ce que ça va devenir, tout ça? Je dis ça par simple curiosité, vous savez, car mon mutisme de ces trois ou quatre jours venait de ma flemme - oui, j'avoue - et non pas parce que mes moyens d'expression avaient été réduits au silence par une admiration éperdue.

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 11:40

 

 

GLANES PEDAGOGIQUES

 

          Vous pensez sans doute, et fort à raison, qu'avec le Covid et sa prodigieuse descendance d'un côté, et les remous et frétillements de la campagne présidentielle de l'autre, on n'a que faire de mes remarques de grammaire ou de style. J'en conviens : les deux sujets tout juste énoncés sont en effet les deux seules choses dont on parle dans l'Hexagone, et je ne suis certainement pas la seule à en être lasse et plus que lasse. Si donc, mes belins-belines, il y en a parmi vous quelques-uns ou quelques-unes qui désirent changer de disque, je vous propose modestement mon petit mirliton  dans sa rentrée classique. Car ne me dites pas qu'avec tout ce batelage, ces palabres, ces échanges vigoureux qui s'arrêtent tout juste au seuil des noms d'oiseaux, il ne se trouve pas matière à faire sursauter d'horreur ou d'hilarité les auditeurs doués d'une oreille sensible. Il y a en effet à boire et à manger dans les dires des politiques, des commentateurs et de la presse télévisée, et ne croyez pas que les politiques ou les journalistes soient exempts des pires fautes. Erreurs d'accords, mots mal lus, termes glanés dans la fantaisie de la dernière mode courant sur les chaînes et employés n'importe comment en révélant la sottise... Il y a de quoi remplir son panier, car il y a de tout. Pour ma part, j'ai relevé comme un précieux cadeau le délicieux "hebdromadaire" qui m'a fait rêver à Tataouine : il ne m'a pas hérissée comme tant de relâchements de l'attention, d'ignorances de l'essentiel, d'erreurs qu'on n'hésite pas à placarder comme objets de fierté, et pour lesquels je n'aime pas pardonner parce que mon "Pourrait faire mieux" dédaigneux dévoile une incurie ou une indifférence qui me navrent et m'irritent. Combien de "ne" sautés qui ne relèvent pas d'une coquetterie consciente et passagère du style ("j'ai rien répondu" -- et cela n'est pas grave, c'est presque officiel, mais qu'il y a donc d'autres choses plus sérieuses! "C'est de ça dont je vous parle", "des occasions à profiter", "les soldes hivernales", "je supporte les verts", vous n'êtes pas sans ignorer", "je m'en rappelle fort bien"...Oh on va s'y atteler incessamment, cela nous changera les idées....

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26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 19:30

 

 

MORT AU BITUME !              

 

                    L'afflux des pétitions parmi les messages reçus a un double effet sur mes rapports avec l'actualité : d'une part il me permet souvent de me défouler en m'associant à l'indignation d'autrui déjà noblement constituée en volumineuse protestation qu'on n'a plus qu'à augmenter de son nom ;  d'autre part, je découvre des tares de notre condition humaine que nous nous fabriquons de manière suicidaire, par exemple au motif qu'il faut assurer la circulation des biens et des gens. Je viens de recevoir, avec une demande urgente d'en finir avec le bitume qui signe la mort du terrain, une photo aérienne d'un noeud routier sur trois  ou quatre niveaux qui hanterait les cauchemars des plus déterminés architectes de l'aménagement du territoire : c'est comme un tas de spaghettis tombés d'une passoire, et dont chaque bout en voie ou en tunnel aurait son prolongement dans la direction opposée, genre profusion en rose des vents, après avoir décrit des boucles superposées de plus en plus paresseuses et des croisements de plus en plus surréalistes à partir d'un simple carrefour. J'en frissonne encore. Assez! Assez! Qu'il nous reste quand même quelques champs,  quelques prés, quelques bosquets! Le Pays de Galles est certes de moindre superficie que l'Hexagone, mais c'est voté définitivement : on n'ajoutera pas un centimètre au réseau du bitume tel qu'il a été construit. Quelle vénération devons-nous ressentir pour cette sagesse tardive mais salutaire ! Quand nos édiles cesseront-ils d'écouter les lobbies du profit?

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25 janvier 2022 2 25 /01 /janvier /2022 10:19

TECHNIQUES COMMUNES

 

                  On avait l'habitude, du moins  si on enviait ou critiquait son talent, de dire à propos des personnages de Marivaux souvent indécis, peu éclairés sur la vérité de leur coeur, que leur auteur pesait des oeufs de mouche sur des balances en toiles d'araignée pour décrire le lent et complexe cheminement de leurs sentiments. A un fort moindre niveau d'esthétique dans le cas des  commentaires politiques actuels, je crois qu'on pourrait appliquer cette image avec quelque raison : les positions n'évoluent guère d'une semaine à l'autre, les prévisions sondages évaluations oscillent  à peine assez pour susciter l'intérêt, une brutale percée ou un soudain fléchissement ne s'exhibant que pour rire, reprenant tout de suite leur rang ou alors, carrément, s'installant dans une nouvelle figure à laquelle on s'habitue comme si c'était un fait. C'est pour nous le grand spectacle de la campagne présidentielle : il y a des partants solides déjà exclus, des portés aux nues en passe de s'éteindre, des étendards semblables brandis par des ennemis irréconciliables et pourtant de même programme... et puis, faisant à la fois rire et pitié, cette poussière de petits prétentieux qui ont tous perdu le sens du ridicule. Quitte à rire jaune, on n'a pas fini de rigoler.

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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 10:23

 

ERREUR PATENTE

                   

 

                    Il faut croire que le grand âge, dans ses menées sournoises et maléfiques,  incite l'individu à déformer  les faits de la vérité, voire à prendre ses désirs pour des réalités. On m'a signalé que j'ai trop ardemment souhaité qu'on humiliât Agnès Buzyn, publiquement, de même qu'on l'avait publiquement encensée à tort et au mépris de toute justice en la comblant de récompenses non méritées. : la priver de ce hochet dérisoire aurait augmenté le fuss autour de l'incident. Ah! j'aurais bien rigolé en mon petit privatim... Eh! bien non, ce plaisir m'a été refusé  : on n'a guère d'attentions pour les PlusqueSeniors dans ce pays, pourrais-je ajouter si j'étais de mauvaise humeur, mais il se trouve que je ne le suis pas et, même, que je suis toute disposée à m'envoyer gaillardement un beau "Pan sur le Bec!" comme sait si bien faire Le Canard enchaîné quand il lui arrive - si rarement, à lui.. .- de faire une erreur.

 

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22 janvier 2022 6 22 /01 /janvier /2022 20:43

 

 

 

CURIOSITE

                   

 

                    Je ne suis certes pas attachée à la télévision comme je pourrais, voire peut-être devrais, l'être pour suivre les nouvelles. Pourtant il me reste parfois par-ci par-là des bribes de faits divers ou de cancans gouvernementaux dont je n'ai entendu que les prémisses et dont j'aimerais beaucoup connaître les autres éléments. Ainsi par exemple depuis deux ou trois jours mon souvenir bute sur cette information déjà fanée qui avait fait quelque bruit : la légion d'honneur attribuée puis refusée à Agnès Buzyn et à son confrère enveloppé comme elle dans les mensonges, pénuries, manquements, fausses manoeuvres, attitudes in- différentes et paroles imprudentes liées à une phase épique de la lutte anti-Covid 19 déjà loin derrière nous. Il y a eu du bruit parce qu'on les avait promus : qui ? pour quel haut fait de guerre discutable et discuté? pour quel abandon de poste pour poursuite de desseins personnels? Cette récompense faisait figure de pansement sur les blessures que la conduite de l'un  et de l'autre s'était récoltées, colère, blâme, quolibet, ricanements : on voyait en ce geste le bon plaisir du prince  et c'était déjà une bonne occasion de protester. Mais que dire quand le hochet leur est retiré pour indignité, officiellement reconnue par les aveugles saupoudreurs  de la justice distributive qui, au nom de Dikè, avaient d'abord offert les dons indus et dès lors corrigeaient le tir en reprenant tout? J'aimerais savoir que le parcours du hochet a bien été celui-ci, oh oui j'aimerais!

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21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 13:57

 

 

FIN DES CLAUSTRATIONS            

 

                    L'autorité médicale a décidé que ma Fatima n'était plus contagieuse à partir de mercredi soir et la Sécu lui a signé une reprise officielle d'activité : elle va donc revenir dès demain et même si ces décisions d'Hippocrate ou de Gallien ne semblent guère plus raisonnables que dans l'autre sens, à savoir qu'au fond personne n'y connaît rien, je pousse un gros soupir de soulagement. Une dizaine de jours où mon effervescence domestique s'est limitée à balayer la cuisine à cause des croquettes des chats, à faire la vaisselle de leurs gamelles tous les deux jours, à renoncer aux patates par flemme de les éplucher, à cesser de lutter contre la sournoise marée des papiers qui peu à peu arrivera à combler le salon, suffit parfaitement pour transformer ma demeure en une aire d'existence ne convenant qu'à moi : mais puisque personne n'a le droit de venir m'apporter ses miasmes (les miens, très aléatoires, ne sauraient sauter sur les visiteurs), qu'est-ce que ça peut bien faire que je me bonzaïe avec délectation? Dès demain ma maison recommencera à être montrable, le linge propre regagnera les armoires, je pourrai de nouveau m'enfouir dans mon désordre sans me préoccuper d'une éventuelle mise en ordre... C'est bon de déposer tous les soucis ménagers dans le giron d'autrui!

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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 15:51

 

 

MA MENAGERIE INFORMATIQUE

 

                    Une fois c'est une chose, une fois c'est une autre,  mais aucun de mes appareils ne fonctionne de manière lisse,  égale,  sans à-coups. J'aimerais tant les entendre tous ronronner comme des chats, preuve qu'ils vont bien, qu'ils sont contents de leurs  performances et tout autant de ma gouvernance... Mais non : mis à part de brèves périodes où la vitesse de croisière s'est installée, l'imprimante a ses caprices de vieille fille, le PC (enfin, le mien, pas celui qui a eu des accointances avec le stalinisme) sait parfaitement ruer et se cabrer comme un cheval vicieux, ce qui me fiche à bas de ma monture en me réduisant à l'impuissance (avec tous ces bleus, ces os froissés, ces nerfs coincés, ces ecchymoses, ça peut durer longtemps sans contact possible avec l'extérieur). Quant à la télé, elle s'arroge la qualité d'un monde à part et tous les mouvements d'humeur pour le son et l'image lui semblent  permis par  bouderies soudaines. Il n'est pas jusqu'au téléphone qui ne m'en veuille : j'ai cru bien faire avec deux postes à sonnerie et facturation différentiées, mais l'audition de l'un est atroce et l'autre a lié son destin à celui de mon  ordinateur. Pour mes dernières années on pourrait faire mieux tout de même.

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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 12:22

 

BULLETIN DE SANTE D'UNE  NON MALADE

 

 

                       

          Ma Fatima a le covid - douloureux les premières quarante-huit heures,  puis plus rien. Mais la voilà cloîtrée, elle qui piaffe de revenir travailller, moi qui ai un besoin sans limites de son activité. Et me voilà cloîtrée aussi,  puisque nous nous sommes croisées au début de sa contamination encore indécelable. Cela ne me chagrine pas le moins du monde de rester confinée au logis devant mon ordinateur - de toute façon, nous n'avons jamais assez de temps à nous deux pour mettre les choses au point (vous savez, ces vieux contentieux dont des souvenirs remarquables remontent pour accuser ou se disculper, oh c'est un contentieux fourni). Je suis aussi coupable et menacée (parce que, semble-t-il, aussi menaçante qu'elle pour les autres) sans avoir rien fait autre que rester dans mes pantoufles. Le compliqué doit être, pour les médecins, le calcul d'innocence succédant à la culpabilité. Dans huit jours (ou quinze : qu'est-ce que ce flottement? est-ce à la gueule du client?) ma Fatima sera revenue fraîche comme une rose (ou comme une bouse, dit-on volontiers à Beaune) . Mais sera-t-elle indemne, débarrassée, guérie? Ou à mon tour, indemne mais testée tous les deux ou trois jours - et hors tests soupçonnée de contamination passive - serai-je plus longuement qu'elle tenue à l'écart, à cause de tout ce flou dans lequel je me débats?

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